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19.02.2026 à 06:30

La présence discrète de l'État français au capital de TotalEnergies

Olivier Petitjean

Alors que s'ouvre ce jeudi un procès climatique historique visant TotalEnergies, l'Observatoire des multinationales révèle que l'État français - via son bras financier, la Caisse des dépôts et consignations – est discrètement présent au capital du groupe pétrolier et gazier, à hauteur de 1,7 milliard d'euros. Une participation sur laquelle régnait jusqu'à présent l'omertà et qui interroge sur les relations entre la multinationale et les pouvoirs publics.
C'était un secret bien gardé, il (…)

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Alors que s'ouvre ce jeudi un procès climatique historique visant TotalEnergies, l'Observatoire des multinationales révèle que l'État français - via son bras financier, la Caisse des dépôts et consignations – est discrètement présent au capital du groupe pétrolier et gazier, à hauteur de 1,7 milliard d'euros. Une participation sur laquelle régnait jusqu'à présent l'omertà et qui interroge sur les relations entre la multinationale et les pouvoirs publics.

C'était un secret bien gardé, il est désormais éventé. La Caisse des dépôts et consignations, avec 323 milliards d'euros d'actifs, est l'un des principaux bras financiers de l'État. L'argent qu'elle gère lui vient pour les trois quarts de l'épargne des Françaises et des Français, et notamment du livret A. En décidant où le placer, elle joue un rôle clé pour soutenir l'économie française au service – en théorie – des besoins de la population et de l'intérêt général.

On sait désormais qu'une partie significative de cet argent va au groupe pétrolier et gazier TotalEnergies.

Depuis dix ans au moins, de nombreuses voix s'élèvent du côté de la société civile et des écologistes pour demander à la Caisse des dépôts de faire la lumière sur ses investissements dans le charbon, le pétrole et le gaz, principales causes de la crise climatique. La vénérable institution financière, fondée en 1816, a annoncé des mesures pour aligner progressivement ses activités sur des scénarios 1,5°C et pour encadrer plus strictement ses investissements dans les énergies fossiles. Mais elle avait toujours refusé, jusqu'à aujourd'hui, de divulguer le détail de ces investissements.

La Caisse transparente... seulement aux États-Unis

La Caisse des dépôts avait toujours refusé, jusqu'à aujourd'hui, de divulguer le détail de ses investissements.

Un document réglementaire transmis il y a quelques jours aux autorités financières étatsuniennes lève enfin le voile. Selon ce rapport où figurent l'ensemble de ses investissements dans des sociétés outre-Atlantique, la Caisse des dépôts et consignations détenait au 31 décembre 2025 un peu plus de 30 millions d'actions TotalEnergies, pour une valeur de 1,98 milliard de dollars (1,69 milliard d'euros). C'est environ 1,37% du capital, ce qui fait de la Caisse - et à travers elle de l'État français - l'un des tout premiers actionnaires du géant pétro-gazier.

L'année dernière encore, l'ONG Reclaim Finance avait pointé dans un rapport le manque de transparence de la Caisse des dépôts et consignations qui ne publie « ni la liste des entreprises détenues dans ses portefeuilles d'actions et d'obligations, ni le détail de ses votes en assemblées générales [notamment sur les résolutions climatiques, NdE] pour les entreprises dont elle est actionnaire ».

En réponse, la Caisse avait mis en avant les « enjeux nationaux et territoriaux de souveraineté, d'infrastructures, d'emploi, d'innovation, et de pérennisation des atouts français, qu'elle doit, comme investisseur public de long terme, traiter avec responsabilité ». Une manière déjà de défendre son investissement dans TotalEnergies, mais sans lever le tabou.

Tout juste savait-on que la Caisse détenait 9,2 milliards d'euros d'investissements dans les entreprises actives dans les énergies fossiles, dont 1,1 milliard d'obligations vertes dans le secteur électrique. La participation détenue par TotalEnergies représente presque le quart de ces investissements.

« Lorsque la Caisse des dépôts choisit d'investir dans TotalEnergies, l'institution cautionne la fausse stratégie climat de l'entreprise, en contradiction avec la science climatique, dénonce aujourd'hui Agathe Masson, chargée de campagne investisseurs chez Reclaim Finance. En figurant parmi les plus grands actionnaires du groupe, la Caisse des dépôts soutient, avec l'épargne des Français, une entreprise qui multiplie les bombes climatiques, avec des conséquences dévastatrices pour la biodiversité et les populations. »

Les énergies fossiles acceptables lorsqu'elles sont françaises ?

