Quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, le premier ministre hongrois Viktor Orbán est monté sur scène pour prononcer son premier discours de défaite en vingt ans. Son concurrent Peter Magyar, devant une foule imposante massée sur les rives du Danube, fort de sa super-majorité (136 sièges sur 199 et 52 % des voix, avec une participation record de 79,5 % des électeurs), a inscrit sa victoire dans le sillage des Révolutions de 1848 et 1956. Il a annoncé un « changement de régime », appelé des figures clés de l’État (qualifiées de « marionnettes ») à démissionner : le Président de la République, le président de la Cour suprême, le président de l’Office national d’audit de Hongrie, etc. Ce genre de déclarations, dont Magyar s’est fait une spécialité, résonnent à merveille dans un imaginaire historiquement épris de révoltes. L'étude de ses orientations programmatiques et de son entourage suggère pourtant une évolution beaucoup plus douce, en continuité avec le régime qu’Orbán et le Fidesz ont construit en seize années de pouvoir.
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Quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, le premier ministre hongrois Viktor Orbán est monté sur scène pour prononcer son premier discours de défaite en vingt ans. Son concurrent Peter Magyar, devant une foule imposante massée sur les rives du Danube, fort de sa super-majorité (136 sièges sur 199 et 52 % des voix, avec une participation record de 79,5 % des électeurs), a inscrit sa victoire dans le sillage des Révolutions de 1848 et 1956. Il a annoncé un « changement de régime », appelé des figures clés de l’État (qualifiées de « marionnettes ») à démissionner : le Président de la République, le président de la Cour suprême, le président de l’Office national d’audit de Hongrie, etc. Ce genre de déclarations, dont Magyar s’est fait une spécialité, résonnent à merveille dans un imaginaire historiquement épris de révoltes. L'étude de ses orientations programmatiques et de son entourage suggère pourtant une évolution beaucoup plus douce, en continuité avec le régime qu’Orbán et le Fidesz ont construit en seize années de pouvoir.