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07.08.2026 à 11:23

Présidentielle: la France "ne tolérera aucune tentative d'ingérence étrangère", prévient le chef de la diplomatie

FRANCE24

"La France ne tolérera aucune tentative d'ingérence étrangère dans son débat démocratique, à plus forte raison dans ses processus électoraux", a déclaré le ministre des Affaires étrangères sur X. Ces déclarations interviennent en réponse au leader de LFI (gauche radicale) Jean-Luc Mélenchon qui a critiqué jeudi soir le manque de fermeté du gouvernement et déploré que la présidentielle française soit "open bar pour tous les manipulateurs du monde". Une série d'opérations de déstabilisation, attribuées à des réseaux prorusses, ont ciblé en quelques jours trois candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle. Édouard Philippe (Horizons, centre droit) a été calomnié sur son état de santé, Raphaël Glucksmann (Place publique, gauche) à travers sa compagne, la journaliste Léa Salamé, accusée d'avoir soudoyé des médias pour favoriser la candidature de son mari et Gabriel Attal (Renaissance, centre droit) a été notamment présenté comme potentiellement atteint de la maladie de Parkinson. En réponse à Jean-Luc Mélenchon qui citait un échange tendu entre la cheffe des Ecologistes et le patron de X Elon Musk, M. Barrot a toutefois appelé à faire la distinction entre des ingérences et le fait qu'un "responsable politique étranger exprime une préférence ou un rejet pour une ligne politique dans un autre pays", ce qui "ne constitue pas un acte de manipulation du débat public". Le milliardaire américain a en effet accusé jeudi de "trahison envers la France" la candidate à la présidentielle Marine Tondelier, favorable à l'interdiction de son réseau social durant la campagne. "Ce face à quoi nous devons être intraitables, ce sont les tentatives de falsification de notre débat démocratique via la promotion inauthentique, coordonnée et organisée en ligne de messages pensés et construits à l’étranger" destinés à influer sur l'élection, a ajouté le ministre, estimant qu'"une partie de la solution passe par la régulation des grandes plateformes".

07.08.2026 à 11:15

Soupe de chien et bouillons: la méthode nord-coréenne pour affronter la canicule

FRANCE24

La péninsule coréenne subit un été caniculaire record: 23 décès ont été attribués à la chaleur dans le Sud, où de nouveaux records ont été enregistrés pendant trois jours la semaine dernière, avec un pic à 42,5°C dimanche. Les médias d'Etat nord-coréens ont rapporté des températures grimpant jusqu'à 40°C dans le pays, et les menaces habituelles d'action militaire ont été entrecoupées de modestes conseils culinaires pour lutter contre la chaleur. Un médecin cité par le quotidien Rodong Sinmun a suggéré, lors de la vague de chaleur record de dimanche, que la soupe de chien était "bénéfique pour un apport nutritionnel complémentaire". La viande de chien était autrefois également un mets apprécié en été en Corée du Sud, mais son interdiction est programmée pour février 2027. L'agence de presse officielle KCNA a par ailleurs vanté les bienfaits du "samgye-tang": un bouillon de poulet farci de riz gluant, de dattes et de ginseng, réputé pour renforcer l'endurance. Dans d'autres pays d'Asie, la soupe de melon d'hiver fait partie des remèdes estivaux préconisés par les médecines traditionnelles locales. Plages bondées mais pénuries d'électricité Un journaliste de l'AFP a visité dimanche la zone démilitarisée (DMZ) qui sépare Nord et Sud depuis le conflit de 1950-1953, conclu sur un armistice et non un traité de paix. De l'autre côté de la ligne de cessez-le-feu, la ville de Kaesong, haut lieu autoproclamé de la soupe en Corée du Nord, scintillait au loin à travers un voile de chaleur. Un gigantesque drapeau de propagande nord-coréen, hissé sur un mât de 160 mètres (le plus haut du monde), pendait mollement dans l'humidité. Au moment où Séoul diffusait des alertes canicule recommandant à ses habitants de suspendre toute activité en plein air, il était possible de remarquer à travers des jumelles, depuis une plateforme d'observation, des silhouettes humaines pédaler ou travailler dans les champs de l'autre côté de la frontière. La Corée du Nord a diffusé des images d'habitants se pressant sur les plages de Wonsan, dans une station balnéaire triomphalement inaugurée par le dirigeant suprême Kim Jong Un l'été dernier. Elles "commencent à se remplir de monde vers 08H00 du matin et restent animées jusqu'à la tombée de la nuit", s'est targuée la télévision d'Etat de Pyongyang. Les médias d'Etat de la Corée du Nord louent souvent le "juche", le principe national fondamental de la dynastie Kim, qui signifie l'autosuffisance. Mais dans ce pays frappé par la pauvreté, hors de ce rare lieu de loisir mis en avant par les canaux d'information d'Etat, le quotidien face à la chaleur est probablement bien plus difficile. Pour Rachel Minyoung Lee, chercheuse spécialiste de la Corée au Stimson Center, l'accent mis par les médias d'Etat sur la garantie des approvisionnements en eau et en électricité "suggère que les deux subissent de fortes tensions". "Les Nord-Coréens souffrent probablement davantage de la chaleur que les Sud-Coréens, car ils ne disposent pas des infrastructures dont bénéficie la Corée du Sud", a-t-elle affirmé à l'AFP. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), plus de 40% de la population, qui compte 26 millions d'habitants, souffre de malnutrition et peine à se nourrir. Les usines nord-coréennes seraient également incapables de fonctionner à plein régime en raison de "pénuries d'électricité chroniques", privant une grande partie de la population hors de Pyongyang de climatisation ou même de ventilateurs, a conclu Mme Lee. Même si les médias d'Etat de la Corée du Nord vantent régulièrement une supériorité du pays pour le démarquer de son ennemi "le plus hostile", certaines traditions se retrouvent toujours au Nord comme au Sud: en des temps plus cléments, le "samgye-tang" est en effet aussi très populaire en Corée du Sud. "Nous avons généralement plus de clients en été qu'en hiver", confie ainsi un restaurateur de Séoul.