La liste des investissements de la Caisse des dépôts et consignations dans des sociétés cotées aux États-Unis inclut tous les grands noms du capitalisme américain dont Alphabet (Google), Amazon, Apple, Coca-Cola, Nike ou Pfizer, pour des sommes allant de quelques millions à quelques dizaines de millions de dollars, bien loin de la valeur des actions détenues dans TotalEnergies.

Sa participation dans TotalEnergies pourrait faire toucher à la Caisse des dépôts plus de 100 millions d'euros de dividendes cette année.

Les autres participations importantes déclarées sont d'autres entreprises européennes cotées outre-Atlantique, comme UBS (369 millions de dollars) ou Linde (315 millions).

On notera l'absence dans cette liste des géants de l'industrie fossile américaine comme Chevron ou ExxonMobil. L'année dernière, la Caisse des dépôts a annoncé avoir exclu 12 multinationales de pétrole et de gaz de son portefeuille. À croire qu'elle applique une politique d'exclusion des entreprises fortement émettrices de gaz à effet de serre... sauf quand elles sont françaises.

Contrairement à l'Agence des participations de l'État ou à Bpifrance, les autres bras armés de l'État actionnaire, la Caisse des dépôts et consignations agit en théorie comme un investisseur institutionnel qui se contente de gérer des placements pour en tirer des revenus. Ce qui ne l'a pas empêché d'avoir une présence importante au capital de certains groupes comme Veolia, où elle a joué de fait le rôle d'actionnaire de référence. Sa participation dans TotalEnergies pourrait lui faire toucher plus de 100 millions d'euros de dividendes du groupe cette année.

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Un champion national en procès

L'investissement de la Caisse dans TotalEnergies s'explique peut-être par le souci d'ancrer un actionnariat public français dans le capital de ce « champion national ». Sauf que l'on voit mal en quoi cela influe concrètement sur les décisions stratégiques d'un groupe qui ne paie pas d'impôts en France pour des raisons tout sauf évidentes (lire notre analyse), qui tend à y supprimer des emplois, et dont les dirigeants ne perdent pas une occasion de faire valoir qu'ils sont avant tout un groupe mondial qui n'a pas besoin de l'État français.

Si la Caisse des dépôts affirme qu'elle veut préserver notre autonomie énergétique, elle fait en réalité tout l'inverse.

TotalEnergies ne semble pas non plus se préoccuper beaucoup de l'indépendance énergétique de la France puisqu'après avoir misé à fond sur la Russie (lire notre enquête), le groupe s'est positionné pour devenir l'un des principaux bénéficiaires de la politique américaine actuelle d'exportations massives de gaz naturel liquéfié vers l'Europe.

« Si la Caisse des dépôts affirme qu'elle veut préserver notre autonomie énergétique, elle fait en réalité tout l'inverse en soutenant notre dépendance aux énergies fossiles qui sont majoritairement importées », souligne Agathe Masson.

Alors que s'ouvre à Paris le procès intenté à TotalEnergies pour sa responsabilité climatique, suite à une plainte d'ONG et de collectivités locales dans le cadre de la loi sur le devoir de vigilance, on apprend par le biais du Monde que le ministère public prévoit - contrairement à son habitude – d'intervenir en faveur du géant des énergies fossiles. On rappellera que TotalEnergies a déjà été condamné en octobre dernier pour « pratiques commerciales trompeuses », pour avoir communiqué abondamment sur sa conversion à la cause du climat sans changer grand-chose à ses activités.

Ironie de l'histoire, c'est la décision controversée de TotalEnergies de mettre en place une double cotation, à la fois à Paris et à New York à partir du 1er janvier dernier qui a forcé la Caisse à la faire la lumière sur ses liens avec le géant pétrogazier, qui tombe désormais sous le coup des obligations de transparence étatsuniennes.

Contactée pour cet article, la Caisse des dépôts et consignations nous a répondu qu'elle « ne commente pas la composition de ses portefeuilles de placements financiers ».

