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Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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01.09.2026 à 08:00

Sri Lanka : Progrès mitigés en matière de justice pour les abus passés

Human Rights Watch

Click to expand Image Un policier sri-lankais photographié devant l’entrée du site du charnier de Chemmani à Jaffna, au Sri Lanka, le 26 juillet 2025.  © 2025 Chamila Karunarathne/EPA/Shutterstock Les poursuites engagées par le gouvernement sri-lankais concernant les graves violations commises par le passé ont pris du retard, ce qui suscite des inquiétudes quant aux progrès futurs.De nombreuses affaires de disparitions forcées, de torture et d’assassinats restent au point mort, tandis que les familles des victimes et les défenseurs des droits humains font l’objet de menaces et d’intimidations. Le gouvernement Dissanayake devrait redoubler d’efforts pour garantir une véritable responsabilisation face à des décennies d’impunité, tandis que le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et le Conseil des droits de l’homme devraient exhorter le gouvernement à démontrer son engagement en faveur de la justice.

(Genève, le 1er septembre 2026) – Les poursuites engagées par le gouvernement sri-lankais concernant les graves violations commises par le passé ont pris du retard, ce qui soulève des inquiétudes quant aux progrès futurs, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Les responsables des Nations Unies et les États membres de l’ONU siégeant au Conseil des droits de l’homme devraient appeler le gouvernement du président Anura Kumara Dissanayake à faire preuve d’une plus grande détermination pour traiter les affaires emblématiques en matière de droits humains, et à coopérer avec les efforts internationaux visant l’obligation de rendre des comptes.

1 septembre 2026 “Not Genuine with Justice”

Ce rapport de 49 pages, intitulé « “Not Genuine with Justice” : Sri Lanka’s Lack of Will to Prosecute Past Abuses » (« Pas de véritable justice : Absence de volonté de poursuivre les auteurs d’abus passés au Sri Lanka »), dresse un bilan des efforts judiciaires nationaux dans sept affaires marquantes de violations graves, dans lesquelles le gouvernement Dissanayake a réalisé certains progrès depuis son arrivée au pouvoir en 2024. Human Rights Watch a toutefois constaté que de plusieurs affaires emblématiques, notamment le massacre de travailleurs humanitaires, les attaques ciblées contre des journalistes et les disparitions forcées d’universitaires et d’autres personnes, restent au point mort, tandis que les familles des victimes et les défenseurs des droits humains font l’objet de menaces et d’intimidations. 

« Le gouvernement Dissanayake devrait rompre avec la pratique des gouvernements précédents consistant à retarder et à refuser la justice pour les violations graves », a déclaré Lucy McKernan, directrice du plaidoyer auprès du Conseil des droits de l'homme de l’ONU, à Human Rights Watch. « Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies devrait exhorter le gouvernement sri-lankais à prendre des mesures crédibles en vue de la reddition de comptes pour les crimes passés et à mettre fin aux représailles contre les victimes, leurs familles et les défenseurs des droits humains. » 

Human Rights Watch a mené des entretiens avec 32 victimes d’exactions, des proches de personnes disparues, ainsi que des avocats et d’autres défenseurs des droits humains, et a examiné de manière approfondie des documents judiciaires et d’autres sources.

Des dizaines de milliers de personnes ont été torturées, ont fait l’objet de disparitions forcées, ont été enlevées et tuées par les forces de sécurité gouvernementales et des groupes armés non étatiques pendant l’insurrection marxiste qui a secoué le sud du Sri Lanka entre 1987 et 1989, ainsi que pendant la guerre civile opposant le gouvernement aux Tigres de libération de l’Eelam tamoul (Liberation Tigers of Tamil Eelam, LTTE), qui a pris fin en 2009.  

Le Sri Lanka a un passé marqué par des tentatives infructueuses visant à rendre justice pour les exactions commises par le passé. Depuis les années 1990, les gouvernements successifs ont nommé plus de dix commissions chargées d’enquêter sur les violations des droits humains, mais aucune n’a abouti à des poursuites judiciaires ni révélé ce qu’il était advenu des milliers de personnes disparues. Divers gouvernements sri-lankais n’ont soit réalisé que des progrès minimes dans ces affaires, soit sont activement intervenues pour bloquer les rares enquêtes pénales en cours.

