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07.11.2026 à 00:34

Acte IV de la colère sociale, avant les annonces attendues du gouvernement

FRANCE24

Entre 575.000 personnes, selon les autorités, et 1,6 million, selon la CGT, ont défilé jeudi dans toute la France pour réclamer une hausse de leur pouvoir d'achat. La nouvelle mobilisation de samedi vise à maintenir la pression deux jours avant une conférence sociale avec les syndicats et le patronat convoquée lundi matin à Matignon, et des rencontres avec les organisations lycéennes et étudiantes l’après-midi. Dans un courrier vendredi aux partenaires sociaux, le Premier ministre Sébastien Lecornu, confronté à un automne social très chaud, assure "entend(re) les attentes exprimées sur les salaires et le pouvoir d’achat" et les "inquiétudes" des employeurs. Cette conférence "permettra de présenter les réponses concrètes aux attentes des Français", affirme-t-il. L'intersyndicale de jeunesse (Union étudiante, Fage, Unef et USL) et des unions syndicales régionales (CGT, FO, FSU, Solidaires, CFDT) appellent à manifester samedi "contre la vie chère et pour la jeunesse" au sein d'un cortège autorisé, sur le même tracé que jeudi, reliant les places de la République à celle de la Nation. La coordination des gilets jaunes a elle décidé de faire cavalier seul, marquant clairement ses distances avec les syndicats. Elle appelle à un rassemblement distinct et interdit par les autorités, place de la Concorde. "Désobéir massivement" "Nous irons à Concorde à 14H00 et nous y resterons jusqu'à 19H00", a déclaré à la presse vendredi Benjamin Ball, membre de leur coordination, à la sortie de la préfecture de police de Paris qui a interdit l'action. "Nous appelons à désobéir massivement", a-t-il prévenu. Le choix n'a rien d'un hasard, explique l'avocat des gilets jaunes, David Libeskind : la Concorde est "un lieu emblématique, près de l'Assemblée nationale, un lieu de pouvoir, puisque nos revendications sont politiques". Les gilets jaunes prévoient au total quelque 120 actions samedi partout sur le territoire, selon leur carte interactive vendredi soir, loin des quelque 1.700 actions revendiquées pour leur acte I du 17 octobre. À l'image de la journée de mobilisation de jeudi qui s'est "globalement bien déroulée" selon le ministère de l'Intérieur, les autorités veulent à tout prix éviter que se reproduisent les scènes d'émeutes et de pillages du 17 octobre. Le dispositif massif de sécurité en vigueur depuis lors est donc "reconduit" vendredi, avec 70.000 policiers et gendarmes mobilisés sur l'ensemble du territoire, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. "Le risque est exactement le même que pour les samedis précédents", a-t-il souligné, appelant les préfets à "ne pas baisser la garde face à des phénomènes plus éclatés voire sporadiques dont le niveau de violence ne baissera pas en intensité". "Évidemment, les centres-villes demain (samedi, NDLR) seront protégés systématiquement. Les préfets ont pris des arrêtés d'interdiction de manifestation dans les centres-villes de sorte qu'il ne puisse pas y avoir de rassemblement spontané", a-t-il ajouté. "Ne pas attendre la présidentielle" A Rennes, par exemple, la préfecture d'Ille-et-Vilaine a estimé que "les conditions ne sont pas réunies" pour la tenue de rassemblements dans le centre, notamment en raison des "graves violences" de jeudi dans la ville. La suite du mouvement, elle, dépendra en grande partie des réponses que va apporter le gouvernement lundi lors de la conférence sociale. L'intersyndicale rassemblant les huit principaux syndicats nationaux a d'ores et déjà indiqué qu'elle prendrait position dès lundi soir. "La seule chose qui arrêtera la mobilisation c'est la réponse aux revendications portées depuis plusieurs semaines par les salariés, les fonctionnaires, les jeunes et les retraités", ont écrit vendredi ces organisations (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires). L'ampleur de la manifestation de jeudi "doit inciter le gouvernement à comprendre qu'il ne peut pas attendre la présidentielle", a ajouté Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT, premier syndicat français, qui réclame une hausse de 100 euros net mensuel du Smic. Le gouvernement laisse entendre depuis plusieurs jours qu'il est ouvert à une mesure sur le Smic, mais son ampleur n'atteindra sans doute pas les exigences des syndicats.

