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28.08.2026 à 12:43

"La fin d'une ère": à la Gamescom, les joueurs inconsolables de la disparition du CD

FRANCE24

"C’est une mauvaise décision, et ça crée un triste précédent pour l’avenir du jeu vidéo et de la préservation des jeux", se désole auprès de l'AFP Chris Bastin, développeur britannique de 34 ans, qui redoute "la fin d'une ère" pour le jeu vidéo. Si l'annonce de Sony début juillet a fait l'effet d'une bombe chez les joueurs, elle marque surtout "la fin d'un chapitre entamé depuis longtemps", explique Joost van Dreunen, professeur à la New York University Stern School of Business et spécialiste de l’économie du jeu vidéo. "Depuis une dizaine d'années, la distribution numérique a largement remplacé les supports physiques" - disques chez Xbox et PlayStation, cartouches chez Nintendo - tandis que les jeux PC ont déjà basculé vers le tout-numérique. Les achats dématérialisés représentent début 2026 près de 82% des ventes de jeux sur PS4 et PS5, a indiqué fin juillet le géant japonais, qui a pourtant démocratisé le format disque sur console avec sa première PlayStation au milieu des années 90. Vendu au même prix qu'en format physique, le dématérialisé ne nécessite ni impression sur disque ni envoi à travers le monde, et permet à Sony de s'affranchir de la marge prélevée par les revendeurs, soit "entre 20 et 30%" du prix du jeu, relève Joost van Dreunen. "Valeur sentimentale" Même cette bascule ne fait pas l'unanimité. "Ils passent au numérique uniquement pour augmenter leurs bénéfices, et rien n'indique que le consommateur en tirera un quelconque avantage", gronde Clemens Istel, 40 ans, l'un des porte-parole d'un boycott appelant cette semaine les joueurs PlayStation à garder leur console éteinte en signe de protestation. "Cela pose plusieurs problèmes, à commencer par la perte de toute forme de propriété", soulève le joueur, arguant que "personne ne peut vous enlever" la copie physique d'un jeu. A l'inverse, "si vous perdez le compte associé à vos jeux téléchargés, vous ne pourrez plus y jouer". Dans son bilan 2025, le Syndicat des éditeurs de logiciel de loisirs (Sell) note que si les jeux physiques ne représentent plus que 11% du marché national, certaines grosses sorties, comme "EA Sports FC 26" et "Assassin's Creed Shadows", continuent de se vendre à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires en physique. Et un jeu dématérialisé "ne peut être ni revendu, ni prêté", alerte Thomas Bachellerie, ancien gérant de boutique spécialisée à Lyon. Pour ces magasins, le risque est réel car les ventes d'occasion peuvent représenter près d'un tiers du chiffre d'affaires. Sans compter "la valeur sentimentale" que portent certains gamers aux boîtes de leurs jeux favoris, explique Scott Whiting, visiteur australien du salon. Position dominante Prévu le 19 novembre, le très attendu "Grand Theft Auto VI" s'est également attiré des critiques car il ne propose qu'un code de téléchargement dans la boîte de jeu. "C'est un très mauvais signe", regrette Thomas Bachellerie, "GTA, c'est un jeu qui est censé nous faire vivre pendant 10 ans. Pour une boutique, il n'y a quasiment plus aucun intérêt à le vendre". Mais "qu'il soit physique ou dématérialisé, on n'est jamais propriétaire du jeu", rappelle toutefois Geoffray Brunaux, avocat spécialiste du numérique. Le joueur dispose d'une licence d'utilisation du produit qui peut lui être retirée, détaille l'avocat. C'est l'objet de la pétition européenne "Stop Killing Games", qui appelle les éditeurs à ne plus "débrancher" les jeux après un certain temps, les rendant définitivement inaccessibles. Toutefois, en ne proposant plus ses jeux qu'au travers du magasin d'application de sa console, Sony risque de se retrouver en position dominante, estime Geoffray Brunaux. Aux Pays-Bas, une action en justice a été lancée en ce sens contre Sony.

28.08.2026 à 12:30

UTMB : à Chamonix, 2 500 coureurs prêts à en découdre sur la course reine du trail

FRANCE 24

Les participants à l’Ultra-Trail du Mont-Blanc doivent s'élancer vendredi en soirée à Chamonix, après un report du départ à 19 h 45 en raison d'un "épisode orageux". Quelque 2 500 coureurs espèrent arriver au bout des 174 kilomètres de parcours et 10 000 mètres de dénivelé positif.

