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09.10.2026 à 08:03

Gazole, engrais : la facture flambe et met à l'épreuve le vote républicain des agriculteurs

FRANCE24

"Je dois avouer que cela fait un peu grincer des dents", confie-t-il à l'AFP. "On se demande franchement ce qu'il (Trump, ndlr) est en train de faire." L'année a été difficile pour les agriculteurs comme M. Schacht, qui constituent un bastion électoral essentiel pour le parti présidentiel, déterminé à conserver le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat de novembre. L'Etat de l'Ohio - où vivent David Schacht, 69 ans, et sa femme Lisa, 67 ans - pourtant acquis à Donald Trump lors du scrutin présidentiel de 2024, est aujourd'hui le théâtre d'affrontements serrés pour plusieurs sièges clés au Sénat et à la Chambre des représentants. Les hausses des prix minent les électeurs dans cette région du nord-est des Etats-Unis, tandis que la construction de centres de données suscite de vives controverses. Dans les champs, la facture de gazole des moissonneuses-batteuses explose au moment où débute la récolte du soja, du maïs et d'autres cultures. Depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l'Iran et la fermeture du détroit d'Ormuz par Téhéran, les prix du gazole ont bondi de plus de 67%. D'après M. Schacht, la facture pour certains engrais nécessaires à la prochaine saison des semis a également doublé. Malgré ces difficultés, il s'attend à ce que de nombreux agriculteurs ayant voté pour Trump continuent de soutenir le Parti républicain. "Je ne vais pas retourner ma veste", assure-t-il. Mais les gens sont de plus en plus "tendus", ce n'est pas "ce à quoi ils s'attendaient". "Pas qu'un simple slogan" Cette guerre semble "sans fin", déplore-t-il. D'après lui, la hausse du prix du soja, qu'il estime d'environ 20%, ne suffit pas à compenser celle des coûts des carburants et des engrais. "On doit serrer les dents. Je ne vais pas abandonner la récolte", poursuit-il. Pour sa femme Lisa, 67 ans, les agriculteurs qui soutiennent les républicains ont des raisons qui vont au-delà des considérations économiques. "Ils restent absolument convaincus que +Make America Great Again+ (rendre à l'Amérique sa grandeur, ndlr) n'est pas qu'un simple slogan", remarque-t-elle. Mme Schacht met notamment en avant la volonté affichée de Donald Trump de stimuler la production aux Etats-Unis, ainsi que de promouvoir les "valeurs familiales" et les libertés individuelles. En 2024, Donald Trump a remporté 78% des votes des agriculteurs. Marges de rentabilité extrêmement réduites Les inquiétudes exprimées par les époux Schacht dépassent largement le cadre de leur seule exploitation. "Certains agriculteurs peinent à garder la tête hors de l'eau" et sont particulièrement préoccupés par la hausse des prix des carburants, commente auprès de l'AFP Joe Logan, président par intérim du lobby Ohio Farmers Union. "La plupart d'entre eux vivent avec des marges de rentabilité extrêmement réduites" depuis plusieurs années, explique M. Logan, 77 ans, lui-même producteur de soja, de maïs et de blé. Les faillites d'exploitations agricoles ont bondi de 46% entre 2024 et 2025. Le conflit avec l'Iran constitue un nouveau coup dur pour les agriculteurs, déjà fragilisés par la guerre commerciale lancée par Donald Trump contre la Chine - un acheteur clé de soja américain. "Une fois que nous avons sapé cette relation, il est vraiment difficile de la reconstruire", estime M. Logan, soulignant la forte concurrence exercée par des producteurs tels que le Brésil et l'Argentine. L'escalade du conflit commercial entre Washington et Ottawa pourrait porter un autre coup de massue pour les cultivateurs, le Canada étant l'un des principaux fournisseurs de potasse, un engrais indispensable aux Etats-Unis. "Le scénario le plus probable n'est pas forcément un basculement vers le parti démocrate", note Joe Logan. "En revanche, je pense que beaucoup de gens vont se dire : +Je suis moins enthousiaste à l'égard de M. Trump et des républicains que je ne l'étais auparavant. Je vais simplement rester chez moi+" le jour des élections, anticipe-t-il.

