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31.07.2026 à 13:23

Wildberries, géant de l'e-commerce russe dans le viseur de l'Ukraine

FRANCE24

Voici ce que l'on sait de ces attaques de drones ukrainiens destinées à pousser Moscou à mettre fin à son offensive à grande échelle lancée en 2022. Des entrepôts en feu Des sites appartenant à Wildberries ont été visés par l'Ukraine depuis le 18 juillet presque aux quatre coins de la Russie et en Crimée annexée. Les frappes de drones ukrainiens ont ainsi ciblé des sites proches de Saint-Pétersbourg, à Simferopol en Crimée annexée, à Krasnodar (sud)... Le 25 juillet, c'est à Ekaterinbourg, en Sibérie - soit à plus de 1.700 km de la frontière ukrainienne - que l'enseigne a été visée. Dernière attaque en date: dans la nuit de jeudi à vendredi, un incendie s'est déclaré dans un centre logistique à Volgograd (sud), sans faire de victime. La veille, deux entrepôts ont été frappés dans la région de Penza (sud) et à Sarapoul plus à l'est ; l'avant-veille à Riazan, non loin de Moscou. Les premières attaques dans la nuit de 17 au 18 juillet ont fait huit morts et près de 90 blessés dans des sites de la région de Moscou et dans celle de Tambov (centre-ouest). - L'"Amazon russe" - Wildberries est une plateforme de commerce en ligne très populaire en Russie, souvent qualifiée d"'Amazon russe" en raison de son ample offre de produits et de ses livraisons rapides sur tout le vaste territoire du pays. L'entreprise a été fondée en 2004 par Tatiana Kim, considérée comme la femme la plus riche de Russie. Ancienne enseignante d'anglais et mère de sept enfants, elle est aujourd'hui à la tête d'une fortune d'environ 7,1 milliards d'euros, selon le magazine Forbes. Le modèle de Wildberries repose sur un réseau massif de dizaines de milliers de points de retrait présents jusque dans les plus petites villes en Russie et dans d'autres pays voisins. L'entreprise affirme traiter plus de 20 millions de transactions par jour. Depuis le début de l'offensive à grande échelle en Ukraine, le réseau Wildberries a été accusé de favoriser le contournement des sanctions occidentales en offrant des marchandises autrement introuvables en Russie. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a aussi assuré que l'entreprise stockait et expédiait des "composants de drones, des équipements de navigation et du matériel militaire". Une accusation démentie par Moscou. Campagne de frappes Denys Chtilerman, cofondateur de l'entreprise ukrainienne de défense Fire Point, a déclaré cette semaine que ces frappes visaient à atteindre indirectement "des dizaines de milliers d'entreprises" et le système bancaire russe. Il a cité en particulier la deuxième plus grande banque russe, VTB, estimant que cette banque, contrôlée en majorité par l'Etat, a "tout misé" sur Wildberries, devenu le "plus gros emprunteur" du pays. Ces attaques s'inscrivent dans une campagne de frappes de longue portée ukrainiennes sur des infrastructures civiles, dans le but de forcer le Kremlin à négocier une fin de la guerre. L'Ukraine a notamment ciblé avec des drones des raffineries, dépôts et terminaux pétroliers, provoquant des pénuries de carburant en Russie cet été, ainsi que des navires en mer d'Azov et en mer Noire, où se trouvent des axes stratégiques d'exportations notamment agricoles. "La Russie doit sentir que chaque jour de guerre ne lui coûtera que plus cher. Nous devons affaiblir l'agresseur et maintenir la pression pour se rapprocher d'une fin de cette guerre", a déclaré mercredi Volodymyr Zelensky. Inquiétude des commerçants Selon les analystes, jusqu'à 800.000 commerçants vendent leurs marchandises via le réseau Wildberries. Depuis les premières attaques ukrainiennes, des entrepreneurs russes ont fait part sur les réseaux sociaux et dans les médias de leur désespoir de voir leur produits partir en fumée. "J'ai pleuré toute la matinée parce qu'aujourd'hui, il se peut que notre business ferme", a raconté dans une vidéo la blogueuse Marina Gorchkova, qui vendait depuis des années avec son mari des produits cosmétiques et dont "35-40%" des marchandises se trouvaient dans les entrepôts qui ont brûlé. Wildberries n'a pas chiffré les dégâts. Le groupe a annoncé jeudi avoir versé une "seconde tranche" d'aides financières, sans en donner le montant, à 97.000 entrepreneurs, après en avoir versé une première à 88.000 structures. Auparavant, des vendeurs s'étaient toutefois plaint sur les réseaux sociaux du montant jugé insuffisant ou d'une absence pure et simple de versement. L'entreprise a par ailleurs lancé une vaste campagne de publicité, incitant sur des panneaux d'affichage les Russes à "commander" chez elle pour "soutenir les entrepreneurs". Des Russes interrogés par l'AFP ont dit voir ces frappes de façon "très négative", pour les commerçants comme pour les clients.

