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▸ Les 15 dernières parutions

04.10.2026 à 03:12

Un dernier débat pour départager les candidats de la primaire de la gauche

FRANCE24

L'eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann, le patron du PS Olivier Faure, l'ex-candidate à la présidentielle de 2007 Ségolène Royal, les députés PS Jérôme Guedj et de la gauche républicaine et socialiste (GRS) Emmanuel Maurel, qui espèrent tous représenter la social-démocratie en 2027, ont une dernière chance de tirer leur épingle du jeu, lors d'un débat sur BFMTV à 20H45. Ils sont cinq sur la ligne de départ, mais à travers les deux précédents débats, sur LCI et sur France 2, un sixième concurrent semble s'être infiltré, le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon. Car c'est notamment autour de la question d'une alliance aux législatives avec la formation de la gauche radicale que les candidats ont affiché leur division. Et un désaccord de plus en plus profond entre les deux principaux rivaux Raphaël Glucksmann et Olivier Faure, qui laisse augurer d'une difficile réconciliation après la primaire. L'eurodéputé, qui fait toujours figure de favori avec ses 10 à 12% dans les intentions de vote pour la présidentielle, plaide, tout comme le député Jérôme Guedj, pour une rupture définitive avec La France insoumise, invoquant des raisons d'ordre moral et électoral. Si M. Glucksmann gagne la primaire, "il n'y aura pas d'accord avec LFI", a-t-il martelé, car "si nous sommes alliés à LFI, nous allons perdre contre l'extrême droite". En face, le patron du PS, en position de challenger, et qui a par deux fois en 2022 et 2024 noué des accords électoraux avec la formation radicale, rappelle que pour mettre en place des politiques de gauche à l'Assemblée, il faudra trouver les moyens de se rassembler. Ségolène Royal et Emmanuel Maurel le rejoignent sur cette ligne. Et Olivier Faure souligne qu'il est "le seul" à pouvoir rassembler les forces de gauche, quand son rival s'est "entouré de gens qui ont participé à la politique actuelle" macroniste, avec laquelle il entend rompre. Corps électoral inconnu MM. Glucksmann et Faure s'opposent aussi en matière économique: Raphaël Glucksmann propose notamment de baisser la contribution sociale généralisée (CSG) pour rapprocher le salaire brut du net. Une mesure qu'il veut financer par une taxation des "méga héritages" de plus de deux millions d’euros. Olivier Faure, comme Ségolène Royal, mettent leur veto, jugeant que cette mesure se rapproche de ce que défendent les "libéraux", et que cela reviendrait, pour augmenter les salaires, à se tourner non pas vers le patronat, mais vers l’État. Alors que certains, dans l'entourage de Raphaël Glucksmann, estiment que ce dernier pourrait remporter la primaire dès le premier tour, prévu les 9-10 octobre, le camp d'Olivier Faure, mettent en avant l'inconnue du corps électoral. Les cinq candidats ne cessent d'appeler les électeurs à venir participer à cette primaire, dont le coût d'adhésion de 15 euros (10 pour le tarif social), reste un frein. Les électeurs ont jusqu'à lundi soir minuit, pour s'inscrire pour le 1er tour. Après les deux précédents débats, des adhésions supplémentaires ont cependant été enregistrées au sein des trois partis organisateurs (Parti socialiste, Place publique et GRS), ainsi que sur le site dédié Choisir2027.fr, a indiqué le président de la Commission d'organisation de la primaire, Patrick Mennucci. Il table sur plus de 90.000 votants, loin de la primaire qui avait conduit à la victoire de François Hollande en 2012 (entre 2,6 et 2,8 millions d'électeurs). L'engouement pour cette primaire semble effectivement limité, comme le montre un sondage Elabe pour La Tribune Dimanche publié samedi soir: seulement 25% des Français disent s'y intéresser, et 56% des sympathisants socialistes ou Place publique. Le premier débat sur LCI a été suivi par 709.000 téléspectateurs en moyenne, avec une part d'audience de 5,5%. Sur France 2, le deuxième débat a rassemblé 1,8 million de téléspectateurs en moyenne, avec une part d'audience de 10,7%.