09.10.2026 à 07:59

Italie: et si la Serie A avait trouvé l'antidote contre les 0-0

FRANCE24

Avant la 6e journée du Championnat d'Italie ce week-end, le Calcio ne se reconnaît plus: aucun des 50 matches disputés jusque-là ne s'est terminé sans but. En incluant la Serie B, la deuxième division, un seul 0-0 est recensé depuis mi-août et le coup d'envoi des deux championnats. Du jamais-vu après cinq journées et 100 matches ! Et juste retour des choses, la Serie A doit cette petite révolution à l'un de ses anciens arbitres, sans doute toujours le plus réputé, vingt ans après avoir rangé son sifflet, Pierluigi Collina. Désormais responsable de l'arbitrage au sein de la Fifa, il a voulu accélérer le jeu durant le Mondial-2026 en se montrant intransigeant: cinq secondes pour jouer une touche ou un dégagement, dix secondes pour quitter le terrain lors d'un remplacement, une minute hors du terrain après qu’un joueur blessé a reçu des soins. Importées en Italie où gagner/gaspiller du temps et simuler une blessure sont tout un art, ces règles ont un effet quasi miraculeux. 59 minutes de temps de jeu effectif Les 0-0 ont donc disparu cette saison, quand il y en avait eu cinq en 2025-26 à ce stade du championnat, sept la saison d'avant, sept aussi mais avec seulement huit matches par journée en 1986-87 et dix, vingt ans auparavant en pleine période dorée de l'austère "catenaccio". Le temps de jeu effectif moyen a, lui, bondi: alors que la Serie A était à la traîne en la matière parmi les cinq grands championnats européens la saison dernière, le ballon a roulé cinq minutes et 5 secondes de plus sur les terrains italiens depuis août pour tutoyer l'heure (59 min 24 sec). "Je vois un championnat où l'intensité et la qualité de jeu se sont accrues", s'est félicité Cristian Chivu, l'entraîneur de l'Inter Milan après le palpitant nul (2-2) de son équipe, championne d'Italie en titre, face à la Roma, co-leader avec l'Inter et la Lazio. "Ces nouvelles règles donnent de la vitesse et enlèvent les temps morts. Il faut juste accepter que les matches puissent se finir avec des scores amples, mais j'aime ça", a-t-il ajouté. "C'est le calcio" Les arbitres y trouvent aussi leur compte. Après une saison 2025-26 entachée par les habituelles polémiques et un inédit scandale à propos de la VAR dont le périmètre d'utilisation a été par ailleurs réduit depuis cet été, ils ont redoré leur blason. "L’héritage de la Coupe du monde, c’est que nous avons vu à quel point la figure centrale a été l’arbitre", s'est félicité leur nouveau patron Daniele Orsato. "Maintenant, quand un joueur est à terre, il se dit: +Si je reste comme ça, on va jouer à dix pendant une minute et on peut prendre un but+. Avec ces nouvelles règles, mes arbitres sont morts de fatigue et ont plus de choses encore en tête, mais ce n'est pas trop leur demander, car on voit les résultats", a-t-il souligné. Revenu à la tête de la Nazionale qu'il avait quittée en 2023, Roberto Mancini a débuté la fenêtre internationale qui vient de se terminer en félicitant les arbitres: "J'ai toujours pensé qu'en Italie, on jouait à un rythme moins élevé qu'en Angleterre, parce qu'on sifflait trop". Mais, en tant que joueur et entraîneur d'expérience, il ne se fait guère d'illusions: "Les 0-0 vont revenir quand il y aura plus d'enjeu, c'est le calcio qui veut ça".

