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06.06.2026 à 04:49

Les footballeurs iraniens ont leurs visas américains, nouvel échange de frappes dans le Golfe

FRANCE24

L'ambassadeur américain en Turquie, Tom Barrack, et le département d'Etat ont annoncé vendredi que les joueurs iraniens et le "personnel d'encadrement nécessaire" avaient obtenu leurs visas pour les Etats-Unis, où ils doivent disputer leurs trois matches du premier tour du Mondial-2026. L'agence iranienne Fars a toutefois indiqué que "plus d'une dizaine de membres du personnel de soutien" sportif et médical de la sélection s'étaient vu refuser leurs visas, de même que le président de la Fédération iranienne de football, Mehdi Taj, un ancien commandant des Gardiens de la Révolution. L'Iran a été l'un des premiers pays qualifiés pour le Mondial mais sa participation a été remise en question après le déclenchement de frappes israélo-américaines sur le pays le 28 février. Les incertitudes quant à l'obtention de visas ont forcé la sélection à déplacer son camp de base de Tucson (Arizona) à Tijuana, au Mexique, où elle doit arriver dimanche. L'Iran disputera son premier match le 15 juin à Los Angeles contre la Nouvelle-Zélande. Quelques heures après avoir confirmé qu'ils accueilleraient les footballeurs iraniens, les Etats-Unis ont annoncé de nouvelles frappes contre l'Iran, malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 8 avril. L'armée américaine a "abattu quatre drones (...) lancés en direction du détroit d'Ormuz", qui "représentaient une menace immédiate pour le trafic maritime régional", a écrit sur X le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom). "Les forces américaines ont ensuite frappé des sites de radars de surveillance côtière iraniens à Goruk et sur l'île de Qeshm afin de se défendre contre de nouvelles attaques," a ajouté le Centcom. Koweït et Bahreïn attaqués Selon les Gardiens de la Révolution cités par la télévision d'Etat iranienne Irib, deux tours de communication ont été touchées à Sirik et à Qeshm, île déjà frappée mardi par l'armée américaine. En riposte, les Gardiens ont dit avoir tiré des missiles balistiques vers la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït, où sont stationnés des appareils américains, et le quartier général de la Ve flotte américaine à Bahreïn. Des journalistes de l'AFP dans ces deux pays ont dit avoir entendu des explosions, notamment près de l'aéroport de Koweït, où une attaque attribuée à l'Iran avait fait un mort et une soixantaine de blessés mercredi. "Nous avons été réveillés par des explosions assourdissantes. Les déflagrations étaient extrêmement bruyantes. Mes enfants étaient terrifiés, et je n'arrivais pas à les calmer", a témoigné Reem, une Egyptienne habitant au Koweït, auprès de l'AFP. Le Centcom a dit avoir intercepté "plusieurs missiles et drones lancés par l'Iran vers le détroit d'Ormuz et ses voisins du Golfe". Selon lui, six missiles ont été détruits et un a raté sa cible. Depuis le cessez-le-feu du 8 avril, les hostilités avaient quasiment cessé entre les Etats-Unis et l'Iran. Mais elles ont repris ces derniers jours, en particulier autour du détroit d'Ormuz, stratégique voie maritime pour les hydrocarbures verrouillée par Téhéran. Les Gardiens de la Révolution ont affirmé samedi matin, via Irib, que quatre pétroliers avaient tenté de franchir le détroit "illégalement", mais que l'un avait été "ciblé et stoppé" et que les autres avaient rebroussé chemin. Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, a affirmé dans une interview à la chaîne américaine CNN que "les négociations sont dans l'impasse" pour mettre fin de la guerre. Il a appelé le président américain Donald Trump à "sortir de cette impasse" en débloquant les 24 milliards de dollars de fonds iraniens à l'étranger gelés à cause des sanctions américaines. "S'il souhaite parvenir à un accord avec l'Iran, ces 24 milliards de dollars constituent un test de confiance (...) que les Etats-Unis doivent réussir pour que la voie s'ouvre", a-t-il dit. "C'est notre argent à nous, pas celui des Etats-Unis". Sommation à l'Iran Au Liban, Israël continue de bombarder le sud du pays, avec cinq nouveaux morts recensés vendredi par le ministère de la Santé. Les dirigeants libanais ont sommé vendredi l'Iran de cesser d'interférer dans les affaires de leur pays, face à l'échec d'une nouvelle trêve annoncée par Washington entre Israël et le mouvement chiite Hezbollah soutenu par Téhéran. "Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (...) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays", a lancé le président libanais Joseph Aoun à l'adresse de l'Iran. Le Premier ministre Nawaf Salam a lui aussi exhorté l'Iran à cesser d'utiliser son pays comme "moyen de pression" dans les discussions avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. "D'après les propos de M. Aoun, on pourrait croire que c'est l'Iran qui a occupé un cinquième du Liban, déplacé un quart des Libanais et bombarde son pays quotidiennement. Si le Liban avait été une monnaie d'échange pour l'Iran, nous aurions conclu un accord depuis longtemps. Sauvez le Liban de votre véritable ennemi, Monsieur le président", a répondu sur X le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi. Le Hezbollah a entraîné début mars le Liban dans la guerre, en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'attaque israélo-américaine. Téhéran exige que tout accord avec Washington englobe la fin des hostilités sur le front libanais, avec un retrait des forces israéliennes. Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3.560 morts depuis le début du conflit, selon le dernier bilan des autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban. burx-roc/jnd

