29.05.2026 à 06:01
Human Rights Watch
(New York, 29 mai 2026) – Dix ans après l’adoption par le Conseil de sécurité des Nations Unies de sa Résolution 2286 afin de protéger les soins de santé dans les conflits armés, les attaques contre les hôpitaux et le personnel de santé se poursuivent, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.
La Résolution 2286, adoptée à l’unanimité le 3 mai 2016, oblige les États à « prévenir et réprimer » les attaques contre les services de santé. Une décennie plus tard, un nouveau rapport de la Coalition pour la protection de la santé lors de conflits (Safeguarding Health in Conflict Coalition, SHCC), un groupe international d’organisations non gouvernementales dont Human Rights Watch, révèle toutefois que les attaques contre les établissements de santé et le personnel médical se poursuivent à un rythme alarmant. Les gouvernements devraient protéger l’état de droit en prévenant efficacement ces attaques illégales, et en sanctionnant les responsables.
« La Résolution 2286 énonce des obligations claires visant à protéger le personnel et les établissements de santé dans les conflits armés, et à respecter le droit international », a déclaré Julia Bleckner, chercheuse senior auprès de l’Initiative pour la santé mondiale à Human Rights Watch. « Dix ans plus tard, non seulement les États membres n’ont pas rempli ces obligations, mais leurs dirigeants semblent peu soucieux tout en violant des lois et des normes. L’obligation de rendre des comptes exige plus que des résolutions. Elle exige des conséquences. »
Attaques contre la santé Dossier webHuman Rights Watch a créé une page web compilant ses recherches sur les attaques contre la santé au cours des dix années qui ont suivi l’adoption de la résolution.
La coalition SHCC a recensé 2 546 incidents signalés d’« attaques contre la santé » dans 33 pays en 2025. Parmi ces cas, 936 incidents étaient caractérisés par le meurtre, l’enlèvement ou l’arrestation de professionnels de santé ou d’humanitaires ; 790 incidents concernaient des attaques contre des infrastructures de santé, notamment des hôpitaux et des cliniques. La coalition a noté que « dans tous conflits examinés, les attaques contre les soins de santé en 2025 ont eu des répercussions interconnectées à travers les systèmes de santé ». Le rapport de SHCC a également révélé que la majorité des attaques avaient été perpétrées par des forces étatiques. Par ailleurs, le 7 mai, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a publié un rapport présentant des conclusions similaires, et soulignant que « [la] forte augmentation des actes de violence contre les services de santé observée depuis 2016 est principalement le fait d’acteurs étatiques ».
Le 19 mai, des représentants des États membres de l’ONU et d’organisations de la société civile se sont réunis à New York pour discuter des lacunes importantes en matière de reddition de comptes, et renouveler leur engagement à prendre des mesures concrètes pour réduire les attaques contre les services de santé.
Tous les gouvernements devraient prendre des mesures urgentes pour se conformer au droit international et aux exigences énoncées dans la résolution 2286, a déclaré Human Rights Watch. Cela implique notamment d’améliorer la collecte de données sur les attaques et les menaces contre les services de santé, d’intégrer des mesures pratiques visant à garantir le respect du droit international dans la doctrine et la formation militaires, d’étendre le droit national afin d’y incorporer les obligations juridiques découlant du droit international des droits humains et du droit humanitaire, et de restreindre la vente et l’exportation d’armes à des contrevenants connus. Les gouvernements devraient rendre compte régulièrement des mesures prises pour se conformer à ces obligations et à d’autres obligations découlant du droit, a déclaré Human Rights Watch.
Depuis plus de 25 ans, Human Rights Watch documente les attaques illégales contre la santé lors de conflits, mettant en évidence leurs graves conséquences ainsi que leur impact durable sur les droits humains bien après la fin du conflit.
