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03.10.2026 à 01:08

La Bulgarie accueille les restes attribués au tsar Samouil

FRANCE24

Le Premier ministre bulgare Roumen Radev a salué un "accord historique" avec la Grèce ayant permis leur retour en échange de 48 objets provenant de deux monastères et de la métropole de Serrès et Nigrita. Samouil, ou Samuel, qui a régné de 997 à 1014, mena avec ses frères plusieurs campagnes contre Byzance et étendit progressivement son autorité sur une grande partie des Balkans, avec Prespa et Ohrid parmi ses principaux centres de pouvoir. A partir de 1001, Byzance reprit l'avantage, jusqu'à la défaite de Klioutch en 1014, après laquelle des milliers de prisonniers auraient été rendus aveugles. Samouil mourut peu de temps après et l'État bulgare passa sous domination byzantine en 1018. Son héritage a longtemps opposé Sofia et Skopje, certains historiens comparant cette querelle aux récits français et allemands autour de Charlemagne. En 2019, une commission bilatérale a convenu de présenter Samouil comme le souverain d'un État que "la majorité de l'historiographie contemporaine considère comme l'Empire bulgare", centré sur la Macédoine du Nord actuelle. "Samouil occupe une place importante dans le récit historique aussi bien en Bulgarie qu'en Macédoine du Nord. Cette initiative vise à souligner le caractère bulgare de la population slave de Macédoine", estime Dimitar Betchev, chercheur au groupe de réflexion Carnegie Europe, auprès de l'AFP. Les médias macédoniens s'attendent à ce que la bataille politique se poursuivre autour de ce personnage, l'un d'entre eux titrant: "Les ossements reviennent, le conflit demeure!". Les restes supposés de Samouil ont été découverts dans les années 1960 par l'archéologue grec Nikolaos Moutsopoulos, qui dirigeait les fouilles de la basilique Saint-Achille, sur une île du petit lac Prespa. Dans un sarcophage reposaient le squelette d'un homme mesurant environ 1,60 m, ainsi que les vestiges d'une riche étoffe tissée de fils de soie entourés de fils d'or. Elle était ornée de motifs d'oiseaux. L'attribution à Samouil repose sur des indices comme l'emplacement de la tombe, la richesse du vêtement, l'âge du défunt et une ancienne fracture. La Bulgarie a officiellement engagé des discussions sur le retour des restes en 2007, un dossier repris par plusieurs gouvernements et devenu par moments un sujet important des relations bilatérales avec la Grèce. Certains historiens à Sofia s'interrogent cependant sur l'intérêt de l'échange, les restes attribués à Samouil n'ayant jamais été formellement identifiés, contrairement aux objets réclamés en retour par la Grèce, dont l'origine est établie. Ces objets "avaient été transférés à Sofia en 1917, pendant la Première Guerre mondiale, et étaient exposés ou conservés au Musée national d'histoire de Bulgarie", a indiqué en début de semaine le ministère grec de la Culture. Le transfert intervient par ailleurs à moins d'un mois de l'élection présidentielle bulgare, dans un contexte où l'histoire nationale occupe une place importante dans la campagne électorale. La présidente Iliyana Iotova, candidate à sa succession et soutenue par Roumen Radev, un pragmatique qui défend à la fois la place dans l'UE et l'Otan de la Bulgarie tout en prônant le dialogue avec Moscou, a ainsi lancé sa campagne le 27 septembre devant l'église d'Or de Veliki Preslav, ancienne capitale du Premier Empire bulgare. Sur le plan intérieur, "Radev cherche à attirer l'électorat patriotique. Le message est que, contrairement aux radicaux, il obtient des résultats", analyse M. Betchev. Quelque 750 policiers et gendarmes sont mobilisés pour sécuriser le centre de Sofia, tandis que les chemins de fer publics ont mis en place des trains gratuits vers la capitale pour permettre au public d'assister à la cérémonie. La dépouille de Samouil doit être déposée dans un sarcophage en marbre blanc extrait dans la région de Prilep, dans l'actuelle Macédoine du Nord, selon la télévision publique BNT. Ils seront installés dans l'église Sainte-Sophie, basilique paléochrétienne du VIe siècle qui a donné son nom à la capitale bulgare.

