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Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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24.06.2026 à 07:00

Cameroun : La promesse non tenue de réduire les violences basées sur le genre

Human Rights Watch

Click to expand Image © 2026 Diana Ejaita pour Human Rights Watch Les femmes et les filles au Cameroun sont confrontées à des violences domestiques et à une discrimination de genre continues, sans véritable protection ni accès à la justice.Les inégalités de genre systémiques enracinées, les lois discriminatoires et la faiblesse des institutions, exacerbées par le sous-investissement chronique dans la prévention et le soutien aux survivantes, alimentent les violences. Le gouvernement devrait d’urgence réformer les lois discriminatoires sur la famille, actualiser et adopter le Code de la famille en projet depuis longtemps, instaurer une réponse nationale coordonnée aux violences domestiques et veiller à ce que les services soient accessibles dans tout le pays.

(Nairobi) – Le gouvernement du Cameroun a manifestement failli à son engagement pris il y a plus d’une décennie de réduire considérablement les violences à l’égard des femmes et des filles, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Cet échec laisse les victimes et les survivantes exposées à des préjudices sans véritable protection ni accès à la justice, alors même que les autorités reconnaissent que les violences à l’égard des femmes et des filles s’aggravent.

Le rapport de 86 pages, intitulé « “Je vis dans l’insécurité permanente” : Discrimination, manque d’autonomie économique et violences à l’égard des femmes au Cameroun », documente les violences généralisées faites aux femmes, y compris les violences physiques, psychologiques et économiques, qui sont le plus souvent infligées par les maris et les partenaires intimes. Les chercheur-euse-s ont constaté que les abus physiques et économiques étaient utilisés pour restreindre l’accès aux ressources financières, à la sécurité sociale, à l’emploi, à la propriété et à l’indépendance économique. Ces violences ne sont pas des incidents isolés ; elles sont en réalité enracinées dans des inégalités de genre bien ancrées, des lois discriminatoires et des institutions faibles, et sont exacerbées par un sous-investissement chronique du gouvernement dans la prévention et le soutien aux survivantes.

24 juin 2026 « Je vis dans l’insécurité permanente »

« La violence à l’égard des femmes n’est pas simplement le fait d’actes violents commis par des individus : elle est rendue possible et aggravée par des lois discriminatoires et des défaillances institutionnelles du Cameroun qui laissent les survivantes sans protection », a déclaré Juliana Nnoko, conseillère senior auprès de la division Droits des femmes à Human Rights Watch. « Le gouvernement a un besoin urgent de lois, de politiques et de services qui répondent aux réalités des violences domestiques, donnent la priorité à la prévention et aident les survivantes à accéder à la justice. »

Entre septembre et décembre 2024, Human Rights Watch a mené des entretiens avec 60 femmes qui ont été victimes de violences domestiques et/ou de discrimination, ainsi que trois chefs religieux et sept responsables gouvernementaux qui gèrent des services sociaux à Maroua, Douala et Buéa. Les chercheur-euse-s ont également examiné plusieurs politiques et rapports gouvernementaux sur les violences basées sur le genre.

Bon nombre des femmes interviewées ont subi des conséquences économiques qui les ont enfermées dans des relations violentes en raison de la perte d’accès à leur revenu, à leur terre, à leur logement, à un emploi rémunéré et à la sécurité sociale. Les maris ont vendu des biens acquis conjointement sans consulter ou indemniser leur épouse, saboté des opportunités d’emploi, annulé des baux commerciaux et détruit du matériel professionnel.

Une femme a raconté qu’elle a passé près de trois décennies confinée dans la propriété familiale : il lui était interdit de sortir, de parler à d’autres personnes ou de réaliser son souhait de créer une petite entreprise, et elle était battue lorsqu’elle désobéissait.

Les femmes ayant demandé de l’aide aux autorités ont décrit avoir subi des pressions pour les amener à se réconcilier avec leurs agresseurs, avoir été tenues pour responsables des violences subies ou avoir fait l’objet de représailles après avoir dénoncé des abus. Plusieurs ont indiqué que leurs maris avaient des liens avec des policiers ou des autorités locales, ce qui rendait le signalement encore plus dangereux ou impossible.

