23.09.2026 à 01:00
Human Rights Watch
(Bangkok) – Des prisonnières politiques détenues par la junte militaire au Myanmar subissent des actes de torture et des violences sexuelles, ainsi qu’une privation de soins médicaux qui met leur vie en danger, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.
Parmi plus de 30 000 prisonniers politiques détenus depuis le coup d’État mené par la junte en février 2021, se trouvent environ 6 600 femmes et 640 enfants. D’anciennes prisonnières et des membres de leurs familles ont décrit des passages à tabac, des viols, des conditions de détention sordides, ainsi que le refus de fournir des soins prénataux et obstétricaux aux femmes enceintes, avec des conséquences sanitaires dangereuses voire mortelles. La junte devrait libérer d’urgence et sans condition toutes les prisonnières politiques et leurs enfants, y compris l’ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi, détenue depuis plus de cinq ans.
« Des femmes qui ont été détenues en tant que prisonnières politiques au Myanmar brossent un tableau profondément troublant d’un système carcéral où la souffrance et la négligence sont délibérées et routinières », a déclaré Bryony Lau, directrice adjointe de la division Asie à Human Rights Watch. « Ces femmes ont subi une série d’ injustices : arrestations arbitraires, torture et mauvais traitements lors de leur détention, suivis de sentiments d’angoisse et de traumatismes après leur libération. »
En 2025 et 2026, Human Rights Watch a mené des entretiens avec 17 anciennes prisonnières politiques myanmaraises, trois membres de leurs familles, ainsi que quatre avocats et défenseurs des droits humains. Ces anciennes détenues – des activistes ainsi que des femmes qui travaillaient comme journalistes, professionnelles de santé ou dans le domaine humanitaire au moment de leur arrestation – ont été incarcérées dans 11 centres d’interrogatoire et prisons, certaines depuis le coup d’État de 2021.
Ces femmes ont déclaré avoir été poursuivies en vertu de certaines dispositions du Code pénal utilisées contre les détracteurs réels ou présumés de la junte, dont l’article 505A, formulé dans des termes vagues et d’une vaste portée, et qui a été adopté après le coup d’État afin de punir des opposants et dissidents. D’autres poursuites étaient basées sur la loi antiterroriste du Myanmar, dont le champ d’application est très large. Plusieurs femmes ont déclaré avoir été détenues illégalement en tant qu’otages, permettant aux autorités de faire pression sur des amis ou des proches qui avaient échappé à l’arrestation.
Des femmes ont rapporté avoir été torturées et maltraitées pendant les interrogatoires, pendant des périodes pouvant durer des mois, ou en guise de punition. Les autorités pénitentiaires les ont frappées à coups de bâtons, de chaînes, de tuyaux métalliques et de frondes ; certaines femmes ont été soumises à des chocs électriques, à des violences sexuelles, à des brûlures de cigarette, à des positions de stress prolongées et à des périodes d’isolement cellulaire durant des semaines, voire des mois. La plupart des femmes interrogées par Human Rights Watch ont déclaré avoir subi des humiliations ou des agressions sexuelles, notamment des fouilles corporelles intrusives fréquemment menées d’une manière reflétant l’intention d’humilier, plutôt qu’un objectif légitime de sécurité.
Une activiste âgée de 26 ans, enceinte au moment de son arrestation en 2024, a été interrogée pendant plus d’un mois. Son mari a déclaré : « Ils l’ont menacée à propos de sa grossesse, lui ont dit de leur parler de moi et de ses collègues [de l’opposition]. Ils l’ont menacée en disant : “Si tu ne nous donnes pas ces informations, on te frappera le ventre.” »
Selon l’Association d’aide aux prisonniers politiques (AAPP), plus de 2 300 hommes et femmes sont mort.e.s en détention depuis le coup d’État. L’ONG Myanmar Prison Witness (MPW) a recensé 290 décès de prisonnier.ère.s politiques entre le 1er février 2021 et le 16 septembre 2026, dont 43 décès de femmes et leurs enfants.
