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Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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09.04.2026 à 07:00

Sénégal : Dix ans d’incertitude suite à des déplacements liés au climat

Human Rights Watch

Click to expand Image Deux hommes tâchaient d’extraire de l’eau une barque ayant coulé lors d’inondations au large de la péninsule de la Langue de Barbarie, située a l’ouest de Saint-Louis, au Sénégal, face à l’océan Atlantique, le 7 mars 2023. © 2023 Raquel Maria Carbonell Pagola/LightRocket via Getty Images

(Dakar) – Dix ans après la destruction de leurs maisons par des inondations côtières au Sénégal, de nombreuses familles continuent de vivre dans des conditions précaires sur un site appelé Khar Yalla, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Malgré des progrès récents, le gouvernement n’a toujours pas proposé de solution permanente et durable aux familles déplacées.

Les quelque 1 000 personnes qui ont perdu leur logement à la suite des raz-de-marée de 2015 et 2016 vivaient dans des communautés traditionnelles de pêcheurs sur la péninsule de la Langue de Barbarie, qui fait partie de la ville de Saint-Louis, dans le nord du Sénégal. Fin 2016, après que les familles eurent vécu dans des tentes pendant des mois, les autorités locales les ont déplacées vers Khar Yalla, leur accordant des permis d’occupation temporaires en attendant une solution permanente. Les autorités locales et nationales avaient alors noté que ce site était lui-même exposé au risque d’inondations et dépourvu de services essentiels, et donc peu adapté à une habitation permanente. Pourtant, près de 10 ans plus tard, et alors que la prochaine saison des inondations est prévue en septembre, aucune solution de remplacement n’a été proposée aux familles, qui continuent de subir des violations de leur droit à un logement permanent et adéquat. 

« Vivre dans l’incertitude pendant dix ans est une réalité inacceptable pour des familles déjà traumatisées par les déplacements liés au climat », a déclaré Erica Bower, chercheuse sur les déplacements liés au climat à Human Rights Watch. « Le gouvernement sénégalais devrait fournir aux familles de Khar Yalla le strict minimum pour qu’elles puissent s’y sentir chez elles : des permis permanents qui leur permettraient de régulariser leur situation foncière. »

Lors d’une visite effectuée du 24 au 26 mars 2026, Human Rights Watch a constaté que certains progrès avaient été réalisés depuis la publication de son rapport sur cette situation, en août 2025. Une douzaine des 68 ménages disposent désormais de l’électricité, bien que les coûts d’installation soient prohibitifs pour beaucoup. Les autorités locales et régionales enquêtent sur cette situation, et ont rendu visite aux familles de Khar Yalla pour la première fois depuis des années. 

Bien que ces développements soient encourageants, le gouvernement sénégalais devrait agir davantage en délivrant des permis permanents aux familles de Khar Yalla, ouvrant ainsi la voie à une solution véritablement durable. Des permis permanents permettraient aux familles d’agrandir leurs habitations surpeuplées, d’achever la construction de leur centre pour femmes, de bâtir un mur pour prévenir les inondations et d’envisager un avenir plus digne. 

Les familles de Khar Yalla ne sont pas les seules dans ce type de situation. Des centaines d’autres familles ont été déplacées à l’intérieur du Sénégal en raison des marées de tempête côtières. Selon le Centre de surveillance des déplacements internes (Internal Displacement Monitoring Centre, IDMC) plus de 57 000 personnes ont été déplacées par les inondations au Sénégal rien qu’en 2024. À mesure que le changement climatique s’accélère, le nombre de personnes déplacées par des catastrophes et ayant besoin d’une solution durable devrait augmenter. 

Le Sénégal a déjà investi davantage que de nombreux pays pour venir en aide aux communautés déplacées en raison du changement climatique, mais les autorités ont exclu les familles de Khar Yalla de ces efforts. L’expérience de Khar Yalla offre des enseignements sur le processus de relogement planifié qui devraient être pris en compte dlors de futures initiatives. Parmi ces enseignements figurent la réalisation d’un recensement complet pour identifier les personnes déplacées depuis le plus longtemps, le choix de sites non exposés aux inondations et l’octroi aux familles de permis de séjour permanents et non temporaires. 

Les mesures ponctuelles, temporaires et réactives ne devraient pas devenir la norme. Pour éviter que des relogements mal planifiés ne se transforment en déplacements prolongés, le Sénégal devrait planifier à l’avance. Cela implique de documenter systématiquement les enseignements tirés des cas existants et d’adopter des cadres juridiques garantissant que les relogements planifiés respectent les droits. 