En Syrie, les attaques illégales menées par le gouvernement d’Assad et les forces russes contre les établissements et le personnel de santé ont été une caractéristique marquante de la guerre qui a duré près de 14 ans. Ces attaques ont eu des conséquences négatives durables sur le système de santé du pays, et la voie vers la reprise reste incertaine.Au Myanmar, la junte militaire a entravé l’accès aux produits et services médicaux vitaux et décimé le système de santé depuis le coup d’État de 2021, en particulier dans les régions du pays contrôlées par l’opposition. Des années d’attaques illégales contre les services de santé menées par la junte militaire ont entravé les efforts d’urgence visant à répondre efficacement au séisme de mars 2025, qui a fait des milliers de morts et de blessés.À Gaza, les attaques illégales répétées menées par les autorités israéliennes contre les installations et le personnel médicaux ont entraîné l’« effondrement total » du système de santé. Pendant ce temps, des dizaines de milliers de Palestiniens à Gaza – principalement des enfants – continuent de souffrir de maladies d’origine hydrique, en grande partie à cause de la destruction intentionnelle des infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement tout au long du conflit.Au Soudan, les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR) ont attaqué des infrastructures civiles essentielles à la santé, notamment des hôpitaux et des installations d’approvisionnement en eau. Les parties belligérantes ont délibérément entravé l’acheminement de l’aide et pris pour cible les travailleurs humanitaires. En août 2025, l’organisation Médecins Sans Frontières a été contrainte de fermer l’un de ses hôpitaux au Darfour malgré une épidémie de choléra en cours, à la suite d’une attaque armée à l’intérieur de l’établissement. En mars 2026, une attaque perpétrée contre l’hôpital universitaire d’Al Deain, dans l’est du Darfour, a fait au moins 64 morts et des dizaines de blessés. En Ukraine, les forces russes ont intensifié leurs attaques contre les infrastructures de santé, touchant plus de 2 665 établissements et membres du personnel. Dans les zones occupées, les autorités russes ont également restreint l’accès aux soins de santé afin de contraindre les habitants à accepter des passeports russes, et de renforcer illégalement l’imposition de lois et de structures administratives russes.Les États-Unis, Israël et l’Iran ont frappé des infrastructures civiles essentielles à la santé, notamment des centrales électriques, des usines de dessalement et des ponts. Ces attaques, qui ont violé les lois de la guerre, auront probablement des conséquences négatives durables sur la santé et l’environnement des civils, a déclaré Human Rights Watch.Le droit international accorde un statut de protection particulier aux hôpitaux et autres établissements médicaux, au personnel de santé et aux moyens de transport médicaux, tels que les ambulances. Les établissements de santé, le personnel et les moyens de transport ne perdent leur statut de protection que s’ils sont utilisés en dehors de leur fonction humanitaire pour commettre des actes préjudiciables à la partie adverse. Ces attaques peuvent néanmoins être illégales si elles sont aveugles ou disproportionnées. Le droit interdit également les attaques contre les infrastructures civiles essentielles à la survie de la population, telles que les centrales électriques et les installations d’approvisionnement en eau.
Human Rights Watch a également souligné que de telles attaques sont susceptibles de violer le droit international des droits humains, en particulier du droit à la santé. En vertu de ce droit, qui s’applique en temps de conflit parallèlement au droit humanitaire, les États doivent respecter certaines obligations fondamentales qui constituent les niveaux minimaux essentiels de ces droits, dont le non-respect ne peut être justifié, même en temps de conflit. Les niveaux minimaux fondamentaux du droit à la santé comprennent l’accès non discriminatoire aux établissements, biens et services de santé ; à la nourriture, à un abri et à un logement ; à l’assainissement et à l’eau potable ; ainsi qu’aux médicaments essentiels.
« Même en temps de guerre, le droit à la santé doit demeurer intact », a conclu Julia Bleckner. « Les preuves d’attaques contre les services de santé en période de conflit sont accablantes. La seule question est de savoir si les pays agiront contre ces violations, ou s’ils resteront silencieux et laisseront ces attaques se poursuivre en toute impunité. »
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27.05.2026 à 18:17
Human Rights Watch
(Beyrouth, 27 mai 2026) – L’adhésion récente du Liban à la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, alors même que ce pays traverse une période de conflit armé, met en evidence l’importance vitale de ce traité pour sauver des vies et reconstruire les communautés, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. La décision du gouvernement libanais, devrait inciter d’autres pays, en particulier au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, à soutenir également les normes mondiales contre les mines antipersonnel.
