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Human Rights Watch News
 
Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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14.10.2026 à 18:59

Libye : Les autorités de l’est du pays ont procédé à une vague d’exécutions

Human Rights Watch

Click to expand Image Le chef des Forces armées arabes libyennes (FAAL) qui contrôlent l'est et une partie du sud de la Libye, Khalifa Haftar (au centre), assistait à une conférence à Sabha, dans la région de Fezzan, le 5 septembre 2024.  © 2024 Khaled Nasraoui/picture-alliance/dpa/AP Photo

(Beyrouth, 14 octobre 2026) – Les Forces armées arabes libyennes (FAAL, ou LAAF en anglais), qui contrôlent l’est et le sud de la Libye, ont exécuté au moins 31 personnes depuis fin août à l’issue de procès militaires manifestement inéquitables, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Il s’agit des premières exécutions connues en Libye depuis 2010, et au moins 50 autres personnes détenues à la prison militaire de Gernada risquent d’être exécutées d’un jour à l’autre.

Le 23 août, le procureur militaire des FAAL a annoncé que 10 personnes avaient été exécutées par un peloton d’exécution après avoir été reconnues coupables de meurtre et d’infractions liées au terrorisme. Des organisations de défense des droits humains ont recensé un total d’au moins 31 exécutions au 10 septembre. Les FAAL, dirigées par le général Khalifa Haftar, devraient immédiatement mettre fin à toutes les exécutions et instaurer un moratoire sur la peine de mort, a déclaré Human Rights Watch. 

« Les Forces armées arabes libyennes procèdent à des exécutions à l’issue de procès secrets fondés sur des aveux qui auraient été obtenus sous la torture, devant des tribunaux dont la Cour suprême de Libye elle-même a déclaré qu’ils ne devaient pas juger des civils », a déclaré Bassam Khawaja, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Chaque exécution menée dans ces conditions constitue une injustice irréversible, et tout gouvernement exerçant une influence sur les FAAL devrait faire pression avec force pour empêcher la prochaine mise à mort. »

Plusieurs personnes exécutées avaient été arrêtées dans les villes de Derna et de Benghazi lors du conflit armé qui a opposé les FAAL à des groupes armés adverses entre 2014 et 2018, ou par la suite. Entre 2018 et 2021, les tribunaux militaires de l’est de la Libye ont condamné des centaines de civils lors de procès secrets visant des détracteurs réels ou présumés des FAAL, condamnant au moins 22 d’entre eux à mort. 

Selon Amnesty International, bon nombre de ces condamnations reposaient sur des aveux qui auraient été obtenus sous la torture par l’Agence de sécurité intérieure, un groupe armé affilié aux FAAL. Au moins deux condamnations à mort ont été commuées en réclusion à perpétuité en appel par une juridiction militaire supérieure en 2019, mais les accusés ont néanmoins été exécutés cette année.

Les exécutions ont également eu lieu malgré un arrêt rendu en novembre 2025 par la chambre constitutionnelle de la Cour suprême de Libye, qui a déclaré inconstitutionnelle la loi n° 4/2017 dans la mesure où elle confère aux tribunaux militaires la compétence de juger des civils pour terrorisme et crimes contre l’État. 

Des organisations locales de défense des droits humains ont déclaré que ces procès militaires avaient violé les droits des accusés à un procès équitable. Ils se sont déroulés à huis clos et sans préavis. Les familles des accusés, les journalistes et les organisations de défense des droits humains n’ont pas été autorisés à y assister. Plusieurs accusés se sont vu refuser le droit de choisir leur propre avocat ; quant à ceux qui en avaient un, ils n’ont pas pu recevoir de visites avant ni pendant le procès, et n’ont pas pu s’entretenir avec eux en privé. Ils n’auraient apparemment pas été autorisés à présenter leur défense devant le tribunal, ni à examiner les preuves retenues contre eux. Les verdicts ont été rendus sans que les accusés ou leurs avocats ne reçoivent de jugements écrits et motivés.