09.10.2026 à 07:57

Pour de bonnes nouvelles sur le climat, oubliez la politique et regardez les tribunaux

FRANCE24

litants politiques du climat à la tranquille assurance des avocats spécialisés dans l'environnement, intarissables sur leurs victoires récentes. Depuis une dizaine d'années, des États ont été condamnés pour l'insuffisance de leurs politiques climatiques, avec des effets concrets dans les lois ou budgets: Pays-Bas en 2015, puis Pakistan, Brésil, Colombie, France, Allemagne, Suisse, Corée du Sud... "La dynamique est réelle dans les tribunaux en faveur des contentieux climatiques", dit à l'AFP Dennis van Berkel, du Climate Litigation Network, qui soutient des actions en justice contre États et entreprises. "Je suis d'accord, il y a une dynamique, il y a de plus en plus d'affaires nationales et internationales", abonde Margaret Young, professeure de droit à l'université de Melbourne, en Australie, où la plus haute cour vient de rendre son premier jugement sur une affaire climatique, contre l'extension d'une mine de charbon. Le jeune juriste Jose Rodriguez Orue, au Costa Rica, qui a commencé sa carrière à la Cour interaméricaine des droits de l'homme, voit même dans ce moment de l'histoire "une révolution juridique silencieuse". Depuis deux ans, pas moins de trois cours internationales ont établi sans ambiguïté que l'action climatique était une obligation légale, dans des avis consultatifs (Tribunal international du droit de la mer, Cour interaméricaine et Cour internationale de justice). Un avis est attendu à la Cour africaine des droits de l'homme. "Beaucoup a été accompli en très peu de temps", se félicite Margaretha Wewerinke-Singh, professeure de droit à l'université d'Amsterdam, impliquée comme juriste dans les trois avis. Malgré le terme "consultatif", "tout cela est en train de redescendre dans les pays, où les plaignants l'utilisent dans leurs propres contentieux", poursuit Dennis van Berkel. Un jugement contre TotalEnergies en juin à Paris, lui imposant d'inclure les émissions de gaz à effet de serre liées à l'utilisation de ses produits dans son plan de vigilance, a cité l'avis de la CIJ. Tout comme celui, en janvier, en faveur des habitants de l'île néerlandaise de Bonaire, condamnant les Pays-Bas à renforcer leur plan climatique (ces deux jugements sont en appel). "Quoi que disent les politiciens, les juges respectent et appliquent le droit international dans de nombreux pays", insiste Sophie Marjanac, juriste spécialisée. Shell en 2027 Du côté des entreprises, les précédents sont moins avancés qu'avec les États, mais "le filet se resserre" sur les compagnies pétrolières, estime Jasper Teulings, ancien de Greenpeace International désormais au Climate Litigation Network. Après parfois des années de procédures, des autorisations de projets de pétrole, de gaz ou de charbon ont été annulées, notamment au Royaume-Uni. La Cour suprême de Norvège tranchera prochainement sur des permis en mer du Nord. En 2027, la Cour suprême des Pays-Bas, pays pionnier, devrait rendre un jugement très attendu concernant Shell, poursuivie par l'ONG Milieudefensie: lui imposera-t-elle un objectif chiffré de réduction de ses émissions ? Ce serait historique. Facture aux pollueurs ? Une autre percée est espérée à moyen terme: la condamnation d'une grande entreprise polluante à indemniser des victimes du changement climatique, où qu'elles se trouvent, en proportion de ses rejets de gaz à effet de serre. Le principe a été validé l'an dernier par la justice allemande, dans l'affaire du paysan péruvien Saúl Luciano Lliuya contre l'énergéticien allemand RWE. Les juges ont refusé des versements dans son cas particulier, mais ils ont ouvert la voie à d'autres plaintes. Shell est poursuivi au Royaume-Uni par des victimes philippines du typhon Odette en 2021; le cimentier Holcim en Suisse par quatre habitants de l'île indonésienne de Pari victimes de la montée des eaux; et RWE et le cimentier Heidelberg Materials en Allemagne par des agriculteurs pakistanais frappés par des inondations catastrophiques en 2022. Tout reste à décider dans ces affaires, et les militants climatiques ont aussi enregistré des défaites, notamment face à des compagnies pétrolières aux États-Unis. En Nouvelle-Zélande, le gouvernement a fait changer la loi pour bloquer des poursuites climatiques lancées contre six entreprises nationales par le militant maori Michael Smith... qui n'a pas dit son dernier mot.
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