Retour en 2002 pour bien comprendre ce qu'est le RN
L'opération visant à « normaliser » le parti d'extrême droite n'est pas nouvelle. Avant la stratégie de la cravate et la « dédiabolisation » la presse parlait de « vote contestataire ». Or il n'en était rien. Le vote Front national (désormais Rassemblement national) est surtout un vote raciste. La preuve par des mails internes de l'ancien parti, un peu passés inaperçus.
On peu remonter loin. Par exemple en 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen crée la surprise et rejoint Jacques Chirac au deuxième tour de l'élection présidentielle. La presse parle alors de « vote contestataire » visant à « donner un signal fort aux partis traditionnels ». C'est bien plus facile que de parler de vote fasciste et raciste. Car en fait, depuis toujours, un vote pour la petite entreprise familiale Le Pen est un vote fasciste avec toutes les conséquences et les risques qui lui sont liés. L'article de Mediapart sur les propos antisémites de Jordan Bardella ne pouvait surprendre que ceux dédaignant l'Histoire. Cet article a cependant le mérite de coucher noir sur blanc des paroles insoutenables du patron du parti d'extrême droite. Celui-là même qui a été fondé par d'anciens SS, des collaborateurs de Vichy et des membres de l'OAS. Déjà en 2002, les échanges de mails entre ses électeurs et le Front national pendant l'entre-deux-tours donnaient à voir un électorat profondément raciste. Nous les dévoilons à nouveau ci-dessous (1).
A force d'éviter de confronter les électeurs d'extrême droite à la réalité de leurs motivations, la presse les conforte et les déculpabilise. On perd moins de lecteurs en les interrogeants sur leur « vote contestataire » que sur leur « vote raciste et fasciste »... Ajoutons à cela la « fenêtre d'Overton », chaque jour un peu plus grande ouverte grâce aux paniques morales...