La poignée de mains entre les deux rivaux fut brève mais chaleureuse, et le discours de l'ancien patron de l'Olympique lyonnais qui a suivi, combattif.
"Monsieur Doucet, vous avez l’écharpe de maire, mais vous n'avez plus toutes les clefs de la ville", a-t-il lancé, jugeant que les résultats serrés du second tour étaient un "véritable rappel à l'ordre".
"Près d'un Lyonnais sur deux n'a pas voté pour vous. Par ce désaveu, ils vous ont exprimé de manière très vive leurs préoccupations", a poursuivi l'entrepreneur de 77 ans, novice en politique.
Grégory Doucet, à la tête d'une coalition de gauche ayant fait alliance avec LFI dans l'entre-deux-tours, l'a emporté avec 50,67% contre 49,33% à Jean-Michel Aulas, adoubé par la droite et le centre, soit moins de 3.000 voix d'avance.
Ce dernier a souligné que son groupe Coeur Lyonnais, qui compte 27 conseillers municipaux sur 73, serait "intraitable" sur la question de la sécurité, "un des seuls domaines sur lequel vous aurez le mot final".
"Pour tout le reste, vous aurez besoin de nous", a-t-il lancé, soulignant la situation inédite qui résulte des dernières élections: la puissante métropole de Lyon dirigée par une présidente LR, Véronique Sarselliest, et M. Aulas lui-même en a été élu premier vice-président.
Une situation dont M. Doucet a bien conscience: "Nous travaillerons avec la métropole à chaque fois que l'intérêt des Lyonnaises et des Lyonnais l'exigera", a-t-il dit, avant d'ajouter immédiatement que "coopérer ne signifie pas s'effacer".
"Je défendrai les intérêts de la ville, je défendrai les choix pour lesquels j'ai été élu et je le ferai sans esprit de querelle, mais sans renoncement", a-t-il assuré.
Souriant dans son rôle protocolaire de président de séance, Jean-Michel Aulas a donné le résultat du vote qui a porté Grégory Doucet, seul candidat, au poste de maire pour un deuxième mandat.
"Le doyen n'est pas seulement celui qui préside par l'ancienneté, il est aussi la vigie pour l'institution. C'est un repère de sagesse, d'expérience, par définition, et aussi de compétence", a-t-il déclaré en préambule.
Juste avant d'entrer dans la salle il a assuré qu'il allait désormais faire "de la politique à 100%."
Pendant de longues semaines, les sondages prédisaient une large victoire de M. Aulas, qui dimanche soir avait annoncé vouloir déposer un recours évoquant "de nombreuses irrégularités" constatées pendant le scrutin
Vendredi à 16H00, deux heures avant la limite pour saisir la justice, le tribunal administratif de Lyon n'avait rien reçu.