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21.03.2026 à 08:31

Le Mondial-2026, point de bascule espéré pour le "soccer" aux Etats-Unis

FRANCE24

"On ne peut plus se contenter d'attentes minimales", assure Alexi Lalas, l'ancien défenseur barbu aux cheveux roux révélé lors du tournoi de 1994 et devenu commentateur pour la chaîne Fox Sports. "Les infrastructures que nous avons construites depuis 1994 ont permis de former de meilleurs joueurs: tout résultat inférieur aux huitièmes de finale sera, au bout du compte, un échec", estime-t-il. L'ancien milieu de terrain devenu consultant, Stu Holden, est plus ambitieux: "On s'attend à que ce groupe puisse atteindre les quarts de finale". Depuis son premier Mondial en 1994, la sélection des Etats-Unis n'a atteint ce stade qu'une seule fois, en 2002. Lors de la récente conférence "South by Southwest" à Austin, des personnalités du foot ont dressé le portrait d'un sport porté par une dynamique puissante mais encore à la traîne du reste du monde, même si beaucoup de choses ont changé en trois décennies. Quand la Fifa a attribué la Coupe du monde 1994 aux États-Unis, c'était sous condition: les Américains devaient créer un championnat professionnel masculin de premier plan. C'était, à l'époque, un acte de foi, qui a été récompensé. 100 millions de passionnés En une trentaine d'années, la MLS a grandi et attiré des joueurs de renom: David Beckham, Thierry Henry, Zlatan Ibrahimovic, Son Heung-min, et bien sûr Lionel Messi, en 2023. Cette année, plus de 387.000 personnes ont assisté aux matches de la première journée du Championnat, un record. En parallèle, des internationaux américains se distinguent en Europe, comme Christian Pulisic à l'AC Milan, Weston McKennie à la Juventus, Folarin Balogun à Monaco... "C'est en réalité le troisième sport le plus populaire aux Etats-Unis, devant le baseball", souligne Bettina Garibaldi, directrice marketing et de la communication du comité local d'organisation du Mondial pour New York/New Jersey. "Il y a déjà 100 millions de personnes intéressées par le football aux États-Unis et environ 32 millions disent s'intéresser à Manchester City", rappelle Nuria Tarré, directrice marketing du club anglais et du City Football Group. Pour son groupe, propriétaire du New York City FC, la conversion des fans — du téléspectateur occasionnel de la Coupe du monde au supporter encarté — est un enjeu commercial. Cet été, "il y aura tout simplement plus de regards tournés vers le football, et probablement quelques nouveaux fans, dit-elle. "L'espoir de tous, dans l'écosystème, c'est de transformer ces nouveaux fans en supporters de clubs." Pendant le Mondial-94, les Américains se sont intéressés à un sport longtemps ignoré. Des stades combles ont créé une onde d'enthousiasme qui s'est répandue dans les programmes de formation scolaires et universitaires. Une "usine" à Messi Cinq ans plus tard, le foot féminin, très en avance sur son homologue masculin, a offert quelque chose d'encore plus durable avec une deuxième Coupe du monde remportée par la Team USA - et surtout la première à domicile -, conclue par la célébration emblématique de Brandi Chastain. L'image de la joueuse exultant à genou, en brassière après avoir enlevé son maillot fit la Une de Newsweek comme de Sports Illustrated. Un moment charnière de la culture populaire prouvant que le football pouvait captiver une nation. Pour Carli Lloyd, double championne du monde qui sait ce qu'un tournoi à domicile peut apporter, "la mesure du succès de cette équipe (...) sera de voir à quel point elle inspirera le pays". Mais l'enthousiasme et les attentes ont leurs limites et l'ancien international Jozy Altidore reste lucide. "Les centres de formation à l'étranger sont de loin plus robustes", affirme-t-il, en citant la Masia du FC Barcelone: "c'est presque comme une usine: Messi quitte Barcelone, Yamal arrive. Ce n'est pas un hasard." Même si plusieurs internationaux américains ont été formés aux Etats-Unis (McKennie et Tanner Tessmann au FC Dallas, Joe Scally au NYFC), les joueurs vedettes de Team USA l'ont été en Europe: Pulisic à Dortmund, Balogun à Arsenal, Timothy Weah au Paris SG. Pour Jozy Altidore, il faut mettre en place une politique globale avec des investissements de base, notamment dédiés aux équipements et à la formation des entraîneurs, ainsi qu'une meilleure diffusion télévisée de la MLS. Quant aux jeunes joueurs, ils doivent être mis au défi plutôt qu'être couvés: "c'est la seule façon de découvrir ce qui fait de vous un joueur spécial".