« Je suis allée au commissariat de police, pensant qu’ils convoqueraient [mon mari] », a relaté Yvonne D., une femme de 54 ans travaillant dans le traitement de données à Douala, dont le nom complet, comme celui des autres femmes, n’est pas mentionné pour des raisons de sécurité. « Au lieu de cela, le policier a écouté sans prendre de notes, a souri et a simplement dit : “Vraiment ! Les femmes !” Quand je suis rentrée à la maison et que mon mari a découvert que j’étais allée voir la police, il m’a battue sévèrement devant nos enfants et m’a mise à la porte. »

L’obligation de rendre des comptes pour les abus reste limitée, ce qui renforce le climat d’impunité. « La famille, les affaires sociales et la police m’ont conseillé de persévérer [dans la préservation de mon mariage] pour le bien de mes enfants », a expliqué Rosalind E., coiffeuse de 44 ans vivant à Buéa. Lorsqu’elle s’est rendue au poste de police, une commissaire lui a recommandé « d’abandonner parce que c’est une affaire de famille ». Le procureur de l’État lui a également conseillé de stopper la procédure après l’arrestation de son mari, parce que celui-ci n’était pas disposé à coopérer avec la police.

En raison de la discrimination structurelle au Cameroun, les femmes sont systématiquement dépossédées de leurs terres et de leurs biens par des proches et des parents par alliance de sexe masculin, même lorsqu’elles possèdent des documents prouvant la propriété. Les frères et les oncles exploitent leur autorité pour s’emparer des terres ou les vendre, souvent au mépris des souhaits des parents décédés, tandis que les veuves sont intimidées en vue de les faire renoncer à leurs droits.

Toutes les femmes âgées interviewées ont décrit avoir subi des formes de discrimination multiples et croisées, y compris des obstacles à l’héritage de leurs parents, des droits discriminatoires sur les biens matrimoniaux pendant le mariage et lors du veuvage, et des barrières sexospécifiques à l’accès aux pensions et aux services publics essentiels. Malgré les procès et les documents officiels, les femmes restent vulnérables et privées de leur droit à la propriété.

En 2011, le gouvernement camerounais s’est engagé à lutter contre les violences basées sur le genre, notamment en réduisant leur prévalence de moitié. Cependant, au cours des 15 années qui ont suivi, le gouvernement n’a pas pris de mesures significatives pour respecter cet engagement. Un Code de la famille révisé, une réforme juridique indispensable pour protéger les droits des femmes et se conformer aux obligations du Cameroun en vertu du droit international, est en projet depuis plus de 20 ans. Le Cameroun ne dispose d’aucune politique ou directive nationale sur les violences domestiques.

Le cadre juridique actuel régissant les relations familiales contient des dispositions discriminatoires qui désignent les maris comme chefs de famille et principaux gestionnaires des biens matrimoniaux. Ces dispositions affaiblissent le pouvoir de décision des femmes quant au lieu de résidence, à l’emploi et à la gestion des biens immobiliers, piégeant les femmes dans des mariages violents.

La police, les professionnels de santé et les autorités judiciaires sont mal équipés pour protéger les survivantes ou traduire en justice les auteurs d’abus. Le gouvernement ne possède pas de système global et coordonné pour le recueil ou la ventilation des données sur les violences basées sur le genre, ce qui dissimule la véritable ampleur du problème, y compris la prévalence des violences domestiques et même des féminicides, aux décideurs et au public.

Le Cameroun est un État partie à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et au Protocole de Maputo de l’Union africaine; ces deux traités exigent que les gouvernements éliminent les lois discriminatoires, préviennent la violence à l’égard des femmes et des filles et garantissent des recours efficaces aux survivantes. Ces obligations comprennent l’adoption de mesures pour respecter, protéger et appliquer les droits des femmes à l’intégrité corporelle, à la non-discrimination et aux droits économiques, sociaux et culturels, y compris leurs droits à la propriété, au logement, à la santé, à la sécurité sociale, au travail et à un niveau de vie suffisant. La violence domestique n’est pas une affaire familiale privée : c’est une atteinte grave aux droits humains que les gouvernements doivent s’employer à prévenir et à résoudre, a déclaré Human Rights Watch.

