15.04.2026 à 12:23
Enquêtes sur les réseaux de l'extrême droite internationale qui influencent discrètement le débat politique et médiatique français.
- L'internationale réactionnaire / France
Think tanks étatsuniens, organisations financées par la Hongrie ou la Russie, instituts libertariens... Enquêtes sur les réseaux de l'extrême droite internationale qui influencent discrètement le débat politique et médiatique français.
Dans la lignée de ses enquêtes sur le réseau Atlas et ses partenaires français et européens, l'Observatoire des multinationales élargit la perspective en enquêtant sur d'autres réseaux formels ou informels de l'« internationale réactionnaire », tout aussi problématiques, souvent eux aussi mal connus, qui eux aussi ont des ramifications en France.
Ces réseaux se recoupent en grande partie, mais regroupent aussi des familles différentes et parfois opposées des droites radicales (libertariens, nationalistes, fondamentalistes chrétiens, populistes, « Tech bros », pro-russes etc.), qui peuvent gagnent ou perdre en influence selon les moments.
L'objectif ? Permettre de mieux connaître ces réseaux, leurs financements, leurs méthodes, leurs objectifs, les narratifs et la guerre culturelle et politique qu'ils mènent, ainsi que les intérêts économiques qu'ils servent ou avec lesquels ils s'allient.
Mais aussi et surtout quels sont leurs partenaires et alliés en France, et comment l'extrême droite française est renforcée et influencée par des réseaux et intérêts « étrangers » et en imitent les méthodes, à rebours de ses discours nationalistes et de sa prétention à être au plus près du peuple.
15.04.2026 à 07:00
Anne-Sophie Simpere
Enquêtes sur les réseaux de l'internationale réactionnaire et ses relais en France.
- L'internationale réactionnaire / France, États-Unis, Hongrie
Ce 15 avril, Nicolas Pouvreau-Monti publie chez Fayard son premier essai, intitulé Immigration : mythes et réalités. Interlocuteur privilégié des médias Bolloré, financé par Pierre-Édouard Stérin, le directeur du très controversé Observatoire de l'immigration et de la démographie (OID) propage ses idées anti-immigration dans tout le spectre politique et médiatique français. Il reste beaucoup plus discret sur ses liens étroits avec l'extrême droite américaine, l'administration Trump et les réseaux de Viktor Orbán en Hongrie.
« Où est la vérité ? », interroge Nicolas Pouvreau-Monti dans son essai Immigration : mythes et réalités, présenté par son éditeur Fayard comme « le premier à reprendre les données de l'Observatoire pour l'immigration et la démographie (OID) ». Ce think tank, dont Pouvreau-Monti est le directeur, affirme apporter « une vision rationnelle et dépassionnée, fondée sur la rigueur scientifique » sur les sujets liés à l'immigration, et rencontre aujourd'hui un large écho médiatique et politique.
De nombreux chercheurs et plusieurs enquêtes journalistiques [1] ont pourtant épinglé l'absence de rigueur scientifique, les biais et les données sorties de leurs contextes dont l'OID est coutumier. Ses travaux visent en réalité à promouvoir des messages « choc », susceptibles d'être largement repris dans les médias et sur les réseaux sociaux, sur une immigration « hors de contrôle ». « Ils sont encore plus radicaux que le RN, par exemple quand ils proposent de se retirer de la Convention de Genève [sur le droit d'asile] ou de la Convention européenne des droits de l'homme », constate François Héran, titulaire de la chaire « Migrations et sociétés » au Collège de France.
Vu de France, Nicolas Pouvreau-Monti est un produit des galaxies Stérin et Bolloré, qui a su imposer leur agenda politique de « guerre culturelle » bien au-delà de l'extrême droite. Mais l'ancien consultant est également étroitement intégré aux réseaux réactionnaires internationaux, depuis les États-Unis trumpistes – où il s'est formé – jusqu'à la Hongrie de Viktor Orbán. Des liens qui contrastent avec ses efforts pour apparaître comme un acteur rigoureux et a-partisan, et dans le cadre desquels les promesses d'analyses basées sur des « données » sont souvent remplacées par des discours aux accents de guerre civilisationnelle.
Dans un récent entretien au New York Times, Pierre-Édouard Stérin, le milliardaire catholique et libertarien qui a fait fortune grâce aux coffrets-cadeaux Smartbox, affirmait être « plus radical que l'extrême droite » en matière d'immigration. On ne s'étonnera donc pas que l'OID fasse partie des principaux organismes qu'il finance dans le cadre de son projet Périclès, un plan révélé par La Lettre et L'Humanité et destiné à favoriser la victoire politique et culturelle de la droite radicale. Ce soutien financier a été reconnu par Arnaud Rérolle, directeur du projet Périclès, devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur l'organisation des élections en France le 6 mai 2025. À ses côtés durant cette audition, on apercevait d'ailleurs Maxime Hémery, « chief of staff » du projet Périclès. Se faisant appeler Maxime Hémery, Maxime Aymar-Hemery ou Maxime Aymar selon les circonstances, ce proche de Nicolas Pouvreau-Monti est aussi l'un des co-fondateur de l'OID et se présentait encore comme le secrétaire général de l'organisation lors d'un événement au Parlement européen en juillet 2025, alors qu'il travaillait déjà pour Périclès.
