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▸ Les 15 dernières parutions

15.01.2026 à 18:51

Séquestration d'un financier: jusqu'à 10 ans de réclusion pour un verdict inédit

FRANCE24

Cet arrêt fera date: il a été rendu par une cour spécialement constituée de cinq magistrats professionnels, comme le prévoit la loi de juillet 2025, notamment destinée à lutter contre le narcotrafic. En vigueur depuis le 5 janvier, cette disposition s'applique désormais pour les crimes en bande organisée. La peine la plus lourde, dix ans de réclusion, a été infligée à Mohamed Chouiyekh, délinquant avignonnais de 37 ans, qui est en fuite. Une de ses connaissances, Samir Debbouz, un Parisien de 41 ans, "à l'origine du passage à l'acte" selon l'arrêt, a été condamné à sept ans de prison. Quatre ans de prison ont été prononcés contre Kevin Petit, 32 ans, qui appartenait à l'entourage de Chouiyekh et avait un rôle d'"exécutant". Un homme qui avait mis à disposition sa voiture a été condamné à 18 mois de prison, tandis que les deux derniers accusés, également poursuivis pour association de malfaiteurs et non directement pour le rapt et la séquestration, ont été acquittés. Emmanuel Hening, 52 ans aujourd'hui, avait été enlevé dans une bourgade du Calvados le matin du 17 décembre 2018, par des hommes munis de brassards de policiers et les traits dissimulés par des masques de silicone. Frappé avec des menottes, yeux et bouche recouverts de scotch, mains liées, il avait été conduit dans un garage souterrain francilien où lui avait été intimé de s'acquitter d'une "dette" d'un million d'euros. Il avait été relâché dans la soirée près de Paris, visage tuméfié et muni d'un téléphone crypté pour les instructions pour le paiement. Les débats ont beaucoup porté sur les relations d'affaires d'Hening avec la grande criminalité organisée. "C'est un escroc à dimension internationale notoire", "un gros poisson", avait cinglé mercredi l'avocat de Chouiyekh, Amar Bouaou. "La justice, c'est la mesure" En Grande-Bretagne, Hening avait été condamné en 2006 à quinze ans de prison pour une escroquerie à la TVA de plus de 50 millions de livres (80 millions d'euros de l'époque), avant que ne soient ajoutées neuf années car il ne s'acquittait pas de sa dette. Mais il avait été libéré en 2012, dès son retour en France, où l'infraction équivalente n'était passible que de cinq ans de prison. Hening, qui n'a pas assisté à son procès et a expliqué par visio avoir toujours peur des représailles, avait mis les enquêteurs sur la trace de Debbouz, évoquant un investissement avorté quelques années plus tôt. La tenue sans jurés citoyens du procès avait suscité, parmi la défense, la crainte de voir les peines singulièrement s'alourdir sur fond de discours politiques répressifs, afin de répondre "au fantasme du laxisme judiciaire", ce "délire politique", selon l'un des avocats, Pierre de Combles de Nayves. Cette inquiétude avait été renforcée par les réquisitions extrêmement lourdes du parquet général: entre quatre ans de prison et 18 années de réclusion criminelle, aucun acquittement demandé. "Puisqu'on est là", devant une cour d'assises spéciale, "autant que ça cogne" et "maintenant qu'on n'a plus les jurés, ça cogne", s'était offusqué Me de Combles de Nayves. La défense avait relevé qu'Emmanuel Hening avait été relâché le soir même sans intervention policière, avec des blessures somme toute modérées comparées à celles que l'on peut trouver dans ces dossiers, et sans utilisation avérée d'armes. Des séquestrations autrement plus graves sont usuellement jugées en correctionnelle avec des peines significativement inférieures, avaient fait valoir les avocats. "C'est la première fois qu'une affaire de séquestration en bande organisée est jugée sans arme", avait ironisé Amar Bouaou, réclamant un verdict équitable: "La justice, c'est la mesure, pas la démesure". "Même devant une cour d'assises spécialement composée, l'association de malfaiteurs doit être un minimum caractérisée", se sont félicités Juliette Triquet et Antonin Gravelin Rodriguez, les avocats de l'un des acquittés, soulagés après le verdict.