04.10.2026 à 01:58

Lula ou Flavio Bolsonaro? Le Brésil aux urnes, sous l'œil de Trump

FRANCE24

Encouragée par le président américain, la droite a engrangé les victoires récemment en Amérique latine. Un basculement de la première puissance économique de la région serait retentissant. Des villages reculés d'Amazonie aux terres agricoles du Sud et aux favelas des grandes villes, les quelque 160 millions d'électeurs brésiliens sont face à un casting bien connu. À 80 ans, Luiz Inacio Lula da Silva brigue un quatrième et dernier mandat non consécutif et affirme que la souveraineté du Brésil est en jeu face aux pressions américaines. Peu connu jusque-là, il a été lancé par son père quand ce dernier a été condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d'État, pour avoir voulu s'accrocher au pouvoir après sa défaite en 2022 face à Lula. Les deux favoris veulent croire à une victoire dès dimanche, mais les sondages les montrent encore assez loin des 50% de voix nécessaires. Une enquête de l'institut Datafolha publiée samedi soir donne au président sortant 45% d'intentions de vote au premier tour, contre 42% à son rival, soit une quasi-égalité vu la marge d'erreur. Un second tour aurait lieu le 25 octobre. "Un peu perdu" La campagne a connu davantage de scandales et de coups bas que de discussion sur les programmes. Lula a estimé que son adversaire "n'est même pas apte à être gérant d'immeuble". "Le Brésil ne te supporte plus", lui a rétorqué le fils Bolsonaro, qui se présente comme "plus modéré" que son géniteur. Les deux camps se sont renvoyé aussi les accusations de malversations. Flavio Bolsonaro est visé par une enquête pour corruption et blanchiment d'argent sur le financement d'un film à la gloire de Jair Bolsonaro. Lula a passé en 2018-2019 plus de 18 mois en prison pour corruption, avant de voir sa condamnation annulée pour motifs de procédure. Beaucoup d'électeurs devraient faire leur choix à la dernière minute. "J'ai déjà voté Lula, mais il vieillit et cette fois je voulais quelque chose de différent. Mais je ne vais pas voter pour un Bolsonaro (...) alors je suis un peu perdu", dit à l'AFP Joelio Camargo, 52 ans, coursier à Brasilia. "Plus d'ennemis" Revenu au pouvoir en 2023, le chef de l'Etat sortant est reconnu pour ses programmes sociaux qui ont sorti des millions de personnes de la pauvreté dans les années 2000. Il se flatte d'un chômage historiquement bas, mais les électeurs se plaignent du coût de la vie et de la criminalité. Lula a également fortement réduit la déforestation en Amazonie, même si l'environnement a brillé par son absence dans la campagne. Le chef indigène Bepdjo Mekragnotire, 45 ans, du village amazonien de Bau, votera Lula. "Si Flavio gagne, il y aura plus d'ennemis, plus de mines illégales, plus de déforestation", disait-il avant le vote. Sous la présidence Bolsonaro, la destruction de la plus grande forêt tropicale de la planète avait suscité une indignation internationale. Drapeaux américains Donald Trump n'a pas apporté son soutien à Flavio Bolsonaro mais son ombre a plané sur la campagne. Le président américain a dégainé droits de douane et sanctions contre le Brésil depuis le procès de 2025 contre son allié Jair Bolsonaro. Lula l'a appelé à ne pas "se mêler" des élections. Dans les meetings de la droite, on a vu de grands drapeaux américains et toutes sortes de références au locataire de la Maison Blanche. Partisan d'un partenariat étroit avec Washington, Flavio Bolsonaro a promis la manière forte contre la criminalité et une politique de rigueur face à la hausse de la dette publique. Carlos Roberto dos Santos, 62 ans, éleveur dans la ville de Barretos (sud-est), a déclaré à l'AFP qu'il en avait assez des dépenses publiques incontrôlées. "Ils ont tellement de programmes sociaux. Pour rembourser la dette, ils doivent augmenter les taux d'intérêt et créer de nouveaux impôts", peste-t-il. Il votera Bolsonaro.

