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Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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26.02.2026 à 16:00

Afghanistan : Les talibans devraient être tenus responsables de la persécution fondée sur le genre et d’autres crimes graves

Human Rights Watch

Click to expand Image L'Allée des drapeaux devant le Palais des Nations, siège du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève, photographiée le 16 juin 2025.  © 2025 Lian Yi/Xinhua via Getty Images

Déclaration présentée lors de la 61ème session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Geneve – Réunion du 26 février tenue en présence de Richard Bennett, Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Afghanistan.

Monsieur le Vice-Président,

Nous remercions le Rapporteur spécial pour son rapport exhaustif sur les violations systématiques par les talibans des droits des femmes, y compris le droit à la santé.

Les talibans ont récemment adopté un nouveau code de procédure pénale qui renforce davantage encore la répression et la discrimination en Afghanistan. Cette nouvelle loi définit les musulmans comme étant exclusivement les adeptes de la jurisprudence hanafite et qualifie les autres groupes religieux, y compris les chiites, d'hérétiques. Elle prescrit des sanctions sévères pour réduire au silence toute dissidence et ne reconnaît que les coups « excessifs » comme violence domestique envers les femmes, laissant les victimes d'autres formes d'abus sans protection ni recours à la justice.

Nous exhortons les États membres de l'ONU à écouter les femmes et les filles d'Afghanistan, à mettre leurs voix au centre des préoccupations et à faire davantage pour protéger leurs droits et faire progresser l’obligation de rendre des comptes pour la persécution fondée sur le genre. 

Le nouveau mécanisme créé par ce Conseil en octobre dernier sera un outil essentiel pour exiger des comptes aux auteurs de graves abus. Les États membres et les dirigeants de l'ONU devraient d’urgence le rendre opérationnel, et veiller à ce qu'il dispose des ressources nécessaires pour remplir son mandat. 

En outre, les États devraient reconnaître l'apartheid sexuel comme un crime contre l'humanité, soutenir et protéger les efforts de la CPI visant à poursuivre les responsables de persécution fondée sur le genre et d'autres crimes internationaux graves en Afghanistan, soutenir l'initiative visant à tenir les talibans responsables des violations de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women, CEDAW) devant la Cour internationale de justice (CIJ), et engager des poursuites pénales en vertu du principe de compétence universelle.

Je vous remercie.

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25.02.2026 à 15:00

Emprisonné au Rwanda, un détracteur du gouvernement risque une peine de 30 ans

Human Rights Watch

Click to expand Image Aimable Karasira. © Privé

La semaine dernière a marqué le sixième anniversaire de la mort du chanteur de gospel et défenseur de la paix rwandais Kizito Mihigo, décédé en garde à vue. Si sa mort suspecte reste inexpliquée, elle a clairement signalé une intensification de la répression de la liberté d’expression par le gouvernement.

Rescapé du génocide de 1994, Kizito Mihigo composait des chansons axées sur le pardon et la compassion. Il a été arrêté en 2014 sur des accusations d’infractions contre l’État à la suite de la diffusion d’une chanson dans laquelle il exprimait sa solidarité avec les victimes du génocide et les personnes tuées lors des violences de représailles. Bien que les autorités l'aient gracié en 2018, il avait déclaré à Human Rights Watch qu'il restait sous étroite surveillance.

Le 17 février 2020, les autorités rwandaises ont annoncé que Kizito Mihigo était mort dans une cellule du poste de police de Remera, quatre jours après avoir été à nouveau arrêté alors qu'il tentait de quitter le pays. Avant sa mort, il avait déclaré à Human Rights Watch qu'il était menacé et craignait que des agents de l'État ne le tuent.

La volonté de Kizito Mihigo à remettre en question certains éléments du discours officiel du gouvernement sur le génocide a fait de lui une cible. Après sa mort, des rescapés du génocide ont publiquement critiqué le Front patriotique rwandais (FPR), parti au pouvoir, et ont exigé que justice soit faite. Aucune enquête crédible n'a toutefois été menée sur sa mort.

Six ans plus tard, d'autres détracteurs importants du gouvernement continuent d'être emprisonnés. Le blogueur et commentateur Aimable Karasira est détenu depuis mai 2021 et a déclaré avoir été torturé pendant sa détention. Avant son arrestation, il avait évoqué publiquement la perte de membres de sa famille aux mains d’extrémistes hutus ainsi que du FPR pendant et après le génocide.

