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Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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25.05.2026 à 12:00

Tchad : Dix ans après, le procès Habré continue d’inspirer la justice mondiale

Human Rights Watch

Click to expand Image L'ex-dictateur tchadien Hissène Habré, lors de son procès à Dakar, au Sénégal, en 2015. © 2015 Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS)

(Nairobi) – La condamnation en 2016 au Sénégal de l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré a constitué un moment décisif dans la lutte contre l’impunité pour les crimes les plus graves, ont déclaré aujourd’hui Human Rights Watch et la Commission internationale de juristes (CIJ). Ce verdict a couronné une campagne de 25 ans menée par les victimes de Habré. C’était la première fois que les juridictions nationales d’un pays jugeaient et condamnaient l’ancien dirigeant d’un autre pays pour des crimes internationaux graves, en application du principe de compétence universelle.

Le 30 mai 2016, les Chambres africaines extraordinaires (CAE), un tribunal soutenu par l’Union africaine au sein du système judiciaire sénégalais, ont condamné Habré à la réclusion à perpétuité pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et torture, y compris des faits d’esclavage sexuel et de viol. Habré a dirigé le Tchad de 1982 à 1990 avec le soutien des États-Unis et de la France. Son gouvernement a été responsable d’exécutions politiques généralisées, d’actes de torture systématiques et de milliers d’arrestations arbitraires. Habré est décédé en août 2021, après huit années de détention.

« Les victimes de Habré l’ont poursuivi pendant 25 ans et l’ont traduit en justice alors que presque tout le monde disait que c’était impossible », a déclaré Reed Brody, membre de la Commission internationale de juristes qui a travaillé avec les victimes de Habré au nom de Human Rights Watch. « Leur message aux dictateurs d’aujourd’hui est clair : la justice peut vous rattraper. Et aux victimes du monde entier : ne baissez jamais les bras. »

Cette affaire a façonné durablement la justice internationale à plusieurs égards, ont indiqué la CIJ et Human Rights Watch.

Le modèle des CAE, tribunal hybride « régionalisé » chargé de poursuivre des crimes internationaux, a inspiré l’adoption en décembre 2024 du statut d’un tribunal hybride entre la Gambie et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), destiné à juger les crimes commis sous l’ancien président gambien Yahya Jammeh.

Les Chambres africaines extraordinaires ont été créées à la suite de l’arrêt rendu en 2012 par la Cour internationale de Justice dans l’affaire Belgique c. Sénégal, jugeant que le Sénégal était tenu, en vertu de la Convention des Nations Unies contre la torture, soit de poursuivre Habré, soit de l’extrader. La Cour a également jugé que ces obligations étaient dues par le Sénégal à l’ensemble des États parties au traité — erga omnes partes —, permettant ainsi à tout pays ayant ratifié la Convention, dont la Belgique, de saisir la Cour internationale de Justice en cas de non-respect. Cette voie juridique a ensuite inspiré les procédures engagées par le Canada et les Pays-Bas contre la Syrie pour torture, ainsi que les affaires Gambie c. Myanmar et Afrique du Sud c. Israël au titre de la Convention sur le génocide.

« L’affaire Habré a permis le procès d’un ancien chef d’État devant un tribunal régional doté d’un mandat de l’Union africaine, avec les survivants au centre du processus », a déclaré Liz Evenson, directrice du programme Justice internationale à Human Rights Watch. « La campagne pour la justice face aux crimes de Habré continue d’inspirer les efforts de lutte contre l’impunité en Afrique et dans le monde entier. »

Le jugement a également fait progresser la jurisprudence sur la torture et les violences sexuelles, notamment le viol et l’esclavage sexuel, en reconnaissant par exemple que l’esclavage sexuel relève de l’interdiction coutumière de l’esclavage en tant que crime de guerre, et de la réduction en esclavage en tant que crime contre l’humanité. Des Tchadiennes survivantes de viol ont rompu 25 ans de silence pour témoigner dans cette affaire.

La condamnation de 2016 a été confirmée en avril 2017 par la Chambre d’appel des CAE, qui a accordé environ 123 millions d’euros de réparations à près de 7 400 victimes et survivants nommément désignés.