La relocalisation planifiée des personnes déplacées par le changement climatique comporte des risques sérieux et devrait constituer un dernier recours, tandis que la priorité devrait être accordée aux solutions d’adaptation qui leur permettent de rester dans leurs communautés. La planification devrait respecter les principes des droits humains tels que le consentement éclairé, la participation significative et la non-discrimination. Un cadre politique national sur la relocalisation planifiée devrait fournir des orientations sur la manière de mettre en œuvre ces principes dans la pratique, de réaliser des recensements exhaustifs des personnes déplacées et d’établir des critères garantissant que les sites sélectionnés respectent les droits des bénéficiaires.

Certains gouvernements, comme celui des Îles Salomon dans le Pacifique, ont élaboré de telles politiques autonomes, et d’autres, comme celui du Panama, sont en train d’élaborer des protocoles nationaux. Aucun pays d’Afrique n’a encore franchi ce pas. Le Sénégal est particulièrement bien placé pour établir la norme en matière d’adaptation respectueuse des droits à travers l’Afrique, a déclaré Human Rights Watch.

Compte tenu de l'annonce récente selon laquelle le gouvernement mène actuellement des consultations sur un éventuel projet de loi sur le changement climatique, le Sénégal a l'occasion de jeter les bases juridiques d'un décret national sur les déplacements liés au climat et les réinstallations planifiées. « Les membres des communautés déplacées comme celle de Khar Yalla devraient avoir leur mot à dire lors de l'élaboration de toute loi ou politique concernant leur réalité quotidienne », a déclaré Fatoumata Kine Mbodji, représentante de Lumière Synergie pour le Développement, une organisation non gouvernementale qui travaille en étroite collaboration avec les familles de pêcheurs de Saint-Louis.

Le gouvernement sénégalais est tenu, en vertu du droit national, régional et international, de respecter et de garantir les droits économiques, sociaux et culturels des personnes, et de les protéger contre les risques raisonnablement prévisibles qui menacent ces droits, y compris les impacts du changement climatique tels que l’élévation du niveau de la mer. L’adaptation au changement climatique devrait être mise en œuvre d’une manière qui ne porte pas atteinte à leurs droits. 

« La crise prolongée à Khar Yalla démontre que, sans politique nationale, les relogements ponctuels perpétuent la précarité plutôt que d’apporter des solutions durables », a conclu Erica Bower. « Mais en faisant preuve de volonté politique, le Sénégal a l’occasion de devenir un leader régional et mondial à l’égard de cette question cruciale liée à la justice climatique. »

08.04.2026 à 21:00

Soudan : Arrestations arbitraires par l’armée et les forces de sécurité

Human Rights Watch

Click to expand Image Des membres des Forces armées soudanaises avançaient vers le pont de Shambat à Khartoum, le 27 avril 2025. © 2025 Giles Clarke/Avaaz via Getty Images Les Forces armées soudanaises et des forces affiliées ont arbitrairement détenu, torturé et maltraité des civils dans les zones sous leur contrôle, et leur ont refusé le droit à un procès équitable.L’armée a mené une campagne de terreur et de représailles contre des personnes qu’elle qualifie de collaborateurs, en raison de leur identité ethnique, de leur travail humanitaire, de leur affiliation politique ou du fait qu’elles aient vécu sous le contrôle des Forces de soutien rapide.Les autorités devraient prendre des mesures pour mettre fin aux détentions arbitraires, à la torture et aux mauvais traitements, et offrir des réparations aux détenus et à leurs familles. Les acteurs internationaux et régionaux devraient clairement signaler aux dirigeants militaires qu’ils seront tenus responsables de ce type d’abus.

(Nairobi, le 8 avril 2026) –Les Forces armées soudanaises (FAS) et des forces de sécurité affiliées ont arbitrairement arrêté, torturé et maltraité des civils dans les zones sous leur contrôle, et leur ont refusé le droit à un procès équitable, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.

Les forces de sécurité et l’armée ont arrêté des civils pour leur collaboration présumée avec les Forces de soutien rapide (FSR), en conflit avec l’armée, en particulier dans les zones dont l’armée a repris le contrôle, et souvent sur la seule base de leur identité ethnique, de leur affiliation politique réelle ou supposée, ou de leur travail humanitaire. La privation illégale de liberté, les mauvais traitements et la torture infligés à des civils sont susceptibles de constituer des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité.

