De Telegram aux cordons de police, enquête
À Montpellier, le 24 octobre 2026, des hommes en civil reconnaissables à un tissu blanc ont agressé des manifestants à proximité immédiate des forces de l'ordre. Certains ont traversé les cordons de police sans être inquiétés, d'autres ont remis des manifestants aux policiers. Une enquête conjointe de STUP MEDIA et Reflets, fondée sur des dizaines de vidéos et l'analyse d'une quinzaine de boucles Telegram, retrace la formation du groupe Alpharise et leurs liens avec les policiers.
Le 24 octobre 2026, les manifestations contre la vie chère sont marquées par les agissements de groupes violents. Des hommes en civil, reconnaissables à un tissu blanc porté au bras ou dans la poche, frappent des manifestants, parfois à seulement quelques mètres des forces de l'ordre. À Montpellier, Lyon, Nantes et dans plusieurs autres villes, les images présentent des scènes similaires.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, l'assure : il n'y a eu aucune concertation entre les groupes violents d'extrême droite et la police. Pourtant, à Montpellier, plusieurs journalistes de STUP.MEDIA sont présents sur le terrain, de l'après-midi jusque tard dans la soirée.
En complément de leurs propres images, Reflets collecte des dizaines de vidéos tournées avant, pendant et après les événements. A cela s'ajoute le travail d’observation des échanges d'une quinzaine de boucles Telegram liées au mouvement Alpharise.
Si l’extrême droite a infiltré le mouvement Alpharise dans plusieurs villes de France, notre enquête conjointe a permis d’identifier la majorité des individus issus du groupe présent à Montpellier, de reconstituer le déroulement des événements du 24 octobre et d’apporter des éléments sur une « ultra-droite » organisée qui, en réalité, n’était pas là.
Néanmoins, concernant leur collaboration avec la police, les images et les échanges recueillis racontent une autre histoire : celle d’un groupe qui frappe sans être inquiété, traverse les...