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25.07.2026 à 05:51

Inde: la fronde des étudiants se moque des coupures d'internet

FRANCE24

"Plein de gens utilisent BitChat", s'esclaffe un des protestataires, Kumar Shalabh, 21 ans, en référence à la messagerie créée par le cofondateur et ex-patron de Twitter Jack Dorsey, accessible par Bluetooth. Depuis la répression de leur marche sur le Parlement lundi, des milliers d'étudiants et de jeunes Indiens de la Génération Z occupent une esplanade du centre de Delhi pour dénoncer les fraudes aux examens. La liste de leurs doléances s'est depuis allongée, des difficultés à trouver un emploi après l'université malgré la forte croissance du pays aux méthodes jugées de plus en plus autoritaires du Premier ministre ultranationaliste hindou Narendra Modi. Réunis sous la bannière d'un "parti du peuple des cafards", un mouvement en ligne créé en mai, les protestataires sont étroitement surveillés par la police et le quartier de leur camp de base privé régulièrement d'accès à leurs indispensables réseaux sociaux. A les écouter, le gouvernement a déjà une guerre de retard. "Nous avons trouvé des alternatives", assure Kumar Shalabh. "Ils (les autorités) pensent que nous ne pouvons pas nous passer d'internet. Oui, on connaît internet mais on sait aussi communiquer sans". "Ils nous croient stupides, idiots", insiste l'étudiant, "en fait on est plutôt intelligents". Khushi, une étudiante qui a souhaité n'être identifiée que par son prénom, confie s'être adaptée. "Faute de couverture internet ici", explique-t-elle, "je prévois mes points de rendez-vous depuis chez moi". La jeune femme s'est aussi convertie à BitChat, qui permet donc de ne jamais rester aveugle et sourd. Vendredi, le fondateur de l'application a partagé un document présenté comme un ordre d'interdiction du ministère indien de l'Intérieur. "Le gouvernement indien n'aime pas les technologies comme BitChat et veut les interrompre", a-t-il écrit. "Inutile" Les autorités de New Delhi n'ont pas confirmé avoir sollicité cette mesure, mais les défenseurs des droits en ligne ont malgré tout demandé sa révocation. "Nous soutenons les développeurs (de l'application) et les jeunes manifestants que cet ordre essaie de faire taire", a indiqué la Fondation pour la liberté d'internet (IFF). Si son milliard d'utilisateurs de téléphones portables fait d'elle le plus important réservoir national d'internautes de la planète, l'Inde est aussi l'un des pays dont les autorités en restreignent le plus fréquemment l'accès. Selon l'association Access Now, l'Inde occupait en 2025 la deuxième place mondiale de la catégorie avec 65 coupures. "Sa première réaction est d'empêcher (...) la propagation de l'information", ajoute-t-il, "la démocratie meurt dans les ténèbres et les coupures d'internet sont une forme de ténèbres". Plus que la seule communication, c'est toute la vie quotidienne des manifestants qui est affectée par l'absence d'accès au réseau. Impossible par exemple de payer quoi que ce soit dans le quartier avec son téléphone. "Plus personne n'utilise plus d'argent liquide", soupire Khushi. Les protestataires en sont toutefois convaincus, la censure du gouvernement sera vaine. Elle n'aura aucun effet sur leur combat ou leur détermination. "Internet ou pas, notre message a déjà largement été diffusé dans la population", assure Gunver Singh, un étudiant de 19 ans. "Qu'est-ce qu'ils (les protestataires) vont tous faire ? Ils vont tourner des vidéos et les diffuser lorsqu'ils seront rentrés chez eux", complète Khushi, "et ça, personne ne pourra les en empêcher".

