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▸ Les 15 dernières parutions

29.10.2026 à 01:13

L'UE et le Canada entament un sommet pour sceller un rapprochement inédit

FRANCE 24

Un sommet de deux jours s'ouvre jeudi à Montréal entre l'Union européenne et la Canada. Objectif : étendre la coopération aux minerais stratégiques, au commerce numérique, à la recherche ou à la mobilité des jeunes, dans un contexte de tensions commerciales avec Donald Trump. Face aux réticences de plusieurs États membres, dont l’Allemagne, Bruxelles devrait toutefois renoncer à qualifier le Canada de "membre associé".

29.10.2026 à 01:12

Le Sénat approuve l'imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur les mineurs

FRANCE24

Lors de l'examen du projet de loi sur la protection des enfants, les sénateurs ont voté largement pour cette évolution (252 voix pour, 80 contre) soutenue par le gouvernement. L'Assemblée nationale avait aussi approuvé cet été cette mesure historique, mais dans une rédaction plus large, incluant plus de crimes. Le vote du Sénat, réputé conservateur sur ces questions, ouvre la voie à l'adoption définitive de la mesure dans les prochaines semaines après des concertations entre les deux chambres du Parlement. A l'heure actuelle, une victime de viol subi dans l'enfance peut porter plainte jusqu'à 48 ans, le délai de prescription étant de 30 ans à compter de sa majorité, un délai jugé insuffisant par certaines associations de protection de l'enfance. Mais à l'heure où la société prend conscience de l'ampleur des violences commises sur les enfants, dans le sillage de plusieurs affaires ou scandales qui ont ému l'opinion publique (Lyhanna, périscolaire...), le Parlement s'est progressivement ouvert à une réforme profonde de la prescription, principe fondateur du droit. "Plus jamais un enfant victime d'inceste n'entendra qu'il était trop tard pour parler. C'est une révolution de l'écoute des enfants. Et c'est une immense émotion !" s'est émue sur X la ministre déléguée à l'Egalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé, après avoir longuement combattu dans l'hémicycle pour obtenir cette victoire. Le Sénat a été difficile à convaincre : il avait d'ailleurs rejeté cette mesure en commission des Lois ces derniers jours, dénonçant notamment une "rupture majeure" avec la "tradition juridique". "Une exigence pour les victimes" Mais les débats dans l'hémicycle se sont surtout voulus politiques, beaucoup d'élus tenant à mettre en avant l'intérêt des enfants et l'importance de se mettre "à leur hauteur". D'autres ont souligné l'importance de mettre en place une "intranquillité à vie" pour les auteurs de violences. "La prescription est une forme d'impunité. L'imprescriptibilité est une exigence qu'on doit aux victimes", a affirmé la centriste Annick Billon. Plusieurs sénateurs de droite et du centre ont tenté en vain, de dissuader leurs collègues : "Il y a des victimes qui parlent parce que la prescription est écoulée", a martelé Muriel Jourda (Les Républicains), reprochant aux soutiens de la mesure de faire "un choix entre les victimes". Au final, le vote a été large : seule la droite a voté majoritairement contre, aux côtés d'une poignée de centristes et de trois socialistes. Ce vote n'est pas définitif, mais c'est un grand pas. Il doit d'abord être validé lors d'un vote solennel sur l'ensemble du projet de loi de protection des enfants, mardi au Sénat, ce qui ne fait guère de doutes. Puis les parlementaires des deux chambres tenteront de s'accorder lors d'une commission mixte paritaire (CMP) pour aboutir à un texte commun. En effet, la rédaction du Sénat se limite aux crimes sexuels - viols, viols aggravés, incestueux - alors que celle des députés visait aussi d'autres crimes comme les meurtres, une écriture jugée fragile par le gouvernement vis-à-vis de la Constitution.

