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▸ Les 15 dernières parutions

08.10.2026 à 07:26

Au Yémen, les Houthis affichent leur sérénité face à la contre-offensive soutenue par Riyad

Marc DAOU

Après plusieurs semaines de revers face aux Houthis, les forces gouvernementales yéménites tentent de reprendre l’initiative face aux rebelles pro-iraniens. Soutenues par l’aviation saoudienne, elles disent avoir lancé une contre-offensive "stratégique" pendant le week-end. Elles revendiquent même des avancées sur plusieurs fronts, ce que démentent les rebelles chiites.

08.10.2026 à 07:18

Espagne : la crise du logement, dossier brûlant des législatives anticipées

FRANCE24

Il aura suffi d'une étincelle pour mettre le feu aux poudres, après des mois d'une sourde colère : l'expulsion d'une femme de 87 ans de son logement madrilène, acheté par une société immobilière qui voulait drastiquement augmenter le loyer. En quelques heures, Maricarmen Abascal - qui est décédée mercredi - est devenue le visage d'une crise qui, comme dans d'autres pays en Europe, inquiète profondément en Espagne, notamment les jeunes adultes, exaspérés par des prix de l'immobilier qui les empêchent parfois de quitter le domicile de leurs parents. "Cela fait des années que les loyers et les prix à l'achat sont devenus complètement fous. C'est impossible d'acheter, impossible de louer quoi que ce soit !", s'emporte Beatriz Blanco, une travailleuse indépendante de 37 ans rencontrée par l'AFP sur la Puerta del Sol, la place du centre de Madrid où des centaines de manifestants campent depuis 10 jours pour faire entendre leur exaspération. Placée en 2025 et 2026 par le réseau Barnes en tête du classement mondial des villes prisées pour l'immobilier de luxe, Madrid dispose d'un parc social si restreint, avec environ 10.000 logements dans ce secteur pour 3,5 millions d'habitants, que certains appartements sociaux sont attribués... par tirage au sort. Pays de propriétaires Pour les ménages modestes, se loger est quasiment devenu une mission impossible. Selon les dernières données de l'Institut national de la statistique (INE), le salaire mensuel brut moyen s'établit en Espagne à environ 2.460 euros avant impôts (les salaires étant en général versés en 14 fois sur l'année en Espagne). A titre de comparaison, la location d'un appartement de 50 m2 dans la capitale espagnole coûtait en moyenne 1.170 euros par mois en septembre, selon le portail internet Idealista, soit quasiment la moitié du salaire brut moyen, loin du taux de 30% largement recommandé par les organismes publics et les professionnels du logement. De nombreux Espagnols accusent les plateformes touristiques, comme Airbnb, et les fonds d'investissement de faire flamber les prix en achetant des biens immobiliers et en réduisant l'offre pour la population. Ces "fonds vautours", comme les qualifient les manifestants et le gouvernement de gauche, concentrent la colère dans les cortèges et les campements qui ont essaimé. Une crise d'autant plus sensible que l'Espagne, qui compte selon le gouvernement plus de 27 millions de logements pour 50 millions d'habitants, est un pays où la propriété immobilière est historiquement très ancrée. Un héritage, notamment de la dictature de Franco, dont le ministre du Logement avait lancé un jour : "Nous ne voulons pas d'une Espagne de prolétaires, mais de propriétaires." "L'offre ne suit pas" Toutefois, ce modèle s'effrite : si près de trois ménages sur quatre possèdent leur logement principal, un peu plus de la moitié des moins de 30 ans vivaient en 2025 en location, selon l'INE. La crise financière mondiale de 2008 a marqué un tournant, provoquant "l'effondrement" du BTP et "la destruction d'un million d'emplois" dans ce secteur, rappelle à l'AFP Jorge Galindo, le directeur du Centre de politiques économiques de l'école de commerce Esade. Depuis, "l'offre ne suit pas. Dans les années 1990, nous construisions environ 260.000 logements par an. En 2025, seulement 92.000", explique-t-il, mettant en garde contre le fait que l'Espagne devienne "une société d'héritiers". Faut-il, donc, bâtir davantage pour combler ce manque, au moment où l'arrivée de centaines de milliers d'étrangers et l'évolution de la structure des ménages, en particulier, accroissent la demande ? Le Parti populaire, principal parti de droite, y est largement favorable, tandis que le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez prône une réponse plus large. En 2023 déjà, l'exécutif avait fait voter une loi prévoyant une hausse du nombre des constructions de logements sociaux, un encadrement des loyers dans les zones de tension et des pénalités pour les propriétaires laissant leurs logements inoccupés. Mais ce texte n'a pas permis d'enrayer l'explosion des prix, nourrissant le mécontentement des Espagnols. À environ 50 jours des législatives, Jorge Galindo met, quant à lui, en exergue "un paradoxe" : "Ceux qui souffrent le plus de la crise du logement sont ceux qui pèsent le moins dans les urnes : les jeunes, qui votent moins, et les immigrés". Pour peser sur le débat, les principaux syndicats espagnols ont appelé à une grève générale le 11 novembre.

