Né en 1934 à Lomé (dans l’actuel Togo), Stanislas Spero Adotevi suit, avec une génération de décalage, le parcours d’Aimé Césaire et de Léopold Sédar Senghor, fondateurs de la « négritude ». Élève brillant passé par l’École normale supérieure, il était bien placé pour comprendre(et durement critiquer) ces deux hommes qui « avaient fait beaucoup de latin et ne comprenaient pas qu'on ne les prît pas pour des hommes pareils aux autres ». Dans Négritude et négrologues, il s’attelle, une fois sa dette reconnue, à retracer les errements de la « négritude » – qui postule, pour reprendre la formule du futur président sénégalais, que « la raison est hellène, l'émotion est nègre ». Il déconstruit ce « remède bizarre » qui permet, à ses yeux, de perpétuer le néo-colonialisme en donnant une justification essentialiste au sous-développement africain. Décédé en février 2024, Stanislas Spero Adotevi fut un conseiller de Thomas Sankara, président du Burkina Faso et figure du socialisme africain.
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Né en 1934 à Lomé (dans l’actuel Togo), Stanislas Spero Adotevi suit, avec une génération de décalage, le parcours d’Aimé Césaire et de Léopold Sédar Senghor, fondateurs de la « négritude ». Élève brillant passé par l’École normale supérieure, il était bien placé pour comprendre(et durement critiquer) ces deux hommes qui « avaient fait beaucoup de latin et ne comprenaient pas qu'on ne les prît pas pour des hommes pareils aux autres ». Dans Négritude et négrologues, il s’attelle, une fois sa dette reconnue, à retracer les errements de la « négritude » – qui postule, pour reprendre la formule du futur président sénégalais, que « la raison est hellène, l'émotion est nègre ». Il déconstruit ce « remède bizarre » qui permet, à ses yeux, de perpétuer le néo-colonialisme en donnant une justification essentialiste au sous-développement africain. Décédé en février 2024, Stanislas Spero Adotevi fut un conseiller de Thomas Sankara, président du Burkina Faso et figure du socialisme africain.