28.08.2026 à 12:29

Marine Le Pen et la délicate opération séduction du monde économique

FRANCE24

Devant les entrepreneurs du Medef jeudi soir à Roland-Garros pour le premier débat des candidats à la présidentielle, la cheffe de file du Rassemblement national a tenté de maintenir cet équilibre instable entre marqueurs politiques historiques et annonces pro-business. Stop à la "folie normative", plan de "rétablissement des finances publiques" avec 125 milliards d'euros d'économies, "inscription dans la Constitution d'une règle d'or" budgétaire... Autant de mesures annoncées jeudi dans l'antre parisien du tennis, censées séduire un monde de l'entreprise qui a "beaucoup souffert dans les dix dernières années". La candidate à l'Elysée, favorite dans tous les sondages au premier comme au second tour de l'élection, a même eu droit aux applaudissements de l'auditoire lorsqu'elle a affirmé que "le premier qui doit faire un effort, c'est l'Etat". Suffisant pour effacer dans l'esprit des patrons le profil de Jordan Bardella, dont le positionnement et les propositions semblent plus appréciés du monde de l'entreprise ? Le président du RN, qui avait marqué les esprits en avril en organisant une rencontre officielle "sans tabou" avec le Medef et ses conseillers, entend en effet peser sur le programme économique de Marine Le Pen à défaut d'avoir été lui-même intronisé candidat officiel. "Je poursuivrai le travail de fond et d'influence que j'ai entrepris", a-t-il promis mi-juillet dans Le Figaro. L'approche économique de l'eurodéputé sera d'ailleurs probablement l'un des enjeux de sa rentrée, samedi à la foire agricole de Châlons-en-Champagne puis lors d'un entretien sur BFMTV le soir, alors que le parti s'emploie depuis plusieurs mois à masquer les différences entre ses deux figures, notamment sur l'épineux dossier des retraites. Sur ce point, Marine Le Pen assume en effet une réforme beaucoup moins enthousiasmante pour les chefs d'entreprise, avec un âge de départ à 62 ans, voire 60 ans pour ceux qui ont travaillé "avant 20 ans" et auront cotisé 40 ans. Conseiller économique écarté "Nous mettrons en place des incitations pour que ceux qui ont dépassé l'âge de la retraite et ont leurs trimestres puissent continuer à travailler s'ils le souhaitent", a-t-elle néanmoins avancé, promettant pour ce faire de "supprimer les cotisations retraite et les cotisations chômage" de ces travailleurs seniors. Le tout pour un coût chiffré par la candidate à "9 milliards d'euros en année pleine". "Vous me direz: +ah mon Dieu, c'est un déficit supplémentaire+. C'est un choix de société, mesdames et messieurs", a-t-elle défendu. Cette promesse coûteuse d'une retraite à 60 ans, qu'elle partage notamment avec Jean-Luc Mélenchon, laisse la porte ouverte aux critiques de ses opposants. Et ceux-ci s'y sont engouffrés. "L'écran de fumée Bardella est définitivement tombé", a lancé Gabriel Attal. "On en revient au grand classique de Mme Le Pen, c'est sujet, verbe, immigration, et pour le reste, tout ce qui est économique, l'intendance suivra (...) et ça tombera toujours sur les entreprises", a repris le candidat du parti présidentiel Renaissance. "Marine Le Pen assume +ne pas avoir une approche comptable des retraites+. C'est rassurant quand on parle du premier poste de dépenses publiques", a pour sa part ironisé sur le réseau X Sarah Knafo, du parti Reconquête d'Eric Zemmour. Autre signe d'un certain inconfort au RN sur les questions économiques, l'annonce de la mise à l'écart du conseiller économique de Jordan Bardella François Durvye, qui ne participera pas à la campagne de Marine Le Pen. L'ancien bras droit du milliardaire conservateur Pierre-Edouard Stérin avait précisément rejoint le parti à la flamme début avril pour "être un pont" avec les milieux économiques, mais ses relations avec la cheffe des députés RN n'ont jamais semblé très fluides. Interrogée jeudi par BFMTV, elle a affirmé ne pas regretter ce départ, "parce que je l'ai souhaité". Laconique, M. Durvye s'est borné en retour, auprès de l'AFP, à "saluer l'élégance de Marine Le Pen".
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