L'OID partage la même adresse parisienne que l'Observatoire Hexagone, autre organisme soutenu par Périclès qui prétend offrir des « analyses d'experts sur la société française », là aussi « basées sur des données factuelles et sourcées », et a aussi reçu des fonds de l'Institut Paralos, que Mediapart soupçonne d'être lié à la galaxie Stérin. Nicolas Pouvreau-Monti est également proche de l'Institut de formation politique (IFP) d'Alexandre Pesey (lire notre enquête), le conseiller opérationnel de Périclès. Il y a notamment animé un séminaire lycéen les 5 et 6 juillet 2025, pour aider les jeunes à « décrypter les flux migratoires et à comprendre les enjeux derrière les chiffres ».
« Les leçons d'efficacité apprises à Washington nous ont été précieuses pour structurer notre stratégie et nos méthodes. »
Quelques semaines plus tôt, il participait à une conférence de l'Iref, un autre institut lié comme l'IFP au réseau Atlas et financé par Périclès. Pouvreau-Monti est un pur produit de cet écosystème puisqu'il a été l'un des lauréats de la bourse Tocqueville, créée par le même Alexandre Pesey afin de former de jeunes conservateurs français aux méthodes étatsuniennes. Il a participé à la session de 2019, au cours de laquelle il a pu rencontrer les animateurs du réseau Atlas ainsi que des think tanks comme la Heritage Foundation (rédactrice du « Project 2025 », lire notre article), le présentateur Tucker Carlson, et surtout des organisations spécialisées sur les questions migratoires.
« La Bourse Tocqueville a eu un impact tout à fait décisif sur ma vie professionnelle, témoigne Nicolas Pouvreau-Monti. Au contact des think tanks de Washington, tant les plus généralistes que ceux concentrés sur une thématique en particulier, j'ai pu toucher du doigt l'influence considérable que ce type de structures peut avoir sur la destinée d'un pays. (…) Ce constat a influencé de manière décisive la décision de créer l'Observatoire de l'immigration et de la démographie, de retour en France, avec plusieurs amis. Les leçons d'efficacité apprises à Washington, D.C. nous ont été précieuses pour structurer notre stratégie et nos méthodes. »
C'est suite à ce séjour qu'il décide de quitter son emploi chez Accenture pour se consacrer pleinement à la bataille culturelle. De fait, le mode opératoire de l'OID est une copie conforme des méthodes privilégiées par les think tanks membres du réseau Atlas : se présenter comme un organisme « expert » et neutre pour faire passer des messages pourtant très extrêmes. Ce qui passe entre autres par une production intensive de « notes » censées faire sérieux mais formatées pour porter des messages simplistes et souvent biaisés dans les médias (voir l'encadré en fin d'article). Une stratégie simple mais d'une efficacité redoutable. « C'est très dur de les contrer dans des débats publics. On a un problème d'asymétrie du 'bullshit' : c'est très rapide de dire une bêtise, mais beaucoup plus long de démontrer que c'est une bêtise. Si on travaille sur des faits, qui sont complexes, on part avec un handicap », se désole Flore Gubert, directrice adjointe de l'Institut Convergences Migrations, un organisme qui regroupe plus de 700 chercheurs.
Le message de Nicolas Pouvreau-Monti s'aligne parfaitement avec la croisade menée par une partie des médias et entreprises contrôlés par Bolloré.
Le message de Nicolas Pouvreau-Monti s'aligne parfaitement avec la croisade au service de l'extrême droite menée par une partie des médias et entreprises contrôlés par Vincent Bolloré. Déjà très présent sur Cnews, Europe 1 ou dans le JDD, il pourra sans doute y compter sur une promotion active de son livre. Celui paraît d'ailleurs chez Fayard, autre propriété de Bolloré, qui publie aussi les ouvrages de Jordan Bardella, Éric Zemmour ou Philippe de Villiers. Et on le retrouvera peut-être mis en valeur dans les plus de 1000 points de vente de l'enseigne Relay, elle aussi sous le contrôle du milliardaire breton, et soupçonnée de favoriser les publications de cette mouvance.
Il n'y a cependant pas que les médias Bolloré : Nicolas Pouvreau-Monti est aussi régulièrement invité à venir commenter l'actualité sur BFM, RMC ou France 5. « Les médias accueillent leurs conclusions à bras ouverts, sans les questionner. Ils ont une force de frappe impressionnante. Cela a pris de l'ampleur ces dernières années parce qu'il y a des financements. Ça permet à des petits groupes d'acquérir de la visibilité et d'avoir un écho médiatique considérable », analyse Flore Gubert.
