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20.06.2026 à 13:49

À Epidaure, "Médée" ressuscite 65 ans après le triomphe de Maria Callas

FRANCE24

Lors d'une représentation unique samedi soir, à guichet fermé, l'Opéra national de Grèce revient pour la première fois depuis 65 ans dans cet amphithéâtre du IVe siècle avant Jésus-Christ, à 200 kilomètres d'Athènes, réputé pour son exceptionnelle acoustique. Cette tragédie lyrique qui voit Médée, figure de la mythologie grecque éperdue de fureur et de désespoir, tuer ses enfants, ouvre l'édition 2026 du festival d'Athènes et d'Epidaure. Et c'est la mezzo-soprano italienne Anna Pirozzi qui interprète le rôle-titre de "Médée", de Luigi Cherubini, inspiré de la tragédie d’Euripide et tiré à l'époque de l’oubli grâce à Maria Callas. La chanteuse lyrique marche ainsi dans les pas de "la "diva assoluta" dans cette "production légendaire" qui, en 1961 dans ce même site archéologique, avait "suscité un immense enthousiasme" bien au-delà de la Grèce, rappelle le directeur artistique de l'Opéra national de Grèce, Giorgos Koumendakis. Gestes dramatiques "Je ne veux pas copier, je ne veux pas imiter" Maria Callas, a confié à l'AFP Anna Pirozzi, dans sa loge, peu avant la répétition générale jeudi. Pourtant, ajoute l'artiste, "j'adore (...) comment elle interprète le rôle. J'ai pris quelques gestes qu'elle a fait en 1961 car je pense qu'ils sont très dramatiques". "Maria Callas et Anna Pirozzi ont la même vérité dans le chant, dans le jeu", renchérit le metteur en scène, Panaghis Pagoulatos. "Mais ce n'est pas du tout la même personnalité, ce n'est pas du tout la même voix". Cette époustouflante reconstitution, qui a enthousiasmé le public venu assister à la répétition générale, s’inscrit dans la thématique de l’année de l’institution grecque, "de l’héritage du passé à l’opéra de l’avenir". Des décors aux costumes en passant par la lumière, chaque détail de ce travail de recherches titanesque a été pensé pour restituer le plus fidèlement la production de 1961. "La principale difficulté était de parvenir à saisir l’esthétique de l’époque et à la faire entrer dans le présent sans qu’elle ne paraisse (...) décalée", a expliqué Giorgos Koumendakis. Les équipes artistiques, qui ont travaillé durant trois ans sur ce projet unique, se sont servies des cahiers du metteur en scène grec de l'époque, Alexis Minotis, et des dessins de son compatriote, Yannis Tsarouchis, qui en réalisa les costumes et les décors. Nous disposions ainsi de notes "sur les chœurs, sur la chorégraphie, sur les figurants mais pas sur les solistes", selon Panaghis Pagoulatos qui est également directeur de casting de l'Opéra national de Grèce. Photographies Autre difficulté que souligne M. Koumendakis: "il n’existe absolument aucun" enregistrement vidéo de l'époque. "Nous ne disposons que de photographies en noir et blanc" pour reconstituer les décors, poursuit-il. Chaque pierre de la scène du théâtre, parmi les mieux préservés du monde antique, a dû être recouverte par un caisson en bois pour les protéger. Pour les costumes, d'une richesse exceptionnelle, les équipes se sont appuyées sur les quelque 150 tenues conservées depuis 1961. "Si l'on regarde les costumes (de l'époque) à la lumière du soleil, les couleurs sont incroyables!", s'exclame en coulisses Tota Pritsa, cheffe costumière. Le baryton Tassis Christoyannis, qui interprète Créon, le roi de Corinthe, porte ainsi le costume de 1961. "Le plus difficile, ce fut les étoffes" car certaines ne sont plus fabriquées aujourd'hui, comme par exemple le jersey de soie, a-t-elle détaillé. Et certains tissus ont dû être teints ou lavés de multiples fois afin de leur donner la patine d'antan. Sur la scène d'Epidaure, en cette soirée tiède et étoilée, "les costumes anciens et nouveaux se mélangent mais même moi, je ne peux pas les distinguer!", résume Panaghis Pagoulatos. Le site archéologique accueille également une exposition consacrée aux représentations des 6 et 13 août 1961. Pour la représentation de samedi, seul le nombre de figurants a dû être revu à la baisse. "A l'époque, ils avaient eu recours à des jeunes qui faisaient leur service militaire donc il y avait un monde fou sur scène!", sourit M. Pagoulatos. "Mais aujourd'hui on ne peut pas aller dans les casernes et dire: +allez hop, on va jouer ce soir au théâtre!+".

