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▸ Les 15 dernières parutions

09.07.2026 à 16:31

Le média Disclose et RSF appellent à se mobiliser contre la "traque des sources"

FRANCE24

Ces derniers, publiés depuis 2019, portent sur des ventes d'armes françaises à l'étranger et sur l'opération "Sirli", une mission de renseignement française en Egypte que ce pays aurait détournée pour cibler et tuer des opposants. Après des plaintes contre X du ministère des Armées, une instruction avait été ouverte en juillet 2022. En septembre 2023, la journaliste Ariane Lavrilleux, co-autrice des articles, avait été perquisitionnée et placée en garde à vue - des mesures qui avaient choqué la profession. Elle avait échappé à la mise en examen, en étant placée sous le statut de témoin assisté début 2025. A l'issue des investigations, les juges avaient prononcé un non-lieu en sa faveur, estimant que les papiers étaient "d'intérêt général, intéressant le public et le débat démocratique". Revirement mercredi: non-lieu infirmé, et retour aux juges d'instruction. La cour d'appel "relance la traque de nos sources", s'est insurgée jeudi Ariane Lavrilleux lors d'une conférence de presse. Cette "traque vise à faire peur à tous les lanceurs d'alerte, qui prennent des risques au quotidien pour faire émerger des informations cruciales sur des mensonges d'Etat, des crimes et des injustices", a-t-elle dénoncé. "Mon affaire pourrait se démultiplier, il pourrait y avoir de nombreux autres journalistes et lanceurs d'alerte inquiétés", a-t-elle prévenu, appelant à "se mobiliser". "Il faut qu'on ait une expression de la solidarité de la profession et des citoyens", a abondé Thibaut Bruttin, directeur général de RSF. - "Sous surveillance" - Avec la relance des investigations, Ariane Lavrilleux "pourrait être mise en examen alors qu'elle avait bénéficié d'un non-lieu" et "tous les signataires de l'article vont être auditionnés", anticipe Mathias Destal, cosignataire, et cofondateur de Disclose. Il dénonce une volonté "d'intimider les journalistes" mais aussi de "priver les citoyens d'informations cruciales", et de "protéger les intérêts des industries d'armement". Les juges d'instruction avait aussi renvoyé un ingénieur militaire pour qu'il soit jugé pour compromission du secret de la défense nationale - la juge estimant qu'il était la source de Disclose, ce que le militaire nie. Pour lui aussi, infirmation et investigations supplémentaires ordonnées. Sollicitée par l'AFP, son avocate Margaux van der Have veut y voir une possibilité, pour son client, de connaître un autre destin judiciaire. Les investigations supplémentaires sont "susceptibles de renforcer ou d'affaiblir les charges actuelles", a-t-elle souligné. "Ce qui me met en colère, c'est que la seule action du ministère public" face aux artices de Disclose est "d'avoir mis sous surveillance une rédaction" plutôt que d'enquêter sur les faits dénoncés par les journalistes, a fustigé Ariane Lavrilleux lors de la conférence de presse. La journaliste se souvient "des filatures délirantes", "des agents de la DGSI dans son salon, fouillant ses carnets"... "Une escalade dans les mesures" policières et judiciaires prise à l'encontre des médias. "Je n'avais jamais vu une géolocalisation de journaliste, mais cela a été mis en oeuvre dans ce dossier", pointe son avocat Christophe Bigot, spécialisé dans le droit de la presse. "Le domaine de la défense nationale est celui où il est le plus difficile de faire émerger la liberté de l'information", a-t-il considéré. Me Bigot relève "une problématique sous-jacente importante: la surclassification". Aujourd'hui, ce sont "des agents qui classifient", et "cette classification détermine une infraction pénale extrêmement sévère". La chambre de l'instruction a estimé qu'il ne lui revenait pas "de dire s'il y avait surclassification, ni aux journalistes de l'admettre... Mais qui alors ? Devant qui peut-on remettre en cause une surclassification ? C'est un vrai enjeu de liberté de l'information".