En septembre 2025, Aimable Karasira a été reconnu coupable d'incitation au « divisionnisme » et condamné à cinq ans de prison. À moins d'un an de la fin de sa peine, les procureurs ont fait appel de la décision de l'acquitter de plusieurs chefs d'accusation, notamment de négation et de justification du génocide, et ont requis une peine de 30 ans. Ses comptes bancaires restent gelés.

Si les gouvernements ont le devoir de lutter contre l'incitation à la violence et les discours de haine, les autorités rwandaises ont à plusieurs reprises utilisé des lois vaguement définies sur l’« idéologie du génocide » et la « négation du génocide » pour faire taire les dissidents.

La mort en détention de Kizito Mihigo, ainsi que les poursuites engagées contre Aimable Karasira, mettent en évidence les représailles auxquelles peuvent être confrontés ceux qui remettent en cause les discours officiels au Rwanda. Alors qu’Aimable Karasira risque une peine de plusieurs dizaines d'années de prison, le pouvoir judiciaire rwandais et sa volonté de protéger le droit à la liberté d'expression, y compris celui des victimes et des rescapés des crimes les plus graves, sont mis à l'épreuve. Les autorités devraient libérer toutes les personnes emprisonnées pour avoir exercé ce droit fondamental, à commencer par Aimable Karasira.

25.02.2026 à 14:44

Abus au Cameroun après l'expulsion par les États-Unis de ressortissants de pays tiers

Human Rights Watch

Click to expand Image Des voitures traversent un carrefour près d'un monument à Yaoundé, au Cameroun, le 12 septembre 2025. © 2025 Welba Yamo Pascal/AP Photo

Les autorités camerounaises détiennent de manière arbitraire des ressortissants non camerounais expulsés des États-Unis et détiennent et maltraitent les journalistes qui ont tenté de les interviewer. L'administration du président américain Donald Trump ne semble pas s'en soucier. 
 

En janvier et février, dans le cadre d'un accord secret, le gouvernement américain a expulsé vers le Cameroun 17 hommes et femmes, dont des demandeurs d'asile et une personne apatride, originaires de 9 pays africains : Angola, République démocratique du Congo, Éthiopie, Ghana, Kenya, Maroc, Sénégal, Sierra Leone et Zimbabwe. 
 

Les autorités camerounaises ont immédiatement détenu les personnes expulsées, bien qu'elles n'aient aucune base juridique pour le faire. Un avocat qui assistait certaines des personnes expulsées a déclaré que des représentants d'agences des Nations unies leur avaient parlé de la possibilité de demander l'asile au Cameroun. Cependant, les personnes expulsées ont déclaré à l'avocat qu'elles se sentaient contraintes de retourner dans leur pays d'origine. 
 

Plusieurs déportés n'étaient pas éligibles à l'asile aux États-Unis, mais bénéficiaient d'une protection judiciaire contre l'expulsion vers leur pays d'origine en raison de craintes de persécution ou de torture. L'administration Trump a contourné ces protections en les envoyant dans un pays tiers – un pays que Human Rights Watch et d'autres ont toujours qualifié de non sûr pour les expulsions. 
 

Depuis des années, certaines régions du Cameroun sont ravagées par la violence et les conflits armés, le gouvernement réprime l'opposition et les médias, et les groupes armés et les forces gouvernementales commettent des exactions généralisées, notamment des actes de torture en détention. En 2022, nous avons documenté les souffrances endurées au Cameroun par des demandeurs d'asile camerounais expulsés par les États-Unis après leur retour. 
 

Le Cameroun est partie à la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et dispose d'une législation nationale sur les réfugiés, mais deux personnes renvoyées au Cameroun par les États-Unis sont déjà retournées dans leur pays d'origine. Quinze autres sont toujours détenues dans la capitale camerounaise, Yaoundé. Le retour forcé ou contraint d'une personne vers un pays où elle risque d'être persécutée, torturée ou de subir d'autres atteintes graves constitue un refoulement, interdit par le droit international. 
 

Le gouvernement camerounais devrait immédiatement libérer les personnes déportées restantes, leur garantir une protection contre le refoulement et organiser leur retour aux États-Unis. Il devrait également respecter la liberté de la presse et tenir les autorités compétentes responsables des abus commis. 
 

Compte tenu des risques de torture, de refoulement et d'autres abus au Cameroun, les États-Unis ont violé le droit international en expulsant des personnes vers ce pays. Les tribunaux et le Congrès américains devraient faire pression pour obtenir le retour des personnes expulsées vers le Cameroun et la fin des accords d'expulsion avec des pays tiers, qui ne prévoient pas de garanties et ont systématiquement entraîné des abus. 

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