LePartisan.info À propos Podcasts Fil web Écologie Blogs Revues MÉDIAS
Human Rights Watch News
 
Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

▸ Les 20 dernières parutions

27.04.2026 à 12:25

Les restrictions imposées par les talibans hantent les Afghanes en dehors du pays

Human Rights Watch

Click to expand Image La présentatrice de télévision Khatereh Ahmadi, portant un voile qui lui couvre le visage, lit les informations à Kaboul, en Afghanistan, le 22 mai 2022. © 2022 Ebrahim Noroozi/AP Photo

Alors que je correspondais avec un journaliste local en Afghanistan au sujet d’un rapport récent dont j'étais l'auteure, j’ai reçu une demande choquante : « Pourrions-nous avoir un commentaire vidéo sur votre nouveau rapport — non pas de votre part, mais de la part d’un homme de Human Rights Watch ? »

J’ai relu le message avec colère. Bien que je sois l’auteure du rapport en tant que chercheuse sur l’Afghanistan pour Human Rights Watch, le média souhaitait qu’un collègue masculin s’exprime à ma place. Malheureusement, la raison derrière cette demande est une réalité que de nombreuses Afghanes à travers le monde vivent au quotidien.

J’ai fini par apprendre que ce média avait reçu pour instruction du ministère taliban de la Propagation de la vertu et de la prévention du vice (PVPV) que toute femme afghane, quel que soit son lieu de résidence, devait apparaître en hijab intégral, le visage couvert, lorsqu’elle s’exprimait à l’antenne.

Au lieu d’être reconnue comme une experte du pays, j’ai été, comme toutes les femmes en Afghanistan, réduite à cette seule identité et ne pouvais donc m’exprimer dans les médias qu’aux conditions fixées par les talibans. Le message était clair : le simple fait d’être une femme afghane suffisait à justifier mon silence, même en dehors du pays.

Près de cinq ans après la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan, il ne subsiste pratiquement plus aucune liberté d’expression significative à l’intérieur du pays, en particulier pour les femmes. Les Afghanes se voient interdire l’accès à l’éducation au-delà de la sixième et sont confrontées à de sévères restrictions en matière d’emploi et à une exclusion de la vie publique. Dans certaines provinces, les femmes journalistes ne peuvent pas travailler et les voix des femmes sont bannies de la radio et de la télévision.

Cet incident illustre également l’étendue de l’influence des talibans. Leur système de répression ne s’arrête pas aux frontières de l’Afghanistan, puisqu’ils tentent de contrôler et de réduire au silence les Afghanes à l’étranger en exigeant des médias qu’ils appliquent leurs règles abusives à celles qui s’expriment et dénoncent les exactions des talibans.

En tant que femme afghane et chercheuse à Human Rights Watch, je ne me plierai pas aux règles restrictives des talibans. Mais leurs instructions répressives à l’intention des médias ont de graves implications pour le droit des femmes afghanes à la liberté d’expression, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Les femmes afghanes ne devraient pas avoir à se soumettre à des règles discriminatoires pour exercer leur droit de s’exprimer publiquement. Où que nous soyons, nos voix comptent.

23.04.2026 à 20:16

CPI : La Cour renvoie l'affaire Duterte en procès

Human Rights Watch

Click to expand Image L'ex-président philippin Rodrigo Duterte, filmé dans le centre de détention de la Cour pénale internationale à La Haye, aux Pays-Bas, était visible sur un écran dans une salle d'audience de la CPI, lors de sa première comparution via visioconférence, le 14 mars 2025.  © 2025 Peter Dejong/AP Photo

(La Haye) – La confirmation par la Cour pénale internationale (CPI), le 23 avril, de toutes les accusations de crimes contre l’humanité portées contre l’ex-président philippin Rodrigo Duterte est une étape cruciale pour rendre justice aux victimes de la « guerre contre la drogue » menée dans ce pays, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Trois juges de la chambre préliminaire ont unanimement constaté qu’il y existait des motifs substantiels de penser que Duterte avait commis des crimes contre l’humanité, notamment des meurtres et tentatives de meurtres, lorsqu’il était maire de Davao, puis président, dans le contexte de la campagne dite « guerre contre la drogue », entre novembre 2011 et mars 2019. Les juges de la CPI annonceront ultérieurement l’ouverture du procès de Duterte.