« L’adhésion du Liban à la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, alors même que des combats destructeurs ravagent le pays et la région, constitue une étape importante pour protéger la vie des civils, soutenir les victimes des mines et décontaminer les terres de communautés », a déclaré Verity Coyle, directrice adjointe de la division Crises, conflits et armes à Human Rights Watch. « Les États qui n’ont pas encore adhéré a la Convention devraient d’urgence suivre cet exemple. »
Les mines antipersonnel tuent et blessent des personnes de manière indiscriminée. Elles sont généralement posées manuellement, mais peuvent également être dispersées par des avions, des roquettes, des tirs d'artillerie, des drones ou des véhicules spécialisés. Les mines terrestres non déminées restent dangereuses jusqu'à ce qu'elles soient localisées et détruites. La présence de mines dans des terres est susceptible de provoquer le déplacement de civils, d’entraver l'acheminement d'aide humanitaire et d’empêcher les activités agricoles.
La Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel de 1997 (« Convention d’Ottawa ») interdit totalement l’utilisation des mines antipersonnel et exige des pays qu’ils détruisent leurs stocks, déminent les zones minées et viennent en aide aux victimes.
Le Liban est fortement contaminé par des mines terrestres antipersonnel. Malgré les efforts de déminage en cours qui permettent de retirer des milliers de mines chaque année, à la fin de 2024, au moins 15,79 kilomètres carrés de terres restaient contaminés par des mines terrestres et 4,67 kilomètres carrés supplémentaires étaient contaminés par des armes à sous-munitions, qui agissent en fait comme des mines terrestres. En 2023, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a estimé que cette contamination touchait au moins 200 000 personnes au Liban.
Entre 2015 et 2024, les mines ou les restes explosifs de guerre ont tué au moins 167 personnes au Liban.
Le gouvernement libanais a manifesté son intérêt pour une adhésion à la Convention depuis le début des années 2000, mais a invoqué la situation sécuritaire du pays comme un obstacle. En décembre 2009, le directeur du Centre libanais d'action contre les mines (CLAM) a affirmé que le Liban n’avait « jamais produit ni exporté de mines antipersonnel ».
En janvier 2026, le Conseil des ministres libanais a publié un décret approuvant l’adhésion du pays à la Convention d’Ottawa.
Le 1er mai, le Liban a déposé son instrument d’adhésion à la Convention auprès des Nations Unies à New York devenant ainsi le 162ème pays à y adhérer. Le traité entrera en vigueur pour le Liban le 1er novembre 2026.
L'adhésion du Liban intervient à un moment critique pour la Convention, dont cinq États européens – l’Estonie, la Finlande la Lettonie et la Lituanie et la Pologne – ont annoncé leur retrait en 2025 ; l'Ukraine a tenté de suspendre ses obligations. Tous ces pays ont invoqué des préoccupations de sécurité comme principale raison de leurs décisions.
Le Liban est désormais tenu de soumettre un rapport de transparence initial à l’ONU et de commencer à mettre en œuvre les dispositions de la Convention sur tout territoire relevant de sa juridiction ou de son contrôle, en toutes circonstances.
D'autres États devraient suivre l'exemple du Liban et adhérer immédiatement à la Convention. Il s’agit notamment des pays suivants, dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord : l'Arabie saoudite, Bahreïn, l'Égypte, les Émirats arabes unis, l'Iran, Israël, la Libye, le Maroc et la Syrie.
« L’adhésion du Liban à au traité interdisant les mines antipersonnel renforce l’opposition mondiale à ces armes horribles, et devrait encourager d’autres États à faire de même », a conclu Verity Coyle. « Le fait que le Liban ait pris cet engagement juridique en pleine crise devrait rappeler aux autres pays pourquoi les traités internationaux protégeant les civils sont si essentiels. »
Human Rights Watch a cofondé la Campagne internationale pour l’interdiction des mines terrestres (ICBL), a dirigé le volet américain de cette campagne et contribue chaque année a la rédaction du rapport Landmine Monitor. L’ICBL a reçu le prix Nobel de la paix en 1997, conjointement avec sa coordinatrice, Jody Williams, pour ses efforts en faveur de l’adoption de la Convention d’Ottawa et pour ses contributions à une nouvelle diplomatie internationale fondée sur des impératifs humanitaires.
