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31.05.2026 à 08:21

Indonésie: 20 ans plus tard, le volcan déverse encore sa boue

FRANCE24

Harwati joint les mains pour offrir une prière au bord du lac de boue qui continue de s'étendre tandis qu'une dizaine d'habitants sont rassemblés pour commémorer le désastre. Le rassemblement organisé vendredi visait à rappeler au gouvernement que les habitants subissent encore les conséquences de l'immense coulée de boue, qui a englouti maisons et villages. "Même si les présidents se succèdent, nous espérons toujours que (le gouvernement) nous rendra justice", a déclaré samedi à l'AFP cette femme de 50 ans qui comme beaucoup d'Indonésiens ne porte qu'un seul nom et pour qui la catastrophe est "loin" d'être terminée. Les éruptions probablement en partie provoquées par un forage d'une compagnie pétrolière et qui se poursuivent, ont détruit au moins une douzaine de villages et ont déplacé des dizaines de milliers de personnes. Treize personnes sont mortes lors de l'explosion d'un gazoduc souterrain dans la zone sinistrée. Comme beaucoup d'habitants, Harwati exige que le gouvernement procède à un examen approfondi des conséquences de la coulée de boue sur la santé des riverains, affirmant que de nombreux villageois ont depuis développé des cancers. Selon les autorités, plus de 600 hectares ont été engloutis par la boue, les efforts déployés pour la colmater, notamment à l'aide d'énormes boules de béton, s'étant révélés inefficaces. La catastrophe a contraint Muhammad Irsyad à quitter son village en 2012, car il ne pouvait plus supporter la pollution qui s'infiltrait dans le puits dont sa famille dépendait pour cuisiner et se laver. "Quand le voulais prendre un bain, mes yeux piquaient au contact de l'eau", a confié cet homme de 62 ans, se disant "en colère". Vingt ans après, M. Irsyad est encore en train de "réorganiser" sa vie, sa famille survivant grâce aux revenus tirés de leur stand de nourriture et de la vente d'eau potable. "Injustice" Des études indépendantes ont établi que la catastrophe s'explique à la fois par des forages réalisés par la compagnie pétrolière et gazière PT Lapindo Brantas et par un tremblement de terre qui s'est produit deux jours plus tôt à environ 260 kilomètres de là. Lapindo, qui fait partie d'un empire commercial contrôlé par la puissante famille indonésienne Bakrie, a finalement été condamnée à indemniser les victimes, mais les paiements ont pris des années, suscitant des réactions de colère. Le gouvernement est finalement intervenu et a prêté à l'entreprise les fonds nécessaires pour accélérer les paiements restants. M. Irsyad qualifie d'"injustice" le recours aux fonds publics pour indemniser les victimes de la catastrophe. Pour lui, l'entreprise devait assumer ses responsabilités. Sollicitée par l'AFP, Lapindo, qui a depuis changé de nom pour devenir Minarak Brantas Gas, n'a pas réagi dans l'immédiat. Mais la société avait précédemment déclaré que les enquêtes "avaient déterminé qu'aucune corrélation ne pouvait être prouvée entre les activités de forage et l'éruption de boue". Des groupes de protection de l'environnement ont constaté de leur côté que les eaux souterraines à proximité de la zone ont été polluées à la suite de la catastrophe, provoquant des maladies chez les habitants, a inidqué Melky Nahar, coordinateur de l'ONG Mining Advocacy Network (JATAM). "Après deux décennies, la destruction de la santé, de l'environnement et des bases de production des populations… n'est pas terminée", a-t-il souligné.

