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23.02.2026 à 08:37

"Entre deux feux": être Ukrainienne en Russie

FRANCE24

Les parents de Maria, dont le prénom a été changé pour des raisons de sécurité, sont les seuls membres de sa très grande famille en Ukraine à avoir gardé le contact, dit-elle dans un entretien à l'AFP. Son neveu, engagé dans l'armée ukrainienne, a été blessé tandis que son gendre, mobilisé côté russe, a été tué. Après avoir terminé ses études en Russie il y a plus de 20 ans, Maria y est restée travailler. Elle rendait régulièrement visite à sa famille en Ukraine. "La nouvelle du début de la guerre a été un choc", se souvient-elle. Maria n'a pas vu ses proches depuis. Elle n'a pas pu quitter la Russie, son passeport ukrainien ayant expiré. Et elle tente actuellement d'obtenir un passeport russe pour retrouver "un statut légal et pouvoir bouger". Munie d'un permis de séjour provisoire, elle est prise dans un cercle vicieux bureaucratique qui la "traite comme une ordure". Selon elle, les Ukrainiens qui sollicitent la nationalité russe subissent de longs interrogatoires sur leur famille et leurs contacts en Ukraine, sur leur opinion concernant l'offensive russe. Dans les territoires ukrainiens contrôlés par les forces russes, Kiev accuse Moscou de délivrer des passeports russes à des citoyens ukrainiens pour les priver de leur identité. "Je m'inquiète beaucoup pour mes parents. Ma plus grande peur, c'est de ne plus jamais les revoir", dit-elle en sanglotant. Sa voix tremble. Elle confie son effroi lorsqu'elle entend "des sirènes et des explosions" pendant les conversations téléphoniques avec sa mère. Ou lorsque les communications sont coupées et qu'elle apprend qu'il y a des frappes dans sa ville natale. Près de 900.000 Ukrainiens vivaient en Russie avant 2022, selon les chiffres officiels russes qui n'ont pas été actualisés depuis. Près de 8 millions de réfugiés, soit 18% de la population d'Ukraine, sont partis en Europe la première année du conflit, selon l'Onu. Au moins 1,2 million de personnes ont quitté l'Ukraine, principalement l'est russophone épicentre des combats, pour la Russie, selon l'agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) qui ne précise pas combien d'entre eux se sont installés définitivement en Russie. Kiev accuse Moscou d'avoir contraint des Ukrainiens à venir en Russie, ce que démentent les autorités russes. - "Mouton noir" - C'est par ses parents que Maria a appris que son neveu s'était engagé dans l'armée ukrainienne, puis qu'il a été blessé dans une attaque des forces russes. Lorsque son gendre russe a, lui, été mobilisé, elle a eu "des sentiments mitigés": "Il a été mobilisé de force, j'avais de la peine pour lui. Mais en même temps j'étais en colère. Dans mon esprit, il y allait pour tuer mes proches". Le neveu de Maria était au même moment sur le front. "J'avais très peur qu'ils se retrouvent face-à-face. Ils ne se connaissaient pas, mais cette pensée que mon gendre pouvait tuer mon neveu me terrifiait", confie-t-elle, ajoutant: "Je me suis retrouvée entre deux feux". Son gendre a été tué. "C'était très dur pour ma fille, c'était son premier amour. Nous avons eu du mal à y croire, car son corps n'a jamais pu être récupéré". Maria a essayé de parler de sa douleur à ses parents. "Ils m'ont dit que c'était son choix et que cela ne leur faisait ni chaud ni froid". "Je ne savais pas quoi faire. Je pleurais. Je suis tombée dans la déprime, puis la colère", dit-elle. "Mes proches en Ukraine ne voulaient pas de mon soutien, de ma compassion, ils ne voulaient plus entendre parler de moi. Je suis devenue un mouton noir", soupire Maria qui s'est finalement adressée à un psychologue. "Mais ce n'est pas de ma faute! Nous ne sommes coupables de rien (les Ukrainiens vivant en Russie, ndlr). Nous souffrons aussi à chaque frappe, chaque bombardement", dit Maria. "Chansons ukrainiennes" Elle ne regarde plus les informations, ne lit plus les journaux en ligne, a quitté les réseaux sociaux. La guerre, "je ne veux plus en parler, je ne veux plus y penser", dit-elle. "C'est trop dur de réaliser que je ne peux pas aider mes proches", explique-t-elle. Depuis 2022, la clientèle de Maria, qui travaille dans un salon de beauté, s'est réduite comme peau de chagrin. "Beaucoup de mes clientes sont parties à l'étranger", dit-elle. "D'autres ont renoncé à mes services parce que je suis Ukrainienne et que je ne soutiens pas" l'offensive. Son cercle d'amis a aussi diminué. Elle dit se sentir "plus tranquille" lorsqu'elle est seule: "Personne pour trahir, personne pour me dénoncer". "Quand je suis entourée de gens qui ont une autre opinion que moi (sur le conflit), dans ma tête je chante des chansons ukrainiennes. C'est comme ça que je fais face à ma solitude", raconte Maria. "Je ne sais pas ce que je vais faire ensuite, car je ne sais pas ce qui va se passer demain", avoue Maria. Partir en Europe? "Mais en quittant la Russie, je n'aurais ni statut de réfugié, ni aide", à la différence de ses compatriotes ayant fui l'Ukraine, dit Maria, dont la situation financière est précaire. "J'aimerais beaucoup que la guerre finisse demain. Mais ce n'est pas réaliste. Chaque dirigeant a ses revendications et personne ne veut faire des concessions. Et tout le monde s'en fout des gens qui souffrent", conclut-elle.