Les obligations internationales du Cameroun exigent une réforme légale, un financement durable des services centrés sur les victimes et une responsabilisation efficace des auteurs d’abus. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais et son président, Paul Biya, gouvernent le Cameroun depuis plus de quatre décennies. Il n’est pas question ici de l’inaction de plusieurs gouvernements successifs : c’est le même parti et le même président qui portent la responsabilité continue de l’absence de mesures législatives significatives depuis des décennies pour éliminer les violences à l’égard des femmes.

« Le gouvernement devrait d’urgence réformer les lois discriminatoires sur la famille, actualiser et adopter le Code de la famille en projet depuis longtemps, instaurer une réponse nationale coordonnée aux violences domestiques et veiller à ce que les services soient accessibles dans tout le pays », a conclu Juliana Nnoko. « Être une femme au Cameroun ne devrait pas signifier d’avoir à subir la discrimination et la violence. »

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23.06.2026 à 18:32

Une action internationale ferme est essentielle pour mettre un terme aux atrocités au Soudan

Human Rights Watch

Click to expand Image Des personnes soudanaises priaient pour les victimes d'une frappe de drone à El-Obeid, dans l'État du Kordofan du Nord, au Soudan, le 12 janvier 2026. Les Forces de soutien rapide (FSR) étaient suspectées d’avoir mené cette attaque, parmi d'autres. © 2026 El Tayeb Siddig/Reuters

Le 20 juin, le Conseil de sécurité des Nations Unies a signalé un « risque imminent d’atrocités de masse » à El-Obeid, la capitale de l’État du Kordofan du Nord, dans l’ouest du Soudan ; cette région est depuis des mois l’épicentre de combats acharnés entre les Forces de soutien rapide (FSR) et les Forces armées soudanaises (FAS).

Ce conflit, qui a éclaté en avril 2023, a déjà fait des dizaines de milliers de morts, contraint des millions de personnes à fuir leurs foyers et provoqué l’une des pires catastrophes humanitaires au monde.

Le 18 juin, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a également lancé un « avertissement sévère » concernant le risque de nouvelles atrocités, alors que les FSR encerclaient El-Obeid selon les médias.

Lors de sa réunion concernant le Soudan prévue le 26 juin, le Conseil de sécurité devrait examiner la prise de mesures urgentes visant à empêcher les attaques des FSR. Le Conseil devrait imposer de nouvelles sanctions à l’encontre des commandants des FSR et de leurs principaux partisans, notamment aux Émirats arabes unis.

Tout au long du conflit, les FSR ont bénéficié d’un soutien militaire apporté par les EAU. Human Rights Watch a récemment révélé que des centaines de contractuels militaires privés colombiens, apparemment engagés par une société émiratie, ont transité par des installations militaires aux EAU avant d’être déployés au Soudan pour soutenir les FSR.

Certains gouvernements haussent le ton face à la multiplication des atrocités et des crimes de guerre au Soudan. Le 18 juin, au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, la Norvège, s’exprimant au nom de la Coalition pour la prévention des atrocités et la justice au Soudan, a exhorté les FSR à « cesser immédiatement » leur assaut contre El-Obeid.

Le soutien des Émirats arabes unis aux FSR doit être mis en lumière. Les preuves de plus en plus nombreuses du soutien matériel apporté par les EAU aux FSR ont conduit à des appels de plus en plus pressants pour que des pressions soient exercées sur ce pays. Les dirigeants du monde entier, en particulier les dirigeants africains et les membres de la Coalition susmentionnée, devraient rompre leur silence sur le rôle insidieux joué par les EAU dans l’attisement de ce conflit, et exiger que ce pays cesse de soutenir les FSR ; à l’inverse, les Émirats devraient user de leur influence sur les FSR pour empêcher de nouvelles atrocités.

L’heure est venue pour les gouvernements de montrer qu’ils se soucient du sort des civils soudanais, en agissant pour empêcher que les ceux-ci ne continuent de payer un prix incommensurable du conflit.

L’heure est venue pour les gouvernements de montrer qu’ils se soucient du conflit soudanais, en agissant pour empêcher que les civils ne continuent de payer un prix incommensurable.