« Les fouilles [des fosses communes] ne suffiront pas à elles seules à rendre justice », a déclaré un proche d’une victime de disparition à Jaffna. « Les responsables de ces exactions seront-ils amenés à rendre des comptes ? » Les enquêteurs ont exhumé les restes humains de 582 personnes d’une fosse commune à Chemmani, près de Jaffna, mais aucun progrès apparent n’a été enregistré dans l’identification des victimes ou la détermination de ce qui leur est arrivé.

Le gouvernement Dissanayake a réalisé quelques progrès dans des enquêtes importantes qui avaient auparavant été bloquées. Il s’agit notamment de l’enquête sur le meurtre, en 2009, d’un rédacteur en chef de journal, Lasantha Wickrematunge ; de la disparition forcée, en 2010, d’un journaliste, Prageeth Ekneligoda ; et de la disparition forcée, perpétrée par des agents des services de renseignement de la marine, de 11 jeunes hommes qui avaient été retenus contre rançon en 2008 et 2009. 

Une enquête sur un complot présumé impliquant des hauts responsables du gouvernement, à l’origine des attentats du dimanche de Pâques 2019 qui ont fait 269 morts, n’a pu être menée qu’après l’entrée en fonction du président Dissanayake. En février 2026, la police a arrêté Suresh Sallay, un ancien officier des services de renseignement militaire, pour collusion avec un groupe islamiste accusé d’avoir perpétré ces attentats. En juin, un tribunal sri-lankais a interdit à l’ancien président Gotabaya Rajapaksa et à deux autres officiers des services de renseignement militaire de se rendre à l’étranger dans le cadre des enquêtes en cours sur ces attentats. 

Malgré ces progrès limités, le gouvernement Dissanayake n’a pas réagi avec l’urgence nécessaire pour mettre fin à l’impunité dont bénéficient les auteurs de graves violations, a constaté Human Rights Watch. Aucun progrès n’a été enregistré dans d’autres affaires importantes impliquant de hauts responsables, notamment le meurtre, en 2006, de cinq étudiants tamouls et le massacre de 17 membres, pour la plupart tamouls, de l’organisation humanitaire française Action contre la Faim. Vingt ans plus tard, personne n’a été arrêté, et encore moins poursuivi, pour ces meurtres. 

Le gouvernement Dissanayake n’a pas accepté de coopérer avec le Sri Lanka Accountability Project (« Projet de responsabilisation du Sri Lanka »), mis en place par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies pour recueillir des preuves de violations graves des droits humains. Le gouvernement n’a pas non plus donné suite à son engagement à mettre en place une Direction des poursuites publiques (Directorate of Public Prosecution), chargée de poursuivre en toute indépendance les auteurs des violations commises par le passé.

Au lieu de cela, le gouvernement Dissanayake a soutenu les initiatives des gouvernements précédents, telles que le Bureau des personnes disparues et le Bureau des réparations, que de nombreuses familles de victimes ont rejetées car elles les considèrent comme des manœuvres visant à retarder la justice.  

Depuis la fin de la guerre civile en 2009, l’ONU a joué un rôle important dans la promotion de la justice et de la responsabilité, tout en s’efforçant de mettre fin aux violations en cours. Le rapport de 2011 du Groupe d’experts du Secrétaire général de l’ONU et l’enquête menée en 2015 sur le Sri Lanka par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) ont mis en évidence de nombreux crimes de guerre et autres violations commis par les deux camps pendant la guerre civile. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a par ailleurs adopté une série de résolutions visant à garantir la responsabilité des auteurs de ces actes. 

Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et le HCDH devraient continuer à examiner les progrès réalisés par le gouvernement Dissanayake en matière de justice et faire pression pour que des mesures soient prises afin de mettre fin à des décennies d’impunité, a déclaré Human Rights Watch. 