« L'OID a été créé par quelqu'un de très connecté », poursuit la chercheuse. Les fondateurs viennent de grandes écoles comme Sciences Po, l'Essec et Polytechnique. « Cela crée des connexions d'alumni, un sentiment d'appartenance. » À Sciences Po, Nicolas Pouvreau-Monti a pu croiser Sarah Knafo, et a repris les rênes d'une association eurosceptique à la suite d'Alexandre Loubet, aujourd'hui député du Rassemblement national. Son nom figurait aussi sur une liste candidate au renouvellement du bureau national de Debout les Jeunes (mouvement de Dupont-Aignan).
Ces accointances avec les droites les plus extrêmes valent encore aujourd'hui, les données de l'OID étant plébiscitées de ce côté de l'échiquier politique. Marion Maréchal s'en est servi pendant sa campagne européenne en 2024, et les députés RN (ou Éric Ciotti) citent fréquemment ses travaux pour justifier leurs amendements. « L'extrême droite a besoin de l'immigration pour se légitimer, ils utilisent des chiffres en mélangeant tout et ont construit un narratif toxique pour des situations qui pourraient être bien gérées, politiquement », constate Sara Prestianni, spécialiste des migrations basée à Bruxelles.
L'OID et son directeur travaillent aussi avec la droite dite « classique », en particulier Les Républicains (LR). Depuis l'été 2024, c'est d'ailleurs un ancien collaborateur d'élus de ce parti [2], Grégoire Daubigny, qui est en charge des relations institutionnelles de l'OID. En novembre 2024, l'officine anti-migrants a fait parler d'elle en organisant coup sur coup un colloque au Sénat puis à l'Assemblée nationale, sous l'égide du député LR Éric Pauget dans le premier cas, et dans le second en partenariat avec le Wilfried Martens Centre for European Studies. Lequel n'est autre que le think tank officiel du Parti populaire européen (PPE), dans lequel siègent les députés LR au Parlement européen.
Malgré les alertes sur ses biais et failles méthodologiques, l'OID continue à être régulièrement auditionné par les parlementaires.
En décembre 2024 puis en septembre 2025, Nicolas Pouvreau-Monti a participé à des discussions autour du livre de Guillaume Larrivé, vice-président de LR Immigrations : l'heure de la décision. En 2025, c'est le président du parti Bruno Retailleau, qui déclarait que le travail de l'OID était « absolument essentiel ». Malgré les alertes des scientifiques sur les biais et failles méthodologiques des travaux de l'observatoire, celui-ci continue à être régulièrement auditionné par les parlementaires [3].
L'OID est aussi actif à Bruxelles, où plusieurs eurodéputés des Patriotes pour l'Europe (PfE, groupe où siègent les élus RN) et des European Conservatives and Reformists (ECR, où siègent les élus d'extrême droite exclus de Reconquête) ont déclaré des rencontres avec le think tank – alors que celui-ci n'est pas inscrit au registre des représentants d'intérêts. Maxime Aymar-Hemery est aussi intervenu dans des événements organisés par le groupe PfE ou la Fondation New Direction, associée à ECR [4]. Le 24 mars 2026 encore, il participait à une conférence de presse intitulée « Zones interdites : immigration, islamisation et la montée des sociétés parallèles » aux côtés de Marion Maréchal. Il était aussi à la conférence « Gardiens des frontières européennes » organisée en juillet 2025 par les Patriotes pour l'Europe et le Center for Fundamental Rights. Cette association hongroise organise aussi les CPAC Hongrie, grands rassemblements auxquels ont participé entre autres Viktor Orbán, Geert Wilders (Pays-Bas), Antonio Kast (Chili), Eduardo Bolsonaro (fils de l'ancien président du Brésil aujourd'hui incarcéré), Kevin Roberts (président de la Heritage Foundation), Tucker Carlson ou Donald Trump. Jordan Bardella y a prononcé des discours en 2022 et 2023.
Pouvreau-Monti a échangé plusieurs fois avec François-Xavier Bellamy, eurodéputé LR, qui s'est activement impliqué dans la concertation entre droite et extrême droite à Bruxelles pour un durcissement du règlement européen sur les expulsions de sans-papiers.
En novembre 2025, c'est Nicolas Pouvreau-Monti qui prenait la parole à une conférence des Patriotes pour l'Europe au Parlement européen, pour affirmer que le programme Erasmus était devenu une filière d'immigration. Quelques mois avant, en juin 2025 à Deauville, sous l'égide du maire Horizons Philippe Augier, il animait un débat avec un eurodéputé issu cette fois des rangs de LR : François-Xavier Bellamy, chef de file des Français du groupe PPE. Une rencontre certainement positive, puisque le 31 mars 2026, l'OID invitait Bellamy à un autre événement intitulé « Immigration, démographie et défense : sécuriser l'avenir de l'Europe », aux côtés de Bruno Retailleau et Xavier Driencourt, membre du comité stratégique du magazine d'extrême-droite Frontières.