12.02.2026 à 06:00

Entre la Nuit du bien commun, Pierre-Édouard Stérin et l'extrême droite, des liens multiples et inextricables

Clément Le Foll, Olivier Petitjean

Alors qu'une commission d'enquête sénatoriale se met en place pour se pencher sur les détournements politiques de la philanthropie et notamment les financements de Pierre-Édouard Stérin, retour sur les liens entre l'homme d'affaires d'extrême droite, les Nuits du bien commun et la société Obole, solidement ancrés à l'extrême droite de l'échiquier politique.
« Malgré la confusion des noms, il n'y a aucun lien entre La Nuit et Le Fonds du Bien Commun. » Tel est l'élément de langage répété (…)

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Alors qu'une commission d'enquête sénatoriale se met en place pour se pencher sur les détournements politiques de la philanthropie et notamment les financements de Pierre-Édouard Stérin, retour sur les liens entre l'homme d'affaires d'extrême droite, les Nuits du bien commun et la société Obole, solidement ancrés à l'extrême droite de l'échiquier politique.

« Malgré la confusion des noms, il n'y a aucun lien entre La Nuit et Le Fonds du Bien Commun. » Tel est l'élément de langage répété sur tous les tons depuis la révélation de l'existence du projet Périclès, plan de bataille pour préparer la victoire électorale de l'extrême droite avec l'argent de Pierre-Édouard Stérin, et des liens de ce dernier avec la Nuit du bien commun.

Lancée en 2017 par l'homme d'affaires d'extrême droite avec Stanislas Billot de Lochner et Thibault Farrenq, patrons de l'entreprise de récolte de fonds Obole, la Nuit du bien commun organise des soirées de levées de fonds à Paris et partout en France. L'événement se prétend caritatif et apolitique, mais a beaucoup servi à financer des associations proches des milieux catholiques traditionalistes, comme la Maison de Marthe et Marie, accusée de réaliser un lobbying anti-IVG, Excellence Ruralités, réseau d'établissements scolaires privés hors contrats, ou Familya.

Les organisateurs des « Nuits » tentent de se dissocier de l'image devenu trop encombrante de leur parrain.

Désormais, les organisateurs des « Nuits » tentent de se dissocier de l'image devenu trop encombrante de leur parrain. Les manifestations se sont multipliées dans les villes où étaient organisées les galas, jusqu'à obtenir l'annulation de celui qui devait se tenir à Aix-en-Provence en octobre dernier. En juin 2025 a été annoncé le départ officiel de Stérin et des deux autres co-fondateurs du fonds de dotation de La Nuit du Bien Commun. Sur les antennes de médias comme Cnews ou Europe 1, Stanislas Billot de Lochner, dont la société Obole continue d'organiser l'événement même après sa sortie du Fonds de dotation, a réaffirmé « l'indépendance » de la Nuit du bien commun et dénoncé les menaces subies de ceux qui veulent « faire croire que nous avons des opinions politiques ».

La diffusion de ces éléments de langage semble porter ses fruits, du moins chez certains des mécènes historiques de l'événement. « Je suis consterné quand je vois que la Nuit du bien commun est accueillie par des manifestations hostiles. Je suis triste et désolé, car nous sommes une initiative philanthropique indépendante de Pierre-Édouard Stérin, qui n'existe nulle part ailleurs. Ça fait du bien fou à la ruralité et au lien social et j'en suis fier », témoigne l'un d'entre eux.

Un projet estampillé Stérin

Cette revendication d'indépendance via-à-vis de Pierre-Édouard Stérin est-elle crédible ? Dans une enquête publiée il y a quelques semaines à l'occasion d'une soirée parisienne de la Nuit du bien commun, l'Observatoire des multinationales est revenu sur le rôle central joué par l'homme d'affaires d'extrême droite dans le lancement de la Nuit du bien commun en 2017. En plus d'avoir imaginé l'événement, il a aussi mobilisé ses réseaux dans les milieux d'affaires pour aider à organiser la première édition du gala et contribuer à son financement. Certains sont restés liés à la Nuit du bien commun pendant de nombreuses années.

L'orientation politique du Fonds du bien commun est encore plus assumée que pour la "Nuit".

En 2021, le milliardaire a lancé son propre fonds de dotation, baptisé le « Fonds du bien commun », dont certaines archives sur lesquelles nous avons pu mettre la fin suggèrent qu'une partie des mêmes hommes d'affaires y ont été associés. L'orientation politique de ce Fonds est encore plus assumée que pour la Nuit, avec un soutien apporté à des structures comme la Nuit des influenceurs chrétiens, la plateforme de prière en ligne Hozana ou le spectacle Murmures de la cité à Moulins mettant en scène une vision révisionniste et biaisée de l'histoire de France.