07.08.2026 à 11:13

A New York, le souvenir d'un Tibétain en exil immolé par le feu

FRANCE24

Tenzin Choekyi, 21 ans, a d'abord cru à un simple accident. Mais quand elle a compris que son oncle, à 52 ans, s'était suicidé par le feu, la jeune fille a été submergée par une "vague de terreur". Les compagnons d'exil de Lobga Rangzen, qui se battent pour attirer l'attention internationale sur leur opposition aux autorités communistes chinoises et à l'annexion du Tibet par la Chine en 1951, ont accueilli son décès avec chagrin et respect. Ils ont érigé un autel de fortune sur le lieu de sa mort au pied de l'ONU, recouvert de fleurs et de khatas, ces étoles blanches traditionnelles, devenu un point de ralliement pour les militants tibétains. "Son décès a insufflé à beaucoup d'entre nous, Tibétains, la ferveur d'agir", affirme Jampa Choedup, un moine qui connaissait Lobga Rangzen depuis 1997 et l'avait vu la veille de sa mort. Quelque 170 personnes se sont immolées par le feu entre 2009 et 2022, principalement en Chine, mais aussi en Inde et au Népal pour protester contre la répression sanglante des manifestations de 2008 au Tibet. Depuis, le contrôle de la Chine n'a cessé de se renforcer. Une loi sur l'"unité ethnique" qui, selon ses détracteurs, ne fera qu'aggraver la situation des droits des minorités, est entrée en vigueur la veille de la mort de Lobga Rangzen, début juillet. "Il ne l'a pas fait au hasard", déclare Jigme Ugen, président du Congrès national tibétain en exil, au sein duquel Lobga Rangzen dirigeait la section de New York et du New Jersey et était une figure incontournable des manifestations devant l’ONU et le consulat chinois. "Il s'était clairement préparé". La vidéo de sa mort, diffusée en direct, montre un homme traversant d'un pas décidé la rue, vêtu d'une chuba, une robe traditionnelle, et plantant un drapeau tibétain devant l'ONU. Il s'embrase ensuite dans une flamme d'où s'échappe une fumée noire. Un agent de sécurité de l'ONU se précipite, trop tard, avec un extincteur. Lobga Rangzen a été déclaré mort environ une heure plus tard à l'hôpital. "Servir la lutte" Les autorités chinoises considèrent le Tibet comme une partie historique et inaliénable de la Chine et rejettent toute revendication d'indépendance. Elles exercent sur la région et les citoyens d'ethnie tibétaine un contrôle draconien. Les défenseurs des droits humains rapportent une répression accrue ces dernières années. Les autorités chinoises rejettent ces accusations. Elles assurent respecter les différences ethniques et religieuses protégées par la loi. Et Pékin invoque les nécessités de la lutte contre les activités séparatistes. La Chine objecte aux critiques les progrès de l'économie grâce à des investissements massifs dans des secteurs comme l'énergie et le tourisme. Lobga Rangzen a été le premier Tibétain à s'immoler par le feu aux Etats-Unis, où vivent environ 25.000 Tibétains, pour la plupart des disciples du chef bouddhiste, le dalaï-lama, qui a fui le Tibet pour l'Inde en 1959. Jampa Choedup, le moine, a raconté à l'AFP que la veille de sa mort, Lobga Rangzen avait évoqué la responsabilité individuelle des Tibétains dans la quête de la liberté. Dans sa vidéo d'adieu de six minutes en tibétain, diffusée après son décès, il explique avoir agi "pour la nation tibétaine", assis en tailleur, la sueur perlant sur son front: "Il n'y a pas lieu de me pleurer". Jeune homme, Lobga Rangzen, de son vrai nom Lobsang Palden, a quitté le Tibet pour le sud de l'Inde, avant de s'installer aux Etats-Unis en 2006, à New York. Il avait alors choisi de porter le nom "Rangzen", qui signifie "indépendance" en tibétain. Il a enchaîné plusieurs emplois avant de devenir chauffeur Uber. Il avait confié à Jigme Ugen qu'il était "marié au mouvement" et que ses ancêtres s'étaient battus contre la Chine. Si le dalaï-lama a exprimé sa tristesse et remis en question l'efficacité de telles manifestations, certains universitaires lui ont reproché de ne pas tenter de mettre fin à cette pratique. Pékin a accusé le dalaï-lama de "glorifier" les immolations par le feu. Après la mort de Lobga Rangzen, le chef du gouvernement tibétain en exil, Penpa Tsering, a exhorté tous les Tibétains à "chérir" leur vie. "Bien que nous rendions hommage à son dévouement, la vie humaine est précieuse et doit être préservée pour servir la lutte à long terme pour le Tibet", a-t-il réagi dans un communiqué.
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