Entre temps, l'eurodéputé s'est activement impliqué dans la concertation entre les différents groupes de droite à Bruxelles pour qu'ils votent ensemble un durcissement du règlement européen sur les expulsions de sans-papiers. « François-Xavier Bellamy ( …) a activement collaboré avec l'extrême droite, y compris avec l'AfD allemande, un parti fasciste, néonazi, pour coécrire ce texte. Il a travaillé avec des groupes jusqu'ici considérés comme infréquentables en raison du cordon sanitaire », a dénonce l'eurodéputée écologiste Mélissa Camara dans Reporterre. « Ce vote là est un tournant, confirme Sara Prestianni. Ça montre que ce genre de positions n'est plus seulement l'affaire de l'extrême droite. »
En France, l'OID s'est aussi rapproché du parti présidentiel, avec un certain succès. Lors des débats sur la loi asile et immigration de 2023, ses membres auraient ainsi été reçus par le cabinet de Gérald Darmanin [5]. En août 2024, Nicolas Pouvreau-Monti était invité à prendre la parole sur les sujets de démographie et d'immigration à la première université d'été du Laboratoire de la République, think tank de l'ancien ministre Jean-Michel Blanquer. Et il a travaillé avec les députés Mathieu Lefevre (aujourd'hui ministre) et Charles Rodwell, tous deux issus de Renaissance, sur l'évaluation de l'accord franco-algérien de 1968, avant d'être auditionné pour la mission « immigration, Asile et intégration » dans le cadre du PLF 2025. Charles Rodwell soutient très explicitement les positions anti-immigration de l'OID : « La France n'a pas besoin de + d'immigration, elle a besoin de – d'immigration. Oui aux proposition de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie », tweetait le député le 14 mai 2025, en partageant une tribune de Pouvreau-Monti dans le Figaro.
Nicolas Pouvreau-Monti se réjouit que la volonté de restreindre l'immigration transcende les partis politiques au-delà du RN. « On la constate au sein du centre-droit, notamment chez Les Républicains, avec l'actuel ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, qui est aussi le président de ce parti, autrefois celui de Sarkozy et de Chirac. On la perçoit également au sein même du parti du président Macron », expliquait-il en août 2025 dans un entretien au Hungarian Conservative, média financé par le gouvernement de Viktor Orbán via la Batthyány Lajos Foundation.
Alors qu'en France Pouvreau-Monti rallie des macronistes à sa cause, à l'étranger, il est totalement intégré à cette « internationale réactionnaire » qu'Emmanuel Macron déclare combattre.
Pouvreau-Monti a accordé cette interview alors qu'il venait d'intervenir dans un panel du MCC Feszt, le festival annuel de Mathias Corvinus Collegium (MCC), think tank hongrois proche d'Orbán très actif au niveau de l'Union européenne (UE)... pour la contester de l'intérieur (lire notre enquête). Outre l'ex Premier ministre hongrois et d'autres figures de l'extrême droite du pays, il y a croisé des invités internationaux tels que le climatosceptique Michael Shellenberger ou Patrick Deneen et Rod Dreher, deux proches du vice-président américain JD Vance, ou encore l'influenceur « anti-woke » Chris Rufo, responsable de la « fake news » selon laquelle les Haïtiens mangent des chats diffusée lors de la campagne présidentielle de 2024 aux États-Unis. Sans oublier le milliardaire de la tech Peter Thiel. Alors qu'en France Pouvreau-Monti rallie des macronistes à sa cause, à l'étranger, il est totalement intégré à cette « internationale réactionnaire » qu'Emmanuel Macron déclare combattre [6].
Parce que le débat démocratique mérite mieux que la com' du CAC 40.
Faites un donLa défaite électorale de Viktor Orbán lors des élections du 12 avril va-t-elle contribuer à alléger l'emploi du temps de Nicolas Pouvreau-Monti ? Le directeur de l'OID était un intervenant régulier des conférences organisés par des associations et think tanks proches de l'ex Premier ministre hongrois, figure de proue de cette même « internationale réactionnaire », allié à la fois avec Trump et avec Poutine. Nous en avons compté plus d'une douzaine depuis fin 2023. Et les discours tendent à y être bien moins policés que l'image scientifique que cherche à se donner l'OID en France, en donnant souvent dans l'imaginaire de la guerre des civilisations.
Le 3 décembre 2024 – à peine deux semaines après ses colloque à l'Assemblée nationale et au Sénat -, Nicolas Pouvreau-Monti était ainsi à la conférence « Identité nationale et immigration de masse : conflit de valeurs ? » organisée par le Mathias Corvinus Collegium (MCC) à Bruxelles. Il y a présenté les chiffres de l'OID évoquant une migration « massive » qui, face à une natalité en déclin, aurait un impact négatif sur la culture européenne, avant que le suédois Göran Adamson ne se lance dans une diatribe contre le multiculturalisme et un supposé « entrisme islamiste » en Europe : « Partout où l'on regarde, on constate que les islamistes intensifient leurs actions (...) Pourquoi les islamistes agissent-ils ainsi, en prenant d'assaut les institutions occidentales traditionnelles, telles que les écoles et l'administration ? Parce qu'ils en ont les moyens, grâce au multiculturalisme. » Six mois plus tard, Göran Adamson était invité à Deauville pour le séminaire co-organisé par Nicolas Pouvreau-Monti sous le patronage du maire Philippe Augier, où était également présent François-Xavier Bellamy.
