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15.06.2026 à 05:35

Argentine: Taty Almeida, figure des Mères de la place de Mai, est décédée

FRANCE24

"C'est avec une profonde tristesse que nous devons vous faire part de cette triste nouvelle: notre chère Taty Almeida, présidente des Mères de la Place de Mai - Ligne fondatrice, nous a quittés aujourd'hui", indique le communiqué publié sur Instagram par cette organisation née de la colère de femmes dont les enfants ont disparu sous la dictature argentine. "Merci de nous avoir appris qu'aimer, c’est résister, que la seule lutte perdue est celle que l'on abandonne et qu'il n'existe pas de force plus grande que celle de l'amour", a ajouté l'organisation dans son message. Mme Almeida était hospitalisée depuis trois semaines à Buenos Aires. Sa dépouille sera exposée lundi dans le quartier d'Once dans la capitale, ont indiqué ses proches. Taty Almeida, de son vrai nom Lidia Stella Mercedes Miy Uranga, était néée le 28 juin 1930, enseignante, s'est mariée en 1953 avec son collègue Jorge Almeida et a eu trois enfants. Elle s'est engagée après la disparition en 1975 de son fils Alejandro, alors étudiant en médecine de 20 ans. Militant de gauche, il appartenait à la guérilla de l'Armée révolutionnaire du peuple (ERP). Comme lui, ils sont 30.000 opposants à avoir été éliminés par la milice d'extrême droite Triple A, ou par la dictature qui a dirigé l'Argentine de 1976 à 1983. Taty Almeida n'a jamais pu récupérer sa dépouille. "Cette rage, nous l'avons transformée en amour, en lutte pacifique", confiait Taty Almeida à l'AFP en 2017. Sa fille, Fabiana Almeida, a raconté aux journalistes que son frère Jorge et elle avaient vu qu'elle "n'allait pas bien" dimanche matin. "Nous lui avons dit +maman, vas-y, lâche prise. Vas-y, Alejandro t'attend là-haut. Embrassez-vous et suivez-nous d'en haut+", a-t-elle confié, la voix brisée par les larmes. "Une battante infatigable" A partir de 1979, Taty Almeida rejoint les Mères de la place de Mai, un groupe de femmes réclamant la vérité sur le sort de leurs enfants. Les pionnières, 14 femmes, s'étaient réunies le 30 avril 1977 devant le palais présidentiel, osant invectiver la junte alors que la répression battait son plein. Fille et soeur de militaires, Taty Almeida, enseignante de profession, a tardé à rejoindre le mouvement. "Je n'osais pas y aller. Avec mon CV, j'avais peur d'être prise pour une espionne. Une fois dans l'organisation, ça a été une révélation", avait-elle raconté à l'AFP en 2017. Depuis, la présence de Mme Almeida, jamais sans son foulard blanc noué sous le cou, a été constante dans les mobilisations, les procès, et le débat politique argentin. Sa mort a été déplorée par de nombreuses personnalités des droits humains, de la politique et de la culture en Argentine. "C'était une battante", a déclaré avec émotion Estela de Carlotto, figure emblématique des Grands-mères de la place de Mai, à la chaîne C5N après l'annonce de son décès. "Nous continuons le combat, un combat avec encore plus de douleur, mais il ne faut pas fléchir", a-t-elle souligné. "Une battante infatigable qui a su honorer la vie. Adieu, chère Taty", a écrit de son côté sur le réseau social X l'ex-présidente argentine de centre-gauche Cristina Kirchner (2007-2015). Ces dernières années, elle a affiché son opposition au gouvernement du président ultralibéral Javier Milei en raison de ses politiques en matière de mémoire, de vérité et de justice, et sa voix a été centrale lors des commémorations du 50e anniversaire du coup d'Etat civilo-militaire, en mars 2026.