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23.06.2026 à 01:00

Cambodge : Des aveux obtenus sous la contrainte réduisent au silence des activistes et opposants

Human Rights Watch

Click to expand Image Des prisonniers cambodgiens transportés dans un fourgon pénitentiaire étaient emmenés au Tribunal municipal de Phnom Penh, au Cambodge, le 17 mars 2022. © 2022 AP Photo/Heng Sinith Le gouvernement cambodgien recourt systématiquement à des moyens coercitifs pour obtenir et diffuser des aveux d’opposants politiques et d’activistes détenus, afin de nuire à leur réputation politique.En poussant des activistes à rejoindre le parti au pouvoir, les autorités cherchent à les discréditer et à consolider davantage un régime de parti unique.Le gouvernement cambodgien devrait abandonner les accusations à motivation politique, annuler les condamnations injustifiées et libérer immédiatement et sans condition les activistes et les opposants politiques détenus à tort.

(Bangkok) – Le gouvernement cambodgien recourt systématiquement à des moyens coercitifs pour obtenir et diffuser des aveux d’opposants politiques et d’activistes détenus, afin de nuire à leur réputation politique, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Ces mauvais traitements s’inscrivent dans le cadre d’une campagne menée depuis une décennie par le gouvernement contre ses opposants politiques, rendue possible par un système judiciaire contrôlé par le gouvernement et par des médias alignés sur les positions de l’État.

Ces dernières années, les autorités cambodgiennes ont fréquemment porté des accusations pénales sans fondement contre des membres de partis d’opposition et des activistes, afin de les contraindre ensuite à présenter des excuses publiques et à rejoindre le Parti populaire cambodgien (PPC), parti au pouvoir, en échange de leur libération. Les médias proches du PPC publient régulièrement des vidéos ou des déclarations de ces aveux obtenus sous la contrainte, afin de discréditer ces activistes politiques.

« Le parti au pouvoir au Cambodge menace les activistes politiques de poursuites pénales absurdes, puis les contraint à avouer des crimes inventés de toutes pièces pour obtenir leur libération », a déclaré Bryony Lau, directrice adjointe de la division Asie à Human Rights Watch. « En poussant des activistes à rejoindre le PPC, les autorités cherchent à les discréditer et à consolider davantage un régime “de facto” de parti unique. »

Human Rights Watch a examiné plus de 140 vidéos et reportages de médias relatant des excuses publiques et des aveux d’activistes au cours de la dernière décennie, et a mené des entretiens avec neuf personnes, dont des activistes, des membres de l’opposition politique, des proches de détenus et des avocats de la défense. Human Rights Watch n’a pas révélé publiquement l’identité de ces personnes, afin d’assurer leur protection. 

Les aveux obtenus sous la contrainte sont souvent filmés, et dans de nombreuses vidéos, les activistes font face à la caméra, vêtus d’uniformes de prisonniers orange ou bleus. Dans plusieurs vidéos, il semble que les activistes lisent des déclarations préparées à l’avance. Ces « aveux » s’accompagnent souvent d’excuses pour des crimes présumés liés à leurs activités politiques, ainsi que de demandes d’adhésion au parti au pouvoir.

Les activistes et les membres des partis d’opposition font de plus en plus l’objet d’accusations forgées de toutes pièces et subissent des pressions pour qu’ils changent de camp depuis que le dirigeant de longue date, Hun Sen, a quitté ses fonctions de Premier ministre et cédé son poste à son fils, Hun Manet, à l’issue des élections de 2023, entachées de graves irrégularités. Sous la direction du Premier ministre Hun Manet, le gouvernement a poursuivi sa répression contre l’opposition politique, les activistes environnementaux et sociaux, ainsi que toutes les formes de dissidence dans le pays. Des aveux forcés sont fréquemment adressés à Hun Sen, désormais président du Sénat, ainsi qu’à Hun Manet. 

« Ils sont venus me voir en prison et m’ont dit : “Si tu rejoins le PPC, ils te laisseront sortir d’ici” », a déclaré un activiste. Un avocat qui représente plusieurs opposants au gouvernement actuellement en détention a déclaré : « Parmi mes clients qui sont des activistes politiques, 100 % d’entre eux subissent des pressions pour avouer et rejoindre le parti au pouvoir afin d’être libérés. » 

Le contrôle exercé par le parti au pouvoir sur le pouvoir judiciaire permet l’utilisation abusive de poursuites pénales à l’encontre des activistes politiques, qui sont souvent inculpés d’« incitation à commettre un crime », un chef d’accusation passible d’une peine pouvant aller jusqu’à deux ans de prison. En 2022, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a conclu que les articles du code pénal cambodgien relatifs à l’incitation « sont libellés en des termes imprécis et excessivement [vagues] ».

