09.10.2026 à 17:36
Human Rights Watch
(New York) – Le 9 octobre, le Comité norvégien du prix Nobel a annoncé l’attribution du prix Nobel de la paix 2026 a Navi Pillay.
Navi Pillay a travaillé en tant qu’avocate spécialisée dans les droits humains en Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid, puis a occupé diverses fonctions : présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda, juge auprès de la Cour pénale internationale, Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme (2008-14), et présidente de la Commission d’enquête internationale indépendante sur le Territoire palestinien occupé. Elle est actuellement juge ad hoc à la Cour internationale de justice, désignée par la Gambie pour siéger dans l’affaire Gambie c. Myanmar concernant des violations présumées de la Convention sur le génocide.
Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch, a salué l’attribution du prix Nobel à Navi Pillay :
« Au cours de sa longue carrière d’activiste, de responsable d’enquêtes sur les violations des droits et de juge internationale, Navi Pillay a œuvré en faveur du respect des droits humains et de la justice pour les crimes les plus graves commis dans le monde. Elle a exercé une influence profonde en Afrique du Sud, au Rwanda et dans le Territoire palestinien occupé, et ailleurs en tant qu’ancienne Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Alors que la justice internationale est menacée par des dirigeants qui bafouent les droits, elle continue de soutenir sans relâche l’état de droit international, et le travail impartial en faveur des droits humains. »
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08.10.2026 à 06:01
Human Rights Watch
(Washington) – L’administration Trump a expulsé des centaines de personnes étrangères hors des États-Unis vers des pays africains où elles n’ont aucun contact, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui ; ces personnes ne pouvaient pas être expulsées vers leurs propres pays, en raison du danger auquel elles y seraient exposées. Pourtant, plusieurs d’entre elles ont fini par n’avoir d’autre choix concret que de retourner dans leur pays d’origine, malgré les risques qu’elles y courent.
8 octobre 2026 “To Scare People”Le rapport de 125 pages, intitulé « “To Scare People”: US Expulsions of Third-Country Nationals to Countries in Africa » (« “Faire peur aux gens” : Expulsions par les États-Unis de ressortissants de pays tiers vers des pays d’Afrique »), indique que les autorités américaines ont expulsé plus de 500 personnes étrangères vers des pays tiers en Afrique, tout en leur refusant la possibilité de contester leur expulsion ou d’exprimer leurs craintes à ce sujet. Certains pays africains ont ensuite arbitrairement détenu des personnes dont ils avaient accepté l’entrée sur leur territoire, et d’autres ont transféré des personnes vers des pays où elles risquaient d’être persécutées ou torturées, en violation du principe de non-refoulement qui est inscrit dans le droit international.
« L’expulsion de personnes vers des pays où elles n’ont jamais mis les pieds fait partie d’une politique américaine visant à infliger des souffrances humaines afin de dissuader les migrations vers les États-Unis », a déclaré Michael Garcia Bochenek, directeur par intérim du programme États-Unis de Human Rights Watch. « Puisque le gouvernement américain utilise ces accords pour se soustraire à ses propres responsabilités et priver les personnes de leurs droits à une procédure régulière, les gouvernements africains qui ont signé ces accords devraient les résilier ou les suspendre. »
Entre février et juillet 2026, des chercheurs de Human Rights Watch ont mené des entretiens à distance et, dans certains cas, en personne avec 24 personnes étrangères expulsées par les États-Unis vers 6 pays d’Afrique, dont ces personnes n’étaient pas originaires: le Cameroun, l’Eswatini, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, et le Soudan du Sud.
Click to expand Image Graphique © 2026 Human Rights WatchCertaines des personnes expulsées vers ces pays risquent d’y subir des persécutions et d’autres préjudices graves. Les États-Unis ont envoyé au moins douze personnes s’identifiant comme lesbiennes, gays, bisexuelles ou transgenres (LGBT) dans des États africains qui criminalisent les relations entre personnes de même sexe, ou les démonstrations d’affection en public entre personnes de même sexe. Parmi ces personnes figuraient des réfugiés qui avaient obtenu la protection des États-Unis en raison du risque probable de persécution dans leur pays d’origine, du fait de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Après leur expulsion, elles se sont retrouvées dans une situation où il n’était ni sûr de rentrer dans leur propre pays, ni possible d’obtenir une protection efficace dans le pays d’accueil africain.
Click to expand Image Les personnes interviewées par Human Rights Watch ont décrit des traitements abusifs lors de leurs vols au départ des États-Unis. Tesfay T., un Éthiopien expulsé vers le Cameroun, a raconté : « Nous étions enchaînés et menottés, aux jambes, aux mains, au ventre. Nous avons effectué tout le vol comme ça. Je ne sentais plus mes jambes, c’était vraiment douloureux. Nous ne pouvions pas nous lever. Quand j’ai eu besoin d’aller aux toilettes, ils n’ont même pas enlevé les chaînes. Ils ont juste retiré la chaîne de l’un de mes bras. » © 2026 John Holmes pour Human Rights WatchLes personnes interrogées ont systématiquement décrit des traitements abusifs lors de leur vol d’expulsion des États-Unis, lors duquel elles ont été menottées, parfois pendant 18 heures ou plus, et ont reçu peu ou pas d’informations sur leur destination.