07.11.2026 à 00:32

Pour la sortie de son programme, Mélenchon veut faire une nouvelle démonstration de force au Bourget

FRANCE24

Après Clermont-Ferrand le mois dernier et avant Le Havre le mois prochain, La France insoumise effectue ce week-end un retour en région parisienne, là où elle est le plus implantée, avec ce meeting au Parc des expositions du Bourget, en Seine-Saint-Denis. Vendredi, 17.000 militants étaient inscrits pour cet événement. Avec jusqu'à 20.000 personnes attendues pour accentuer la bonne dynamique de Jean-Luc Mélenchon, donné par les derniers sondages en mesure de se qualifier pour le second tour. Les Insoumis, qui font la course en tête à gauche, ont pu compter dans la semaine sur le soutien de la majorité du groupe communiste et ultramarin à l'Assemblée nationale, dont son président Stéphane Peu, élu de Seine-Saint-Denis. Et la formation mélenchoniste espère bientôt bénéficier du ralliement du petit parti Génération.s, fondé par Benoît Hamon, et de ses six députés. Samedi, avec ce meeting, "nous avons trois objectifs: la démonstration de la force et de la dynamique de notre campagne, la mise en valeur de notre équipe et la présentation de notre programme", explique à l'AFP le coordinateur de LFI et directeur de campagne, Manuel Bompard. Car cet événement suit la sortie en librairie vendredi du programme présidentiel des Insoumis, la nouvelle version de "L'Avenir en commun", forte de 1.069 propositions. Et le mouvement de gauche radicale, toujours féru d'innovations technologiques, entend donner à voir de manière originale à quoi ressemblerait leur programme appliqué. Le Bourget, lieu symbolique "On diffusera un court-métrage, entre fiction et réalité, avec des passages entre la scène et l'écran, pour montrer comment +L'Avenir en commun+ va changer la vie des gens", indique l'entourage de Jean-Luc Mélenchon à l'AFP. A gauche, le choix du Parc des expositions du Bourget comme lieu de meeting n'est pas anodin. C'est là que le candidat socialiste François Hollande a tenu en janvier 2012 son meeting devenu célèbre, au cours duquel il a asséné: "Mon véritable adversaire (...) c'est le monde de la finance". C'est également là - et cette référence parle sûrement plus à Jean-Luc Mélenchon qui honnit François Hollande - que François Mitterrand a tenu son dernier meeting de premier tour lors de sa campagne pour la réélection en 1988. L'ancien président socialiste reste en effet toujours une figure tutélaire pour le candidat Insoumis qui fut membre du PS pendant plus de 30 ans. Donné largement battu au second tour par Marine Le Pen dans tous les sondages, Jean-Luc Mélenchon, figure très clivante, est au défi de se montrer rassembleur, comme l'avait fait Mitterrand, pour pouvoir espérer l'emporter. La scénographie de son dernier meeting près de Clermont-Ferrand, le 11 octobre, était déjà un clin d’œil à celle du premier meeting de Mitterrand à Rennes en 1988. Et la nouvelle affiche de campagne de Jean-Luc Mélenchon, dévoilée vendredi, n'est pas sans rappeler celle de François Mitterrand en 1981, "La force tranquille". Comme le socialiste à son époque, Jean-Luc Mélenchon pose devant un fond rural, le site de Gergovie en Auvergne qu'il affectionne particulièrement, alors que son mouvement est connu pour être surtout implanté dans les grandes villes et leurs banlieues. L'affiche est recouverte du slogan "Liberté, égalité, solidarité". "La fraternité est un comportement individuel, la solidarité est un projet politique", a expliqué Manuel Bompard.

07.11.2026 à 00:30

Pouvoir d'achat des Français : travailler et s'appauvrir ?

Marion GAUDIN

Selon un récent sondage, 85 % des Français interrogés estiment que leur pouvoir d’achat s’est dégradé en dix ans. Sont-ils effectivement en train de travailler pour vivre moins bien qu'avant ? Nous avons posé la question à l'économiste Philippe Trainar. 
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