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21.09.2026 à 00:35

Ingérences, budget, carburant : l'opération déminage d'Emmanuel Macron

FRANCE24

Au menu de l'Essentiel politique : la géopolitique qui s'invite dans la campagne présidentielle, l'impopulaire budget 2027 et Ségolène Royal qui vient jouer les trouble-fête à la primaire de la gauche. Avec Richard Werly, éditorialiste et journaliste pour le media suisse Blick.

21.09.2026 à 00:31

Loi intégrale contre les violences sexuelles: le texte entre dans le vif des débats

FRANCE24

Poussé par des parlementaires, notamment en réponse à l'affaire Lyhanna, le texte porté par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez entend couvrir toute la chaîne des violences, du repérage à la réparation, en passant par la prévention, l'accompagnement et la justice. La semaine dernière, six ministres ont été auditionnés (Gérald Darmanin et Aurore Bergé mercredi, puis Laurent Nuñez, Jean-Pierre Farandou, Stéphanie Rist et Edouard Geffray jeudi) sur les volets police, justice, santé, travail et école qui nourrissent les 69 articles. Avec un enjeu majeur: les moyens nécessaires à leur mise en oeuvre. A la veille de ces auditions, le Premier ministre Sébastien Lecornu a fixé, pour le budget 2027, un "socle de départ" de près de 1,5 milliard d'euros contre les violences sexistes et sexuelles, auquel s'ajouteraient 2,6 milliards pour la protection de l'enfance. Matignon a toutefois précisé qu'il ne s'agissait pas de moyens supplémentaires mais d'une reconduction des moyens engagés en 2026, provoquant la colère des associations féministes et des oppositions. "Entourloupe"#photo1 La présidente de la Fondation des femmes Anne-Cécile Mailfert a déploré de "la poudre de perlimpinpin". Le gouvernement a été accusé par la députée LFI Gabrielle Cathala de "prendre les gens pour des imbéciles", quand l'élue RN Caroline Parmentier a vu une "entourloupe". Dans la proposition de loi, les besoins sont évalués à au moins "trois milliards d'euros par an" entre 2027 et 2032 pour la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, selon son article 68 qui fixe une logique de programmation pluriannuelle. Aurore Bergé, ministre déléguée à l'Égalité femes-hommes, a, lors de son audition, annoncé un amendement sur ce point pour permettre, "année après année, d'établir les montants budgétaires nécessaires". Elle avait assuré début septembre à l'AFP que le coût de la réforme ne serait "pas un obstacle". Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a lui averti que les moyens de la justice ne seraient pas au rendez-vous si le texte était adopté en l'état sans "une augmentation considérable" des effectifs et de la formation. La proposition prévoit notamment des juridictions spécialisées dans les violences sexuelles et intrafamiliales, avec des magistrats spécialement formés, ainsi qu'un socle minimal d'actes d'enquête: audition de la victime et du suspect, préservation des preuves et recherche d'éventuelles autres victimes avant un classement. Elle instaure aussi un centre de prise en charge des victimes dans chaque département et la création d'un crime autonome d'inceste, assorti de peines "spécifiques et renforcées". Promulgation espérée début 2027 Un article devrait susciter de vifs débats: il interdit de prononcer une obligation de quitter le territoire français (OQTF) contre un étranger ayant déposé plainte pour des faits de violence sexuelle. Plusieurs députés ont déposé des amendements pour le supprimer. #photo2 Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a relevé en audition que "le dépôt de plainte pour violences sexuelles risque de devenir une voie de contournement facile pour éviter l'édiction d'une mesure d’éloignement ou pour accéder à un titre de séjour". Le texte comporte aussi un important volet contre les cyberviolences et interdit par ailleurs le mariage entre cousins germains. Il a été largement remanié après l'affaire Lyhanna, cette collégienne de 11 ans retrouvée morte et violée en juin dans le Gers. Le principal suspect avait fait l'objet de précédentes plaintes pour violences sexuelles sur mineures sans avoir été inquiété. L'examen des quelque 800 amendements déposés en commission spéciale doit durer une semaine. Il est attendu dans l'hémicycle début octobre. Face à un calendrier parlementaire serré, concurrencé par les débats budgétaires, les associations redoutent que la navette parlementaire n'aboutisse pas. Début septembre, Aurore Bergé s'était montrée confiante sur sa promulgation avant la fin du quinquennat du président Emmanuel Macron. Les associations maintiennent toutefois la pression en manifestant chaque lundi devant les tribunaux et le ministère de la Justice à Paris.