03.10.2026 à 00:34

Législatives en Lettonie, entre menace russe et coût de la vie

FRANCE24

Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, la question sécuritaire domine largement les débats. Membre de l'Otan et de l'UE depuis 2004, la Lettonie considère la Russie comme sa principale menace stratégique et a fortement augmenté ses dépenses de défense, à près de 5% du PIB. La plupart des formations susceptibles d'entrer au parlement soutiennent un renforcement militaire et la poursuite de l'aide à Kiev. Mais les enjeux sociaux-économiques - hausse du coût de la vie, bas salaires, santé et déclin démographique - ont été au cœur de la campagne et le scrutin pourrait donner aux populistes une place importante au Parlement unicaméral de 100 sièges. La Liste unie (centre droit, AS) du Premier ministre Andris Kulbergs, créditée de plus de 14% des suffrages, est en tête des intentions de vote dans ce pays de 1,8 million d'habitants, selon l'institut SKDS. Cependant, sa coalition de centre droit pro-européenne et pro-ukrainienne, qui réunit également Nouvelle Unité (JV, centre, 4,3%), l'Alliance nationale (nationaliste, NA, 5,6%) et l'Union des Verts et des Paysans (ZZS, centre, 4,8%), devrait sortir affaiblie, selon cette enquête, et avoir peu de chances d'être reconduite dans sa forme actuelle. -Progression des populistes - La principale nouveauté de la campagne est la progression de formations populistes, notamment sur fonds de problèmes économiques, la Lettonie étant le pays le plus modeste des trois Etats baltes en termes de niveau de vie. Le parti populiste Pouvoir souverain (Suverena vara, SV), dirigé par Julija Stepaņenko, est crédité de plus de 9%, ce qui pourrait lui valoir la deuxième place au Parlement, la Saeima. Critique de l'aide à l'Ukraine et de l'augmentation des dépenses militaires, ce parti met en avant les difficultés économiques du pays. Considéré comme pro-russe par ses détracteurs, SV reste toutefois entouré d'un cordon sanitaire par la plupart d'autres partis. Autre formation populiste, Lettonie d'abord (LPV, 9%), dirigée par l'homme d'affaires Ainars Slesers, régulièrement comparé au président américain Donald Trump par les médias, séduit avec un discours conservateur et des promesses de relance économique. Il pourrait devenir un partenaire incontournable dans les prochaines négociations de coalition. Les Progressistes (PRO), parti social-démocrate pro-européen favorable à une protection sociale renforcée et à l'aide à l'Ukraine, est crédité de 6,2% d'intentions de vote. Environ un électeur sur cinq reste indécis, ce qui rend les prévisions sur la forme de la prochaine coalition gouvernementale difficiles. Au total quatorze listes sont en compétition mais, selon les sondages, seules sept d'entre elles semblent assurées de franchir le seuil de 5% nécessaire pour entrer au Parlement. Vote russophone Le vote de la population russophone, longtemps rassemblée autour d'un seul parti, Harmonie, disparu du Parlement en 2022, est également en pleine mutation. Sans que les questions identitaires disparaissent, une partie croissante de cet électorat vote désormais en fonction de critères économiques et sociaux, notamment pour des partis populistes. Au-delà de la répartition des sièges, l'enjeu sera la formation d'une coalition capable de gouverner, dont la constitution pourrait être longue à négocier. Au total, plus de 1.5 millions d'électeurs sont inscrits sur les listes électorales et pourront voter dans plus d'un millier de bureaux de vote en Lettonie et à l'étranger qui seront ouverts de 08H00 à 20H00 (05H00 à 17H00 GMT). Les premiers résultats partiels sont attendus dans la soirée de samedi, tandis que les résultats préliminaires officiels doivent être publiés dimanche par la Commission électorale centrale. Les sondages à la sorties des urnes sont attendus immédiatement après la fermeture des bureaux de vote.

02.10.2026 à 23:46

Tunisie : le décret-loi 54 assoupli, la peine de prison pour une première infraction disparaît

Kalidou SY

En Tunisie, le décret 54, un texte promulgué par la Présidence de la République en 2022, a été amendé mercredi 30 septembre. Ce texte supposé lutté contre la diffusion de fausses informations et de rumeurs sur les réseaux sociaux a été surtout utilisé ces dernières années pour réprimer la liberté d'expression dans le pays
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