Juger des civils devant des tribunaux militaires est incompatible avec le droit à un procès équitable tel que le prévoit le droit relatif aux droits humains, et de tels procès violent le droit d’être jugé par un tribunal indépendant et impartial. En Libye, les procureurs militaires ne sont souvent pas habilités à enquêter sur des civils et manquent d’indépendance. Les procureurs et juges militaires de l’est de la Libye sont eux-mêmes affiliés aux FAAL, ou à des groupes armés alliés. 

Les familles des accusés n’ont pas été informées à l’avance de la tenue des exécutions. Les autorités ont refusé de remettre les corps des personnes exécutées, ont demandé aux proches de confirmer l’identité des défunts, puis les ont enterrés en l’absence des familles et ont interdit à ces dernières d’organiser des funérailles. Les exécutions secrètes et le refus d’accorder aux familles une dernière visite constituent des violations du droit international, notamment en infligeant de graves souffrances psychologiques aux personnes exécutées et à leurs proches, en violation de l’interdiction absolue de la torture et des autres mauvais traitements.

La Libye reste divisée entre deux autorités rivales. Le Gouvernement d’unité nationale (Government of National Unity, GNU), basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale, contrôle l’ouest du pays, aux côtés d’agences de sécurité et de groupes armés qui lui sont affiliés. Les FAAL, ainsi que les forces et milices qui lui sont affiliées, contrôlent l’est et le sud de la Libye. Les deux camps agissent dans une impunité quasi totale. 

Les Nations Unies et le GNU ont condamné ces exécutions. Les gouvernements qui financent, forment et légitiment les FAAL disposent d’un réel moyen de pression et ont la responsabilité de l’utiliser, tant en public qu’en privé, pour exhorter les dirigeants des FAAL à mettre fin à toutes les exécutions, a déclaré Human Rights Watch.

Le secteur judiciaire libyen est fragmenté et profondément polarisé. Human Rights Watch a précédemment fait état d’une législation obsolète et répressive, d’un manque de garanties d’un procès équitable et de violations généralisées des règles de procédure régulière. Des milices qui n’ont de comptes à rendre à personne contrôlent des prisons qui ne relèvent que nominalement des ministères de l’État. 

Les autorités libyennes, tant à l’est qu’à l’ouest, devraient limiter la compétence des tribunaux militaires aux infractions militaires commises par des militaires et cesser purement et simplement de juger des civils devant ces tribunaux. Elles devraient réexaminer sans délai tous les cas de civils détenus et poursuivis à tort devant des tribunaux militaires et leur accorder des recours effectifs, notamment la libération, le transfert vers des tribunaux civils ou un nouveau procès conforme aux normes internationales en matière de procès équitable, en tenant compte de la peine déjà purgée. 

Human Rights Watch s’oppose à la peine de mort dans tous les pays et en toutes circonstances, car elle est intrinsèquement inhumaine, d’une cruauté sans pareille et irréversible, et universellement entachée d’arbitraire, de préjugés et d’erreurs. À ce jour, 92 pays ont ratifié un protocole au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) qui exige l’abolition de la peine de mort, reconnaissant que la peine capitale viole le droit à la vie et l’interdiction des peines cruelles, inhumaines ou dégradantes. La Libye devrait abolir la peine de mort et, d’ici là, instaurer un moratoire sur toutes les exécutions.

« Pendant plus de 15 ans, aucune exécution n’avait eu lieu en Libye, mais les FAAL ont brisé ce moratoire en l’espace de quelques semaines », a observé Bassam Khawaja. « La vie d’au moins 50 autres personnes dépend désormais de la décision des forces de Khalifa Haftar, et l’influence des gouvernements qui les soutiennent, de mettre fin ou non à cette pratique. »

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OLJ  

Democrata.es

14.10.2026 à 10:02

Les manifestations des lycéens français accueillies par un recours excessif à la force

Human Rights Watch

Click to expand Image Des étudiants lèvent la main devant des policiers alors qu'ils manifestent devant Sciences Po lors d'un rassemblement contre la surpopulation et la dégradation des locaux de l'établissement, à Paris, en France, le 7 octobre 2026. © 2026 Tom Nicholson/Getty Images

Les images des manifestations de lycéens en cours en France, montrant des forces de l'ordre anti-émeutes lourdement armées utilisant des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes, des matraques, des balles en caoutchouc et des méthodes de coercition brutales à l'encontre d'enfants, ont suscité l'inquiétude au niveau national et international.