« Nos vies en prison valent une feuille A4 », a déclaré un ancien prisonnier politique, faisant référence à l’avis que les familles sont tenues de signer lorsqu’elles sont informées d’un décès en détention. Les corps ne sont pas rendus aux familles, a-t-il ajouté, et Human Rights Watch n’a connaissance d’aucune enquête ni d’aucune suite judiciaire après un décès. Dans certains cas, les familles ne sont même pas informées du décès de leur proche.
Des anciennes détenues ont déclaré que les autorités pénitentiaires empêchaient systématiquement l’accès aux soins médicaux nécessaires pour traiter des pathologies chroniques ou aiguës. L’accès aux traitements est extrêmement aléatoire, nécessitant souvent des mois d’attente, le versement de pots-de-vin aux gardiens de prison et le paiement de médicaments et de soins à l’extérieur.
« Quand on est malade, il n’y a pas de médicaments, alors il faut simplement endurer la douleur », a déclaré une femme qui a passé trois ans en prison. « Des problèmes mineurs deviennent inutilement des problèmes graves. »
Certaines femmes ont indiqué que cette négligence médicale est aggravée par une absence quasi totale de services spécialisés pour répondre à leurs besoins en matière de santé sexuelle et reproductive. Les femmes enceintes se voient refuser l’accès aux soins prénataux, obstétriques et postnataux nécessaires, et peuvent être victimes d’abus susceptibles de mettre en danger leur santé et leur grossesse, voire leur vie.
Une femme arrêtée en 2021, alors qu’elle était enceinte de trois mois, a déclaré que ses interrogateurs, qui savaient qu’elle était enceinte, lui avaient infligé des décharges électriques et l’avaient battue, lui causant des douleurs chroniques. Elle a été détenue dans une salle de stockage avec neuf autres détenues enceintes ; elles dormaient sur le sol en béton, utilisant des vieux masques médicaux et des blouses usagées.
« Il n’y avait pas d’échographie, il était donc impossible d’estimer la date prévue de mon accouchement », a déclaré cette femme. « J’ai perdu les eaux une nuit, vers minuit, mais la lettre de transfert vers l’hôpital n’est arrivée qu’à 10 heures du matin… On m’a remis des chaînes aux pieds juste après l’accouchement. »
Certaines femmes sont contraintes d’accoucher dans leur cellule en raison du manque de soins d’urgence ; selon d’anciennes détenues, cela a entraîné des cas de mort fœtale, ainsi que des décès de nourrissons et parfois aussi de leur mère.
Des femmes ont également décrit des conditions de détention surpeuplées et insalubres, qui mettaient leur sante ou même leur vie en danger. Après leur libération, plusieurs femmes ont déclaré avoir souffert de dépression, d’hypervigilance, d’isolement et de pensées suicidaires.
Le Myanmar est un État partie à plusieurs traités internationaux fondamentaux relatifs aux droits humains qui concernent en partie le traitement des personnes en détention, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, la Convention relative aux droits de l’enfant et la Convention relative aux droits des personnes handicapées.
En vertu du droit international conventionnel et coutumier, les autorités du Myanmar ont un devoir de diligence envers les personnes incarcérées, y compris l’obligation de protéger leurs droits à la vie, à la santé, à la sécurité et à la dignité. De plus, nul ne peut être soumis à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Parmi les Règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus (« Règles Nelson Mandela ») figure celle-ci : « L’État a la responsabilité d’assurer des soins de santé aux détenus », ces soins devant être dispensés gratuitement. Tous les établissements pénitentiaires doivent garantir un accès rapide aux soins médicaux ainsi que des conditions permettant les soins et traitements prénataux et postnataux, y compris la possibilité d’accoucher dans un hôpital.
Les Règles des Nations Unies concernant le traitement des femmes détenues et les mesures non privatives de liberté pour les femmes délinquantes (« Règles de Bangkok ») prévoient des protections supplémentaires pour les femmes détenues, notamment des services de santé adaptés à leurs besoins spécifiques et équivalents aux soins disponibles ailleurs, ainsi que certaines garanties pour les mères et les enfants.