En 2024, le gouvernement tchadien a distribué environ 15 millions d’euros aux survivants et aux familles — soit environ 1 400 euros par victime —, une avancée longtemps attendue mais partielle, entachée d’irrégularités. Le fonds fiduciaire de l’Union africaine établi pour collecter et verser les réparations ordonnées par les CAE n’est toujours pas opérationnel.

Au Tchad, une condamnation parallèle prononcée en 2015 contre 20 hauts responsables de la police politique de Habré prévoyait également des réparations ainsi que la construction d’un mémorial et la transformation du siège de la police politique en musée — mesures dont aucune n’a été mise en œuvre. Au contraire, le gouvernement tchadien a cherché à « réhabiliter » la mémoire de Habré, ont indiqué la CIJ et Human Rights Watch. Le gouvernement a expulsé Reed Brody du Tchad en 2024, alors qu’il s’y était rendu pour participer à une conférence sur l’héritage de cette affaire.

Les deux organisations ont déclaré que le dixième anniversaire du verdict devrait conduire l’Union africaine, le Sénégal, le Tchad et les États donateurs à appliquer pleinement les réparations ordonnées, à remédier aux irrégularités constatées dans la distribution opérée par le Tchad en 2024, à rendre opérationnel le fonds fiduciaire de l’Union africaine et à mettre en œuvre les mesures symboliques ordonnées par la justice tchadienne.

« Dix ans après, les survivants qui ont rendu ce procès possible attendent toujours les réparations intégrales que les tribunaux leur ont accordées, et que le gouvernement reconnaisse leurs souffrances », a déclaré Jacqueline Moudeina, avocate tchadienne des victimes. « L’héritage de cette affaire ne se mesurera pas seulement à ce que les juges ont écrit il y a dix ans, mais à ce que le gouvernement tchadien fera aujourd’hui. »

22.05.2026 à 06:30

RD Congo : La répression accrue et l’impunité, préoccupations majeures en matière de droits humains

Human Rights Watch

Click to expand Image Le directeur exécutif de Human Rights Watch, Philippe Bolopion (a gauche), et la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa, à Kinshasa, le 21 mai 2026. © 2026 Prime Ministers Office, CELCOM & CNTIC

(Kinshasa) – Le directeur exécutif de Human Rights Watch, Philippe Bolopion, a exhorté les hauts responsables congolais à respecter la liberté d’expression, à mettre fin aux arrestations et détentions arbitraires et à garantir l’obligation de rendre des comptes pour les abus, lors de sa visite en République démocratique du Congo du 17 au 21 mai 2026, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.

Cette visite s’est déroulée dans un contexte marqué par l’occupation de l’est de la RD Congo par le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda ; par une vague de répression à l’encontre des journalistes, des activistes et des membres de l’opposition politique ; et par une utilisation à nouveau de sites de détention secrets dans la capitale, Kinshasa.

« La répression actuelle en RD Congo rappelle de manière inquiétante l’ère Joseph Kabila, de nombreux activistes congolais et opposants politiques vivant dans la crainte de représailles de la part des autorités simplement pour avoir exprimé leur opinion », a déclaré Philippe Bolopion. « Human Rights Watch craint que les restrictions de la liberté d’expression et des critiques envers des responsables ne débouchent sur une répression plus large. »

Lors de son séjour à Kinshasa, Philippe Bolopion a rencontré des hauts responsables gouvernementaux, notamment la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, ainsi que les ministres de la Défense, de la Communication et des Médias, et de la Justice. Il a également rencontré des victimes de violations des droits humains et leurs proches, des dirigeants de la société civile et des chefs religieux, des activistes des droits humains, des membres de la communauté banyamulenge (une minorité tutsie congolaise originaire de l’est de la RD Congo), des membres de partis politiques d’opposition, la Commission Nationale des Droits de l’Homme, des représentants des Nations Unies, et des diplomates étrangers. Philippe Bolopion a tenu une conférence de presse à Kinshasa le 21 mai.