Partout en France, des lycéens descendent dans la rue depuis le 21 septembre, exaspérés par le sous-investissement chronique du gouvernement dans leur éducation, qui se traduit par une pénurie d’enseignants, des classes surchargées et des établissements scolaires inadaptés. Bien que des écoles aient été bloquées et que certains manifestants aient recouru à la violence, les manifestations ont été, dans leur grande majorité, pacifiques.

Le recours à la force par la police en réponse à ces manifestations a entraîné de graves blessures chez des enfants, notamment un garçon de 15 ans qui a perdu une main à cause d’une grenade assourdissante explosive lancée par la police, et un garçon de 14 ans dont la mâchoire a été fracturée par une grenade lacrymogène tirée à bout portant par la police. Le gouvernement a annoncé une suspension temporaire de l’utilisation des grenades assourdissantes.

La police aurait interpellé plus de 6 800 personnes depuis le début des manifestations ; parmi elles, 86 % seraient des enfants. Les autorités auraient également ouvert 36 enquêtes internes sur des allégations de fautes professionnelles commises par la police. Mais en France, les enquêtes internes aboutissent rarement à de réelles condamnations.

Le recours excessif à la force par la police lors de manifestations n’est pas nouveau en France. Human Rights Watch a documenté des blessures graves causées par la police lors du mouvement des « gilets jaunes » de 2018. Et les manifestations de 2023 contre la réforme des retraites ainsi que les manifestations écologistes ont également été marquées par un tel recours à la force. Les manifestations étudiantes actuelles ont débuté dans des établissements scolaires situés dans des quartiers populaires, où les jeunes racisés subissent et redoutent constamment le harcèlement policier et la violence d’État.

Au lieu de s’attaquer aux problèmes persistants liés au recours excessif à la force par la police, le gouvernement cherche à renforcer le droit des forces de l’ordre à recourir à la force. À l’étude depuis début 2026, un projet de loi propose d’accorder aux agents une « présomption de légalité » lorsqu’ils utilisent leurs armes à feu. Les organisations de défense des droits mettent en garde contre le risque que ces changements abaissent le seuil à partir duquel la police peut recourir aux armes à feu et soustraient les forces de l’ordre au contrôle judiciaire.

Les autorités françaises devraient cesser de traiter les enfants qui manifestent pacifiquement comme un danger qu’il faut neutraliser. Au contraire, le gouvernement devrait respecter ses obligations de protection des enfants et de leur droit de manifester, et écouter les revendications des jeunes dans la rue. Pour rétablir la confiance, le gouvernement devrait également mener des enquêtes approfondies et rapides sur tous les incidents impliquant un recours à la force par la police, mettre fin aux tactiques policières et réformer les pouvoirs qui favorisent la violence policière.

13.10.2026 à 20:09

Inde : Mettre fin à la répression contre les manifestants et aux arrestations arbitraires

Human Rights Watch

Click to expand Image Des policiers indiens arrêtaient un homme lors d’une manifestation tenue à New Delhi pour réclamer la démission du président de la commission nationale électorale, le 10 octobre 2026.  © 2026 AP Photo/Manish Swarup

(New York) – Les autorités indiennes recourent à des méthodes abusives pour réprimer des milliers de manifestants pacifiques à New Delhi et dans d’autres villes indiennes, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Les manifestations, menées par le Gen Z Cockroach Janta Party, des partis d’opposition, des organisations étudiantes et des organisations de la société civile, visent la démission du plus haut responsable électoral du pays en raison d’irrégularités présumées, ainsi que l’abandon d’un processus controversé de révision des listes électorales.

Alors que les manifestations prenaient de l’ampleur en octobre, la police a frappé des manifestants ; certains ont été traînés de force dans la rue, et entassés dans des fourgons et des bus, puis placés en détention arbitraire. Les autorités ont aussi imposé des restrictions excessives à la liberté de circulation, et suspendu les services d’Internet mobile. Elles ont également harcelé et placé en détention arbitraire des journalistes qui couvraient les manifestations. 