15.06.2026 à 05:21

Accord Iran/Etats-Unis: le pétrole dégringole, les Bourses s'envolent en Asie

FRANCE24

Chute du pétrole, les yeux sur Ormuz Vers 03h00 GMT lundi, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, référence du marché mondial, lâchait 4,84% à 83,10 dollars. Celui du WTI, référence américaine, perdait 5,73% à 80,02 dollars. Washington et Téhéran sont parvenus à un accord pour mettre fin "de façon immédiate et permanente" à la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts, y compris le Liban, a annoncé lundi le médiateur pakistanais, ce que les Etats-Unis et l'Iran ont confirmé dans la foulée. "L'accord avec la République islamique d'Iran est désormais finalisé", a écrit le président américain Donald Trump sur son réseau Truth Social quelques minutes après l'annonce pakistanaise, affirmant "la réouverture du détroit d'Ormuz sans droits de passage". La circulation dans ce passage stratégique, par où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole brut mondial, était largement paralysée depuis le début du conflit fin février, ce qui a entraîné une flambée des cours de l'or noir. Le protocole d'accord avec les Etats-Unis prévoit "la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban", a déclaré sur la télévision d'Etat le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi. Une cérémonie de signature aura lieu vendredi 19 juin à Genève, a de son côté précisé sur X le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur clé de la guerre au Moyen-Orient. "C'est le genre de nouvelle qui ne passe pas inaperçue à l'ouverture des marchés: cela ouvre la voie à une prise de risque (sur les cours), aussi fragile que puisse s'avérer cette déclaration en fin de compte", a commenté Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management. "Les marchés ont avant tout retenu une chose : la +prime de risque+ liée au détroit d'Ormuz est en train d'être réévaluée", explique-t-il, tout en prévenant qu'un retour à la normale dépendra du déminage et de la confiance dans la sécurité maritime. "Avant le conflit, environ 140 navires transitaient chaque jour par le détroit. Le trafic s'est amélioré mais reste bien en deçà de la normale. Une véritable réouverture aurait donc un impact immédiat: elle réduirait l'incertitude pour les transporteurs, apaiserait les marchés de l'assurance (...) et permettrait de commencer à réduire la +prime de risque+ liée au conflit", avait-il déjà estimé dimanche. La prudence pourrait néanmoins se réinviter sur les marchés, dans l'attente d'éclaircissements. "Si l'annonce de cet accord constitue assurément une bonne nouvelle pour l'économie mondiale et pour l'Asie, sa pérennité et sa viabilité dépendront, entre autres, des détails des conditions négociées, qui n'ont pas encore été dévoilés", avertit Michael Wan, analyste de la banque MUFG. "Des points de divergence subsistent, notamment concernant l'ampleur de l'aide financière dont bénéficierait l'Iran", ajoute-t-il. Euphorie des Bourses, Tokyo gagne 4% Les marchés boursiers se sont envolés en Asie dans la foulée de l'accord Iran/Etats-Unis, les investisseurs se montrant soulagés par la perspective d'un reflux durable des prix énergétiques alors que le récent sursaut de l'inflation plombait le climat économique. Vers 03H00 GMT à la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei grimpait de 5,41% à 69.593 points, et l'indice élargi Topix de 3,62% à 4.022 points. A Séoul, l'indice star Kospi flambait de 5,65% à 8.582 points. La Bourse de Sydney progressait de 1,28% et celle de Taipei de 2,63%. L'indice hongkongais Hang Seng montait de 0,37%. L'annonce de l'accord "devrait rassurer les marchés (...) l'apaisement des craintes liées à la hausse des coûts (sur fond d'inflation énergétique) devrait favoriser les achats sur un large éventail d'actions", ont commenté les analystes de Tokai Tokyo Intelligence. Dollar stable, l'or se renforce La monnaie américaine se stabilisait vers 03H00 GMT, après avoir légèrement pâti du regain d'appétit des investisseurs pour les actifs jugés plus risqués. Le billet vert cédait 0,08% face à la devise japonaise à 160,11 yens pour un dollar. L'or, de son côté, reprenait des couleurs (+2,46%) à 4.323 dollars l'once.