Human Rights Watch a documenté plusieurs cas dans lesquels le Conseil national de cyberdéfense (CNC), une agence rattachée à la présidence, a arbitrairement arrêté et fait disparaître de force des dissidents, les détenant dans des lieux secrets sans inculpation officielle ni accès à un avocat.

« Je vois mon mari une fois par semaine, mais je ne sais pas où il se trouve », a déclaré une femme dont le mari avait été enlevé à leur domicile une nuit. « On me bande les yeux et je ne sais pas où on m’emmène. »

« Les informations en provenance de Kinshasa faisant état d’un vaste réseau de lieux de détention secrets, hors de toute procédure judiciaire, envoient un message effrayant à la société civile congolaise », a déclaré Philippe Bolopion. « C’est une pratique que le président Félix Tshisekedi s’était engagé à faire cesser lors de son entrée en fonction. »

Des responsables gouvernementaux ont indiqué à Philippe Bolopion que certaines des personnes arrêtées étaient détenues dans des villas et que les autorités étaient encore en train de finaliser les enquêtes à leur encontre avant de les transférer au système judiciaire. Ils ont également indiqué que des réformes concernant le CNC étaient en cours et qu’à l’avenir, aucune arrestation ne serait effectuée sans la présence de la police judiciaire, qui agit sous l’autorité du parquet pour enquêter sur les crimes.

« Les graves défis sécuritaires auxquels la RD Congo est confrontée ne peuvent justifier une atteinte à l’état de droit et aux droits humains fondamentaux », a déclaré Philippe Bolopion. « Les autorités devraient transférer les personnes détenues arbitrairement vers le système judiciaire, fournir à leurs familles des informations sur leur lieu de détention, et respecter les normes de procédure régulière. »

Des membres de l’opposition politique et des activistes de la société civile ont exprimé leur inquiétude quant à un éventuel amendement constitutionnel visant à prolonger le mandat du président au-delà de la limite de deux mandats. Cette question s’était déjà posée lorsque le président de l’époque, Joseph Kabila, était resté au pouvoir au-delà de la limite constitutionnelle.

Lors de ses entretiens avec des responsables, Philippe Bolopion a fait part de ses préoccupations concernant les graves exactions commises par les parties au conflit dans l’est de la RD Congo, y compris l’armée congolaise, la milice alliée Wazalendo et les groupes armés pro-gouvernementaux, ainsi que l’armée rwandaise et le M23. Il a réaffirmé l’importance de respecter le droit international humanitaire, y compris lors de frappes aériennes, et d’assurer la protection et la libre circulation des civils ; il a aussi appelé à un regain d’efforts internationaux pour garantir la reddition des comptes pour les crimes commis par toutes les parties.

« Depuis des décennies, les civils de l’est de la RD Congo subissent de plein fouet les exactions commises par les forces gouvernementales et les groupes armés », a déclaré Philippe Bolopion. « Malgré certains progrès importants réalisés par les tribunaux congolais, les autorités judiciaires ont en grande partie échoué à poursuivre les hauts commandants responsables d’atrocités. »

Philippe Bolopion a encouragé les responsables gouvernementaux à donner la priorité à la reddition des comptes pour les crimes internationaux actuels et passés, notamment en créant des chambres mixtes spécialisées comprenant des magistrats internationaux, ou un mécanisme internationalisé similaire au sein du système judiciaire congolais. Les responsables congolais devraient également continuer à soutenir les poursuites nationales et les enquêtes de la Cour pénale internationale.

En avril, Human Rights Watch a sollicité une rencontre avec le président rwandais Paul Kagame pour discuter des exactions commises par l’armée rwandaise et le M23 dans l’est de la RD Congo, mais n’a reçu aucune réponse.