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27.05.2026 à 06:01
Human Rights Watch
(Washington) – L’administration Trump a expulsé des milliers de Cubains hors des États-Unis vers le Mexique, dont de nombreuses personnes âgées, en leur refusant le droit à une procédure régulière, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui ; de nombreux Cubains expulsés se retrouvent sans ressources et privés d’accès aux services de base au Mexique.
27 mai 2026 “Casting Us Aside to Die”Ce rapport de 66 pages, intitulé « “Casting Us Aside to Die” : Cubans and Other Third-Country Nationals Deported from the US to Mexico » (« “Rejetés pour nous laisser mourir” : Des Cubains et des ressortissants d’autres pays tiers expulsés par les États-Unis vers le Mexique »), documente les abus commis par le gouvernement américain à l’encontre de Cubains et de ressortissants d’autres pays qui ont été expulsés vers le Mexique, entre janvier 2025 et mars 2026. N'ayant aucun autre recours pour obtenir un permis de résidence permanente au Mexique, de nombreux Cubains expulsés, que le gouvernement cubain refuse d’accueillir, se retrouvent pris au piège dans un vide juridique. Depuis leur arrivée au Mexique, ils n'ont reçu que peu ou pas d'aide de la part du gouvernement mexicain ; beaucoup d’entre eux n'ont pas accès à un logement, à de la nourriture ou à des soins de santé.
« L’administration Trump utilise le Mexique comme un dépotoir pour les personnes qu’elle ne peut pas expulser vers leur pays d’origine, dont de nombreux Cubains qui vivaient aux États-Unis depuis des décennies », a déclaré Alcira Silva Hava, titulaire d’une bourse Leonard H. Sandler auprès de la division Droits des réfugiés et des migrants à Human Rights Watch. « Le gouvernement mexicain ne leur offre aucun moyen d’obtenir un statut juridique durable en dehors du système d’asile, laissant ainsi beaucoup d’entre eux dans une situation incertaine, sans logement, sans médicaments et à la merci d’organisations criminelles. »
Human Rights Watch a mené des entretiens avec 53 individus – 41 hommes cubains et 12 ressortissants d’autres pays – expulsés par les États-Unis vers les villes de Tapachula (dans l’État de Chiapas) et Villahermosa (dans l’État de Tabasco), au Mexique. La majorité de ces hommes vivaient aux États-Unis, principalement en Floride, depuis des années, voire des décennies, après avoir fui Cuba en raison de la répression politique ou du manque de perspectives économiques. Beaucoup y avaient créé des entreprises et possédaient des maisons ; des membres de leurs familles se trouvent toujours aux États-Unis. La plupart ont 60 ans ou plus, et souffrent de maladies chroniques nécessitant un traitement médical continu.
Aucune des personnes interrogées n’a eu la possibilité de contester son expulsion vers le Mexique, ce qui constitue une violation de leurs droits à une procédure régulière en vertu du droit américain et du droit international. Les autorités américaines les ont expulsés sans papiers, sans argent et sans effets personnels. Bien que les autorités mexicaines aient accepté d’accueillir ces ressortissants cubains, elles les ont laissés dans des conditions dangereuses, sans accès à un logement ni à des soins de santé. Sans voie claire vers un statut légal, beaucoup n’ont guère de perspectives d’améliorer leur situation. Certains ont été contraints de vivre dans la rue, notamment dans des parcs ou devant des hôpitaux.
« Ils nous rejettent pour nous laisser mourir », a déclaré Harold A. (pseudonyme), un ressortissant cubain de 58 ans. « Il n’y a aucune aide. Nous ne pouvons pas travailler parce que nous n’avons pas de papiers. Ils ne nous donnent rien, absolument rien… Comment sommes-nous censés manger, payer notre loyer ? »
Les personnes expulsées ont été envoyées vers le sud du Mexique, où des villes comme Tapachula et Villahermosa connaissent des niveaux de violence élevés et disposent de capacités dérisoires pour fournir protection, logement, emplois et accès aux services publics. La plupart des personnes interrogées ont eu du mal à trouver un travail non abusif ou à accéder à des soins de santé. Les personnes âgées ont subi les conséquences les plus graves. Certaines se sont retrouvées privées des médicaments qu’elles prenaient depuis des années.