04.10.2026 à 00:30

Les Bosniens votent aux élections générales dans une profonde division

FRANCE24

Environ 3,4 millions d'électeurs sont appelés à élire des responsables d'un millefeuille institutionnel - issu de l'accord de paix de 1995 - de partage du pouvoir entre les Bosniaques (musulmans), les Croates (catholiques) et les Serbes (orthodoxes). Les favoris proposent des visions très divergentes du pays, les Bosniaques étant favorables à un État central fort, les Serbes attachés à leur autonomie et les Croates exigeant une meilleure représentation politique. Sara Tusevljak, 29 ans, militante écologiste de Sarajevo-Est, dans l'entité serbe, dit ne saisir "aucun message attrayant" et estime que "la situation n'a jamais été pire". "Je connais pas mal de jeunes qui ont quitté la Bosnie parce qu'ils ont ressenti que leur État, les gens au pouvoir, n'avaient rien à leur offrir pour qu'ils restent", dit-elle à l'AFP. Le salaire moyen à augmenté de 570 à 885 euros depuis 2022, mais le coup de la vie a aussi crû de plus de 50 % durant la même période, selon l'union syndicale. Dans ce pays fragmenté, un des plus pauvres d'Europe, ce scrutin est un test pour le dirigeant serbe bosnien, Milorad Dodik. Dodik toujours aux manettes Au pouvoir depuis 2006, ce tacticien chevronné de l'échiquier politique local a été démis en 2025 de ses fonctions de président de la Republika Srpska (RS), l'entité serbe de Bosnie, pour le non-respect de l'autorité du Haut représentant international, chargé de faire respecter l'accord de paix. Interdit par une décision en justice d'être président de la RS pendant six ans, M. Dodik, 67 ans, que son entourage qualifie toujours tout simplement de "président", a néanmoins continué à être aux manettes de l'entité, grâce au poids de son parti (Union des sociaux-démocrates indépendants, SNSD), dont il a dirigé la campagne. Connu pour sa politique séparatiste, il n'a pas dévié de son discours habituel. "La Bosnie-Herzégovine est morte, c'est un pays impossible, elle n'a aucun sens", a-t-il déclaré vendredi soir, lors du dernier rassemblement de sa formation. Son candidat à la présidence de la RS, Savo Minic, est défié par Branko Blanusa, candidat du Parti démocratique serbe (SDS), également une formation nationaliste mais qui semble chercher un apaisement politique dans le pays dont le rapprochement avec l'Union européenne est à l'arrêt, pour des raisons de crise politique permanente et de manque de réformes. "Pour la première fois depuis 2006, il existe une chance réelle que le président de la Republika Srpska soit quelqu'un qui n'appartient pas au SNSD et qui n'est pas loyal envers Dodik", estime Adnan Cerimagic, analyste au sein du groupe de réflexion European Stability Initiative (ESI). Départ du pays La Bosnie est divisée en deux entités autonomes, chacune avec son gouvernement : la RS et la fédération croato-bosniaque, elle-même morcelée en dix cantons, avec leurs propres gouvernements. Tout est chapeauté par un gouvernement central et une présidence tripartite. Les électeurs vont voter de 05H00 à 17H00 GMT pour élire plus de 500 députés et autres responsables, dont les membres de la présidence. Dans un pays où les accusations de fraudes sont régulières, les bulletins seront pour la première fois scannés dans les bureaux de vote et le comptage sera automatique. Les formations bosniaques se présentent en défenseurs de l'État central et de l'intégrité du pays. Se targuant des "victoires" en justice "contre les séparatistes", le membre bosniaque sortant de la présidence, Denis Becirovic, cadre du Parti social-démocrate (SDP) qui brigue le même poste, a appelé à l'"unité pour l'État de Bosnie-Herzégovine". Son adversaire pour la position à la présidence, Bakir Izetbegovic, dirigeant du Parti de l'action démocratique (SDA, nationaliste), affirme que "la chute libre" du pays ne peut être arrêtée que par sa formation et promet de "redonner la force aux Bosniaques". "Ces élections ne changeront rien, parce que l'offre se limite à des partis politiques qui sont là depuis trente ans déjà et qui récoltent des voix sur les thèmes de la guerre, des tensions et des divisions", déplore Adi Selman, 34 ans, un des leaders du mouvement citoyen "Karton Revolucija" (Révolution des cartons) de Tuzla (nord), dans l'entité croato-bosniaque. "Les jeunes voient tout simplement dans le départ du pays le seul moyen de résister à tout cela. Et parfois, ce ne sont même plus des raisons économiques ou le chômage. C'est tout simplement le climat", dit à l'AFP la sociologue Sarina Bakic, professeure à la Faculté des sciences politiques de Sarajevo.
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