« Le gouvernement Dissanayake devrait redoubler d’efforts pour garantir une véritable responsabilisation concernant les meurtres et les disparitions survenus lors des conflits passés », a conclu Lucy McKernan. « Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et les États membres du Conseil des droits de l’homme devraient exhorter le gouvernement Dissanayake à concrétiser son engagement déclaré en faveur de la justice au Sri Lanka. »

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31.08.2026 à 22:44

Changement climatique et tapis rouge

Human Rights Watch

Click to expand Image Une jeune fille dans son petit bateau de pêche, au large de la province de Malaita, aux îles Salomon. © 2025 NowHere Media/Human Rights Watch

Ici au Festival international du film de Venise, sur fond de glamour cinématographique, Human Rights Watch présente un film pur et puissant : « Solwata ».

C’est un immense privilège d’être ici pour partager ce nouveau documentaire immersif – co-créé avec les communautés de Walande, Ngongosila et Kwai aux Îles Salomon, coproduit avec Human Rights Watch, Agog et NowHere Media, et narré par Mark Ruffalo – qui met en lumière, sur cette scène mondiale, la réalité des réinstallations liées a la crise climatique.

Lorsque des collègues m’ont parlé pour la première fois de la possibilité d’utiliser un média de « réalité virtuelle » à des fins de plaidoyer, j’avais des doutes. En tant que chercheuse, je m’appuie généralement sur des rapports dont les faits ont été minutieusement vérifiés et accompagnés de notes de bas de page détaillées pour transmettre mes conclusions. Mais en voyant à quel point des personnes visionnant ce film étaient profondément émues en retirant leurs casques, j’ai été convaincue de son efficacité.  

Des années de recherche au Panama, au Sénégal et aux Philippines montrent comment la crise climatique a contraint les communautés côtières à faire des choix impossibles. La relocalisation planifiée est une mesure de dernier recours et un défi extrêmement complexe en matière de droits humains. Lorsqu’une communauté entière doit se déplacer, tout est en jeu, qu’il s’agisse de son patrimoine culturel ou de ses droits fonciers. Les mesures politiques prises dans ce contexte devraient surtout protéger le droit des communautés autochtones à l’autodétermination, afin qu’elles puissent prendre des décisions d’adaptation selon leurs propres conditions et leur propre calendrier.

SOLWATA Documentaire immersif sur la crise climatique

Les recherches et rapports traditionnels sont des moyens essentiels pour communiquer ces complexités, mais les enjeux exigent que nous utilisions tous les outils à notre disposition, pour toucher des publics plus larges et plus diversifiés. 

Le film VR « Solwata » offre une nouvelle façon de sensibiliser le public à l’aspect humain des déplacements liés au changement climatique. Il transporte les spectateurs à travers les océans et les fuseaux horaires pour se tenir aux côtés du peuple Solwata (« eau salée »). Il permet au public d’être témoin de la force et de la détermination des communautés Walande à rester unies malgré toutes les difficultés, même après que la montée des eaux les a contraintes à se réinstaller sur le continent. Et il invite réfléchir aussi sur le sort des communautés Ngongosila et Kwai des Îles Salomon, ainsi que sur d’autres communautés dans d’autre lieux où la montée du niveau de la mer soulève des questions profondes sur ce à quoi ressemble un avenir digne – et sur notre responsabilité commune de le soutenir.

Les décideurs politiques et les bailleurs de fonds devraient non seulement anticiper d’urgence les défis profondément humains liés aux relogements planifiés, mais aussi ressentir une véritable empathie pour ce que vivent ces populations. Après le festival de Venise, « Solwata » sera diffusé lors la conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP31) en Turquie, puis bien au-delà. Notre objectif est d’utiliser ce média puissant pour renforcer le soutien des bailleurs de fonds et inciter le public à plaider en faveur de politiques qui protègent les droits des communautés déplacées à travers le monde.

27.08.2026 à 18:48

Chine : Une décennie d’impunité pour les crimes commis contre les Ouïghours

Human Rights Watch

Click to expand Image Un homme ouïghour vu de profil devant la mosquée Id Kah à Kachgar, dans la région du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, le 13 juillet 2023.  © 2023 Pedro Pardo/AFP via Getty Images

(New York, 27 août 2026) – La répression sévère menée depuis une décennie par le gouvernement chinois à l’encontre des Ouïghours et d’autres musulmans turcophones, qui constitue des crimes contre l’humanité, mérite une réponse plus ferme de la part de la communauté internationale, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. 

