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04.06.2026 à 09:35

Face à l'IA, l'inventeur du Web appelle à "préserver les valeurs" des débuts d'internet

FRANCE24

"La prédominance de la personne, de l'individu" est au coeur de ces valeurs et "il est important que les gens utilisent cette technologie pour s'assurer que leurs clients, leurs citoyens, gardent le contrôle de leurs propres données", a-t-il insisté en marge du festival tech SXSW à Londres. En 1989, le Britannique, physicien devenu informaticien, avait imaginé un système de partage de l'information qui devait permettre à des scientifiques d'accéder à des données où qu'ils se trouvent dans le monde. Alors employé du Centre de calculs du CERN (à l'origine le Conseil européen pour la recherche nucléaire devenu Organisation européenne pour la recherche nucléaire), près de Genève, il avait baptisé ce nouveau réseau World Wide Web (WWW). "Les modèles d'IA constituent une nouvelle couche, différente" sur internet. "Ils utilisent le fait que le web contient énormément de données pour être entraînés", pointe M. Berners-Lee pour qui il s'agit d'une innovation "passionnante" mais qui gagnerait à être encadrée. Il souligne notamment que si le web dispose du W3C (World Wide Web Consortium), organisation de normalisation d'internet, l'IA ne dispose pas d'un organisme collaboratif équivalent. Web gratuit pour tous En 1990 et 1991, M. Berners-Lee a écrit le programme qui créait le premier navigateur internet, posant les bases pratiques du web actuel. Au passage, il a inventé les concepts d'URL (adresse internet), HTTP (qui permet de retrouver un site) et HTML (le langage informatique type pour créer des pages internet). Décidé à faire de cette toile un espace ouvert, il n'a pas breveté son programme et l'a mis gratuitement à disposition de tous, ce qui a contribué à sa diffusion. Alors que l'utilisation des données personnelles par les modèles d'IA inquiète les autorités, notamment en Europe et aux États‑Unis, M. Berners-Lee a fait de leur protection son cheval de bataille depuis plusieurs années, notamment avec la startup Inrupt, qu'il a cofondée et lancée en 2018. "Sans données, (les modèles d'IA) ne peuvent pas exister", souligne John Bruce, le second fondateur de cette entreprise, lui aussi interrogé par l'AFP à Londres. "Ils ont eu un accès illimité aux données de tout le monde et, si nous n'y prenons pas garde, nous allons nous retrouver dans une très mauvaise situation", affirme-t-il. Inrupt s'appuie sur des portefeuilles de données sécurisés qui restent entre les mains des utilisateurs et travaille à créer un assistant IA baptisé Charlie qui pourra notamment filtrer les requêtes des utilisateurs vers des modèles tels que ChatGPT ou Claude. "Lorsque vous posez une question", le système l'analyse et "décide quelles informations envoyer" au modèle que vous interrogez, "et s'il y a des données personnelles dedans il les modifie légèrement": l'IA "obtient une image de vous mais ne peut pas vraiment s'en servir pour vous identifier", explique Tim Berners-Lee.