Aujourd'hui encore, le site web de la Nuit du bien commun affirme qu'« il n'y a aucun lien de gouvernance entre (...) deux initiatives indépendantes l'une de l'autre », mais concède : « Nous acceptons pour autant que le Fonds du Bien Commun soutienne certaines de nos soirées et de nos associations lauréates, comme nos 540 mécènes qui nous font confiance. » Faute de transparence, difficile de faire la liste des associations ont pu être financées conjointement par les deux structures. Il y a au moins Esprit de patronage, dédié à la création de lieux intergénérationnels « enracinés dans la joie chrétienne ».

« Who's who » de l'extrême droite française au capital

Enfin, Pierre-Édouard Stérin est entré en 2020 au capital d'Obole via sa principale holding belge B.A.D. 21. Parmi ses actionnaires, la société compte également depuis 2021 un autre fonds lié à l'extrême droite française, la Financière de Rosario, créé par Jean-François Michaud, figure du groupuscule d'extrême-droite Groupe union défense (GUD) et repris en 2024 par ses fils, dont Édouard Michaud, chef de file du groupe identitaire Les Natifs, et ancien cadre du groupe dissous Génération identitaire et des néonazis des Zouaves Paris.

Obole a fait entrer récemment un autre actionnaire bien connu de l'extrême droite catholique : Vincent Bolloré

En décembre, une enquête parue sur Médiacités Nantes a révélé qu'Obole avait fait entrer récemment un autre actionnaire bien connu de l'extrême droite catholique : Vincent Bolloré, qui contrôlerait désormais près de 30% de son capital via un « véhicule d'investissement de son groupe ». En 2024 et 2025, en effet, la société Obole – qui avait accumulé les pertes d'année en année – a « nettoyé » ses comptes en procédant à une vaste réorganisation de son capital [1]. Cet investissement du groupe Bolloré dans Obole n'a évidemment jamais été mentionné lorsque Stanislas Billot de Lochner a été invité à s'exprimer à plusieurs reprises en défense de la Nuit du bien commun sur CNews.

Chez Obole, des salariés qui affichent leur engagement politique

Au-delà de ses fondateurs et du soutien apporté par des actionnaires très marqués, l'équipe même d'Obole a des liens étroits avec l'extrême droite politique. Responsable administrative et financière d'Obole depuis plusieurs années, Isabelle Deflassieux a relayé sur certains de ses réseaux sociaux des publications du parti d'Eric Zemmour Reconquête [2]. Elle a partagé par exemple un post sur un rassemblement au Trocadéro de Sébastien Pilard, porte parole de la campagne présidentielle 2022 d'Eric Zemmour et du président d'honneur de Reconquête Gilbert Collard.

Isabelle Deflassieux s'est également impliquée directement dans cette campagne. Un cliché obtenu par l'Observatoire des multinationales montre la salariée d'Obole participer à l'organisation d'une réunion publique de Reconquête Loire-Atlantique à Château-Thébaud le 4 mars 2022. Isabelle Deflassieux y apparaît sur scène aux côtés de Cécile Scheffen, alors présidente de Génération Z dans le département, qui sera quelques mois plus tard candidate aux législatives, et d'Eléonore Revel, conseillère régionale Reconquête en Loire Atlantique et ancienne candidate à la mairie de Nantes sous la bannière Rassemblement national.

Quant à Thibault Farrenq, fondateur d'Obole, il s'est présenté en 2024 aux élections législatives en Vendée sous l'étiquette du parti d'Éric Ciotti, allié au Rassemblement national. Il a quitté Obole dans la foulée pour créer Studio 496. Cette agence événementielle, également financée par Pierre-Edouard Stérin, est derrière le label des « Plus belles fêtes de France » qui a défrayé la chronique à l'été 2025 suite aux révélations de L'Humanité sur ses liens avec le milliardaire d'extrême droite.

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Un petit monde

Chez Obole, on soigne également les proches de Pierre-Édouard Stérin. La société emploie actuellement ou a employé des membres de la famille proche de Paul-François Croisille, trésorier du fonds de dotation de La Nuit du Bien Commun et président d'Excellence Ruralités (financé par le Fonds du bien commun de Stérin) et de François Morinière, président du fonds de dotation de la Nuit du bien commun et président du directoire du groupe Bayard. À l'automne 2024, ce dernier a cherché sans succès à recruter Alban du Rostu, ancien directeur général du Fonds du bien commun et l'un des architectes du fameux plan Périclès de Stérin. Le monde est petit.