31.05.2026 à 08:05

A Hong Kong, les autorités veulent desserrer l'emprise des machines a pince

FRANCE24

Des dizaines de boutiques remplies de ces machines aux lumières chatoyantes ont fleuri ces dernières années dans les rues et les centres commerciaux de la place financière, offrant aux joueurs un fugace sentiment de satisfaction. Mais Mme Lee, joueuse aguerrie, reconnaît être "totalement accro" au frisson qu'elles procurent. "C'est clairement un jeu d'argent", confie à l'AFP cette femme de 48 ans, précisant qu'elle doit miser cinq dollars hongkongais à chaque tentative pour espérer décrocher une peluche de plus grande valeur. Employée de bureau, Mme Lee estime avoir englouti environ 100.000 dollars hongkongais (11.000 euros) en deux ans dans les machines à pince, soit près de la moitié de son salaire annuel. "Pour un jouet à 70 dollars, on peut finir par en dépenser 700, voire 1.700, sans réussir à l'attraper", confie-t-elle a l'AFP. "Je veux vraiment arrêter. Chaque jour, je me fais des reproches et je me dis d'arrêter: plus jamais, plus jamais." Tommy Yu, 23 ans, explique qu'il lui arrive pour sa part de dépenser plusieurs centaines de dollars par jour, tout en affirmant que certaines machines comportent des mécanismes "piégeux". "Boucle addictive" "Quand on met de l'argent sans rien obtenir en retour, on a l'impression d'avoir perdu", dit M. Yu. "Et pourtant, ça continue de vous pousser à jouer." "Plus les joueurs investissent, et plus il leur est difficile de repartir les mains vides", explique le conseiller en addictologie Chu Ho Ming. "C'est ce qu'on appelle l'effet des coûts irrécupérables", entretenant "la boucle addictive". Il ajoute que son équipe a observé une hausse du nombre de jeunes jouant à des jeux comportant des "éléments de jeu d'argent". Les exploitants de machines à pince ont pu se développer et opérer quasiment sans contraintes, après qu'un tribunal a jugé en 2022 qu'ils n'étaient pas tenus de détenir des licences de divertissement public. Mais après une forte augmentation, ces deux dernières années, du nombre de plaintes liées au caractère assimilé au jeu d'argent de ces machines, les autorités hongkongaises ont proposé ce mois-ci de durcir la réglementation des salles de jeux à lots, qualifiant la situation issue de la décision de 2022 de "peu satisfaisante". La conception et les modèles économiques de ces machines sont "extrêmement divers", ont expliqué les responsables, se disant déterminés à s'attaquer aux "problèmes profonds". Certains députés soutiennent ces mesures, suggérant de plafonner la valeur des lots à 300 dollars ou moins, comme au Royaume-Uni ou a Singapour. Matthew Chan, propriétaire de trois boutiques de machines à pince, déclare à l'AFP qu'un durcissement est nécessaire, le secteur "allant dans la mauvaise direction". Il déplore la lenteur de l'action gouvernementale, rappelant qu'à Taïwan les machines doivent offrir un "gain garanti" au-delà d'un certain montant dépensé. "Le marché a déjà commencé à se contracter (...) les consommateurs de Hong Kong ont perdu confiance", affirme M. Chan, ajoutant que certains exploitants augmentent artificiellement la difficulté pour maintenir les joueurs captifs. Mme Lee, elle, pense que les opérateurs trouveront des moyens de contourner toute nouvelle règle. Il est "impossible" qu'une loi "soit appliquée de manière à la fois parfaite et équitable" pour le secteur, estime-t-elle. "Il est difficile d'éradiquer les problèmes d'addiction simplement en votant une loi."

31.05.2026 à 07:55

Israël annonce étendre son offensive au Liban

FRANCE24

Les affrontements au Liban sont quasi quotidiens malgré une trêve théoriquement en vigueur depuis le 17 avril entre Israël et le mouvement chiite Hezbollah. Ce dernier avait déclenché les hostilités le 2 mars en soutien à l'Iran, qui était visé depuis le 28 février par une vaste campagne de bombardements israélo-américaine. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui considère une grande partie du sud du Liban comme une "zone de combat", avait annoncé vendredi que ses troupes avaient traversé le fleuve Litani, situé à une trentaine de kilomètres au nord de la frontière. L'armée israélienne a "étendu ses opérations contre des cibles du Hezbollah au nord du fleuve. L'opération est en train de s'étendre à d'autres zones", a-t-elle écrit dimanche sur le réseau social X. Elle a dit avoir lancé "il y a quelques jours" une offensive dans la région de la crête de Beaufort et de Wadi al-Saluki, dans le sud du Liban, (...) dans le but d'éliminer les menaces directes qui pèsent sur les localités du nord de la Galilée et de Metula (en Israël, NDLR), et dans le cadre des efforts continus visant à renforcer le contrôle opérationnel dans le sud du Liban". "Terre brûlée" "Un nombre important de soldats de l'armée israélienne ont lancé des opérations offensives visant à étendre la ligne de défense avancée", a-t-elle ajouté. Il a toutefois défendu la poursuite des négociations avec Israël, qui constituent selon lui "la voie la moins coûteuse" pour le Liban. Une nouvelle séance de pourparlers entre représentants des deux pays est programmée les 2 et 3 juin à Washington. Dans un communiqué, le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre ont dénoncé samedi "les pratiques condamnables d'Israël", "l'extension" de ses attaques ainsi que la "poursuite des bombardements et de la destruction au bulldozer des habitations et des sites historiques". Depuis le début des hostilités, les frappes israéliennes au Liban ont tué 3.371 personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités libanaises. L'arrêt de la campagne militaire israélienne au Liban est l'une des conditions posées par l'Iran pour tout accord destiné à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
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