« Les Forces armées soudanaises et leurs alliés ont mené une campagne de terreur et de représailles contre des personnes qu’ils qualifient de collaborateurs, en raison de leur identité, de leur action humanitaire, de leurs activités politiques ou simplement parce qu’elles ont vécu sous le contrôle des Forces de soutien rapide », a déclaré Mohamed Osman, chercheur sur le Soudan à Human Rights Watch. « Les témoignages d’anciens détenus, de leurs proches et d’avocats brossent un tableau sombre d’abus arbitraires encouragés par un climat d’impunité. »

L’armée soudanaise et les forces qui lui sont affiliées ont maintenu des détenus au secret, privant ainsi les familles d’informations et d’un accès à leurs proches, et ont dans certains cas procédé à des disparitions forcées, a constaté Human Rights Watch. Le contrôle exercé par les procureurs et les juges est insuffisant ; les détenus sont privés d’accès à une assistance juridique, ou n’y ont qu’un accès limité. Human Rights Watch a eu connaissance d’au moins deux décès dus à la torture et aux mauvais traitements en détention. Les autorités sont présumées responsables des décès survenus en détention, ce qui leur impose l’obligation de mener des enquêtes rapides, impartiales et efficaces dans de tels cas. 

Entre juin 2025 et février 2026, Human Rights Watch a mené des entretiens avec 28 personnes : 7 anciens détenus, 9 proches de détenus, 11 avocats et activistes, ainsi qu’un membre des forces de sécurité. Ces personnes ont décrit des exactions commises à l’encontre d’hommes et de femmes détenus par les Forces armées soudanaises et leurs affiliés dans des zones contrôlées par l’armée ou que cette dernière a reprises aux FSR depuis 2024, notamment à Khartoum, dans les États de Gezira, Gedaref, de la Mer-Rouge et du Nord.

Click to expand Image Carte du Soudan montrant les États où les Forces armées soudanaises et des forces affiliées ont procédé à des détentions arbitraires depuis 2024, selon les recherches effectuées par Human Rights Watch. Il s’agit des États du Nil, de Khartoum, de Gezira et de Gedaref, ainsi que de la Mer-Rouge, dont Port-Soudan est la capitale.  Graphisme © 2026 Human Rights Watch

Le 18 mars, Human Rights Watch a adressé des courriers au bureau du Président du Conseil de souveraineté de transition, ainsi qu’au bureau de la Procureure générale, pour leur faire part de ses conclusions. Les deux instances ont répondu le 2 avril. Dans sa réponse, la Procureure générale a rejeté les allégations d’arrestations arbitraires et de décès en détention, à l’exception d’un cas pour lequel elle a reconnu qu’une procédure pénale était en cours, sans toutefois fournir de détails sur les personnes mises en cause.

Si certains rapports indiquent une diminution de certains abus, les détentions abusives persistent, dans un contexte de contrôle insuffisant de la part des procureurs et des juges.

Les personnes interrogées ont déclaré que plusieurs forces, regroupées au sein de « cellules de sécurité », avaient été impliquées dans des détentions illégales. Ces cellules de sécurité comprennent les services des renseignements généraux, les services du renseignement militaire et parfois, une milice affiliée à l’armée, le bataillon al-Baraa Ibn Malik.

Un policier affecté à une cellule de sécurité à Omdurman, dans l’agglomération de Khartoum, la capitale, a déclaré qu’en avril 2025, il avait vu des collègues de sa cellule maltraiter une femme, l’accusant de collaborer avec les Forces de soutien rapide : « Nous nous sommes rendus [chez elle] à bord de trois véhicules. Deux hommes du bataillon al-Baraa Ibn Malik ont fait irruption, ils étaient armés et l’ont rapidement fait sortir à moitié nue, en la frappant et en la giflant au visage, avant de la jeter à l’arrière d’une de nos camionnettes. »

Des organisations de défense des droits ont également fait état de la détention de centaines de femmes accusées de collaboration avec les FSR en raison de leur appartenance ethnique ou de leur lieu de résidence, dont au moins 25 ont été condamnées à mort. En janvier 2026, le chef militaire Abdel Fattah al-Burhan s’est rendu à la prison pour femmes d’Omdurman et a ordonné la libération de 400 femmes, dont certaines étaient accusées de collaboration, en demandant aux responsables de réexaminer la situation des détenues dans les prisons. Plusieurs avocats et observateurs ont indiqué que de nombreuses femmes étaient toujours en détention à Omdurman et dans d’autres prisons, sans avoir bénéficié d’une procédure régulière.