Les gouvernements préoccupés devraient imposer des sanctions économiques et des restrictions de déplacement ciblées à l’encontre des hauts responsables de la junte, afin de faire pression sur celle-ci pour qu’elle libère sans condition toutes les personnes détenues et emprisonnées de manière arbitraire, y compris Aung San Suu Kyi. Ces gouvernements devraient aussi exhorter la junte à mettre immédiatement fin à la torture et aux autres mauvais traitements infligés aux personnes détenues, et accorder aux organisations humanitaires internationales impartiales un accès sans entrave à ces personnes. Les bailleurs de fonds internationaux devraient soutenir les associations au Myanmar qui fournissent une aide juridique, médicale, psychosociale et professionnelle aux prisonnières politiques ainsi qu’aux ex-détenues, et soutenir des projets de réinstallation dans un autre pays, pour celles qui sont particulièrement vulnérables.
« Les autres gouvernements devraient saisir toutes les occasions pour faire pression sur la junte afin qu’elle libère chaque prisonnier et prisonnière politique », a conclu Bryony Lau. « Accorder une plus grande attention au sort des femmes détenues montrera à la junte qu’elle ne peut pas dissimuler ses abus horribles derrière les murs des prisons, et aux milliers de femmes injustement incarcérées qu’elles n’ont pas été oubliées. »
Suite détaillée en ligne en anglais.
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21.09.2026 à 19:58
Human Rights Watch
Le 14 septembre, un tribunal de lutte contre la cybercriminalité au Mali a condamné l’éminent journaliste Abdramane Keïta à deux ans prison sur la base de fausses accusations, dans la dernière attaque du gouvernement militaire contre la liberté des médias.
Click to expand Image Abdramane Keïta, directeur de publication du journal Le Témoin, à Bamako, au Mali. © PrivéLes forces de sécurité ont arrêté Abdramane Keïta, directeur de publication du journal Le Témoin, le 9 juin à Bamako, la capitale du Mali, quelques jours après son observation dans une émission télévisée que le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans lié à Al-Qaïda (Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, JNIM ou GSIM) contrôlait la ville de Kidal dans le nord du pays. Le 25 avril, le GSIM et des combattants séparatistes alliés avaient lancé des attaques coordonnées à travers le Mali, tuant le ministre de la Défense et prenant le contrôle des plusieurs villes du nord, y compris Kidal. Les médias internationaux avaient largement rapporté que Kidal était tombée aux mains des groupes armés.
Le 9 juin, le Procureur du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité inculpé Keïta de « délit à caractère régionaliste qui tend à porter atteinte à l'unité nationale et au crédit de l'État », et l’a placé en détention provisoire. Son procès a débuté le 17 août.
La veille de l'arrestation de Keïta, les autorités avaient arrêté un autre journaliste, Chahana Takiou, rédacteur en chef de l’hebdomadaire 22 Septembre, après qu'il eut publiquement critiqué les autorités pour avoir poursuivi un confrère, Youssouf Sissoko, en vertu d'une loi sur la cybercriminalité. Le 3 août, le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité a condamné Takiou à un an de prison.
Les poursuites judiciaires contre Keïta reflètent un schéma plus large au Mali, où les autorités militaires ont cherché à faire taire les journalistes, les défenseurs des droits humains et les figures de l'opposition pour leurs critiques et leur dissidence publiques. Depuis le coup d'État de 2020, la junte dirigée par le général Assimi Goita a progressivement restreint les droits fondamentaux, notamment par le bais de l'interdiction et la suspension de médias, la dissolution d'associations de la société civile, la fin du multipartisme et la détention arbitraire ou la disparition forcée de ceux qui la critiquent.
