"C'était vraiment quelqu'un de passionné qui avait des rêves. Il voulait devenir professionnel", a témoigné auprès de l'AFP John, 35 ans, son "sparring-partner" (partenaire d'entraînement) depuis quatre ans au sein de la Atch Académy, un club d'arts martiaux spécialisé dans les sports de combat basé à Aubervilliers, près de Paris.
Sportif "plein de vie", "très humain" et "hyper respectueux", il "s'entraînait avec tout le monde", débutants comme confirmés, a raconté son camarade en marge d'une marche blanche organisée en sa mémoire dimanche dans cette ville de Seine-Saint-Denis, à l'initiative du club.
"plein de vie"
Rencontré par l'AFP à Aubervilliers samedi, le fondateur du club Stéphane Chaufourier, dit le "Atch", avait lui aussi dépeint un jeune "très très investi dans le MMA".
Pour se dédier à sa passion, le jeune Français d'origine africaine ne comptait ni les heures, ni les kilomètres parcourus.
"Depuis les Yvelines, il se donnait la peine de venir quasiment tous les jours (en soirée au club). Il faisait un trajet d'à peu près 1H20 à l'aller, 1H20 au retour, pour deux heures d'entraînement. Il avait sept combats amateurs (à son actif) et se dirigeait vers une carrière professionnelle : quelqu'un qui s'investit autant dans ce type de sport, c'est très rare."
Travaillant dans le secteur de la sécurité d'après l'avocat de sa famille, Me Yassine Bouzrou, Pengo Bossio Wangi "se confiait peu sur sa vie privée et professionnelle au club", a souligné auprès de l'AFP Joël, 27 ans, un autre de ses camarades d'entraînement.
C'était un "jeune adulte de 26 ans qui était débrouillard et qui a tout fait pour essayer d'arranger sa vie", raconte-t-il. "Peu importe ce qui n'allait pas, lui, il avait toujours le sourire."
Plus jeune, "il était en foyer", a-t-il dit savoir.
Sollicitée par l'AFP, la famille de Pengo Bossio Wangi n'a pas souhaité s'exprimer. Ses proches se sont joints, dimanche, au rassemblement à Aubervilliers.
"mauvaise couleur de peau"
Lorsqu'il a été tué par balles vendredi, à Trappes, par un homme de 39 ans soupçonné d'acte raciste et souffrant de schizophrénie, "il était au mauvais endroit, au mauvais moment, avec la mauvaise couleur de peau", a brièvement confié à l'AFP son oncle, qui a aussi souhaité rectifier "des fausses informations qui circulent". "Il n'était pas musulman", a pointé son parent.
Dans une interview accordé au média en ligne Blast, sa sœur a pour sa part décrit son grand-frère, son "jumeau", comme chrétien. "J'ai la foi, je suis chrétienne, lui aussi il l'était", a-t-elle assuré.
Selon Almamy Kanouté, cofondateur de l'Assemblée des quartiers - collectif créé pour faire peser les voix des quartiers dans le débat public - qui s'est exprimé samedi lors d'un rassemblement à Trappes, son père est Bolema Bossio Wangi, membre des Black Dragons, groupe antiraciste de la fin des années 1980.
Pour soutenir la famille de Pengo Bossio Wangi, une cagnotte Leechi a été lancée et a récolté près de 35.000 euros à ce jour.