« La décision de la CPI de renvoyer l’affaire Duterte en procès ouvre la voie à la justice attendue depuis longtemps par les familles des victimes de la “guerre contre la drogue”, et reconnaît leurs souffrances », a déclaré Maria Elena Vignoli, conseillère juridique senior auprès du programme Justice internationale à Human Rights Watch. « Le procès de Duterte enverra un message fort : aucun responsable de crimes graves n’est au-dessus des lois, ni aux Philippines ni ailleurs, et la justice finira par les rattraper. »

La décision de confirmer les chefs d’accusation contre Duterte fait suite à une audience qui s’est tenue du 23 au 27 février et lors de laquelle les juges de la chambre préliminaire ont entendu le Bureau du procureur, les avocats de la défense de Duterte ainsi que les représentants des victimes, afin de déterminer s’il convenait d’envoyer l’affaire en jugement. Le Bureau du procureur avait alors présenté des éléments de preuve étayant trois chefs d’inculpation relevant de meurtres et de tentatives de meurtres présumés commis au cours de 49 incidents spécifiques à l’encontre de 78 victimes. Cependant, le Bureau avait également indiqué qu’il ne s’agissait pas d’une liste exhaustive et qu’il pourrait tâcher de présenter, lors du procès, de nouveaux incidents et de nouvelles victimes, dans le cadre des accusations confirmées.

La décision définitive confirmant les chefs d’accusation contre Duterte peut faire l’objet d’un appel, avec l’autorisation de la chambre préliminaire.

Duterte a été arrêté à Manille le 11 mars 2025 par les autorités philippines, agissant conformément à un mandat d’arrêt adressé par les juges de la CPI à l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol). Il est demeuré depuis lors en détention à La Haye.

Le Bureau du Procureur a ouvert une enquête sur les crimes commis aux Philippines et relevant de la compétence de la Cour en septembre 2021. L’enquête est en cours et couvre les crimes présumés commis de novembre 2011 jusqu’au 16 mars 2019, veille de l’entrée en vigueur du retrait des Philippines du Statut de Rome, le traité fondant la CPI. Le 22 avril 2026, la chambre d’appel de la CPI a émis une décision confirmant que la Cour conservait sa compétence vis-à-vis des crimes présumés commis jusqu’à l’entrée en vigueur du retrait du Statut de Rome.

L’actuel président philippin, Ferdinand Marcos Jr., n’a jamais renié la « guerre contre la drogue » comme politique publique et n’a toujours pas abrogé les décrets et autres déclarations de politique émis par Duterte lorsqu’il était président. Le président Marcos devrait annoncer officiellement la fin de la « guerre contre la drogue » et ordonner d’enquêter sur les policiers et les autres agents impliqués dans des exécutions illégales. Marcos devrait par ailleurs entamer le processus de ré-adhésion des Philippines au Statut de Rome, afin de faire preuve d’un engagement en faveur de la justice internationale et de la lutte contre l’impunité des crimes atroces, a déclaré Human Rights Watch.

La décision d’envoyer l’affaire contre Duterte en jugement survient à un moment où la CPI fait face à une pression extrême et essuie des attaques contre son indépendance. En décembre 2025, un tribunal russe a reconnu coupable par contumace le Procureur de la CPI et huit juges de la Cour et les a condamnés à des peines de prison, en représailles du mandat d’arrêt international contre le président de la Russie, Vladimir Poutine.

En février 2025, le président des États-Unis, Donald Trump, a émis un décret présidentiel autorisant les sanctions à l’encontre de responsables de la CPI et d’autres personnes appuyant son travail. Ce décret montre clairement que l’administration Trump s’efforce de protéger les responsables américains et israéliens des inculpations dont ils pourraient faire l’objet devant la CPI. Depuis, le gouvernement des États-Unis a infligé des sanctions au procureur de la CPI, aux deux procureurs adjoints, à huit juges de la Cour, à une experte des Nations Unies et à trois importantes organisations palestiniennes de défense des droits humains.

« Envoyer l’affaire Duterte en jugement réaffirme le rôle crucial de la CPI en tant que tribunal de dernier recours, à même d’enquêter sur les crimes les plus graves et de les poursuivre », a conclu Maria Elena Vignoli. « Les pays membres de la CPI devraient redoubler d’efforts pour protéger la Cour et tous ceux qui soutiennent son travail, afin qu’elle puisse remplir son mandat salvateur, aux Philippines et ailleurs. »

...........

