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17.10.2026 à 16:03

Gaza : comment les démocrates tentent de faire oublier le mandat Biden

Daniel Finn

« Les Palestiniens n’ont pas l’air si maigres sur les photos ». La formule, prêtée au conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan et à l’émissaire Brett McGurk, résume à elle seule la façon dont l’administration Biden a géré, pendant quinze mois, le massacre de Gaza. Alors que les artisans de cette politique - Antony Blinken en tête - multiplient aujourd’hui les tournées médiatiques pour réécrire leur rôle dans le désastre, le journaliste Akbar Shahid Ahmed publie Crossing the Red Line (Norton and Company, 2026), une contre-enquête qui démonte un à un leurs éléments de langage. Washington, montre-t-il, a disposé dès les premières heures d’un levier réel sur Israël - preuve en a été faite quand Biden a dissuadé Netanyahou d’ouvrir un second front au Liban, dès le 11 octobre 2023. Mais ce levier, l’administration a choisi, à de multiples reprises et en toute connaissance de cause, de ne pas l’actionner : en laissant filer les chiffres de victimes civiles, en coupant les financements de l’UNRWA sur la foi d’accusations israéliennes non vérifiées, en laissant filer sans conséquence le franchissement de la « ligne rouge » de Rafah, en réprimant les mobilisations étudiantes plutôt que d’en écouter les alertes. Jusque dans ses derniers jours, l’exécutif démocrate a préféré enterrer les conclusions juridiques qui qualifiaient ces actes de crimes de guerre.
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« Les Palestiniens n’ont pas l’air si maigres sur les photos ». La formule, prêtée au conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan et à l’émissaire Brett McGurk, résume à elle seule la façon dont l’administration Biden a géré, pendant quinze mois, le massacre de Gaza. Alors que les artisans de cette politique - Antony Blinken en tête - multiplient aujourd’hui les tournées médiatiques pour réécrire leur rôle dans le désastre, le journaliste Akbar Shahid Ahmed publie Crossing the Red Line (Norton and Company, 2026), une contre-enquête qui démonte un à un leurs éléments de langage. Washington, montre-t-il, a disposé dès les premières heures d’un levier réel sur Israël - preuve en a été faite quand Biden a dissuadé Netanyahou d’ouvrir un second front au Liban, dès le 11 octobre 2023. Mais ce levier, l’administration a choisi, à de multiples reprises et en toute connaissance de cause, de ne pas l’actionner : en laissant filer les chiffres de victimes civiles, en coupant les financements de l’UNRWA sur la foi d’accusations israéliennes non vérifiées, en laissant filer sans conséquence le franchissement de la « ligne rouge » de Rafah, en réprimant les mobilisations étudiantes plutôt que d’en écouter les alertes. Jusque dans ses derniers jours, l’exécutif démocrate a préféré enterrer les conclusions juridiques qui qualifiaient ces actes de crimes de guerre.

14.10.2026 à 18:28

Turquie : la paix avec les Kurdes, à quel prix ?

Ertuğrul Kürkçü

467 voix pour, 87 contre : le 10 août dernier, le Parlement turc a voté à une majorité écrasante la loi censée solder, après quatre décennies de guerre, le conflit entre l’État et la guérilla kurde du PKK. Libération conditionnelle des militants emprisonnés, désarmement déjà engagé, reconnaissance d’Abdullah Öcalan comme interlocuteur incontournable : le processus engagé par la coalition Erdoğan-Bahçeli avance à un rythme que personne n’aurait anticipé voilà deux ans. Mais la même main qui desserre l’étau sur le mouvement kurde le resserre sur l’opposition turque : depuis l’arrestation du maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, des dizaines d’édiles du CHP ont été destitués ou emprisonnés, selon des méthodes d’abord éprouvées contre les municipalités kurdes. Loin d’annoncer une démocratisation du pays, la pacification en cours pourrait bien signer une nouvelle configuration de l’autoritarisme d’Erdoğan. Décryptage par Ertuğrul Kürkçü, traduction par Alexandra Knez.
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467 voix pour, 87 contre : le 10 août dernier, le Parlement turc a voté à une majorité écrasante la loi censée solder, après quatre décennies de guerre, le conflit entre l’État et la guérilla kurde du PKK. Libération conditionnelle des militants emprisonnés, désarmement déjà engagé, reconnaissance d’Abdullah Öcalan comme interlocuteur incontournable : le processus engagé par la coalition Erdoğan-Bahçeli avance à un rythme que personne n’aurait anticipé voilà deux ans. Mais la même main qui desserre l’étau sur le mouvement kurde le resserre sur l’opposition turque : depuis l’arrestation du maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, des dizaines d’édiles du CHP ont été destitués ou emprisonnés, selon des méthodes d’abord éprouvées contre les municipalités kurdes. Loin d’annoncer une démocratisation du pays, la pacification en cours pourrait bien signer une nouvelle configuration de l’autoritarisme d’Erdoğan. Décryptage par Ertuğrul Kürkçü, traduction par Alexandra Knez.

11.10.2026 à 19:22

Élections québécoises : les souverainistes à la croisée des chemins

Bálint Demers

« Cela ne pourra pas toujours ne pas arriver, nous entrerons là où nous sommes déjà ». C’est avec les mots du poète Gaston Miron que Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP) a conclu son discours de victoire à Montréal, quelques heures après la fermeture des bureaux de vote. Chef du Parti Québécois (PQ, centre gauche souverainiste), il prend la tête d’un gouvernement minoritaire, avec 59 députés sur 127 et 28,02% des votes. S’étant engagé à être « le premier ministre de tous les Québécois » et à gouverner en collaboration avec les autres partis, il a réitéré son engagement de tenir, d’ici la fin de son mandat de 4 ans, un référendum sur l’indépendance nationale. Il ne pourra y arriver sans l’appui parlementaire des 9 députés de Québec solidaire (QS, gauche radicale indépendantiste, 12,43% des suffrages). Une collaboration qui s’annonce pleine de défis, compte tenu de l’inimitié profonde des deux partis et de leurs écueils respectifs.
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« Cela ne pourra pas toujours ne pas arriver, nous entrerons là où nous sommes déjà ». C’est avec les mots du poète Gaston Miron que Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP) a conclu son discours de victoire à Montréal, quelques heures après la fermeture des bureaux de vote. Chef du Parti Québécois (PQ, centre gauche souverainiste), il prend la tête d’un gouvernement minoritaire, avec 59 députés sur 127 et 28,02% des votes. S’étant engagé à être « le premier ministre de tous les Québécois » et à gouverner en collaboration avec les autres partis, il a réitéré son engagement de tenir, d’ici la fin de son mandat de 4 ans, un référendum sur l’indépendance nationale. Il ne pourra y arriver sans l’appui parlementaire des 9 députés de Québec solidaire (QS, gauche radicale indépendantiste, 12,43% des suffrages). Une collaboration qui s’annonce pleine de défis, compte tenu de l’inimitié profonde des deux partis et de leurs écueils respectifs.
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