25.07.2026 à 05:21

Aux Etats-Unis, l'épidémie de rougeole atteint un niveau jamais vu en 35 ans

FRANCE24

En seulement sept mois, 2.318 cas confirmés ont été recensés selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), soit davantage qu'en 2025, année qui avait pourtant déjà explosé les records avec 2.289 cas et trois morts, dont deux jeunes enfants. C'est "une crise évitable qui touche de manière disproportionnée les enfants", rappelle Andrew Racine, président de l'Académie américaine de pédiatrie (AAP) dans un communiqué. "Nous ne devrions pas accepter que cela devienne notre nouvelle norme". La rougeole provoque de la fièvre, des symptômes respiratoires et des éruptions cutanées, et dans certains cas des complications plus graves, comme une pneumonie et une inflammation du cerveau pouvant occasionner de graves séquelles voire la mort. En 2000, cette maladie très contagieuse avait été considérée comme éradiquée des Etats-Unis grâce à la vaccination. Mais elle a opéré un retour en force ces dernières années, sur fond de baisse des taux de vaccination et de défiance croissante à l'égard des autorités sanitaires. Une crise à laquelle le ministre de la Santé de Donald Trump, le vaccinosceptique Robert Kennedy Jr, est accusé d'avoir contribué en alimentant depuis des années les craintes à l'égard du vaccin. Avant la mise au point de ce dernier au début des années 1960, la rougeole tuait des centaines d'enfants chaque année aux Etats-Unis, et continue de faire des dizaines de milliers de morts à travers le monde. Dérogations vaccinales Les Etats-Unis n'avaient pas connu d'épidémie de rougeole de telle ampleur depuis 1991. L'épisode actuel, qui a commencé en 2025, n'a toujours pas été contenu et les experts s'attendent à voir encore le nombre de cas grimper. Maître de conférence en épidémiologie à l'université de Caroline du Sud, Etat américain ayant recensé le plus de contaminations cette année, Melissa Nolan se dit par ailleurs "convaincue qu'il y a un sous-diagnostic" des cas. "Quand on pense aux personnes qui choisissent de ne pas faire vacciner leurs enfants, ce sont aussi celles qui manifestent une réticence à l'égard des médecins en général", relève-t-elle auprès de l'AFP. Bien que le vaccin contre la rougeole soit obligatoire aux Etats-Unis, les Américains peuvent contourner la règle en invoquant dans une grande partie du pays des raisons religieuses ou même parfois philosophiques. Ces dérogations vaccinales non médicales ont bondi depuis la pandémie de Covid-19 et l'explosion de la désinformation vaccinale et de la défiance à l'égard des autorités sanitaires. En Caroline du Sud, on trouve désormais par exemple "une multitude d'endroits où vous pouvez vous rendre, et de nombreux comptes sur les réseaux sociaux qui vous renseigneront et vous guideront pas à pas pour obtenir cette dérogation", explique Mme Nolan. Selon un sondage de septembre 2025 du Washington Post et de l'ONG KFF, un parent américain sur six évite ou repousse la vaccination de ses enfants par peur d'effets secondaires et par manque de confiance dans les autorités sanitaires. Une tendance particulièrement marquée dans les milieux blancs et conservateurs et qui inquiète grandement les experts médicaux. Pour Melissa Nolan, cette épidémie n'est sûrement malheureusement qu'un début: "Je pense que nous allons commencer à voir de plus en plus de cas de coqueluche et de toute une série d'autres maladies évitables par la vaccination", alerte-t-elle.

25.07.2026 à 04:09

Foot: le gardien cap-verdien Vozinha, héros du Mondial, rejoint le championnat chilien

FRANCE24

"Vozinha va devenir un joueur de Colo Colo, il viendra au Chili dans les prochains jours, il passera les examens de rigueur et sera ensuite présenté, ici, au Stade Monumental", s'est félicité Anibal Mosa devant des journalistes, avant un match de championnat national. Vozinha a été l'une des principales attractions de la Coupe du monde, avec des performances héroïques du haut de ses 40 ans, notamment en groupes contre l'Espagne (0-0), victorieuse de la compétition. De son vrai nom Josimar José Evora Dias, il a mené une sélection cap-verdienne ébouriffante jusqu'aux 16e de finales, où les Requins Bleus ont poussé les finalistes argentins en prolongations (3-2 a.p). Passé par Chypre, la Slovaquie, la Moldavie ou encore l'Angola, Vozinha n'a signé son premier contrat professionnel qu'à 26 ans. Il doit arriver à Colo Colo en provenance du GD Chaves, en deuxième division portugaise. "Sportivement, il est en très bonne forme, c'est pour cela que nous le recrutons", a ajouté Anibal Mosa. Grâce à ses performances au Mondial, et bien aidé par un coup de projecteur du populaire influenceur brésilien Casimiro, Vozinha est devenu en quelques semaines une personnalité ultra-suivie, passant de 50.000 à près de 30 millions d'abonnés sur Instagram.
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