29.10.2026 à 01:04

Dans la rue, au Parlement et dans les médias, le climat politique se tend à six mois de la présidentielle

FRANCE24

Interviewé dans la soirée sur la chaîne Youtube du média HugoDécrypte, un format privilégié par l'Elysée pour s'adresser à la jeunesse, le chef de l'Etat a appelé les lycéens à "reprendre les cours" dans "le calme" lors de la rentrée de lundi, après plus d'un mois de mobilisation qui s'est élargie à d'autres revendications sociales. Et il a eu, pour la première fois, un mot de "compassion" pour les jeunes manifestants blessés par les forces de l'ordre. Durant le Conseil des ministres, dans la matinée, le président de la République avait plaidé pour "l'unité" et "la dignité" après l'attentat "terroriste raciste" perpétré vendredi à Trappes, dans les Yvelines, qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans d'origine africaine. Il a aussi décidé de la tenue prochaine d'un rare "hommage national" pour les victimes, présidé par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Depuis cet attentat qui a aussi fait plusieurs blessés graves, le débat politico-médiatique, déjà conflictuel, s'est envenimé d'un cran supplémentaire, la gauche mais aussi des figures plus centristes reprochant à l'extrême droite et à certains médias d'avoir créé un terreau favorable au passage à l'acte. Des députés écologistes, Benjamin Lucas et Léa Balage, ont ainsi demandé "le retrait des accréditations de CNews à l'Assemblée" pour, affirment-ils, protéger "la démocratie de ceux qui veulent la détruire en saturant l’espace médiatique de haine raciste". Tandis que le Rassemblement national a annoncé mardi des poursuites en diffamation contre le journal Le Monde, qu'il accuse d'avoir propagé une information "mensongère" pour le "salir" en affirmant que des tracts du parti avaient été retrouvés dans la voiture du suspect. Emmanuel Macron a lui pointé chez HugoDécrypte le RN, pour une certaine "désinhibition du racisme", mais aussi La France insoumise pour une "désinhibition d'un antisémitisme". Plus largement, il a déploré à "une forme de désinhibition des propos" et "des violences", exhortant au "sursaut". Le Conseil des ministres a été exclusivement consacré à l'attentat et à la mobilisation lycéenne et citoyenne qui secoue la France depuis un mois. Et le compte-rendu devant la presse de la réunion gouvernementale hebdomadaire a illustré ce contexte de forte polarisation, avec des échanges très tendus entre la porte-parole et des journalistes classés à gauche. "Ambiance nauséabonde" De la même manière, l'entretien à couteaux tirés de l'eurodéputée Reconquête Sarah Knafo mercredi matin sur franceinfo a fait l'objet de nombreuses critiques, notamment à l'extrême droite, poussant la station à défendre publiquement ses intervieweurs et à démentir s'être "excusée" auprès de l'invitée. Alors que la candidate du RN Marine Le Pen fait figure de grande favorite de la présidentielle du printemps, et que les sondages donnent aujourd'hui celui de LFI, Jean-Luc Mélenchon, en mesure de se qualifier face à elle pour le second tour, la campagne est scandée essentiellement par leurs mouvements, aux deux extrémités de l'échiquier politique. "Ce n'est pas normal qu'à six mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans cet état d'ébullition", avait protesté lundi Emmanuel Macron, en déplacement express à Marseille pour saluer le retour de "l'ordre républicain" après le fiasco sécuritaire face aux pillages et violences qui ont émaillé la mobilisation du 17 octobre. Le lendemain, lors d'une séance de questions au gouvernement très chahutée à l'Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a dénoncé une "ambiance particulièrement nauséabonde" qui ne "laisse présager de rien de bon" pour la présidentielle. Mercredi, les questions des députés et sénateurs au gouvernement n'ont pas connu le même degré d'intensité. Contrairement aux échanges sur les réseaux sociaux. Le député macroniste Pierre Cazeneuve a ainsi commenté la nomination de son collègue ciottiste Charles Alloncle comme porte-parole de la campagne de Marine Le Pen par cette phrase : "On a tous un Alloncle raciste". Réponse immédiate d'Eric Ciotti, qui a demandé une "sanction exemplaire" contre cette "injure infâme". Quant à M. Alloncle, il a donné rendez-vous : "À bientôt devant les tribunaux".
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