31.07.2026 à 13:19

Les bourses du Travail menacées dans plusieurs municipalités

FRANCE24

Le 9 juillet dernier, le tribunal administratif de Marseille a donné raison au maire Horizons d'Arles Patrick de Carolis, qui souhaite reloger l'union locale (UL) de la CGT dans deux bureaux de 11m2, contre 400 occupés actuellement. Selon un message sur Instagram de l'édile, le jugement du tribunal administratif écarte "toute atteinte à la liberté syndicale" et "permet enfin à la ville d’Arles de poursuivre sereinement son projet de requalification de la bourse du travail, avec l'installation du futur office de tourisme". La CGT, sommée de quitter les lieux sous astreinte de 50 euros par jour, a demandé la semaine dernière "au ministre du Travail un moratoire immédiat sur ce projet d’expulsion et tous ceux qui pourraient survenir" à l'avenir. Sur le cas d'Arles, "le ministre ne peut pas décider un tel moratoire" qui relèverait du maire de la ville, a répondu à l'AFP le cabinet de Jean-Pierre Farandou. Ce sont en effet les villes qui sont propriétaires des murs et signent avec les syndicats des conventions d'occupation, régulièrement renouvelées... ou pas. Le ministre du Travail se dit "très attaché, à ce que, partout sur le territoire, les syndicats puissent exercer librement leurs activités et défendre au quotidien les droits des salariés" et estime que "les bourses du travail jouent un rôle majeur d’accès au droit, en proximité de nos concitoyens". Le contentieux à Arles fait suite à une mobilisation intersyndicale à Carcassonne pour dénoncer la volonté du nouveau maire RN Christophe Barthès d'y déloger les syndicats de la bourse du travail. L'édile assure respecter la liberté syndicale, mais que "profiter des largesses de ceux que l'on dénigre, (...) c'est terminé", alors que la CFDT et la CGT affichent leur détermination à faire barrage à l'extrême droite. Dans ce climat de tension, Jean-Pierre Farandou a annoncé le 20 mai au Sénat avoir confié une mission au maire de Sceaux Philippe Laurent afin de "dresser un bilan de la situation des bourses du travail, d'identifier les bonnes pratiques dans les villes concernées et de formuler des recommandations pour maintenir ce patrimoine vivant". "Déserts syndicaux" Les cinq centrales syndicales représentatives au niveau interprofessionnel CFDT, CGT, CFE-CGC, FO et CFTC, ont d'une même voix rappelé que "la garantie durable de ces lieux est une condition essentielle à l’exercice du dialogue social". D'après la CGT, "60 Bourses du Travail et maisons de syndicats aujourd’hui sont attaquées frontalement" en France. En 2024, elles n'étaient encore que 34 à être menacées, selon Danielle Tartakowsky, autrice du livre "Les syndicats en leurs murs". Cette historienne rappelle qu'à leur fondation dans les années 1890, les bourses du travail étaient "des lieux de placement qui n'étaient pas du ressort du privé mais des syndicats qui remplissaient le rôle que joue aujourd'hui France Travail, en collectant les emplois disponibles". Plus tard aussi appelées maisons des syndicats, elles ont également fait de la formation professionnelle, joué un rôle culturel grâce à leurs salles de spectacle et prodigué des conseils juridiques aux salariés. Cette dernière fonction subsiste et est "extrêmement importante dans le cadre de l'absence ou de la disparition du syndicalisme dans les petites et moyennes entreprises", permettant de lutter contre les "déserts syndicaux", souligne Danielle Tartakowsky. Devant la mobilisation de syndicats, des mairies ont parfois renoncé à les déloger. En 2025, le Conseil de Paris s'est ainsi opposé à un projet de reconversion en logements sociaux et centre d'hébergement d'urgence de l'annexe de la Bourse du Travail de Paris située rue de Turbigo, voulu par la maire d'arrondissement de Paris Centre. Et toutes les bourses du travail ne sont plus situées en centre-ville car dans les années 1970-80, "un certain nombre de villes ont proposé aux organisations syndicales de leur construire des locaux plus adaptés, notamment dans les zones industrielles naissantes qui étaient plus en prise sur l'emploi", rapporte encore Danielle Tartakowsky.

31.07.2026 à 13:15

Après deux ans de bras de fer, Commerzbank se résout à discuter avec UniCredit

FRANCE24

"Au cours des prochaines semaines et des prochains mois, Commerzbank et UniCredit vont mener des discussions afin de définir pas à pas la manière dont nous poursuivrons notre chemin", affirme Mme Orlopp dans un entretien diffusé jeudi sur le site intranet de Commerzbank et obtenu par l'AFP auprès d'une source proche de l'établissement. Ce changement de ton marque un tournant après près de deux ans d'âpre confrontation autour de la tentative d'UniCredit de prendre le contrôle de la banque allemande. "Il faut instaurer entre nos deux groupes un dialogue constructif en vue d'une solution créatrice de valeur pour l'avenir", poursuit la présidente du directoire, qui pose une condition préalable aux discussions, à savoir "une compréhension commune du modèle économique ainsi que l'implication de toutes les parties prenantes". Même si UniCredit disposera de la majorité lors de la prochaine assemblée générale, "elle ne pourra pas décider seule des mesures structurelles essentielles", prévient-elle. Les discussions seront menées "en étroite concertation avec le conseil de surveillance, les représentants des salariés et en dialogue étroit avec le gouvernement fédéral". UniCredit est entrée au capital de Commerzbank en septembre 2024 et a depuis porté sa participation à près de 50%, malgré l'opposition répétée de la direction de la banque allemande et du gouvernement à Berlin, l'Etat allemand détenant encore 12% du capital. Mais ces dernières semaines, les autorités allemandes ont nettement infléchi leur position. Le chancelier Friedrich Merz a déclaré mi-juillet à Berlin que son gouvernement ne voulait "pas empêcher cette fusion" entre les deux banques. Selon Bettina Orlopp, les discussions avec UniCredit s'ouvriront avec une Commerzbank "plus forte que jamais au cours de ses 156 ans d'existence". Face à l'OPA d'UniCredit, Commerzbank a relevé en mai ses objectifs financiers à l'horizon 2030 et annoncé 3.000 suppressions d'emplois supplémentaires, affirmant qu'un maintien de son indépendance créerait plus de valeur qu'une fusion avec la banque italienne.
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