Le dernier long-métrage d'Edoardo De Angelis, dont le précédent film, "Comandante", avait été projeté en ouverture de la Mostra en 2023, est adapté d'un roman autobiographique d'Antonio Franchini, sorti en 2024 en Italie où il a rencontré un vrai succès critique et remporté plusieurs prix.
Contrairement à l'œuvre littéraire, qui retrace toute la vie d'Angela, cette mère au caractère impossible, le réalisateur de 48 ans se concentre sur une seule soirée, celle de la veille de Noël, qui voit toute la famille réunie à Milan dans l'appartement d'Antonio, interprété par Lino Musella.
"C'était répugnant. J'étais obligée de cuisiner tout le temps, vraiment, avec l'huile bouillante" et "il y avait une odeur terrible dans la maison, tous nos vêtements empestaient", a raconté lors d'un entretien avec des journalistes Vanessa Scalera.
Pâtes aux palourdes trop cuites, poisson en charpie, aubergines carbonisées, salade inondée d'huile d'olive : jusque dans la nourriture immangeable qu'elle leur prépare, Angela intoxique ceux qu'elle aime.
Nos vêtements n'ont pas été lavés "pendant quatre à cinq semaines, parce qu'il fallait que nous ayons cette odeur-là, l'odeur d'Angela", a poursuivi l'actrice de 49 ans, rappelant que le roman d'Antonio Franchini débutait par la phrase : "Ma mère pue".
"Nous voulions que cette puanteur traverse l'écran d'une manière ou d'une autre et qu'elle soit la caractéristique du personnage", a souligné Edoardo De Angelis lors d'une conférence de presse mercredi.
"On décrit une mère italienne typique et dominatrice", a estimé pour sa part Vanessa Scalera, ajoutant que "cette femme cuisinait probablement bien quand elle était jeune, mais qu'elle tenait ses enfants en laisse avec la nourriture, comme le font toujours les mères italiennes, car c'est leur façon de te garder près d'elles".
Pour le rôle, Vanessa Scalera, qui a été révélée au grand public en Italie par une série dans laquelle elle incarne une substitut du procureur de la République de Matera, a dû être vieillie d'une vingtaine d'années, sans utiliser d'effets spéciaux ni de prothèses.
"Nos effets spéciaux - quand je dis +nos+, je veux dire ceux des Européens - sont avant tout le scénario et les acteurs. Je n'aime pas l'IA, la CGI (les images de synthèse, NDLR) pour ce type de travail, surtout sur les visages. Donc nous avons simplement utilisé le maquillage et le jeu", a expliqué Edoardo De Angelis, qui a notamment réalisé "Indivisibili" (2016) et la série "La vie mensongère des adultes", diffusée sur Netflix.