Le cas de Keïta n'est que le dernier assaut contre la liberté des médias au Mali, et exacerbe une atmosphère oppressive où les journalistes sont obligés de fuir le pays ou d'autocensurer leurs reportages. Sa condamnation et sa peine de prison affaiblissent davantage l'accès du public à une information critique et indépendante. Les autorités devraient immédiatement et sans condition libérer Keïta et Takiou, annuler leurs condamnations et permettre à tous les journalistes d'exercer sans crainte leur droit à la liberté d'expression.
21.09.2026 à 18:21
Human Rights Watch
(New York, 21 septembre 2026) – Les dirigeants mondiaux réunis à New York du 22 au 28 septembre, à l’occasion de la 81ème session annuelle de l’Assemblée générale des Nations Unies, devraient s’engager à défendre les droits humains, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Ils devraient contrer les tentatives visant à saper l’obligation de rendre des comptes pour les crimes internationaux graves, ainsi que le travail de l’ONU et d’autres institutions internationales jouant un rôle vital.
Des dizaines de dirigeants et de ministres des Affaires étrangères des 193 pays membres de l’ONU participeront au débat général de l’Assemblée générale. Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva devrait prononcer le premier discours le 22 septembre ; il sera suivi par le président américain Donald Trump. Parmi les autres orateurs de la première journée figurent les dirigeants de la Turquie, de la France, du Royaume-Uni et du Japon.
« L’ONU et d’autres organisations internationales créées pour protéger les droits humains sont attaquées par des pays qui s’étaient engagés à les défendre », a déclaré Louis Charbonneau, directeur de plaidoyer auprès de l’ONU à Human Rights Watch. « Tous les pays membres de l’ONU devraient condamner les tentatives des États-Unis, de la Russie, de la Chine et d’autres pays visant à démanteler le système international des droits humains, et à détruire les voies permettant de demander des comptes en cas d’abus. »
Le président palestinien Mahmoud Abbas participera à distance pour la deuxième année consécutive, les États-Unis ayant refusé de lui accorder, ainsi qu’à d’autres responsables palestiniens, des visas pour se rendre au siège de l’ONU.
Parmi les questions qui seront probablement abordées par les dirigeants figurent celles-ci : les conséquences mondiales de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran ; les violations persistantes commises par les forces israéliennes contre les Palestiniens à Gaza, et leur soutien aux violences des colons en Cisjordanie ; les violations du droit de la guerre commises par la Russie en Ukraine ; ainsi que les risques liés à l’intelligence artificielle et au changement climatique.
Les dirigeants mondiaux devraient réclamer que les auteurs des atrocités et des violations des droits humains qui se poursuivent au Soudan, en République démocratique du Congo, au Myanmar, en Haïti, en Afghanistan et ailleurs aient à répondre de leurs actes.
Dans le même temps, ils devraient unir leurs efforts pour contrer l’offensive croissante contre les droits humains à travers le monde – y compris dans des démocraties établies de longue date comme les États-Unis et dans des pays européens – ainsi que contre les lois internationales et les organisations créées pour promouvoir et protéger ces droits.
Dans son Rapport mondial 2026, Human Rights Watch avait appelé les gouvernements engagés en faveur du respect des droits humains à former une coalition de pays partageant les mêmes valeurs afin de résister aux efforts déployés par les États-Unis et d’autres puissances pour saper le droit international.
Les États-Unis ont annoncé une campagne visant à « démanteler » la Cour pénale internationale (CPI), alors que l’administration Trump cherche à protéger les responsables américains et israéliens du contrôle exercé par la Cour. En 2024, la CPI a délivré des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, les accusant de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis à Gaza.
La campagne américaine contre la CPI, qui comprend des sanctions punitives contre des responsables et des juges de la Cour, trois organisations palestiniennes de défense des droits humains et une experte de l’ONU, menace l’accès à la justice des victimes à travers le monde. Les enquêtes de la CPI portent notamment sur des crimes contre l’humanité et d’autres crimes internationaux graves au Myanmar, au Soudan, en Afghanistan, aux Philippines et en Ukraine. La CPI a également délivré des mandats d’arrêt contre le président russe Vladimir Poutine et de hauts responsables russes pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis en Ukraine.