23.02.2026 à 08:33

Zimbabwe: des fermiers blancs se tournent vers Trump pour accélérer leur indemnisation

FRANCE24

Quatre groupes d'anciens grands propriétaires terriens blancs ont engagé fin 2025 les services d'une société américaine de lobbying dans l'espoir d'obtenir le versement de leur indemnisation, selon des documents rendus publics par l'administration américaine. Sous la houlette d'Emmerson Mnangagwa, soucieux de desserrer l'étau de sanctions internationales sur le pays, le gouvernement zimbabwéen a signé en 2020 un accord avec les fermiers blancs prévoyant de lever 3,5 milliards de dollars de dédommagements. Mais, accablé par une dette publique de 21 milliards de dollars, le gouvernement a changé le mode de dédommagement, désormais constitué de 1% versé en cash, le reste en bonds du Trésor zimbabwéens libellés en dollars américains et assortis d'un intérêt de 2%. Selon le ministre zimbabwéen des Finances Mthuli Ncube, près de 1.000 fermiers ont signé cet accord, de guerre lasse pour certains. Mais le processus demeure assez opaque, très lent et de nombreux autres fermiers ont refusé le nouveau mode d'indemnisation, réclamant son versement intégral en liquide. Une intervention extérieure "n'est pas forcément une mauvaise chose", explique à l'AFP le ministre à propos de la société américaine Mercury Public Affairs, contractée par les fermiers blancs. Au début des années 2000, quelque 4.000 des 4.500 grands propriétaires blancs de l'époque avaient été expulsés de leurs terres au profit de fermiers noirs, sur ordre du gouvernement de Robert Mugabe, contraint à la démission en 2017. Cette initiative avait pour objectif affiché de corriger les inégalités héritées de la colonisation britannique. Mais, mal organisée, cette réforme agraire s'était faite au profit de proches du régime ou de fermiers sans équipements ni formation, provoquant un effondrement brutal de la production et plongeant l'économie du pays dans une crise catastrophique. Fermiers âgés "Nous sommes résolus à payer et si ils (les fermiers) tentent de nous faire payer via d'autres personnes, nous n'avons pas de problème avec ça", affirme Mthuli Ncube. "Nous payons déjà de toute façon et nous aimerions payer plus rapidement", assure le ministre. Selon un document publié sur le site du département de la Justice américain, les quatre groupes de fermiers entendent, par l'intermédiaire du groupe de lobbying, obtenir leur "indemnisation totale". La société est chargée d'approcher l'administration Trump "pour promouvoir le paiement aux fermiers zimbabwéens du reliquat des 3,5 milliards de dollars dus", selon le même document. En explorant de nouvelles sources de financements auprès d'institutions internationales comme la Banque mondiale. Nombre de fermiers expropriés sont désormais septuagénaires, voire octogénaires et leur situation financière est parfois précaire, selon Harry Orphanides, représentant un des quatre groupes ayant approché la firme américaine. "C'est une rude épreuve pour les agriculteurs, surtout pour ceux qui sont âgés et n'ont aucune autre source de revenus, puisqu'ils dépendaient exclusivement de l'agriculture", explique Orphanides à l'AFP. Les indemnités promises en 2020 visaient à dédommager les fermiers pour les infrastructures, notamment les bâtiments et les systèmes d'irrigation, et non pour la valeur de leurs terres. Le Zimbabwe considère que ces terres avaient été accaparées par les colons blancs au détriment des populations locales. "Perspective risquée" Obtenir une intervention du gouvernement américain "pourrait dépendre du fait qu'il y ait quelque chose que Trump veuille du Zimbabwe", décrypte l'avocat spécialisé en droit international Siphosami Malunga. "La nouvelle politique étrangère américaine en Afrique est (désormais) plus transactionnelle", relève-t-il. Le dossier est moralement et légalement complexe car les crimes liés à la colonisation, y compris l'accaparement des terres, n'ont eux-mêmes pas fait l'objet d'indemnisations. En même temps, note-t-il, les fermiers blancs "se sont vus promettre une indemnisation qui n'a toujours par été payée et ils sont en droit de se battre pour l'obtenir". "Si l'administration Trump se saisit de ce dossier, elle cherchera certainement à obtenir une contrepartie", avance la chercheuse en sciences-politiques Nicole Beardsworth, y voyant "une perspective risquée". Les importantes ressources minérales du Zimbabwe pourraient figurer au coeur des discussions et cela pourrait conduire, selon elle, à "des conséquences inattendues qui dépassent largement les compensations réclamées" par les fermiers.