« L’impunité engendre davantage d’exactions », a conclu Philippe Bolopion. « Les gouvernements donateurs, y compris l’Union européenne, devraient soutenir les efforts de la RD Congo en matière de reddition des comptes, et sanctionner les hauts responsables congolais et rwandais qui soutiennent des groupes armés auteurs d’exactions. »

20.05.2026 à 17:10

Libéria : Les frais de scolarité entravent l’accès des enfants à l’éducation

Human Rights Watch

Click to expand Image Des élèves suivaient un cours dans une salle de classe d’une école secondaire située dans le comté de Bong, dans le nord du Libéria, en janvier 2026.  © 2026 Human Rights Watch

(Monrovia, le 20 mai 2026) – Les frais d’inscription et d'autres coûts liés à la scolarisation dans les écoles publiques du Libéria constituent un obstacle majeur à l’éducation, contraignant de nombreux enfants à retarder leur inscription, à manquer l’école ou à abandonner complètement leurs études, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. 

20 mai 2026 “Without Education, There Will Be Nothing”

Ce rapport de 75 pages, intitulé « “Without Education, There Will Be Nothing”: School Fees and Other Barriers to Education in Liberia » (« “Sans éducation, il n’y aura rien” : Frais de scolarité et autres obstacles à l’éducation au Libéria »), indique que les frais imposés – malgré la garantie légale d’une éducation gratuite et obligatoire de la 1ère à la 9ème année scolaire – font peser un lourd fardeau financier sur les familles, et portent atteinte au droit des enfants à l’éducation. Au Libéria, les enfants s’inscrivent souvent à l’école avec plusieurs années de retard et sont renvoyés chez eux lorsque leurs parents ne peuvent pas payer leurs frais de scolarité ; dans certains cas, les enfants travaillent pour aider à payer ces frais. De nombreux enfants finissent par abandonner l’école, ou parfois ne la fréquentent jamais. 

« Le gouvernement libérien a pris des engagements importants en faveur de l’éducation gratuite et obligatoire, mais les frais de scolarité continuent d’empêcher des enfants d’aller en classe », a déclaré Jo Becker, directrice du plaidoyer auprès de la division Droits des enfants à Human Rights Watch. « La suppression de ces frais constituerait une mesure cruciale pour élargir l’accès à l’éducation et améliorer l’avenir des enfants. »

Entre novembre 2025 et janvier 2026, Human Rights Watch a visité 21 écoles et mené des entretiens avec 118 parents, enseignants et responsables scolaires dans les comtés de Montserrado, Margibi, Nimba, Bong et Grand Bassa. Des défenseurs libériens des droits des enfants ont également organisé des entretiens entre pairs (« peer-to-peer interviews ») avec 61 enfants et adolescents.

Un garçon de 14 ans a exliqué à Human Rights Watch qu’il avait quitté l’école pour aider sa mère à vendre des marchandises au marché : « En ce moment, je ne suis pas à l’école parce que mes parents n’ont pas les moyens de m’y envoyer. J’ai vraiment envie d’y retourner. »

Le Libéria affiche l’un des taux de non-scolarisation les plus élevés au monde. Environ un tiers de tous les enfants d’âge scolaire, âgés de 3 à 17 ans, et la moitié des enfants vivant en milieu rural n’ont jamais été scolarisés. Seuls 38 % des enfants terminent la 6ème année scolaire, et à peine 17 % terminent la 9ème année. Ces chiffres classent le Libéria parmi les systèmes éducatifs les moins performants au monde, et soulignent l’ampleur de l’exclusion à laquelle sont confrontés les enfants. En moyenne, un enfant qui entre à l’école à l’âge de 4 ans n’aura suivi que 4,2 années d’enseignement à l’âge de 18 ans.

Malgré des lois imposant la gratuité de l’enseignement de la 1ère à la 9ème année scolaire, les enfants à tous les niveaux – de l’éducation de la petite enfance jusqu’au deuxième cycle du secondaire – sont tenus de payer des frais d’inscription et d’autres coûts pour fréquenter les écoles publiques. 

Pour de nombreux enfants, ces frais obligatoires ne constituent pas un simple échec politique abstrait, mais entraînent une exclusion quotidienne de l’éducation. Les parents et les enfants ont déclaré que ces frais retardaient l’entrée à l’école et perturbaient l’assiduité. Au niveau de l’éducation de la petite enfance, destinée aux enfants âgés de 3 à 5 ans, 43 % des enfants ont au moins 3 ans de plus que l’âge requis. Au niveau secondaire, plus de 60 % des élèves ont 4 ans ou plus de plus que l’âge officiel de leur classe. Les élèves qui commencent l’école tardivement sont plus susceptibles de redoubler, d’abandonner leurs études et de ne pas terminer leur scolarité. 