04.06.2026 à 09:31

En Arménie, un scrutin test pour Pachinian, tourné vers l'Occident

FRANCE24

L'Arménie et la Russie, qui partagent des siècles d'histoire commune, sont techniquement alliées. Mais depuis la perte de l'enclave du Karabakh au profit de l'Azerbaïdjan, Erevan multiplie les reproches envers Moscou et sollicite les faveurs de l'UE et des Etats-Unis. Fin mai, le président américain Donald Trump a apporté son soutien "complet et total" à Nikol Pachinian. La Russie a elle comparé la trajectoire de l'Arménie à celle de l'Ukraine, qui a mené in fine à l'invasion du pays par les forces russes en février 2022. Au-delà de la relation avec Moscou, le scrutin de dimanche interviendra après des années de profonds bouleversements en Arménie depuis l'arrivée au pouvoir de Nikol Pachinian à l'issue de manifestations en 2018. Ce petit pays du Caucase est encore sous le choc de sa défaite militaire contre l'ennemi azerbaïdjanais en 2020 et de la perte du Karabakh en 2023, qui avait provoqué l'exode de dizaines de milliers d'Arméniens de ce territoire montagneux disputé depuis des décennies. Nikol Pachinian, ancien journaliste âgé de 51 ans, a présenté ce scrutin comme un choix entre une paix durable, quoique controversée, avec Bakou, et un retour à la guerre. Rancœur envers Moscou M. Pachinian avait reproché à Moscou de ne pas avoir apporté son aide à l'Arménie lors de la guerre de 2020. La Russie avait soutenu diplomatiquement Erevan et avait déployé des forces de maintien de la paix au Karabakh, mais n'était pas intervenue directement, soucieuse de préserver ses relations avec l'Azerbaïdjan, autre partenaire du Caucase. Prenant acte de cette situation, M. Pachinian a gelé la participation arménienne à une alliance régionale chapeautée par Moscou et a cherché à renforcer les liens avec Bruxelles et Washington, allant même jusqu'à évoquer une potentielle adhésion de son pays à l'UE. Une éventualité qui serait considérée par la Russie comme une grave ingérence occidentale dans son pré-carré. "Tout ce qui se passe actuellement en Ukraine (...) Comment tout cela a-t-il commencé? Par la tentative de l'Ukraine de rejoindre l'UE", a averti le président russe Vladimir Poutine en mai, dans des propos qui sonnent comme une menace. La Russie est le principal partenaire commercial de l'Arménie et un marché clé pour ses exportations agricoles et textiles. De nombreux Arméniens vivent et travaillent en Russie et Erevan est dépendant de Moscou pour ses fournitures d'armements et d'énergie. Première mesure de représailles, la Russie a interdit l'importation d'une série de produits agricoles arméniens, suscitant l'inquiétude d'Erevan. Le Kremlin a aussi été accusé de chercher à influencer le scrutin. "Champ de bataille" Nikol Pachinian insiste cependant sur le fait qu'il ne souhaite pas rompre avec Moscou. "Nous n'avons jamais eu, n'avons pas et n'aurons jamais l'intention de nuire aux intérêts de la Russie", a-t-il plaidé. Pour autant, la campagne électorale a pris des airs de combat pour l'avenir géopolitique de l'Arménie. M. Pachinian est allé jusqu'à assurer qu'une "guerre catastrophique" avec l'Azerbaïdjan pourrait avoir lieu si son parti perdait la majorité. Son principal concurrent, l'homme d'affaires russo-arménien Samvel Karapetyan, a mis en garde contre toute "ruée imprudente" vers l'Occident. "La Russie est et restera notre partenaire stratégique et notre principal partenaire économique", a-t-il déclaré. Les Européens de leur côté ne cachent guère leur souhait de voir Nikol Pachinian l'emporter. Lors d'une visite très médiatisée en mai, le président français Emmanuel Macron lui a apporté son soutien et les deux hommes avaient interprété devant les caméras "La Bohème" de Charles Aznavour. Le parti Contrat civil du Premier ministre est donné en tête dans les sondages mais il est loin d'être dominant au sein d'un système politique très fragmenté. Au total, 19 partis et blocs sont en lice pour les 101 sièges du Parlement. Le bilan démocratique de Nikol Pachinian est également en jeu. Huit ans après son arrivée au pouvoir sur la promesse de démanteler le système oligarchique post-soviétique arménien, il fait face à des critiques croissantes. L'Arménie dérive "du populisme vers des méthodes de gouvernance autoritaires", avertit l'analyste indépendant Gevorg Poghosyan. Pour autant, pour de nombreux Arméniens, l'opposition reste associée à l'influence russe et aux oligarques. Dans les rues d'Erevan, à l'image du scrutin, les opinions sont partagées. "Je fais confiance à Nikol pour choisir avec qui il veut être ami: la Russie ou l'Europe", a déclaré Suren Sargsyan, un retraité de 72 ans. Simon Petrosyan, 62 ans, sans emploi, votera pour sa part pour l'opposition. Nikol Pachinian a transformé l'Arménie en "champ de bataille pour toutes les grandes puissances", estime-t-il.

04.06.2026 à 09:15

En Arménie, des élections législatives sous pression russe

FRANCE 24

À l'approche des élections législatives de dimanche ⁠en Arménie, la ​Russie intensifie la pression sur son ancien allié qui cherche à se rapprocher de l'Occident. S'efforçant de maintenir l'Arménie dans son orbite, ​le Kremlin a notamment imposé nombre de restrictions commerciales, comme autant d'avertissements à l'égard d'Erevan.
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