Articles

Le Monde  France24
 

23.04.2026 à 17:21

La sortie progressive des énergies fossiles à l'échelle mondiale doit être guidée par les droits humains

Human Rights Watch

Click to expand Image Des militants pour le climat organisent un rassemblement pour dénoncer l'utilisation des énergies fossiles à l'occasion de la Journée de la Terre, devant la Maison Blanche, le 22 avril 2023, à Washington, DC. © 2023 AP Photo/Carolyn Kaster, File

Les habitants vivant à proximité d'une centrale à charbon à Dimitrovgrad, en Bulgarie, respirent un air si toxique qu'ils se décrivent comme des prisonniers dans leur propre maison. En Louisiane, les communautés situées le long du corridor pétrochimique connu sous le nom de « Cancer Alley » (l'allée du cancer) sont confrontées à certains des taux de cancer les plus élevés des États-Unis. En Ouganda et en Tanzanie, les militants opposés à l'EACOP (Oléoduc d’Afrique de l’Est) ont été arrêtés et poursuivis pénalement pour s’être élevés contre l’expansion des énergies fossiles. Il ne s’agit pas de statistiques abstraites mais de problèmes concrets liés aux droits humains et à la production d’énergies fossiles.

Pourtant, alors que plus de 50 gouvernements se réunissent cette semaine à Santa Marta, en Colombie, pour la première conférence internationale sur la transition énergétique et l’abandon des énergies fossiles, ces questions relatives aux droits humains sont absentes de l’ordre du jour.

La conférence, co-organisée par la Colombie et les Pays-Bas, intervient à un moment critique. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a averti que notre dépendance aux combustibles fossiles déstabilise à la fois le climat et la sécurité mondiale, rendant urgente une transition juste. La récente conférence sur le climat COP30 s’est également terminée sans décision sur les énergies fossiles, malgré les appels de plus de 80 pays en faveur d’une feuille de route pour leur élimination progressive.

La réunion de cette semaine devrait accélérer les progrès en matière de transition. Ce qu’elle ne doit toutefois pas faire, c’est traiter les droits humains comme une considération secondaire.

La combustion des énergies fossiles est un facteur majeur de pollution atmosphérique, que l’Organisation mondiale de la santé identifie comme la plus grande menace pour la santé humaine à l’échelle mondiale, tuant environ sept millions de personnes chaque année. Mettre les droits de côté risque de laisser pour compte des communautés déjà victimes de l’extraction des énergies fossiles et de ses effets dévastateurs.

La Cour internationale de justice a clairement établi que les États ont l’obligation légale de protéger le système climatique. Santa Marta devrait traduire ces obligations en actions concrètes. Ne pas parvenir à sortir progressivement des combustibles fossiles porte atteinte aux droits à la vie, à la santé, à l’alimentation, à l’eau et au logement des populations du monde entier.

Les gouvernements réunis à Santa Marta doivent veiller à ce que la transition vers l’abandon des combustibles fossiles s’appuie sur le droit relatif aux droits humains et tienne compte des contributions des communautés les plus exposées pour aider à élaborer les plans de sortie progressive. Pour que la conférence soit couronnée de succès, les communautés les plus exposées devraient enfin voir leurs droits et leur santé protégés.

3 / 20
  GÉNÉRALISTES
Le Canard Enchaîné
La Croix
Le Figaro
France 24
France-Culture
FTVI
HuffPost
L'Humanité
LCP / Senat
Le Media
La Tribune
Time France
 
  EUROPE ‧ RUSSIE
Courrier Europe Ctrale
Desk-Russie
Euractiv
Euronews
Toute l'Europe
 
  Afrique ‧ Asie ‧ Proche-Orient
Haaretz
Info Asie
Inkyfada
Jeune Afrique
Kurdistan au féminin
L'Orient - Le Jour
Orient XXI
Rojava I.C
 
  INTERNATIONAL
Courrier International
Equaltimes
Global Voices
Infomigrants
I.R.I.S
The New-York Times
 
  OSINT ‧ INVESTIGATION
OFF Investigation
OpenFacto°
Bellingcat
Disclose
G.I.J
I.C.I.J
 
  OPINION
Au Poste
Cause Commune
CrimethInc.
Hors-Serie
L'Insoumission
Là-bas si j'y suis
Les Jours
LVSL
Politis
Quartier Général
Rapports de force
Reflets
Reseau Bastille
StreetPress
 
  OBSERVATOIRES
Armements
Acrimed
Catastrophes naturelles
Conspis
Culture
Curation IA
Extrême-droite
Human Rights Watch
Inégalités
Information
Justice fiscale
Liberté de création
Multinationales
Situationnisme
Sondages
Street-Médics
Routes de la Soie
🌓