06.06.2026 à 04:03

Léon XIV arrive en Espagne pour un voyage centré sur les questions migratoires et sociales

FRANCE24

La visite débutera par une cérémonie d'accueil au palais royal de Madrid, en présence du roi Felipe VI et de la reine Letizia, avant une visite dans un centre social de la capitale espagnole. Sa première journée s'achèvera par une veillée de prière près du stade Santiago Bernabéu du Real Madrid, où 400.000 personnes sont attendues. Dimanche, environ un million de personnes devraient assister à une messe en plein coeur de Madrid, sur la place de Cibeles, habituellement point de ralliement des supporteurs du club de foot et siège de la mairie. Rues coupées, centre-ville paralysé, monuments pavoisés et fleurs plantées aux couleurs du Vatican (jaune et blanc), la capitale vit au rythme de cette visite très attendue. Discours devant le Parlement Parmi les autres temps forts de ce voyage qui durera jusqu'à vendredi figure un discours que prononcera Léon XIV devant le Parlement espagnol lundi, une première pour un souverain pontife. Le pape bénira également la nouvelle tour de la célèbre basilique de la Sagrada Família à Barcelone, dont la construction a débuté à la fin du XIXe siècle et qui est désormais l'église la plus haute du monde. Il célébrera une messe dans la basilique perpétuellement en travaux mercredi, un siècle jour pour jour après la mort de son architecte de génie, Antoni Gaudí, fervent catholique fait l'an dernier "vénérable" par le Vatican, une étape préalable à sa béatification. Puis Léon XIV se rendra à quelque 2.000 kilomètres de la péninsule ibérique, dans l'archipel des Canaries, au large des côtes africaines, principale porte d'entrée des migrants en Espagne, où ils arrivent souvent au terme d'un voyage périlleux. Le pape, très sensible à la cause des migrants à l'instar de son prédécesseur François, y rencontrera jeudi et vendredi des migrants, ainsi que les organisations qui leur viennent en aide. Il sera accueilli par Pedro Sánchez, qui sera ensuite présent pour une cérémonie rendant hommage aux milliers de migrants morts en tentant de rejoindre l’Europe (1.172 en 2025 selon l'Organisation internationale pour les migrations). Faisant figure d'exception en Europe, M. Sánchez a récemment lancé un vaste plan de régularisation de sans-papiers, qui devrait aboutir à la régularisation d'un demi-million de personnes et lui vaut les virulentes critiques du Parti populaire (droite) et de Vox, le parti d'extrême droite devenu la troisième force politique du pays. La visite du pape intervient dans un contexte de profonde crispation politique autour du Premier ministre. Une série de scandales éclabousse depuis plusieurs mois son épouse, son frère, d'anciens hauts responsables socialistes, ainsi que l'ex-Premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero, figure emblématique de la gauche espagnole. "Pays polarisé" Arrivé au pouvoir en 2018 en promettant de faire le ménage dans la vie politique espagnole après une affaire de corruption impliquant le Parti populaire, Pedro Sánchez a plusieurs fois rejeté les appels de l'opposition à démissionner et à convoquer des élections anticipées. Léon XIV "arrive dans un pays polarisé où différents acteurs pourraient tenter de tirer parti de sa visite", résume Rafael Rubio, porte-parole de l'Église pour la visite en Espagne: "Faire en sorte que son message parvienne à tous et parle à tous constitue un défi majeur". La visite est placée sous haute surveillance: environ 15.000 membres de la police nationale et de la Garde civile sont mobilisés, auxquels s'ajoutent les agents des polices locales déployées aux différentes étapes du voyage. Plus de 4.000 journalistes de 80 nationalités sont également accrédités. Il s'agit du premier voyage du pape, âgé de 70 ans et né aux États-Unis, dans un pays de l'Union européenne en dehors de l'Italie, et la première visite d'un pape en Espagne depuis celle de Benoît XVI en 2011. Le prédécesseur de Léon, François, avait largement délaissé de nombreux bastions traditionnels du catholicisme en Europe où, comme en Espagne, la pratique religieuse recule rapidement.