Human Rights Watch a constaté qu’entre le 20 janvier 2025 et le 9 mars 2026, les autorités américaines ont expulsé plus de 18 000 ressortissants de pays tiers, dont près de 13 000 – soit environ 70 % – ont été envoyés au Mexique en vertu d’un accord entre les deux gouvernements, dont les termes précis n’ont pas été divulgués. Les Cubains constituaient le groupe le plus important : 4 353 personnes cubaines ont été expulsées vers le Mexique au cours de cette période.
Expulsion de Cubains par les États-Unis vers Cuba et le Mexique, par mois Click to expand Image Tableau montrant la forte hausse du nombre d’expulsions de Cubains par les États-Unis vers le Mexique et Cuba, par mois, depuis le début du deuxième mandat du president Trump, le 20 janvier 2026. © 2026 Human Rights Watch (infographie)Parmi eux, 55 % avaient déjà fait l’objet d’une condamnation pénale aux États-Unis, 16 % faisaient l’objet d’une procédure en cours mais n’avaient pas été condamnés, et 26 % n’avaient aucun casier judiciaire. Seuls 16 % avaient été condamnés pour une infraction violente ou potentiellement violente. Le ciblage massif des résidents permanents cubains de longue date et leur expulsion vers le Mexique n’étaient pas une pratique courante aux États-Unis avant le second mandat du président Donald Trump.
Les Cubains et les autres ressortissants de pays tiers expulsés ont été victimes de nombreux abus de la part du gouvernement américain. Dans les centres de détention pour immigrants aux États-Unis, beaucoup ont subi la surpopulation, des températures extrêmes, une alimentation insuffisante, un accès limité aux soins médicaux et un manque d’informations sur leur dossier, ainsi que des violences physiques et verbales de la part des gardiens. Jusqu’en avril 2026, la loi mexicaine limitait fortement leurs déplacements vers d’autres États mexicains en exigeant une pièce d’identité valide pour voyager à l’intérieur du pays, les empêchant de fait de rechercher de meilleures conditions de vie ou des opportunités dans d’autres régions du pays.
La demande d’asile est pratiquement la seule voie légale dont disposent les personnes expulsées pour obtenir un statut juridique permanent au Mexique, mais beaucoup de ceux qui ont quitté Cuba depuis des décennies n’ont tout simplement pas, ou ne sont probablement pas en mesure de démontrer, une crainte fondée de persécution dans ce pays.
Même pour ceux qui souhaitent déposer une demande d’asile, la procédure est ardue. L’administration de l’Agence mexicaine d’aide aux réfugiés, qui manque de ressources, est lente et accablée par des exigences procédurales qui rendent très difficile l’accès à l’asile ou à une protection similaire.
Le gouvernement américain devrait se conformer aux exigences procédurales de la loi sur l’immigration et la nationalité (Immigration and Nationality Act), qui garantissent à chaque personne une possibilité réelle de contester son pays de renvoi. Les transferts ne devraient avoir lieu que dans le cadre d’accords transparents, et tous les États d’accueil devraient garantir des procédures d’asile complètes et équitables ainsi qu’une protection durable à ceux qui y ont droit. Dans la mesure où la loi américaine le permet, les autorités devraient également prendre en compte l’âge, la santé physique et mentale, le handicap et les liens familiaux aux États-Unis avant d’exécuter les ordonnances de renvoi vers des pays tiers.
Le gouvernement mexicain ne devrait accepter les transferts de personnes que dans le cadre d’accords transparents garantissant le respect des garanties procédurales et du droit international, et devrait garantir des évaluations de protection complètes et équitables, y compris l’accès à l’asile. Le Mexique a une responsabilité particulière envers les personnes qu’il a acceptées, en sachant que leurs pays d’origine avaient refusé de les accueillir.
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