« La police de Delhi réagit aux manifestations pacifiques en recourant à une force qui semble inutile ou excessive, et a détenu à tort des milliers de personnes », a déclaré Elaine Pearson, directrice de la division Asie à Human Rights Watch. « Le gouvernement Modi devrait cesser d’emprisonner les jeunes manifestants et, au contraire, dialoguer avec eux pour répondre à leurs préoccupations concernant le droit de vote et l’équité des élections. »

Le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi devrait mettre fin aux mauvais traitements et aux détentions arbitraires des manifestants, permettre aux citoyens de manifester pacifiquement et rétablir les services d’Internet mobile ainsi que la liberté de circulation, a déclaré Human Rights Watch.

Depuis juin 2025, la Commission électorale indienne mène une « révision spéciale intensive » (« Special Intensive Revision », SIR) des listes électorales à l’échelle nationale, afin de les nettoyer ; l’objectif officiel est de supprimer les doublons, ainsi que les noms des électeurs décédés et de personnes inéligibles. Mais ce processus, qui a déjà supprimé plus de 130 millions de noms à ce jour, s’est avéré arbitraire et opaque, suscitant des craintes d’une privation massive du droit de vote, et touche de manière disproportionnée les musulmans et autres minorités religieuses, les femmes et les personnes vivant dans la pauvreté. Les dirigeants du mouvement de contestation et les partis d’opposition affirment que la Commission a manipulé les listes au profit du Parti du peuple indien (BJP) du Premier ministre Modi. 

Les manifestations ont débuté le 25 septembre, peu après la publication par l’Indian Express d’une enquête sur des irrégularités présumées dans le processus de révision des listes électorales. Le journal a révélé que deux commissaires de la Commission électorale avaient exprimé plusieurs objections concernant des décisions du président de la Commission électorale, Gyanesh Kumar. Des requêtes contestant le processus de révision et demandant la destitution de Gyanesh Kumar sont actuellement examinées par la Cour suprême.

Alors que les manifestations s’intensifiaient à Delhi en octobre, les forces de sécurité ont procédé chaque jour à des arrestations arbitraires et à des agressions contre de nombreux manifestants, qu’elles ont emmenés vers des lieux tenus secrets, avant de libérer par la suite bon nombre d’entre eux. Parmi les personnes détenues figuraient des journalistes et des dirigeants de l’opposition politique, dont quatre anciens ministres et Rahul Gandhi, le chef de l’opposition. 

Lorsque les manifestations ont commencé, la police de Delhi a publié une série de « lignes directrices », enjoignant aux journalistes d’être munis de « cartes d’identité valides [et] bien visibles », de « ne pas entraver les opérations de police » et de « maintenir une distance raisonnable et sûre ». Le 11 octobre, la Cour suprême indienne a ordonné que les avocats et les journalistes ne soient « pas empêchés d’exercer leurs fonctions professionnelles ». 

Les 10 et 11 octobre, les forces de l’ordre ont arbitrairement interpellé au moins 30 journalistes qui couvraient les manifestations. Quatre organisations de journalistes ont condamné les agissements de la police, affirmant que les journalistes avaient été « entassés dans des bus » utilisés pour intercepter les manifestants, et que la police avait saisi les téléphones et le matériel de certains journalistes. 

Parmi les journalistes, trois femmes ont affirmé avoir été victimes de harcèlement sexuel de la part d’agents de police de Delhi, pendant les manifestations. 

Un journaliste du magazine Caravan a déclaré que le 11 octobre, des agents de police de Delhi l’avaient frappé à plusieurs reprises à la tête, giflé et agressé à coups de crosse de fusil, alors qu’il les filmait en train de placer un manifestant en garde à vue.