23.02.2026 à 08:21

Sahad Sarr, chantre solaire et engagé d'un "panafricanisme musical"

FRANCE24

Au coeur de la créativité de Sahad Sarr, une farouche quête d'indépendance, sa "fierté" d'être Africain et un ancrage dans son pays où il mène des projets pour dire à la jeunesse qu'il est possible de "réinventer" un monde au Sénégal. Sur scène, le charisme de ce "passeur de sons", auteur-compositeur, guitariste, chanteur, fondateur du groupe "SAHAD", impressionne. Surnommé le "James Brown sénégalais", il y a du Fela Kuti dans sa transe et sa maîtrise de l'afrobeat, de l'Ali Farka Touré dans les sonorités de sa guitare et le blues de sa voix. Mais il a surtout créé, en dix ans, un univers unique. Devenu figure des musiques alternatives au Sénégal, il martèle que la musique ne s'y réduit pas au seul "mbalax". "Les grands labels de musique en Afrique, en Europe ou aux Etats-Unis ont toujours des problèmes pour définir ma musique !", sourit Sahad, âgé de 37 ans. "Je fais du jazz fusion, mélangé à l'afrobeat, à la funk, aux rythmes traditionnels du Sénégal, du Mali, de chez moi, les Sérères; j'ai eu des influences de Miles Davis, John Coltrane, James Brown... c'est une musique kaléidoscopique !". Ces dernières années, il s'est produit avec son groupe à travers le monde, et a été sélectionné pour représenter le Sénégal au grand festival international de jazz "jazzahead!" en avril. Son dernier album, "African West Station", "plaidoyer décolonial" et puissant manifeste d'un "panafricanisme musical", aux sons et arrangements très soignés, offre une plongée dans l'univers d'une radio pirate, fruit de quatre ans de recherches dans les archives des musiques ouest-africaines post-indépendances, des années 60 à 80. "Imaginaire ouest-africain" "C'était important de faire un album qui relate l'historique de tous ces mouvements socio-culturels et politiques et de ces luttes", dit-il, soulignant avoir voulu "une fusion pour montrer un imaginaire collectif ouest-africain" mêlé de sons de la Guinée, du Mali, du Nigeria, du Ghana... Fin janvier, l'artiste et ses musiciens - originaires du Congo, de Côte d'Ivoire, du Bénin et du Sénégal - ont offert un show galvanisant et effréné sur la scène de l'Institut français du Sénégal à Dakar. Sahad était au chant, à la guitare, aux percussions, et chef d'orchestre. Dans "Ya Bon", il critique des chefs d'Etat africains actuels et passés qui ont gardé "un lien de serviteur avec le colonisateur pour perpétuer la Françafrique". Sur "We can do", hymne à une jeunesse africaine inspirante, il exhorte "à faire du lien". Il y a aussi "Ndakaaru", magnifiant Dakar, "ville d'histoire et de métissages" ou le délicat "Ne Mbife" (Je t'aime, en bambara) où sa voix envoûtante rend hommage aux femmes et à leur résilience. Quelques jours après ce concert, l'AFP l'a rencontré dans sa maison-studio à Dakar. "Responsabilité" Regard intense, il se réjouit de faire partie d'une "nouvelle génération" qui "revendique une certaine liberté, identité et authenticité" et veut aussi "revoir l'image véhiculée sur l'Afrique et les Africains". Dans l'album, "on prône une jeunesse décomplexée, une réappropriation culturelle, un nouveau rapport au monde". Il dit avoir souvent été heurté par "des gens qui ont des clichés sur les musiques africaines, qui attendent que l'Afrique produise un type de son pour eux", comme celui de la kora ou des percussions... "Nous, on créé notre propre identité sonore!", souligne-t-il. Créateur de son label indépendant "Stereo Africa 432", qui soutient aussi les musiciens émergents sénégalais, il est à l'origine du grand festival "Stereo Africa" à Dakar, dédié aux musiques actuelles du continent et de sa diaspora, et lieu de "transmissions". "Au delà des scènes hip-hop et mbalax, il y a un renouveau porté par ces scènes alternatives qui font vibrer le Sénégal et vivre la musique, avec l'introduction d'un reggae réinventé, d'un folk réinventé; tout cela c'est Sahad qui le porte", salue Moka Kamara, journaliste culturel au "Soleil". Les convictions de Sahad l'ont conduit à fonder l'éco-village de Kamyaak (ouest du Sénégal), où il passe l'autre moitié de sa vie. Cette communauté travaille à des solutions pour lutter contre le changement climatique, la pauvreté et l'exode rural. Un "lieu de méditation, de réappropriation de notre culture et de nos identités multiples", pour "réinventer notre monde", sourit l'artiste, qui suit un cheminement spirituel soufi depuis 20 ans. "On sent une vague de révolutions qui est en train de se passer en Afrique et de rupture avec ce trauma post-colonial, mais elle ne peut pas se faire si on ne s'arme pas de savoir, de connaissance et de responsabilité, pour proposer quelque chose", plaide-t-il.
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