Une femme de 35 ans et ses deux frères ont fui l’État de Gezira, contrôlé fin février 2024 par les FSR, pour se réfugier à Port-Soudan. Des agents des services de sécurité de Port-Soudan les ont arrêtés, les accusant d’être des collaborateurs. « J’ai été frappée partout, alors même que je leur avais dit que j’étais diabétique », a déclaré la femme. « Ils n’ont eu de cesse de me frapper et de me gifler avec leurs mains, des bâtons et des fouets, tout en m’insultant. Je me suis sentie totalement humiliée, comme si je n’étais plus un être humain. Ils m’ont battue jusqu’à ce que je me souille de manière involontaire. » La femme a été libérée au bout d’une semaine sans être inculpée et a fui le pays.

D’anciens détenus et plusieurs avocats ont déclaré que des membres des services de sécurité et des services du renseignement militaire qui ont agi de leur propre chef, avaient illégalement détenu des personnes dans des installations militaires, notamment des bases de l’armée, ainsi que dans des habitations transformées en lieux de détention. Dans sa réponse, la Procureure générale a réfuté ces deux allégations, affirmant que les détenus étaient uniquement placés en garde à vue ou incarcérés dans des prisons et qu’ils faisaient l’objet de visites régulières de la part des procureurs chargés de vérifier la légalité de leurs conditions de détention. 

Parmi les personnes récemment victimes de détentions arbitraires figure un homme de 25 ans arrêté chez lui au début du mois de février 2026 par des hommes armés, dont certains portaient l’uniforme militaire. Cet homme a ensuite été victime d’une disparition forcée : « Ils sont entrés dans la maison et ont commencé à le rouer de coups, l’accusant d’être un collaborateur », a déclaré son frère, âgé de 40 ans. « Nous leur avons demandé où ils l’emmenaient, mais ils ont refusé de nous répondre. L’un d’eux a dit : "Vous feriez mieux de passer à autre chose ; votre frère ne reviendra pas." » Il a déclaré qu’il pensait que son frère avait été arrêté parce qu’il avait participé à des manifestations lors du coup d’État militaire de 2021. La dernière fois que la famille a vu le jeune homme, il était aux mains de la cellule de sécurité locale au moment où celle-ci l’emmenait. Au 9 mars, malgré de multiples efforts pour déterminer sa situation ou le lieu où il se trouvait, il était toujours victime d’une disparition forcée.

Des preuves indiquent que l’armée a pris pour cible plusieurs individus en raison de leur identité, en se concentrant sur des personnes originaires du Darfour, dans l’ouest du Soudan, qu’elle considère comme des collaborateurs, puisque les Forces de soutien rapide sont originaires du Darfour. Un homme détenu a déclaré à Human Rights Watch que lui-même et d’autres Darfouriens réfugiés à Khartoum avaient été battus et arrêtés par des membres des forces de sécurité, qui leur avaient dit : « Vous, les Darfouriens, vous êtes des fauteurs de troubles ; c’est vous qui nous avez apporté la guerre jusqu’ici. »

L’armée et ses affiliés semblent également avoir pris pour cible des membres de la société civile, notamment des travailleurs humanitaires locaux, en les accusant de collaboration. L’une des personnes interviewées qui travaille dans l’est de Khartoum a déclaré qu’après que l’armée a repris le contrôle de la zone en mars 2025, les forces des cellules de sécurité avaient interrogé des membres de son groupe de bénévoles et expulsé de force des civils déplacés des abris où ils avaient trouvé refuge. Il a ajouté qu’en avril, ils l’avaient détenu pendant 17 jours, l’interrogeant sur les soupes populaires gérées par son groupe, ainsi que leurs sources de financement. La Procureure générale a nié de telles accusations.

Le Bureau de la Procureure générale, en collaboration avec le pouvoir judiciaire, devrait immédiatement libérer toutes les personnes détenues illégalement et autoriser des observateurs et enquêteurs indépendants à accéder aux lieux de détention officiels ou informels. Le 15 avril marque le troisième anniversaire du début du conflit, et il est grand temps que les autorités autorisent un accès total et sans entrave au pays d’une part à la Mission internationale indépendante d’établissement des faits pour le Soudan, mandatée par les Nations Unies, et d’autre part à la Mission d’établissement des faits conjointe sur la situation des droits de l’homme au Soudan mandatée par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP). La Procureure générale a réaffirmé sa position selon laquelle la mission d’enquête n’était pas nécessaire, dès lors que son bureau et les autorités locales menaient déjà des enquêtes et qu’il n’y avait donc pas besoin de mécanismes d’enquête internationaux.