À travers l'International Network for Immigration Studies (INIR), un réseau dont il est l'un des membres fondateurs, l'OID est un partenaire du Migration Research Institute (MRI), une organisation hongroise émanant du MCC et focalisée elle aussi sur les questions d'immigration. En mars 2024, Pouvreau-Monti et Maxime Hemery-Aymar rencontraient Viktor Marsai, directeur du MRI, à Paris, pour discuter de travaux communs, notamment sur le Pacte Asile et immigration de l'UE. En septembre 2025, Pouvreau-Monti se rendait à Budapest pour prendre la parole à un sommet sur les 10 ans de la crise migratoire, co-organisé par MCC et le MRI, sous le titre « Changer le discours, endiguer le flux et sauver l'Europe ». Raphaël Audouard, directeur de la Fondation des Patriotes pour l'Europe, était lui aussi présent, ainsi que des élus des partis d'extrême droite Chega et Vox (Portugal et Espagne) et des représentants de divers think tanks conservateurs dont un expert de la Heritage Foundation. Pouvreau-Monti y intervenait dans un panel intitulé « Les fardeaux de l'immigration – de la démographie au terrorisme ». En mars 2026, le directeur de l'OID était de nouveau à Budapest pour un Sommet du MCC intitulé « Reclaiming the West » [« Reconquérir/réaffirmer l'occident »], incluant des panels contre les institutions supranationales comme l'Union européenne ou les Nations Unies ainsi que des sessions sur la foi et la famille.
En matière d'immigration, les politiques de Viktor Orbán ont fait l'objet de plusieurs sanctions de la part de la Cour de Justice de l'UE pour non-respect du droit européen en matière d'asile. Ce qui n'a pas empêché Pouvreau-Monti d'en faire l'éloge dans le journal hongrois Magyar Nemzet. Dans certaines interviews, il tient ainsi un discours beaucoup plus extrême, plaidant pour la dénonciation ou la renégociation de certains traités, et estimant que certains articles de la Convention européenne des droits de l'homme sont problématiques, en particulier les articles 3 (qui interdit la torture et les traitements inhumains ou dégradants) et 8 (qui garantit le droit à la vie privée et familiale).
Autre politique anti-immigration admirée par le directeur de l'OID : celle menée par Donald Trump avec la police de l'immigration ICE, qu'il qualifie de succès dans son interview au Hungarian Conservative à l'été 2025. Dans Atlantico, alors même que deux manifestants contre les expulsions viennent d'être tués dans le Minnesota, il rêve ouvertement d'un ICE à la française. Ce qui n'a sans doute rien de surprenant dès lors que Nicolas Pouvreau-Monti et l'OID restent très proches des organisations étatsuniennes qui les ont inspirées et qui sont aujourd'hui derrière la politique anti-immigration de Trump.
Nicolas Pouvreau-Monti et l'OID restent très proches des organisations étatsuniennes qui les ont inspirées et qui sont aujourd'hui derrière la politique anti-immigration de Trump.
Au sein de l'INIR, l'OID a ainsi pour partenaires NumbersUSA, la Federation for Americain Immigration Reform (FAIR) et le Center for immigration Studies (CIS) – dont Nicolas Pouvreau-Monti et Maxime Aymar-Hemery expliquent dans un podcast animé par Mark Krikorian, son directeur, qu'il a été « une grande source d'inspiration pour eux ». De la même manière que l'OID est financé par le milliardaire réactionnaire Pierre-Édouard Stérin à travers Périclès, le CIS et NumbersUSA sont financés par de riches donateurs et fondations étatsuniennes. Ils ont reçu des dons de la fondation Scaife ou l'obscur Donors Trust, deux organisations que l'on retrouve également derrière la galaxie du réseau Atlas. FAIR, NumbersUSA et le CIS ont aussi reçu de l'argent de la Colcom Foundation, fondée par l'une des héritières de la famille Mellon-Scaife.
Les connexions américaines et hongroises de l'OID se croisent puisque CIS a aussi bénéficié d'un financement de la Hungary Foundation, une organisation créée aux États-Unis pour rapprocher les conservateurs américains et hongrois. A l'été 2024, Pouvreau-Monti participait à la conférence « Le défi de l'assimilation en occident », accueillie par la Heritage Foundation, là encore aux côtés d'intervenants de plusieurs organisations proches du gouvernement Orbán comme le Danube Institute de Budapest et la Hungary Foundation.
