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25.01.2026 à 15:15

Collecte de vêtements en France: un modèle usé jusqu'à la corde

FRANCE24

Débordé par les flux massifs de l'ultra fast-fashion, le modèle est "à bout de souffle" et "s'effondre progressivement", estime pour l'AFP Maud Hardy, directrice générale de Refashion, éco-organisme chargé d'accompagner l'industrie de la mode vers une économie plus circulaire. Ce constat n'est pas nouveau, mais la réforme lancée au printemps 2025 patine. Le gouvernement espère un cahier des charges de la filière REP (responsabilité élargie du producteur) textiles d'ici fin mars. Mais de nombreux arbitrages restent à faire et le nouveau modèle n'entrera pas en vigueur avant 2027, prévient-il. Emplois menacés En 2024, pour 891.309 tonnes de nouveaux produits (vêtements, linge de maison et chaussures), 289.393 tonnes de produits usagés ont été collectées. Or le système repose encore à "plus de 60%" sur l'export, notamment en Afrique, rappelle Maud Hardy, et les marchés africains sont désormais saturés de vêtements importés de Chine, d'occasion ou neufs et à bas prix. Résultat: effondrement des prix, difficultés financières pour les trieurs, accumulation de stocks... En outre, "on ne peut pas continuer à envoyer nos déchets à l'autre bout du monde", une bonne partie des textiles finissant en décharge ou dans les cours d'eau, ajoute-t-elle. Les opérateurs traditionnels de la collecte (Emmaüs, Le Relais, La Croix-Rouge...) affrontent aussi la concurrence des plateformes comme Vinted ou les dispositifs seconde main des marques. La crise a éclaté au grand jour l'an dernier quand le réseau d'entreprises de tri Le Relais a déversé des tonnes de vêtements devant de grandes enseignes. Pierre Duponchel, fondateur du Relais, est inquiet: "On tient la filière à bout de bras, nous ne tiendrons pas six mois s'il n'y a pas de décision". "On a de plus en plus de vêtements de moindre qualité qui nous coûtent de l'argent", abonde Emmanuel Pilloy, président du Relais France, rencontré dans le plus grand centre de tri du Relais en France, à Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais), où 350 salariés embauchés en insertion trient chaque jour manuellement 70 tonnes de textiles. Les acteurs de la collecte jugent toujours insuffisante la revalorisation du montant versé par Refashion, passé à l'été dernier de 156 à 223 euros par tonne de déchets triés. Ce montant provient de l'éco-contribution payée par les marques à Refashion pour chaque vêtement neuf vendu. Mais selon M. Pilloy, elle ne couvre plus les coûts: "Sur quatre centimes prélevés" par pièce "un centime nous est reversé, on a besoin de plus". Chez Emmaüs France, Thomas Ladreyt alerte sur "plus de 5.000 emplois menacés" et demande un soutien porté à 304 euros la tonne. "Submersion" La contribution "ne permet plus aux acteurs de l'économie sociale et solidaire (ESS) de faire correctement leur métier", estime Benoît Hamon, président de l'association ESS, accusant certains vendeurs, "Shein, Temu", d'organiser "une forme de submersion de textiles" sans "mettre l'argent sur la table" pour financer leur fin de vie. Le gouvernement a réclamé à Refashion des propositions cette semaine pour "faire payer davantage" l'ultra fast-fashion, et à l'Agence de la transition écologique Ademe de chiffrer sous un mois les soutiens nécessaires pour les opérateurs. A long terme, l'État veut accélérer l'émergence d'une industrie du recyclage textile, en respectant la hiérarchie des traitements: réemploi d'abord, recyclage ensuite. Le scénario inclut des pénalités pour les produits polyester ou multi-matières, des primes pour l'incorporation de matières recyclées et une traçabilité intégrale pour chaque maillon de la chaîne. Toutes les parties questionnées par l'AFP trouvent le scénario "plausible" mais restent "vigilantes" en attendant un chiffrage. Une question reste sensible: l'accès aux fripes de meilleure qualité, "la crème". Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce (grandes enseignes), fixe une "ligne rouge": "Nous ne voulons pas de discrimination entre opérateurs et metteurs en marché". "Il y a de la place pour tout le monde", dit-il, soulignant que seuls 30% des vêtements sont aujourd'hui collectés, loin de l'objectif de 60% fixé pour 2028.

25.01.2026 à 14:55

SOS Racisme porte plainte contre l'influenceuse Mila pour une image de saluts nazis

FRANCE24

"Je vous confirme le dépôt d'une plainte", a indiqué à l'AFP le président de SOS Racisme Dominique Sopo. Cette plainte, déposée en septembre auprès du Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) et renvoyée au parquet de Lyon, fait suite à la publication d'une photo le 6 septembre par l'influenceuse de 22 ans dans une story sur son compte Instagram très suivi (plus de 59.000 abonnés à l'époque et plus de 79.000 actuellement). Cette photo montre le tee-shirt d'un homme portant l'inscription "Adidolf" et "assortie de trois bras levés à 45 degrés, paume vers le sol, évoquant sans ambiguïté les saluts nazis", indique SOS Racisme dans sa plainte, consultée par l'AFP. Cette image, qui détourne le logo Adidas pour remplacer ses trois bandes par ces saluts, "remplit les conditions nécessaires à la qualification du délit d'apologie de crimes contre l'humanité", poursuit l'association. Dans une vidéo publiée samedi sur Instagram, l'influenceuse a annoncé qu'elle était "convoquée" par la justice "pour apologie du terrorisme" pour cette publication. Dans sa vidéo, elle invoque le "second degré", estimant qu'il s'agissait "d'humour noir sur un tee-shirt" avec "un simple jeu de mots". Mila Orriols a été condamnée en décembre à Lyon à 2.000 euros d'amende avec sursis pour l'envoi d'un tweet raciste en février 2024, une décision dont son avocat avait annoncé faire appel. Elle avait écrit sur X: "Une immense partie des familles maghrébines sont consanguines, et beaucoup ont des visages difformes et assez laids, et de très petits fronts. Surtout les migrants chelous qui nous agressent dans la rue tous les jours." Mila est apparue dans le paysage médiatique en 2020, victime d'un harcèlement continu après ses critiques en ligne sur l'islam, qui l'a notamment contrainte à vivre sous protection policière. Plusieurs peines de prison avec sursis et allant jusqu'à quatre mois ferme sous bracelet électronique ont été prononcées depuis 2021 contre des cyberharceleurs l'ayant pris pour cible. Ces dernières années, Mila est devenue l'égérie de l'extrême droite: en 2024, elle a rejoint le collectif identitaire Némésis, se réclamant du féminisme, et participé aux universités d'été de Reconquête!.

25.01.2026 à 14:51

Forum de Davos, accidents de train en Espagne et mort à Minneapolis : la semaine en images

FRANCE 24

À Davos, en Suisse, Donald Trump a signé la charte fondatrice de son Conseil de paix et Emmanuel Macron a fait parler de lui pour ses lunettes de soleil. L'Espagne a, quant à elle, été endeuillée cette semaine par une succession d'accidents de train. À Minneapolis, aux États-Unis, la tension est à son comble après la deuxième mort d'un Américain, tué par balle par des agents fédéraux. Voici la semaine en images.
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