« Ces éléments montrent que la Nuit du bien commun n'a rien d'indépendant, réagit Alice Barbe, cofondatrice et directrice générale de l'Académie des futurs leaders. Même s'ils sont retirés des statuts, l'événement reste extrêmement lié à la galaxie Stérin, et aux gens de la Manif pour tous. »

Même s'ils sont retirés des statuts, l'événement reste extrêmement lié à la galaxie Stérin, et aux gens de la Manif pour tous.

Stanislas Billot de Lochner n'a lui pas souhaité répondre à nos questions, ne cachant pas son agacement par SMS. « Je n'essaierai pas de vous convaincre que vous fantasmez sur tout et n'importe quoi. Si vous voulez comprendre ce que nous faisons, regardez les 550 associations que nous avons financées. »

C'est ce que nous avons fait. Et nous avons pu constater qu'au moins quatre salariés actuels d'Obole sont passés par des associations soutenues par la Nuit du Bien Commun ou le Fonds du Bien Commun. Avant de devenir chef de projet communication chez Obole, l'un d'entre eux a ainsi travaillé pour l'association Le Rocher, mission catholique créée par la Communauté de l'Emmanuel et en lien avec des structures effectuant des thérapies de conversion. L'actuelle responsable du développement commercial d'Obole a elle oeuvré au sein de l'association À Bras ouverts, fondée par Tudgual Derville, délégué général de l'association anti-avortement Alliance VITA et ancien porte-parole de La Manif pour Tous.

Des affinités que la Nuit du bien commun cherche aujourd'hui à cacher en mettant en avant sur son site des initiatives de soutien aux handicapés ou aux enfants malades.

Une commission d'enquête sénatoriale vient d'être mise en place pour étudier « les mécanismes de financement des politiques publiques par des organismes, sociétés ou fondations de droit privé et des risques en matière d'influence, d'absence de transparence financière et d'entrave au fonctionnement de la démocratie ». Derrière cet intitulé à rallonge, il y a précisément l'intention de vérifier si certains hommes d'affaires ultra-réactionnaires comme Stérin n'utilisent pas une façade philanthropique pour masquer leurs visées politiques. Les auditions commencent ce jeudi 12 février.


[1] Les détails de l'opération sont en grande caviardés dans les documents officiels, mais l'augmentation de capital et la prime d'émission s'élèvent à environ 600 000 euros. Pour détenir aujourd'hui 30% du capital, Bolloré n'a donc pas déboursé plus que quelques centaines de milliers d'euros.

[2] Après notre sollicitation dans le cadre de cette enquête (à laquelle elle n'a pas répondu), ces publications ont été effacées. On les retrouvera ici et .

11.02.2026 à 07:30

Nouveau record pour les actionnaires du CAC 40

Olivier Petitjean

Les années se suivent et se ressemblent pour les actionnaires du CAC 40. Malgré les plaintes sur la désindustrialisation et une économie française en berne, les groupes cotés à l'indice phare de la Bourse de Paris ont une nouvelle fois battu leur record historique de gratification de leurs actionnaires, selon les données de la Lettre Vernimmen : 107,5 milliards d'euros, soit 9,5% de plus qu'en 2024.
Ce sont surtout les rachats d'actions qui connaissent une forte hausse, pour atteindre 34,8 (…)

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Les années se suivent et se ressemblent pour les actionnaires du CAC 40. Malgré les plaintes sur la désindustrialisation et une économie française en berne, les groupes cotés à l'indice phare de la Bourse de Paris ont une nouvelle fois battu leur record historique de gratification de leurs actionnaires, selon les données de la Lettre Vernimmen : 107,5 milliards d'euros, soit 9,5% de plus qu'en 2024.

Ce sont surtout les rachats d'actions qui connaissent une forte hausse, pour atteindre 34,8 milliards d'euros (+30% d'une année sur l'autre), principalement du fait d'Axa et des banques. Les dividendes versés stagnent d'une année sur l'autre, malgré un recul des profits réalisés par le CAC 40 (-12% entre 2024 et 2025).

TotalEnergies, Axa et Sanofi, groupes les plus généreux avec leurs actionnaires, représentent à eux seuls près du tiers des dividendes et rachats d'actions du CAC 40. Avec LVMH, BNP Paribas et Vinci, on est à plus de 50%.

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