Ce chauffeur, un Polonais de 30 ans résidant en France qui transportait un pont mobile militaire, avait été placé en garde à vue après cette collision, survenue tôt mardi matin à un passage à niveau à Bully-les-Mines (Pas-de-Calais).
L'accident avait coûté la vie au conducteur du TGV, âgé d'une cinquantaine d'années.
Le délit d'homicide routier est passible d'une peine allant jusqu'à sept ans d'emprisonnement, a précisé le procureur, Etienne Thieffry, dans un communiqué plus tôt mercredi.
Il a indiqué disposer "d'indices graves et concordants" justifiant cette mise en examen.
L'information judiciaire est également ouverte pour "blessures routières avec incapacité n'excédant pas trois mois par conducteur et violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence", a détaillé M. Thieffry dans un communiqué.
Outre le décès du conducteur du TGV, la collision a fait 16 blessés à bord du train, "sans que leur pronostic vital soit engagé", a rappelé le magistrat.
Le choc s'était produit mardi à 06h47 du matin à un passage à niveau, entre un TGV Dunkerque-Paris circulant à 160 km/h et un poids lourd transportant un pont mobile militaire lors d'un convoi exceptionnel.
Seule personne placée en garde à vue, le chauffeur routier, qui n'a pas été blessé, a été testé négatif à l'alcool et aux stupéfiants, selon le procureur.
Le conducteur de la voiture ouvreuse qui accompagnait le poids lourd a quant à lui été "auditionné comme témoin", avait annoncé plus tôt mercredi Etienne Thieffry.
"Les investigations se poursuivent, afin de déterminer les circonstances de la collision", selon le procureur.
Selon le PDG de la SNCF, Jean Castex, venu sur place mardi, le passage à niveau "était en état de fonctionnement normal".
D'après un communiqué de la SNCF mercredi, la circulation devrait reprendre le 18 avril sur cet axe Lens-Béthune, le temps de dégager le train et le pont mobile accidentés, et de remettre le passage à niveau en état.
Selon le cabinet du ministre des Transports, 89 accidents ont été recensés en France à des passages à niveau en 2024. Le ministère en a recensé 32 "significatifs" en 2024 et 37 en 2025, c'est-à-dire des accidents ayant provoqué la mort ou des blessures, des dégâts matériels significatifs ou des interruptions de circulation pendant six heures ou plus.