20.06.2026 à 13:22

Coupe du monde 2026 : la Team USA fonce en 16es, le Maroc et le Brésil l'emportent

L'Equipe TV

Après le Mexique, les États-Unis ont eux aussi obtenu leur ticket pour les 16es de finale de la Coupe du monde, grâce à leur succès contre l'Australie (2-0), samedi. Le Maroc et le Brésil, qui s'étaient affrontés lors de leur entrée en lice, ont battu respectivement l'Écosse (1-0) et Haïti (3-0).

20.06.2026 à 13:19

Le boom du yoga en Occident, souvent réduit à une pratique physique

FRANCE24

"Le yoga n'est pas (seulement) un exercice physique", explique M. Veer qui, après avoir enseigné cette discipline notamment en Grèce, en France, au Canada, aux Etats-Unis et pendant onze ans à Hong Kong, a ouvert en 2023 un studio à New Delhi. "L’histoire du yoga remonte à plus de 10.000 ans. Il trouve ses origines dans les plus anciennes écritures indiennes, les Vedas, dont le Rig Veda, explique ce titulaire d'une thèse sur les origines et l'essence de cette discipline. "Dans la tradition indienne, nous travaillons sur le corps, le souffle, le mental, ainsi que les dimensions de sagesse et de béatitude", explique M. Veer, qui regrette qu’en Occident "la pratique soit réduite à 95% aux asanas (postures), et peu au prana (souffle)". Il se réjouit pourtant de l’engouement mondial pour cette discipline, amorcé dans les années 1970‑80 aux Etats‑Unis, où des enseignants indiens se sont installés avant de "devenir populaire en Europe, puis à Hong Kong, Singapour, au Japon...". "C’est dans notre sang" Au départ, "le hatha yoga, la pratique la plus traditionnelle, était la forme la plus répandue en Occident". Puis petit à petit de nouvelles méthodes sont apparues, comme l'Iyengar yoga, l'Ashtanga ou le Sivananda qui doivent leur nom aux maîtres qui les ont conçues, ou le Vinyasa ou le Ashtanga, un enchaînement de mouvements. Mais si "les séquences et les postures peuvent être différentes, toutes sont basées sur le hatha yoga", souligne lors d’un entretien à l’AFP ce yogiste de 51 ans, initié par son père à l’âge de neuf ans. Selon lui, ce n'est pas un mythe de dire que la plupart des Indiens pratiquent le yoga au quotidien mais pas de la manière dont on l'entend à l'étranger. La méditation s’enseigne dès l’enfance au sein des familles indiennes : "C’est dans notre culture, c’est dans notre sang". "A la maison, quand on parle hindi nous disons toujours +dhyan se khao+, ce qui signifie : +mange avec attention+. De même, +dhyan se padho+ : +étudie en te concentrant+. Dhyan, c’est méditation, autrement dit, quoi que l’on fasse, il faut le faire en étant pleinement concentré et en méditant". Formation à revoir Ce disciple du yogi et philosophe indien Sri Aurobindo se félicite de constater que, porté par son succès mondial, le yoga gagne en popularité en Inde, où il fait désormais partie des programmes scolaires et universitaires. Il espère que cela incitera davantage de personnes à pratiquer une activité physique, souvent négligée dans le pays, et à en reconnaître les bienfaits pour la santé. Selon lui, le Premier ministre Narendra Modi, à l'origine d'une résolution de l'ONU qui depuis 2015 fait du 21 juin la Journée internationale du yoga, a largement contribué à sa promotion aux niveaux national et international. Depuis son arrivée au pouvoir en 2014, le dirigeant nationaliste hindou a fait de la culture ancienne de l'Inde un axe majeur de sa politique culturelle et a même crée un ministère dédié au yoga et aux médecines traditionnelles comme l'ayurvédique. M. Veer regrette toutefois que la formation des professeurs de yoga ne soit pas mieux encadrée et réglementée à l’échelle mondiale. "C’est un gros problème, surtout en Occident : après 200 ou 500 heures de formation, vous pouvez commencer à enseigner. Ce n’est bon ni pour la culture du yoga, ni pour les professeurs, ni pour les élèves, ni pour l’humanité", confie M. Veer, qui précise recruter des enseignants diplômés des nombreuses universités de yoga en Inde. Après plus de 40 ans de pratique, M. Veer, qui consacre quotidiennement entre 90 minutes et deux heures par jour à cette discipline, invite "l’Occident à revoir sa manière de former et d’enseigner le yoga".
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