Dix ans après que le Parti communiste chinois a considérablement intensifié les violations commises à l’encontre des Ouïghours dans la région du Xinjiang, dans l’ouest du pays, la répression des droits reste sévère. Les éléments de preuve actuels montrent la persistance de détentions arbitraires massives, d’emprisonnements injustifiés, d’une surveillance de masse, d’un effacement culturel et religieux, de restrictions des déplacements et des moyens de communication, ainsi que de pressions exercées sur les Ouïghours à l’étranger. En même temmps, les autorités chinoises s’efforcent de promouvoir une image publique de normalité au Xinjiang. Le travail forcé imposé par l’État au Xinjiang affecte les chaînes d’approvisionnement mondiales pour divers produits ou secteurs tels que les automobiles, les panneaux solaires, l’habillement, les produits de la mer, les produits agricoles et les minerais stratégiques. 

« Au lieu de mettre fin à ses crimes contre l’humanité au Xinjiang et de rendre justice aux centaines de milliers d’Ouïghours dont la vie a été détruite, le gouvernement chinois persiste dans ses atrocités et réduit au silence les voix critiques, même à l’étranger », a déclaré Yalkun Uluyol, chercheur sur la Chine à Human Rights Watch. « La réaction de la communauté internationale était forte au départ mais s’est depuis affaiblie, ce qui permet au gouvernement chinois de promouvoir sans vergogne un faux sentiment de normalité dans la région. »

En 2014, le président Xi Jinping a lancé au Xinjiang la campagne « Frapper fort contre le terrorisme violent ». La répression s’est fortement intensifiée avec la nomination, le 29 août 2016, de Chen Quanguo en tant que secrétaire du Parti communiste chinois au Xinjiang. Cette campagne a abouti à la détention arbitraire d’environ un million d’Ouïghours dans des camps d’« éducation politique ». Chen Quanguo avait auparavant occupé le poste de secrétaire du PCC dans la région autonome du Tibet.

Depuis lors, bien que certains de ces camps semblent avoir fermé, des centaines de milliers d’Ouïghours et d’autres musulmans turcophones restent emprisonnés, selon les chiffres officiels disponibles. Parmi eux figurent des personnalités publiques de premier plan telles qu’Ilham Tohti, Rahile Dawut, Gushan Abbas, Yalqun Rozi et Ekpar Asat. Le Xinjiang semble afficher le plus haut taux de détention carcérale au monde par rapport à la taille de sa population, selon une analyse publiée par le Financial Times en mai 2026.

Plus de 140 000 enfants du sud du Xinjiang ont été séparés de leurs parents entre 2017 et 2018, en grande partie en raison de détentions arbitraires, selon l’estimation publiée par Xinjiang Victims Database en juillet 2026. Certains enfants ont été placés dans des orphelinats gérés par l’État chinois. La situation actuelle de ces enfants reste incertaine. 

De nombreux Ouïghours vivant à l’étranger ne parviennent pas à contacter leurs familles – y compris leurs enfants – en Chine. Les autorités maintiennent des restrictions et des contrôles sévères à l’encontre des Ouïghours qui cherchent à voyager à l’étranger, tout en autorisant certains Ouïghours de la diaspora à effectuer des visites limitées au Xinjiang. Certains de ceux qui sont revenus ont déclaré que les autorités les avaient contraints à fournir des informations sur des militants à l’étranger. Les autorités chinoises se livrent à une répression transnationale pour réduire au silence les Ouïghours vivant à l’étranger.

Pékin rejette tous les appels à mettre fin à sa répression sévère au Xinjiang, insistant, lors des visites officielles des hauts dirigeants dans la région, sur le fait que les mesures visant à « préserver la stabilité sociale » constituent une priorité. 