15.01.2026 à 18:49

Des "brigades" pour contrôler les denrées importées en France et "rassurer" les agriculteurs

FRANCE24

Cette brigade, composée d'une centaine d'agents, "devra dès la première année réaliser a minima 3.000 contrôles sur l'ensemble du territoire", a dit la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, depuis la plateforme cargo d'Air France de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. "Vous voyez bien les actions des agriculteurs qui ouvrent des camions sur la route. Il faut organiser tout cela", a-t-elle dit, évoquant une action "rapide et puissante", "une force de contrôle qui rassure" les producteurs, remontés contre la concurrence de denrées produites parfois avec des pesticides ou des antibiotiques interdits dans l'UE. Les agents, dont elle n'a pas détaillé la provenance ni le financement, contrôleront "les camions ou les magasins où se distribuent les produits importés", s'ajoutant à ce qui se fait dans les ports et aéroports. La ministre avait annoncé ce projet dès décembre, au lancement des conférences de la souveraineté alimentaire, puis réitéré la promesse pour calmer les manifestations d'agriculteurs, qui ont parfois mené eux-mêmes des contrôles sauvages à la sortie de ports ou sur des routes. "C'est un signal que je veux donner à nos producteurs, à l'ensemble des consommateurs français, mais aussi à l'Union européenne qui doit intensifier les contrôles des denrées importées" de pays tiers, a dit la ministre jeudi, devant des palettes d'aubergines et de concombres amers venus du Kenya ou d'Afrique du sud. Parmi leurs nombreux griefs, les agriculteurs dénoncent l'accord de libre-échange entre l'UE et quatre pays du Mercosur, qui doit faciliter l'arrivée de produits aux normes de production souvent moins exigeantes que dans l'UE. Les produits de cette région seront-ils visés par ces futures inspections? "Tout (fera) l'objet de contrôles", a-t-elle répondu. "Évidemment, dans le contexte actuel, on aura sans doute un regard particulier sur les produits originaires du Mercosur parce qu'il faut donner un signal à nos producteurs dans les secteurs très sensibles que sont la viande, le sucre, l'éthanol, le miel". Tests et documents Dans les ports et aéroports de France, les denrées importées sont aujourd'hui soumises à des contrôles documentaires "systématiques" et, ponctuellement, des échantillons sont analysés en laboratoires d'Etat, indiquent les Douanes. Pour les végétaux, les résidus de 400 pesticides réglementés en Europe sont recherchés, a expliqué jeudi Frédéric Saltron, responsable du service commun des Laboratoires (Douanes et Répression des fraudes). La France est allée plus loin la semaine dernière en interdisant totalement les importations de produits traités avec cinq de ces substances considérées comme dangereuses pour la santé, même lorsqu'elles ne sont présentes que sous la forme de résidus. La régularité des tests dépend de la sensibilité du produit et du pays d'origine, en fonction d'une liste dressée par l'UE, qui selon les cas impose un taux de test de 10% à 50%, indiquent les Douanes. Par exemple la Commission européenne impose de tester 10% des haricots verts du Kenya, qui à Roissy font l'objet de plusieurs centaines de prélèvements par an, explique Jean-François Depin, de la direction régionale des Douanes. En moyenne, cela fait "un taux de contrôle qui avoisine les 15-20% au global", souligne-t-il. Quant au taux de non conformité des denrées aux normes européennes, un rapport parlementaire français soulignait en décembre qu'il est "impossible d'avoir un chiffre exact". Mais il relevait que "les filières les plus touchées" sont les céréales (blé, maïs, orge), la viande bovine, la volaille, l'apiculture. Au niveau européen, la Cour des comptes européenne a déploré mercredi dans un rapport les contrôles "inexistants" ou "sporadiques" sur la présence de pesticides dans les importations d'huile d'olive extra-européenne, dans les Etats visités (Belgique, Espagne, Grèce, Italie). Ce rapport "confirme la préoccupation de l'agriculture européenne quant au manque de contrôles", a réagi le Copa-Cogeca, alliance des principaux syndicats agricoles d'Europe. Pour tenter de les rassurer, la Commission européenne a promis en décembre d'accroître de 50% le nombre de contrôles à l'étranger sur deux ans.

15.01.2026 à 18:44

Les pesticides, premiers responsables de l'effondrement des populations d'oiseaux

Audrey RACINE

Des chercheurs ont mené une étude sur les conséquences de l'usage de pesticides en France sur les populations d'oiseaux. Ils ont constaté que plus de 84% des espèces étudiées voyaient leur nombre diminuer dans les zones de fort épandage. Les pesticides sont, selon cette étude, la première cause de perte de biodiversité. Les oiseaux granivores s'empoisonnent avec les semences traitées, les insectivores ne trouvent plus à se nourrir ou s'empoisonnent avec des insectes contaminés.
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