08.10.2026 à 07:12

Dans l'Ohio, la cherté de la vie au coeur des préoccupations avant les élections

FRANCE24

Comme pour des millions d'Américains, le pouvoir d'achat est au coeur des préoccupations de cette femme de 68 ans, à moins d'un mois d'élections parlementaires qui pourraient sanctionner Donald Trump et son Parti républicain. "J'espère que quelqu'un va pouvoir défaire certaines des choses que ce président a faites, comme la guerre contre l'Iran", explique Mme Barber à l'AFP. Cette électrice démocrate fait partie des dizaines de personnes présentes lors d'une réunion publique fin septembre à Warren, dans l'Ohio. Dans cette ancienne place forte de l'industrie américaine où il était dominant jusqu'à l'irruption de Donald Trump sur la scène politique en 2016, le Parti démocrate s'attend à regagner du terrain lors des élections du 3 novembre et mise sur Sherrod Brown pour battre le sénateur républicain sortant Jon Husted. Les démocrates espèrent que les frustrations montantes face aux prix de l'essence et de l'alimentation se traduiront dans les urnes. Deux ans après son retour à la Maison Blanche, Donald Trump n'a en effet pas réussi à dompter l'inflation. Denise Barber raconte qu'elle conduit régulièrement son mari à ses rendez-vous médicaux depuis un mini AVC et que, vivant "dans un désert médical", la note à la pompe se fait sentir douloureusement. Cela représente parfois plusieurs centaines de dollars de dépenses hebdomadaires en plus, selon elle. "C'est délirant", juge celle qui a passé 22 ans dans la sidérurgie avant de perdre son emploi et de devenir comptable. "Je vais devoir chercher un boulot pour compenser". Le prix moyen d'un gallon d'essence a augmenté de plus de 45 % depuis le début de la guerre contre l'Iran en février, à 4,37 dollars, soit 1,15 dollars (environ 1 euro) le litre, selon l'Association automobile américaine (AAA). "Risque réel" Pour Paul Sracic, analyste au Hudson Institute, le "risque est réel" pour le Parti républicain de perdre un siège de sénateur dans l'Ohio. "Cela n'allait pas être facile pour eux car le parti au pouvoir fait en général pâle figure lors des élections de mi-mandat", explique-t-il à l'AFP. "Mais les prix de l'essence montent. Or c'est le meilleur indicateur de la façon dont les gens perçoivent l'économie". Localement, le sénateur républicain sortant soutient les investissements dans les centres de données, ce qui va aussi lui coûter des points, assure M. Sracic. Et aux prix de l'essence, et de l'énergie en général, s'ajoutent ceux des produits alimentaires : en août, ils étaient 2,2% plus élevés qu'un an auparavant. Des axes de campagne tout trouvés pour le candidat démocrate Sherrod Brown. "Les classes populaires n'ont jamais voulu de cette guerre", explique cet ancien sénateur de l'État (2007-2025) en parlant de l'Iran. "Elles n'ont jamais voulu de cette explosion des prix partout". "Ils se font broyer" "La cherté de la vie touche tous les travailleurs, dans cette région comme à travers tout le pays", souligne aussi David Green, un leader syndical local dans l'automobile. "Ils se font broyer en ce moment". "Ce qui fait vraiment peur depuis un an, c'est de voir que beaucoup de petits centres de production de pièces détachées affiliés à notre syndicat (UAW), des entreprises familiales, licencient ou ferment", dit-il. Le syndicaliste assure qu'il y a eu "beaucoup de promesses non tenues" par les républicains. "On leur a dit de ne pas partir, que les emplois allaient revenir", dit-il. Mais les habitants de ce coin du nord-est de l'Ohio attendent toujours la résurgence industrielle promise par Donald Trump. Ancien ouvrier, Mike Rubicz se souvient de la région comme un eldorado de l'acier. Mais aujourd'hui, "il n'y a plus une seule aciérie", constate-t-il. "La réalité, c'est qu'aujourd'hui on ne peut plus arriver ici et trouver directement un boulot dans l'industrie".
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