Ces dernières années, le gouvernement a également inculpé des activistes de l’opposition pour « complot visant à attaquer l’État », une infraction plus grave passible de 5 à 10 ans de prison. 

L’absence d’indépendance judiciaire au Cambodge facilite les aveux obtenus sous la contrainte, car les tribunaux ne sont jamais intervenus pour mettre fin à des poursuites à motivation politique. Le parti au pouvoir contrôle le système judiciaire cambodgien depuis des décennies, les juges et les procureurs occupant des postes de haut niveau au sein du parti, notamment le président de la Cour suprême du Cambodge, qui est membre du Comité central influent du PPC. 

« Les juges sont des hauts responsables du PCC, ce sont tous des responsables du PCC », a déclaré un avocat. « Il n’y a donc aucun moyen de garantir que justice soit faite. »

En 2024, lors du dernier Examen périodique universel (EPU) du Cambodge, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a recommandé au gouvernement d’améliorer l’indépendance des juges et des procureurs et de garantir le droit à un procès équitable, soulignant que ces droits n’étaient pas respectés. Le gouvernement a accepté, au cours du processus d’examen, une recommandation visant à « poursuivre l’application des mesures visant à garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire », mais les tribunaux cambodgiens restent subordonnés au parti au pouvoir. 

Une fois que les membres de partis d’opposition et autres activistes sont arrêtés et inculpés, ils sont presque toujours placés en détention provisoire et se voient refuser la liberté sous caution. Les prisons cambodgiennes sont notoirement surpeuplées, et des détenus ont décrit des conditions de détention déplorables, notamment un manque d’accès à la nourriture, à l’eau potable et aux soins médicaux, ainsi que de tortures et d’autres mauvais traitements. 

En mai 2022, le Comité des droits de l’homme des Nations Unies, qui veille au respect du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), a recommandé au gouvernement cambodgien de « réduire sensiblement la surpopulation dans les prisons » et de « redoubler d’efforts pour améliorer les conditions de détention ». Pourtant, depuis lors, le problème de la surpopulation carcérale s’est aggravé.

Plusieurs activistes ont déclaré que les conditions de détention difficiles exerçaient une pression supplémentaire pour les pousser à avouer. « Nous dormons entassés comme des sardines, il n’y a pas de place pour s’allonger », a déclaré un activiste politique, précisant qu’il devait verser entre 200 et 250 dollars US de pots-de-vin chaque mois pour obtenir une nourriture suffisante et des produits d’hygiène. 

De nombreuses excuses et aveux obtenus sous la contrainte sont enregistrés puis diffusés sur Fresh News, un média proche du gouvernement qui sert de porte-parole au PCC. Au cours de la dernière décennie, Fresh News a diffusé au moins 90 aveux enregistrés, dont beaucoup ont été enregistrés en prison avec des activistes vêtus d’uniformes pénitentiaires.

Un activiste qui a été arrêté, puis a avoué en échange de sa libération, a déclaré que la diffusion publique de ses aveux avait entraîné la méfiance et la discrimination de la part de ses anciens collègues et amis : « Il y a l’isolement, la solitude, le désespoir… les gens cessent de vous parler, d’interagir avec vous. Vous êtes sur la liste noire. »

Le gouvernement cambodgien devrait abandonner les poursuites à motivation politique, annuler les condamnations injustifiées et libérer immédiatement et sans condition les activistes et les responsables politiques de l’opposition détenus à tort, a déclaré Human Rights Watch.

« Depuis des années, les aveux forcés obtenus par les autorités cambodgiennes tournent en dérision le droit à un procès équitable et les libertés politiques dans ce pays », a conclu Bryony Lau. « Si ces aveux, conçus pour la télévision d’État, se poursuivent, personne au Cambodge ni à l’étranger ne devrait prendre au sérieux les élections communales de 2027 ni les élections nationales prévues en 2028. »

Suite détaillée en ligne en anglais.

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