Le CIS et FAIR ont tous les deux été fondés, en 1979 et 1985, par l'eugéniste et suprémaciste blanc John Tanton,. En 1995, celui-ci félicitait encore chaleureusement Mark Krikorian pour sa nomination en tant que directeur du CIS, lui offrant toute son aide. Krikorian est un habitué des conférences « NatCon » (pour « nationaliste-conservateur ») financées notamment par Peter Thiel. En 2014, il se plaignait d'avoir été écarté de la conférence annuelle des Républicains (CPAC - Conservative Political Action Conference), car perçu comme trop anti-immigrants. En 2017, le Southern Poverty Law Center (SPLC) a calculé que dans ses newsletters hebdomadaires, sur une période de dix ans, le CIS a diffusé plus de 1700 articles venant de Vdare.com, un site ouvertement raciste, promouvant le suprémacisme blanc et l'antisémitisme.
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Cela n'a pas empêché pas le CIS de revenir au centre du jeu politique avec l'avènement de Donald Trump. Stephen Miller, conseiller anti-immigration de ce dernier, soutient et utilise depuis longtemps les travaux de l'organisation. Dès le premier mandat de Donald Trump, le CIS et NumbersUSA auraient eu des contacts directs avec la Maison Blanche pour soutenir sa politique. En 2019, Hatewatch a révélé des emails de Miller montrant comment il se servait des travaux du CIS dans sa communication, mais aussi pour alimenter le site d'extrême droite Breitbart.
Plus récemment, Mark Krikorian a été l'un des conseillers du « Project 2025 ». Les 20 et 21 novembre 2024, Krikorian, ainsi que Eric Ruark de NumbersUSA, étaient reçus en France au Sénat puis à l'Assemblée nationale, grâce aux colloques organisés par l'OID. En juin 2025, Todd Bensman, qui a travaillé pendant 6 ans pour le CIS, est devenu conseiller à la Maison Blanche sur les questions d'immigration. Aujourd'hui encore, l'administration Trump continue de se référer aux chiffres du CIS pour justifier sa politique migratoire, dont la traque des migrants menée par ICE. Ces chiffres sont régulièrement contestés par les journalistes et « fact-checkers » étatsuniens, tout comme le sont en France ceux de l'OID, qui rêve peut-être de jouer un jour en France le même rôle que le CIS de l'autre côté de l'Atlantique.
En attendant, les récits anti-immigration de l'OID sont du pain bénit pour légitimer les ingérences de l'administration Trump en Europe. En laissant planer la perspective d'un (indémontrable) « grand remplacement » ou en expliquant au think tank trumpiste America First Policy Institute que « dans de nombreux quartiers français, les fêtes du calendrier islamique sont plus largement partagées et célébrées que les fêtes chrétiennes traditionnelles », Nicolas Pouvreau-Monti justifie la stratégie de sécurité nationale de l'administration américaine actuelle, qui appelle à restaurer « l'identité occidentale » de l'Europe et qui se réjouit de la montée des partis « patriotiques » sur le vieux continent. Une vision plus propagandiste que scientifique, que le directeur de l'OID risque encore de dérouler sur de nombreux plateaux télé à l'occasion de la sortie de son livre.
| Les problèmes de chiffres de l'OID « Nos chiffres sont justes, mais les chiffres ne suffisent jamais. Il faut les mettre en perspective, apporter des éléments d'analyse, explique Sylvie Le Minez, ancienne responsable de l'unité des études démographiques et sociales de l'Insee. Il faut par exemple mettre en relation les entrées sur le territoire avec les sorties ou décès de personnes immigrées, lier les données sur l'occupation d'un logement social aux conditions de ressources et pas seulement à l'origine, intégrer les phénomènes de mixité, ou encore la grande hétérogénéité des niveaux de diplômes... Comme dans tous les domaines, la réalité est complexe. » Or l'OID recourt souvent aux données publiées par cet organisme public, mais avec une méthode de sélection orientée pour étayer leurs discours. « La démarche est astucieuse : ils utilisent des données officielles, mais de manière sélective, puis vont les présenter comme des 'révélations' ou des 'exclusivités', alors qu'ils utilisent des données qui sont publiques », explique François Héran, qui a analysé 38 notes produites par l'OID entre juin 2020 et septembre 2025. Pour le chercheur, les affirmations de l'OID sur l'« immigration massive », « hors de contrôle », favorisée par un modèle social « trop généreux » ne tiennent pas face aux faits. ) Premier problème : l'OID raisonne presque exclusivement en données absolues, sans rapporter les chiffres à la population française. Par exemple, ils vont annoncer qu'il y a 100 000 réfugiés afghans en France, ce chiffre pouvant avoir l'air énorme. Mais rapporté à 70 millions de personnes, cela ne représente que 0,14 % de la population. Une proportion peu impressionnante, et