09.07.2026 à 16:15

Le calvaire des livreurs à vélo dans la fournaise bordelaise

FRANCE24

"On souffre mais on n'a pas le choix", se résigne Aboubacar, 26 ans, patientant devant un McDonald's. "Si tu ne fais pas de livraisons, tu n'auras rien, tu ne seras pas payé." Le signal sonore d'Uber Eats retentit soudain : l'application lui propose de livrer un +tasty crousty+ à 9 kilomètres, pour 7 euros et 38 centimes. Il hésite une seconde et refuse. La demi-heure pour rentrer dans le centre de Bordeaux n'est pas rémunérée: "C'est trop loin sous cette chaleur pour ce prix-là". Entre 8.000 et 10.000 livreurs de repas sont inscrits dans l'agglomération de Bordeaux, et autour de 130.000 en France, d'après cette association partenaire de Médecins du Monde. Selon une enquête nationale de l'ONG, 98% de ces travailleurs sont nés à l'étranger et 64% dépourvus de titre de séjour. Malaises, maux de tête "Avec la canicule, l'état d'épuisement est considérable", pointe le coordinateur du lieu, Jonathan L'Utile Chevallier, alors qu'un travailleur somnole dans un fauteuil du local. "Des livreurs vomissent, d'autres sont au bord du malaise, avec des maux de tête qui ne passent pas", ajoute le responsable. Selon lui, 75% des livreurs qu'accompagne l'association n'ont pas de logement stable et peinent à dormir la nuit avec la chaleur. "Ils continuent à bout de forces, sachant qu'il n'y a pas d'accident de travail ou d'arrêt maladie puisqu'ils sont auto-entrepreneurs", souligne-t-il en dénonçant l'"inaction" des plateformes alors qu'"elles gagnent beaucoup d'argent". Dans la salle de repos, plusieurs travailleurs dévoilent leurs revenus de la semaine. Zakaria, 39 ans, a réuni 249 euros pour 47 heures de connexion à l'application. "J'ai travaillé moins que d'habitude parce qu'il fait chaud, sinon je suis autour de 53 heures." Face à cette troisième canicule depuis mai, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, avait demandé vendredi aux plateformes de prendre des "mesures" pour protéger leurs livreurs. Charte et bulletins Les deux plateformes ont annoncé mercredi à l'AFP qu'elles suspendraient les livraisons entre 14h00 et 18h00 dans les départements placés en vigilance rouge par Météo-France, comme ce fut le cas à la fin juin. Aucun ne l'est actuellement, le niveau d'alerte se limitant à l'orange pour une soixantaine d'entre eux, où les températures restent étouffantes. Deliveroo rappelle que les livreurs sont "totalement libres" de se connecter ou non sur l'application, et affirme "réduire les périmètres de livraison afin d'éviter les trop longues distances" sous la chaleur. Les deux plateformes font aussi valoir une charte mise en place avec des restaurants, sans en préciser le nombre, pour que les livreurs aient accès à des sanitaires ou un espace ombragé. Mais à Bordeaux, la plupart de ceux interrogés s'accordent à dire que seule une minorité d'établissements l'applique. Uber Eats et Deliveroo, enfin, envoient régulièrement des bulletins météo pour communiquer sur les dangers des fortes chaleurs. "On le sent bien qu'il fait chaud !", ironise un livreur.

09.07.2026 à 16:11

Soutien à l'Ukraine, guerre au Moyen-Orient... que retenir du dernier sommet de l'Otan en Turquie ?

FRANCE24

Les alliés de l'Otan ont affiché leur unité mercredi à Ankara, à l'issue d'un sommet au cours duquel le président américain a alterné virulentes attaques et un ton extraordinairement conciliant. Les précisions de Muriel Domenach, ancienne ambassadrice de la France auprès de l'Otan (2019-2024).
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