Les gouvernements devraient profiter du débat général de l’Assemblée générale et des rencontres organisées en marge de celui-ci pour s’engager à soutenir la CPI et toutes les personnes qui travaillent avec elle à la recherche de la justice, et prendre des mesures pour atténuer les conséquences des attaques américaines contre la justice, a déclaré Human Rights Watch. Avec trois autres organisations de défense des droits humains, Human Rights Watch a engagé une action en justice devant un tribunal fédéral américain contre l’administration Trump au sujet des sanctions visant la CPI.
Les États membres de l’ONU devraient également s’opposer aux efforts déployés par les États-Unis et d’autres gouvernements pour porter atteinte aux droits humains des réfugiés et des migrants, des femmes et des filles, ainsi que des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT), entre autres, et défendre les protections existantes en matière d’égalité et de non-discrimination. Ils devraient s’opposer activement à l’augmentation alarmante des initiatives prises par certains pays pour contester, faire reculer ou supprimer les normes internationales bien établies relatives à l’égalité entre les sexes des mandats de l’ONU, notamment des décisions du Conseil de sécurité.
Alors que de nombreuses délégations se concentreront sur les questions de paix et de sécurité et sur le développement, les dirigeants mondiaux devraient s’engager publiquement à garantir que le travail de l’ONU en matière de droits humains dispose de ressources et de personnels suffisants. L’ONU est plongée depuis plusieurs années dans une crise de liquidités, principalement due au refus des États-Unis de verser l’intégralité de leur contribution obligatoire et à l’annulation de la majeure partie de leurs contributions volontaires.
Les États-Unis ont récemment versé 800 millions de dollars à l’ONU au titre de leurs contributions, soit une fraction des quelque 4 milliards de dollars qu’ils doivent. La Chine a, à plusieurs reprises, aggravé les problèmes de liquidités de l’ONU en ne versant pas ses contributions dans les délais. Plusieurs autres pays sont également en retard dans leurs paiements, même si les États-Unis et la Chine représentent à eux seuls près de la moitié des budgets ordinaires et des budgets de maintien de la paix de l’ONU.
Les pays devraient condamner les initiatives de certains gouvernements visant à contourner et à saper les régimes de sanctions de l’ONU, les groupes d’experts chargés du suivi des sanctions et les embargos sur les armes.
Le Conseil de sécurité de l’ONU organise depuis quelque temps des sondages informels (« straw polls ») au sujet de candidats qui souhaitent succéder à Antonio Guterres au poste de Secrétaire général de l’ONU, à l’issue de son deuxième mandat de cinq ans, qui prendra fin le 31 décembre. Le prochain Secrétaire général devrait faire des droits humains une priorité et redynamiser les opérations de maintien de la paix de l’ONU afin de protéger les civils, tout en trouvant des moyens d’inciter les gouvernements à verser intégralement et dans les délais leurs contributions obligatoires et volontaires. Les États membres devraient étudier de meilleurs moyens de demander des comptes aux gouvernements qui manquent à leurs obligations.
Afin de lutter contre l’impunité pour les crimes contre l’humanité dans le monde, les pays vont bientôt négocier un nouveau traité visant à prévenir et à sanctionner ces graves violations des droits humains. Les crimes contre l’humanité comprennent notamment le meurtre, la torture, le viol et les violences sexuelles, la persécution, la disparition forcée, l’extermination, l’esclavage et l’apartheid, lorsqu’ils sont commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique contre une population. Les États membres de l’ONU devraient soutenir cette initiative, car ces crimes figurent parmi les infractions les plus graves au regard du droit international.
« Les dirigeants mondiaux devraient profiter de la tribune des Nations Unies pour dénoncer fermement les tentatives de certaines grandes puissances de bafouer les droits humains et de faciliter l’impunité face aux atrocités et autres crimes graves », a conclu Louis Charbonneau. « L’ONU et le système international des droits humains ne pourront survivre aux attaques actuelles que si les gouvernements prennent des mesures urgentes et fortes pour les défendre. »
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