Le poids des frais de scolarité est particulièrement lourd dans un pays où près de la moitié de la population vit dans la pauvreté. Dans ce contexte, ces frais font peser le coût de l’éducation sur les familles, ce qui est contraire aux obligations du Libéria en vertu du droit international et régional des droits humains, notamment la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant. Des parents ont rapporté s’être endettés, s’être privés de nourriture et avoir fait des sacrifices extrêmes pour maintenir leurs enfants à l’école. 

Human Rights Watch a également mis en évidence les défis plus généraux liés à la qualité de l’éducation, notamment la surpopulation des salles de classe, l’insuffisance des infrastructures, les faibles salaires des enseignants et la forte dépendance à l’égard des enseignants bénévoles. Dans certaines écoles, il est courant de voir des classes de 80 à 100 élèves, et les bénévoles – dont beaucoup travaillent sans rémunération depuis des années dans l’espoir d’obtenir un poste rémunéré – constituent une part importante du corps enseignant. 

Le système éducatif du Libéria continue de subir les effets à long terme des guerres civiles, de l’épidémie d’Ebola et de la pandémie de Covid-19. Les investissements publics dans l’éducation restent faibles. Le budget de l’éducation pour 2026, qui représente environ 11 % des dépenses nationales et 2,73 % du PIB, est nettement inférieur à la moyenne de 4 % des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et à la référence internationale de 4 à 6 % du PIB.

Le gouvernement a pris des mesures pour améliorer l’accès et la qualité, a déclaré Human Rights Watch. Le projet « Excellence dans l'éducation au Libéria » (Excellence in Learning in Liberia, EXCEL), une initiative de 88,7 millions de dollars financée par un prêt de 60 millions de dollars de la Banque mondiale et une subvention de 28,7 millions de dollars du Partenariat mondial pour l’éducation, avec un soutien supplémentaire du gouvernement libérien, vise à élargir l’accès à une éducation de qualité. Le programme EXCEL comprend 18,5 millions de dollars destinés à des bourses scolaires visant à réduire ou à supprimer les frais de scolarité.

Si elles sont pleinement mises en œuvre, ces bourses pourraient réduire considérablement les obstacles financiers et contribuer à garantir que les enfants s’inscrivent à temps et restent scolarisés. Human Rights Watch estime que le remplacement des frais d’inscription par des bourses scolaires pour les écoles publiques – de la petite enfance jusqu’à l’enseignement secondaire supérieur – augmenterait le budget de l’éducation d’environ 4 %, rendant ainsi la réforme réalisable.

Le gouvernement libérien devrait immédiatement supprimer les frais d’inscription dans les écoles primaires et les collèges publics, et le faire dès que possible pour l’éducation de la petite enfance et l’enseignement secondaire supérieur, a recommandé Human Rights Watch. Le gouvernement devrait également étendre et pérenniser les subventions, augmenter le financement de l’éducation conformément aux normes internationales et donner la priorité aux dépenses consacrées à l’éducation de la petite enfance jusqu’à l’enseignement secondaire.

Le gouvernement devrait également poursuivre ses efforts pour garantir un personnel enseignant suffisamment rémunéré et formé, construire et réhabiliter des écoles et des salles de classe, et fournir le matériel et les équipements nécessaires, y compris des installations sanitaires, en accordant la priorité aux zones mal desservies. 

Élargir l’accès à une éducation publique gratuite et de qualité permettrait de réduire la pauvreté et les inégalités, de renforcer le capital humain du Libéria et d’élargir les opportunités pour des millions d’enfants, a déclaré Human Rights Watch.

« Le Libéria a clairement l’occasion de s’appuyer sur les réformes existantes et de lever les obstacles financiers qui empêchent tant d’enfants d’aller à l’école », a conclu Jo Becker. « Garantir une éducation publique gratuite et de qualité est l’un des investissements les plus efficaces que le pays puisse faire. »

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