pourtant les médias Cnews, Europe 1, Le Point, Valeurs actuelles ou le think tank Fondapol proche de LR vont allègrement reprendre le chiffre de 100 000 Afghans en France, en s'abstenant de tout travail de mise en perspective. Autre écueil récurrent : l'OID s'abstient en général de faire des comparaisons internationales. Or si comme partout dans le monde, l'immigration a tendance à augmenter en France, à l'échelle du monde et de l'Europe, le pays est en réalité peu attractif et plutôt dans le bas des classements pour la population immigrée. En 2024, la France était au 17e rang de l'Europe occidentale pour la proportion d'immigrés dans sa population (derrière le Royaume Unis, l'Espagne, les Pays-Bas, l'Autriche…), et au 25e rang des pays de l'OCDE s'agissant du pourcentage de nouveaux immigrés. Dans le monde, l'immigration a augmenté de 74 % entre 2000 et 2024, mais seulement de 50 % en France, contre 157 % en Europe nordique, 154 % au Royaume Uni et en Irlande, 99 % aux Pays-Bas… Bref, l'immigration augmente en France, mais de façon linéaire et limitée par rapport au reste du monde. Les migrations familiales tendent à baisser, et si les visas étudiants augmentent, ils sont moins nombreux que dans le reste du monde occidental. François Héran note enfin que si on peut y trouver quelques informations intéressantes, une grande partie des notes de l'OID ressemble plutôt à des « billets d'humeur » dont le ton vindicatif est loin du débat « rationnel » et « dépassionné » promis par le think tank. « Ils ont des cibles obsessionnelles, comme l'état de droit, les ONG ou les autorités administratives indépendantes, avec des propositions très punitives pour s'y attaquer, et des prises de positions radicales, du niveau d'un Jean-Marie le Pen du début des années 2000 », constate le chercheur. Outre les attaques contre les conventions internationales et une obsession pour l'accord franco-algérien de 1968, « qui n'est pourtant presque plus appliqué », ce dernier pointe par exemple une note du 2 juin 2024 où l'amour de la France serait prouvé par le statut de propriétaire. « L'achat d'une parcelle de la France est une preuve concrète de l'attachement que l'on porte à ce pays », explique ainsi l'OID, ce que les 40 % des Français qui ne sont pas propriétaires seront ravis d'apprendre. |
[1] Voir celles d'Arrêt sur images, de Charlie Hebdo ou du Monde.
[2] Grégoire Daubigny a travaillé avec Guillaume Peltier, avant que celui-ci ne quitte les Républicains pour Reconquête, puis pour Isabelle Valentin et enfin Damien Abad, jusqu'à sa prise de poste à l'OID.
[3] Par exemple par la commission d'enquête visant à lever les incertitudes budgétaires en matière de sécurité sociale, le 25 février dernier.
[4] Par exemple en novembre 2024 et en mai 2025.
10.04.2026 à 07:30
Une salle de bal très politique. Le New York Times révèle que l'entreprise présidée aujourd'hui par Lakshmi Mittal, qui a son siège au Luxembourg, a fait une donation d'acier – pour une valeur estimée à 37 millions de dollars – pour le projet de construction d'une nouvelle salle de bal à la Maison Blanche. Quelques jours après ce don, Donald Trump a annoncé une série d'ajustements sur ses tarifs douaniers bénéficiant à ArcelorMittal et à d'autres entreprises du secteur. Le coût de ce projet (…)
- Actualités / France, Italie, Espagne, Gambie, TotalEnergies, LVMH, Veolia, Palantir, fiscalité, consommateurs, corruption, ArcelorMittal
Une salle de bal très politique. Le New York Times révèle que l'entreprise présidée aujourd'hui par Lakshmi Mittal, qui a son siège au Luxembourg, a fait une donation d'acier – pour une valeur estimée à 37 millions de dollars – pour le projet de construction d'une nouvelle salle de bal à la Maison Blanche. Quelques jours après ce don, Donald Trump a annoncé une série d'ajustements sur ses tarifs douaniers bénéficiant à ArcelorMittal et à d'autres entreprises du secteur. Le coût de ce projet mégalomaniaque, estimé à 400 millions de dollars, devrait être entièrement couvert selon la Maison Blanche par des entreprises et des donateurs privés. Le nom d'une partie d'entre eux a été rendu public : on y retrouve de nombreuses multinationales américaines dont les géants de la tech Palantir, Microsoft, Apple, Meta, Google et Amazon, ou encore des entreprises d'armement, de tabac, ou de cryptomonnaies.
(Non-)cordon sanitaire. Le Nouvel Obs raconte comment un aréopage de grands patrons a reçu Marine Le Pen au restaurant Chez Drouant dans le cadre du club « Entreprise et cité ». Autour de la table, notamment, les dirigeants de TotalEnergies, Engie, Capgemini, Renault, Accor et LVMH. Selon le magazine, c'est la première fois que Bernard Arnault rencontre officiellement le Rassemblement national, même si ses fils ont déjà noué des contacts avec Jordan Bardella. À lire ici.