Certains gouvernements étrangers ont pris des mesures importantes pour répondre à ces abus au cours de la dernière décennie. En 2021, le gouvernement des États-Unis a promulgué la Loi sur la prévention du travail forcé des Ouïghours (Uyghur Forced Labor Prevention Act, UFLPA), qui établit une présomption selon laquelle les marchandises fabriquées au Xinjiang sont liées au travail forcé et interdit leur importation aux États-Unis. L’Union européenne a aussi adopté un règlement interdisant l’importation des produits fabriqués par le recours au travail forcé. 

En 2021, les États-Unis, l’UE, le Royaume-Uni et le Canada ont imposé des sanctions ciblées à l’encontre de responsables chinois impliqués dans des exactions au Xinjiang. Toutefois, d’autres pays, y compris des États à majorité musulmane tels que l’Indonésie, les Émirats arabes unis et le Pakistan, ont protégé Pékin contre des mesures de l’ONU. En outre, certains gouvernements, dont celui de la Thaïlande, ont expulsé des Ouïghours vers la Chine malgré les risques graves de torture et d’autres exactions auxquels ils sont exposés à leur retour. En 2023, en réponse à ces retours forcés, le Canada s’est engagé à accueillir 10 000 réfugiés ouïghours. 

Le 31 août 2022, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a publié un rapport historique concluant, sur la base de recherches et d’analyses approfondies, que les graves violations commises au Xinjiang « pourraient constituer […] des crimes contre l’humanité ». Pékin a rejeté ce rapport de l’ONU. 

En août 2024, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a affirmé que « de nombreuses lois et politiques problématiques restent en vigueur » au Xinjiang. En février 2026, il a exprimé ses « regrets » face à « l’absence de suivi […] des recommandations précédentes et en matière de reddition de comptes » de la part de la Chine. Puis en juin 2026, il a exprimé ses inquiétudes concernant la nouvelle loi chinoise sur la promotion de l’unité et du progrès ethniques, qui a officialisé les politiques existantes visant à supprimer les droits des minorités. 

Le HCDH n’a toutefois pas fourni d’informations publiques substantielles sur ses activités de suivi au Xinjiang depuis 2022. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont appeléVolker Türk à adopter une ligne plus ferme vis-à-vis de Pékin, et à assurer un suivi énergique et public des recommandations formulées par son bureau, compte tenu de la gravité de ses propres conclusions et de la reconnaissance de l’absence de progrès. 

Alors que Volker Türk entame son deuxième mandat en tant que Haut-Commissaire, sans progrès perceptibles quatre ans après la publication du rapport historique du HCDH sur le Xinjiang, il devrait tenir compte des appels des victimes ouïghoures et de leurs familles en faveur d’une approche plus ferme. 

Les gouvernements étrangers devraient également redoubler d’efforts pour demander des comptes au gouvernement chinois quant à la répression qui se poursuit au Xinjiang. Les pays de tous les groupes régionaux et politiques devraient collaborer afin de publier une déclaration commune ferme lors de la prochaine session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, condamnant les crimes contre l’humanité commis par le gouvernement chinois. Ils devraient organiser un débat consacré à la situation au Xinjiang, afin de donner suite aux recommandations du rapport du HCDH de 2022.

Divers gouvernements, dont ceux du du Canada, de l’Australie, du Royaume-Uni et du Japon, devraient également adopter une législation interdisant les importations de biens liés au travail forcé, y compris des mesures visant spécifiquement les produits provenant du Xinjiang. L’Union européenne devrait veiller à ce que le Xinjiang figure sur la liste des zones à haut risque dans sa toute base de données sur le travail forcé. Les gouvernements étrangers devraient également adopter des mesures pour protéger leurs citoyens et leurs résidents contre les actes de répression transnationale commis par Pékin, a ajouté Human Rights Watch.

« Au cours de ces dix années de répression au Xinjiang, les gouvernements étrangers ont peu agi pour demander des comptes au gouvernement chinois quant à ses exactions », a conclu Yalkun Uluyol. « Ces gouvernements devraient utiliser tous les outils à leur disposition pour faire pression sur Pékin afin de faire cesser ces crimes, notamment en adoptant et en appliquant des interdictions d’importation de produits liés au travail forcé d’Ouïghours, et en imposant des sanctions ciblées à l’encontre des responsables des abus commis au Xinjiang. »

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