21.03.2026 à 07:54

Elon Musk reconnu coupable d’avoir trompé des actionnaires lors du rachat de Twitter

FRANCE 24

Un jury californien a estimé vendredi que deux messages publiés par Elon Musk sur Twitter en mai 2022 contenaient des déclarations mensongères responsables de la baisse du cours de la plateforme - de quoi tromper les actionnaires en plein rachat du réseau social. 

21.03.2026 à 07:21

Rugby: "quand tout devient urgent, on explose", juge Laurent Labit

FRANCE24

QUESTION: En tant que manager de Top 14 vous aussi, comment avez-vous perçu les difficultés rencontrées par Pierre Mignoni à Toulon? REPONSE: "On le vit comme les collègues, c'est sûr qu'il faut en être conscient. On a tous des caractères et des personnalités différentes et on est aussi impactés par ce qui nous arrive dans nos vies professionnelles, mais qui peuvent aussi des fois être aussi un sujet avec nos vies personnelles qui viennent se rajouter. Tout ça, il faut arriver à le gérer." Q: Comment gérer de telles périodes? R: "On peut le gérer bien sûr seul, on peut le gérer avec notre entourage aussi, qui est très important. Notamment pour moi, ma femme par exemple, on est marié depuis très longtemps. Même si on est dans le rugby depuis longtemps, le rugby c'est pas son truc. Donc elle a toujours un avis vraiment neutre, qui m'aide sur les situations ou les décisions qui sont un peu lourdes. Et ensuite, on peut aussi se faire aider ou se faire accompagner par des personnes extérieures et des personnes dont c'est le métier." Q: Mettez-vous des pratiques en place pour ménager votre santé mentale? R: "Pour ma part, j'aime bien aussi m'accorder des sas, pas forcément de liberté, mais avec les présidents, avec les gens du club, d'éviter de répondre au téléphone, d'éviter d'habituer aussi les gens autour de nous. Il y a des moments où on peut s'appeler, des moments où on peut travailler, des moments où on doit aussi faire autre chose, et c'est pas pour ça qu'on ne travaille pas, mais sinon tout devient urgent et tout est important, et au bout d'un moment, on explose." Q: Est-ce que la prise de parole de Pierre Mignoni vous a surpris? R: "Non, pas du tout, parce que je connais quand même assez bien Pierrot, et je sais qu'il a une personnalité, il a justement une façon de faire, une exigence, un professionnalisme qui font qu'il passe beaucoup de temps (au travail). Et puis surtout, pour Pierre, comme c'était le cas par exemple de Franck (Azéma, son prédécesseur à l'Usap), que j'ai remplacé ici à Perpignan, c'est encore plus dur pour eux parce que tu reviens chez toi, et il y a tout qui se mélange. Il y a l'environnement, c'est ton club, c'est ta maison, donc les choses, tu les prends encore plus à cœur que si c'était un autre club. Pierrot aussi est revenu à Toulon, il est chez lui, donc ça le ronge encore plus que si c'était un autre endroit." Q: Voyez-vous la santé mentale comme un vrai problème chez les managers? R: "Bien sûr, la santé mentale, dans tous les domaines, c'est très important, on s'y attarde souvent quand ça ne va pas. Mais à l'inverse, la santé mentale, c'est quand tu as gagné aussi. Celle-là, elle fait du bien, mais tu t'enflammes, et à la sortie, tu as du mal à regagner. La remise en question est valable dans les deux sens. Elle fait plus mal, bien sûr, quand ça ne marche pas et quand tu perds, mais c'est quelque chose qui doit être très important." Q: Avez-vous déjà connu de telles situations, proche du burn-out? R: "J'aurais pu, je pense, le rencontrer, avec mon expérience au Stade français (2023-2025), par exemple. J'ai bien vu au bout de quelques mois que ce n'était pas en adéquation avec ma façon de fonctionner, ma façon de penser, les valeurs... J'aurais pu m'en rendre malade, donc j'ai demandé d'arrêter, ce que le club a accepté. Donc je m'en suis sorti, mais j'aurais pu aussi finir, bien sûr, comme Pierrot (Mignoni) à Paris." Propos recueillis par Eric DUBUIS.
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