06.06.2026 à 00:15

Présidentielle au Pérou: le candidat de gauche pour des relations "respectueuses" avec Trump

FRANCE24

Au coude-à-coude dans les sondages avec sa rivale conservatrice Keiko Fujimori, Roberto Sanchez a adopté un ton résolument modéré lorsqu'il a été interrogé sur le président américain, cherchant à rassurer les électeurs indécis et les marchés après des années de turbulences politiques. "Le bon voisinage, des relations respectueuses entre les nations et le renforcement de nos liens politiques, culturels et commerciaux doivent toujours être une priorité", a-t-il déclaré à l'AFP. Les relations entre le Pérou et les Etats-Unis "ne peuvent pas faire exception". Lors d'une conférence de presse avec les médias étrangers peu auparavant, il a souligné que si la Chine est aujourd'hui le premier partenaire commercial du Pérou, les relations et les échanges avec les Etats-Unis demeurent "historiques". Depuis le début de son second mandat, Donald Trump est intervenu dans plusieurs élections en Amérique latine pour soutenir des candidats conservateurs, avec des résultats mitigés. Il ne s'est toutefois pas encore exprimé sur la présidentielle péruvienne. Ces derniers jours, Roberto Sanchez a multiplié les appels au consensus et à la stabilité, prenant ses distances avec les projets de changement radical qui inquiètent une partie de l'électorat conservateur. "Quiconque veut gagner et être à la hauteur de cette responsabilité doit garder les pieds sur terre, faire preuve de bon sens et appeler au consensus politique", a-t-il dit. Il a également insisté sur la continuité de la politique économique, citant le respect de l'indépendance de la banque centrale et le maintien des règles macroéconomiques en vigueur depuis longtemps, tout en réaffirmant son attachement à l'ouverture économique. "Un but reste un but" Roberto Sanchez a également mis en avant les opportunités d'investissement pour les entreprises américaines. S'il a défendu le port de Chancay, au nord de Lima, développé avec des capitaux chinois et critiqué de longue date par certains responsables américains pour ses implications stratégiques, il a souligné qu'il accueillerait également favorablement les investissements américains. A ce titre, il a mis en avant le projet du terminal portuaire de Corio, dans la région d'Arequipa, dans le sud du pays, qui pourrait attirer des capitaux américains. Selon Roberto Sanchez, l'activité commerciale générée par le port de Chancay a contribué à hauteur de 1,5% du PIB dès sa première année d'exploitation. Il estime que le projet de Corio pourrait être cinq fois plus vaste. Défendant le projet chinois, il a estimé que, comme dans le sport, "un but reste un but", suggérant que l'origine des investissements importe moins que leurs bénéfices pour le pays. "Le commerce et l'activité portuaire sont essentiels au développement du pays et nous n'avons pas l'intention d'y faire obstacle", a-t-il ajouté, plaidant toutefois pour "le respect de notre souveraineté" et pour des retombées économiques bénéficiant à la population. A deux jours du scrutin, les sondages donnent Roberto Sanchez, qui se présente comme la voix des électeurs pauvres et des zones rurales, et Keiko Fujimori, fille de l'ancien président Alberto Fujimori, au coude-à-coude, tandis que la criminalité et l'insécurité demeurent les principales préoccupations des électeurs.
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