Les acteurs et entités internationaux et régionaux devraient appeler publiquement les responsables de l’armée et les autorités qui leur sont affilées à mettre fin aux actions discriminatoires visant certaines communautés et catégories de personnes, notamment les bénévoles locaux, à veiller à ce que toute procédure judiciaire engagée repose sur des preuves crédibles, et à respecter scrupuleusement les garanties de procédure.

Fin février, cinq pays – l'Allemagne, l'Irlande, la Norvège, les Pays-Bas et le Royaume-Uni –ont formé une coalition visant à prévenir les atrocités au Soudan. Cette instance devrait prendre des mesures concrètes pour lutter contre les pratiques de détention abusives, notamment les arrestations en cours fondées sur l’appartenance ethnique, l’action humanitaire ou l’activisme politique. Elle devrait soutenir les enquêtes en cours, faire pression pour obtenir un accès indépendant aux centres de détention et appuyer les efforts visant à étendre la compétence de la Cour pénale internationale à l’ensemble du Soudan.

« Les autorités devraient mettre fin aux détentions arbitraires et fournir des réparations aux détenus et à leurs familles », a conclu Mohamed Osman. « Les acteurs internationaux et régionaux devraient clairement signaler aux dirigeants des Forces armées soudanaises qu’ils seront tenus responsables de ces abus. »

Suite détaillée en ligne en anglais. 

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08.04.2026 à 20:50

À Cuba, la libération de prisonniers a exclu les opposants

Human Rights Watch

Click to expand Image Des jeunes hommes quittaient la prison de La Lima, à La Havane, le 3 avril 2026, au lendemain de l’annonce par le gouvernement cubain de la libération de 2 010 prisonniers. Toutefois, de nombreux prisonniers politiques sont toujours incarcérés.  © 2026 Yamil Lage / AFP via Getty Images

Le 2 avril, le gouvernement cubain a annoncé la libération de 2 010 prisonniers, qualifiant cette mesure de « geste humanitaire ». Cette annonce a au début suscité l’espoir chez de nombreuses familles de prisonniers politiques ; mais ni Human Rights Watch ni d’autres organisations de la société civile, notamment Prisoners Defenders et Justicia 11J, n’ont identifié de prisonniers politiques parmi les personnes libérées.

Dans son communiqué, le gouvernement cubain a déclaré qu’il exclurait, entre autres, les personnes condamnées pour des « crimes contre l’autorité ». En vertu de la législation cubaine, cela inclut des délits tels qu’« outrage », « propagande » ou « agression », que le gouvernement utilise depuis des décennies pour cibler et poursuivre arbitrairement des détracteurs.

Plus de 700 prisonniers politiques sont toujours derrière les barreaux à Cuba, selon des ONG dont Justicia 11J et Prisoners Defenders ; des centaines d’autres sont soumis à l’assignation à résidence et à d’autres restrictions. Parmi eux figure Luis Manuel Otero Alcántara, un artiste condamné à cinq ans de prison pour « outrage aux symboles nationaux », entre autres crimes, après avoir recouvert ses épaules d’un drapeau cubain, en signe de protestation contre une nouvelle loi sur l’utilisation des symboles nationaux. Il a été arrêté en juillet 2021, après avoir publié une vidéo dans laquelle il annonçait qu’il se joindrait a une importante manifestation.

En mars 2026, Leonard Richard González Alfonso, un autre artiste, a été condamné à sept ans de prison pour « propagande contre l’ordre constitutionnel », après avoir peint les phrases « Jusqu’à quand ? Ils sont en train de nous tuer » (« ¿Hasta cuándo? Nos están matando ») sur un mur.

Des anciens détenus, précédemment libérés à la suite de négociations menées par le Vatican en janvier 2025, décrit des mauvais traitements infligés dans les prisons cubaines ; ils ont évoqué des coups, l'isolement cellulaire, des conditions d'hygiène déplorables et un manque d'accès à la nourriture et à l'eau potable. Plusieurs ex-détenus ont déclaré à Human Rights Watch qu'ils restaient sous surveillance constante et soumis à des conditions restrictives, et qu'ils craignaient d'être à nouveau arrêtés. Au moins sept prisonniers politiques ont depuis été renvoyés en prison, pour des actes tels que la publication en ligne de contenus critiques a l’égard du gouvernement, ou le fait de ne pas s'être présentés devant les autorités.

Le gouvernement devrait libérer immédiatement et sans condition tous les prisonniers politiques. Les Cubains devraient pouvoir s’exprimer librement, sans crainte. L’embargo américain et son blocus pétrolier brutal ne constituent pas une excuse pour maintenir en prison les personnes qui critiquent le gouvernement.

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