21.09.2026 à 00:27

Carburants : l'exécutif sur tous les fronts

FRANCE24

Sébastien Lecornu tiendra lundi deux réunions à Matignon avec des ministres : l'une le matin avec les directeurs d'administrations centrales sur les approvisionnements en pétrole et en gaz, perturbés par une guerre au Moyen-Orient qui s'éternise, et l'autre l'après-midi dédiée à "l'accompagnement à court et moyen terme" des Français face à l'envolée des prix à la pompe. #photo1 Emmanuel Macron sera lui interviewé jeudi à 20H00 par TF1 et France 2, dans un contexte où le chef de l'Etat multiplie les alertes sur les tensions géopolitiques, qu'il s'agisse de la Russie ou du Moyen-Orient. Il a déjà réuni vendredi les chefs de parti ou candidats à la présidentielle à l'Elysée puis tenu dans la foulée une conférence de presse, dressant un tableau durable de la menace "hybride" russe et de la crise des prix du carburant. Dans cet environnement international très contraint, le gouvernement étudie les modalités de nouvelles aides pour compenser les prix à la pompe, qui se sont encore envolés ce week-end, outre ceux de certains produits alimentaires percutés par la sécheresse qui touche le monde agricole. Faible marge de manœuvre Le prix du gazole évoluait dimanche à près de 2,41 euros en moyenne en France, selon une analyse par l'AFP des données publiques, un nouveau record en pleine crise géopolitique où les approvisionnements sont fortement perturbés. Côté essence, le SP95-E10, carburant le plus vendu en France, évolue depuis plus d'une dizaine de jours au-dessus de son pic de 2022. Dimanche matin, il était vendu en moyenne à plus de 2,17 euros le litre, et le SP98 à 2,28 euros. #photo2 Cette flambée des prix alimente une grogne sociale qui s'est déjà manifestée la semaine dernière par des blocages de dépôts pétroliers par des pêcheurs en Méditerranée. Plusieurs candidats à l'Elysée ou responsables politiques craignent la résurgence de mouvements du type Gilets jaunes, qui protestaient à l'époque contre la hausse d'une taxe sur les carburants, alors que cette fois la hausse des prix tient à une guerre lointaine, insiste l'exécutif. Mais sa marge de manœuvre est faible compte tenu de la dégradation des finances publiques, avec un endettement qui s'annonce record l'an prochain et des taux d'intérêt qui grimpent. Le gouvernement a déjà prolongé jusqu'à la fin de l'année les aides aux secteurs les plus exposés, notamment l'agriculture, le BTP et les pêcheurs. Mais il n'a rien dit encore sur le devenir de l'aide aux "gros rouleurs", à laquelle seule une petite moitié des trois millions de Français éligibles ont eu recours. Routes alternatives Plusieurs ministres ont garanti que ce soutien ne disparaîtrait pas le 30 septembre, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon évoquant un "nouveau dispositif d'aide pour les Français qui travaillent" à compter du 1er octobre. Mais il ne s'agit que d'une des pistes étudiées, alors que l'exécutif insiste sur les problèmes d'approvisionnements à venir, exposant au passage les dépendances de la France toujours très grandes aux énergies fossiles importées. Le nombre de stations-service connaissant des difficultés sur le gazole où l'essence a augmenté ces derniers jours, selon un site du gouvernement dédié. #photo3 L'exécutif pointe notamment des risques pour le jet-fuel (kérosène) utilisé par les compagnies aériennes, ou le gazole, très consommé en France, tandis que la question du gaz pourrait se poser à l'approche de l'hiver. Le Premier ministre "réfléchit à une séquence énergétique sur l'ensemble de l'hiver qui soit soutenable budgétairement" et "s'inscrit dans le temps long", souligne son entourage. Emmanuel Macron multiplie pour sa part les contacts diplomatiques pour trouver des routes alternatives aux hydrocarbures qui transitaient par des détroits (Ormuz et Bab el-Mandeb) désormais affectés par la guerre. Il a ainsi rencontré dimanche à Saint-Pierre-et-Miquelon le Premier ministre canadien Mark Carney, gros producteur de pétrole et de gaz. "Les projets canadiens de gaz naturel liquéfié (...) sont importants pour notre Europe et contribueront à ouvrir de nouvelles perspectives entre nos deux pays", a souligné M. Macron.
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