« Ma carte de presse pendait autour de mon cou, mais ils m’ont quand même forcé à monter dans le bus, déchirant les boutons de ma chemise », a déclaré à Human Rights Watch un autre journaliste, âgé de 31 ans. La police l’avait placé en garde à vue dans un bus le 10 octobre, et il n’a été libéré qu’après que le bus eut surchauffé et pris feu. « Nous sentions la fumée et avons dû crier, pour qu’ils nous laissent sortir », a-t-il ajouté.

« Les policiers m’ont agressé et m’ont plaqué contre le siège », a déclaré John Brittas, un député participant aux manifestations, dans une lettre adressée au président de la Cour suprême de l’Inde. 

Le Cockroach Janta Party (CJP) avait appelé à une manifestation le 10 octobre à Jantar Mantar, un site officiellement désigné comme lieu de rassemblements à Delhi. En réponse, les autorités ont déployé plus de 40 000 membres des forces de securité, annulé des trains, fermé 43 stations de métro et suspendu les services d’Internet mobile. La police a détenu trois dirigeants du CJP après l’atterrissage de leur avion à Delhi, a empêché des manifestants de prendre le bus ou le train pour se rendre à Delhi, et a assigné certains jeunes leaders de la contestation à résidence. Air India a demandé des explications au Bureau de la sécurité de l’aviation civile sur la manière dont les forces de sécurité ont pu pénétrer dans son avion, sans autorisation préalable. 

Le 9 octobre, un policier est entré dans une mosquée de Delhi pendant la prière du vendredi pour mettre en garde les musulmans contre toute participation à des « manifestations futiles ». Le lendemain, des agents de police ont pénétré dans un temple sikh du centre de Delhi pour intercepter des manifestants qui s’y étaient réfugiés. Citizens for Fraternity-Bharat (CFF-Bharat), une organisation de la société civile regroupant d’anciens responsables gouvernementaux, a remis en cause les raisons pour lesquelles la police est entrée dans des lieux de culte, et a réclamé l’ouverture d’une enquête indépendante.

Le 11 octobre, la Cour suprême indienne a ordonné aux autorités de veiller à ce que les personnes se rassemblant pacifiquement ne soient pas placées en détention illégale, à ce que les services Internet soient rétablis et à ce que les personnes et les véhicules puissent circuler librement, sous réserve des restrictions légales. À ce jour, les autorités semblent avoir ignoré ces directives. 

Un journaliste de 26 ans a déclaré à Human Rights Watch avoir été témoin d’au moins trois incidents, au cours desquels des partisans du BJP et la police ont pourchassé ensemble des manifestants. « Ils agissaient de manière concertée », a déclaré ce journaliste, qui a couvert les manifestations du 10 octobre. « La police restait là en train de regarder, sans intervenir pour mettre fin aux violences. » Une journaliste de 27 ans a déclaré qu’un groupe d’environ cinq hommes, dont certains portaient des écharpes de couleur safran (souvent un emblème de nationalisme hindou), frappaient des manifestants et s’en prenaient aux femmes journalistes. « Ils nous criaient dessus, se moquaient de nous et nous faisaient un doigt d’honneur », a-t-elle déclaré. « J’ai vu deux policiers rire pendant que ces voyous d’extrême droite donnaient des coups de pied et frappaient les manifestants. »

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a exprimé ses préoccupations concernant les arrestations massives de manifestants, et a recommandé au gouvernement indien de mener plutôt un « dialogue constructif » avec eux. Le ministère indien des Affaires étrangères a qualifié cette déclaration d’« injustifiée » et d’« ingérence inacceptable dans les affaires intérieures de l’Inde ». 

Le gouvernement indien devrait ordonner publiquement aux forces de sécurité de répondre aux manifestations conformément aux normes internationales, notamment aux Principes fondamentaux des Nations Unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois, a déclaré Human Rights Watch. 

« Les autorités indiennes devraient permettre aux citoyens de manifester pacifiquement en rétablissant les services de transport, en supprimant les barricades injustifiées, en rétablissant l’accès à Internet et en garantissant la liberté de la presse », a conclu Elaine Pearson. « Le droit de manifestation pacifique et la liberté d’expression sont des prérogatives fondamentales protégées par le droit international relatif aux droits humains, que les dirigeants indiens prétendent respecter. »

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