Optimisation fiscale et « superprofits ». Alors que les appels à taxer les superprofits réalisés par les majors de l'énergie du fait de la guerre en Iran se multiplient, une étude de l'Observatoire international de la fiscalité tombe à point nommé. Elle documente comment les multinationales du secteur extractif, dont celles du pétrole, tendent à loger leurs bénéfices dans des paradis fiscaux. Ce qui explique que les fruits de la précédente taxation des superprofits, mise en place en 2022 suite à l'invasion russe de l'Ukraine, aient été si maigres : elle était imputée sur une base nationale, très loin de la réalité économique de ces groupes. Le think tank propose des approches alternatives pour une taxation plus efficace. À lire ici.
Optimisation fiscale encore. Une autre étude à verser au dossier de l'optimisation fiscale des multinationales nous vient du CEPII. Les chercheurs du centre d'études ont cherché à quantifier, à partir des données de 2018, les mécanismes de l'évitement fiscal des multinationales aux dépens de la France. Ils soulignent l'importance des prix de transfert, autrement dit l'optimisation réalisée grâce aux transactions entre filiales d'un même groupe : en utilisant des prix différents des prix de marché normaux, les multinationales peuvent faire en sorte de baisser artificiellement leurs bénéfices là où ils seraient le plus imposés. Sur les 40 milliards de profits qui auraient été déplacés hors de France cette année-là (par des multinationales françaises ou étrangères), environ le quart l'aurait été via des prix de transfert différents des prix de marché. Les auteurs insistent aussi sur la part importante des profits déplacés hors de France via des mécanismes encore mal connus et identifiés. À lire ici.
Porta giratòria (« porte tournante » en catalan). Après son éphémère retour au gouvernement en tant que ministre des Outre-mer, Manuel Valls repart dans les affaires. C'est-à-dire qu'il réactive la société de conseil, baptisée Binidali, que, comme beaucoup d'autres ex ministres, il a créée en quittant ses fonctions (lire notre enquête à ce sujet). Auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, il a précisé qu'il comptait notamment monnayer ces fameux conseils à Veolia. On ne sait pas si le géant de la privatisation de l'eau faisait déjà appel à ses services auparavant. Selon La Lettre, Manuel Valls serait mobilisé pour aider Veolia sur ses contrats en Espagne, devenue une pièce maîtresse du groupe depuis la prise de contrôle de Suez et de sa filiale espagnole Agbar. L'entreprise originaire de Barcelone – ville où Manuel Valls a été candidat malheureux aux municipales – a fait face ces dernières années à la perte de nombreuses concessions du fait d'un mouvement de remunicipalisation, mais a réussi à garder la main sur le marché de l'eau de la capitale catalane, que l'équipe de la maire « rebelle » Ada Colau voulait remunicipaliser.
Parce que le débat démocratique mérite mieux que la com' du CAC 40.
Faites un donCorruption pétrolière en Gambie. La filiale de négoce de TotalEnergies basée à Genève – la même dont les traders se sont livrés à la spéculation très lucrative sur des cargaisons de pétrole évoquée plus haut – est sous le coup d'une enquête du Parquet national financier portant sur des soupçons de corruption d'agent public étranger en Gambie. Public Eye a mené l'enquête sur cette affaire qui comporte encore des zones d'ombre. Pendant une dizaine d'années, de 2004 à 2014, le groupe français a été le fournisseur exclusif de produits pétroliers dans le pays, en association avec des sociétés détenues par un proche de l'ex président Yahya Jammeh.
Vers un désinvestissement européen de Palantir ? Le principal fonds de pension néerlandais a revendu toutes ses actions dans Palantir, l'entreprise fondée par Peter Thiel et dirigée par Alex Karp. Sur la sellette pour ses liens avec l'extrême droite américaine et son implication dans la croisade anti-migrants de Trump et dans le conflit dans le Golfe, le groupe spécialisé dans l'analyse de données a vu son cours en bourse multiplié par cinq dans les mois qui ont suivi la réélection de Donald Trump. Follow the Money avait révélé il y a quelques semaines que de nombreux acteurs financiers européens détenaient des actions dans Palantir, la France étant particulièrement bien placée avec des investisseurs comme Amundi ou BNP Paribas. Ce n'est pas le cas, en revanche, des investisseurs publics pour lesquels des informations sont disponibles, comme la Caisse des dépôts ou le Fonds de réserve pour les retraites. Les Néerlandais feront-ils des émules ?
Enquête en Italie sur les pratiques commerciales de Sephora. L'autorité de concurrence italienne a lancé une enquête sur le marketing de deux enseignes de produits cosmétiques détenues par LVMH, Sephora et Benefit. Elles sont accusées de cibler des jeunes filles, y compris en dessous de 10 ans, par des pratiques déloyales destinées à créer une obsession malsaine pour les produits de beauté, baptisée désormais « cosméticorexie ». Parmi les griefs adressés au groupe, l'absence d'information ou de mise en garde sur le fait que les produits sont destinés aux adultes, et le recours à des influenceuses ciblant des audiences très jeunes. Affaire à suivre.