15.06.2026 à 04:55

Les Etats-Unis et l'Iran parviennent à un accord pour mettre fin à la guerre

FRANCE24

Cet accord a été annoncé lundi matin par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur clé du conflit, et confirmé peu après par Washington et Téhéran. "L'accord avec la République islamique d'Iran est désormais finalisé", a écrit le président américain Donald Trump sur son réseau Truth Social. "J'autorise pleinement la réouverture du détroit d'Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!", s'est-il félicité, ajoutant que cette ouverture interviendra "dès la signature de l'accord vendredi afin de permettre le déminage". L'annonce a déclenché une chute de plus de 4% des cours du pétrole, qui avaient flambé depuis le déclenchement de la guerre le 28 février et le blocage du détroit stratégique d'Ormuz, par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures. La Bourse de Tokyo a bondi de plus de 4% et celle de Séoul de plus de 5% lundi matin. Le document sur lequel se sont entendus Washington et Téhéran n'a pas été rendu public dans l'immédiat. L'accord prévoit "la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban", a déclaré sur la télévision d'Etat le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Kazem Gharibabadi. Quatre sujets de négociation "Les négociations débuteront dans un délai de 60 jours en vue de parvenir à un accord définitif", a-t-il précisé, énumérant quatre sujets pour les discussions à venir: la levée des sanctions contre l'Iran, la question du nucléaire, la "reconstruction" et "le développement économique" du pays, ainsi que "la mise en place d'un mécanisme de suivi" des engagements pris. L'agence de presse iranienne Mehr a en outre fait état d'un texte, qui n'a pas été confirmé officiellement, selon lequel l'accord prévoit "le déblocage de 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés au cours de la période de négociation de 60 jours", dont la moitié avant le début des pourparlers. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a salué l'accord, "étape cruciale vers un règlement pacifique du conflit", selon lui. L'Iran a "imposé sa volonté divine et d'acier à des ennemis américains et sionistes humiliés. L'ennemi n'a d'autre choix que d'accepter la défaite et de se rendre", s'est félicité pour sa part l'état-major iranien dans un communiqué diffusé par la télévision d'Etat. Le vice-président américain JD Vance a fait savoir qu'il assistera à la signature de l'accord le 19 juin à Genève, et que la participation de Donald Trump était "possible". Peu de temps avant l'annonce de l'accord, la plus haute instance de sécurité de l'Iran, le Conseil suprême de sécurité nationale, avait pourtant averti sur X d'une réponse "imminente" à un raid israélien qui a fait trois morts dimanche dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien. "Furieux" Donald Trump avait estimé plus tôt sur son réseau Truth Social que l'attaque israélienne "n'aurait pas dû avoir lieu, surtout en ce jour particulier", dimanche marquant son 80e anniversaire. "J'étais furieux", a-t-il ensuite confié au média Axios, affirmant avoir réprimandé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu: "Il n'a aucun putain de jugement. Je le lui ai fait savoir". Israël, qui redoute un compromis ne satisfaisant pas ses exigences concernant son ennemi juré iranien, a indiqué avoir riposté à des attaques de drones du Hezbollah contre son territoire. Sous pression dans son pays pour sortir d'un conflit impopulaire qui a aussi ébranlé l'économie mondiale, Donald Trump doit rencontrer cette semaine les dirigeants des autres grandes puissances lors du sommet du G7 à Evian, en France. "L'objectif sera de voir les conséquences de cet accord, le soutien au Liban, la réouverture d'Ormuz dans la durée, et évidemment la conclusion d'un accord sur le nucléaire et le balistique en Iran", a déclaré après l'annonce d'un accord le président français Emmanuel Macron. Dans un communiqué conjoint, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et l'Italie se sont déclarés "disposés à lever les sanctions pertinentes en réponse à des mesures claires et vérifiables de la part de l'Iran concernant son programme nucléaire". Déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes, la guerre a embrasé le Moyen-Orient et fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. burx-roc/ega
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