Le sort réservé aux personnes expulsées des États-Unis à leur arrivée était différent d’un pays à l’autre. Certaines d’entre elles n’ont pas eu accès aux médicaments ou aux traitements nécessaires pour des problèmes de santé graves.
Un homme éthiopien âgé de 35 ans, qui avait fui vers les États-Unis après avoir été emprisonné et torturé dans son propre pays, s’était vu refuser l’asile parce qu’il avait franchi la frontière de manière irrégulière ; cependant, un juge de l’immigration américain lui avait accordé une « suspension d’expulsion » (« withholding of removal »), c’est-à-dire une interdiction de le renvoyer en Éthiopie en raison de la probabilité qu’il y soit à nouveau torturé. Cet homme a expliqué que, lorsqu’il a refusé de signer un formulaire de « départ volontaire » (« voluntary departure ») pour être envoyé au Tchad, un agent de l’ICE l’a signé à sa place.
« Nous étions enchaînés et menottés, aux jambes, aux mains, au ventre » pendant le vol, a-t-il raconté. « Nous ne pouvions pas nous lever. Quand j’ai eu besoin d’aller aux toilettes, ils n’ont même pas enlevé les chaînes. »
L’avion a atterri au Cameroun, et non au Tchad; au Cameroun, cet homme a reçu à plusieurs reprises la visite de représentants de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). En mars dernier, il a ainsi résumé leurs conversations à Human Rights Watch: « Chaque fois qu’ils viennent, ils me demandent la même chose: “Voulez-vous rentrer chez vous?” Mais chaque fois, je leur réponds: “Je n’y retournerai pas. Cessez de me poser cette question. Je ne veux pas mourir” ».
Click to expand Image « C’était terrifiant lorsque nous avons atterri. Les soldats américains étaient d’un côté, avec des fusils chargés, et face à eux se trouvaient les soldats [de l’Eswatini] armés de pistolets. Ils n’ont rien dit. Les soldats américains nous ont simplement remis aux soldats africains, qui nous ont jetés à l’arrière d’un camion. » – Billy H., originaire d’Asie du Sud-Est, qui se trouvait sur le premier vol à destination de l’Eswatini le 16 juillet 2025. © 2026 John Holmes pour Human Rights WatchLa menace d’expulsion vers un pays tiers fait partie de la politique d’expulsions massives de l’administration Trump. Dans la pratique, les transferts vers des pays tiers sont utilisés pour effrayer les personnes et les inciter à partir avant d’être plongées dans la spirale infernale de la détention et de l’expulsion vers des destinations inconnues. Un responsable américain anonyme a déclaré à la Commission des relations étrangères du Sénat qu’en réalité, l’objectif des transferts de ressortissants de pays tiers était d’instaurer la peur: « Avec des pays comme les Palaos ou l’Eswatini, l’idée est que l’administration peut menacer les personnes de les abandonner littéralement au milieu de nulle part », a expliqué le responsable. « Le but est de faire peur aux gens. »
Le gouvernement américain viole ses obligations nationales et internationales en matière de non-refoulement en envoyant des personnes dans des lieux où elles risquent d’être persécutées, torturées ou de subir d’autres préjudices graves, ou bien où elles pourraient faire l’objet d’une expulsion ultérieure et être confrontées à de tels risques, a déclaré Human Rights Watch. Il prive également les personnes concernées d’une possibilité réelle de contester leur expulsion vers ces pays et d’exprimer tout risque d’abus auquel elles pourraient être exposées si elles y étaient envoyées. En décembre, la Cour suprême des États-Unis entendra les débats visant à déterminer si la politique d’expulsion vers un pays tiers enfreint la clause de Due Process (procédure régulière) de la Constitution américaine ou si elle enfreint de toute autre manière des interdictions légales d’expulser des personnes vers un pays où elles risquent la torture. La Cour a pour l’instant autorisé le gouvernement à poursuivre les expulsions vers des pays tiers.
Click to expand Image Des personnes expulsées par les États-Unis ont décrit des conditions de vie déplorables dans des centres de rétention africains : salles sombres et surpeuplées, propagation de maladies dont le paludisme, pénurie de médicaments... Abina O. (pseudonyme), expulsée vers le Cameroun, a indiqué que tous les gardiens étaient des hommes : « On doit supplier pour avoir des serviettes hygiéniques. Les policiers ici n’ont aucun respect pour les femmes, ils font irruption dans notre salle [pour femmes] sans frapper. » © 2026 John Holmes pour Human Rights WatchLes États-Unis devraient cesser d’expulser des demandeurs d’asile et des réfugiés vers des pays tiers qui n’ont pas la capacité de mettre en œuvre des procédures d’asile complètes et équitables et en l’absence d’accords formels et transparents qui garantissent un accès à de telles procédures.
Ces gouvernements devraient également respecter le principe de non-refoulement et garantir la dignité, la sécurité et les droits fondamentaux de toutes les personnes relevant de leur compétence, y compris des ressortissants de pays tiers dont ils ont accepté le transfert.
« Plusieurs de ces gouvernements africains sont non seulement complices des abus commis par les États-Unis, mais ont eux-mêmes violé les droits humains de ces personnes expulsées, notamment en les plaçant en détention arbitraire et, dans certains cas, en les renvoyant dans des pays où elles couraient un danger », a conclu Michael Garcia Bochenek. « Ces pays ne devraient pas détenir de personnes sans fondement juridique clair, et ne devraient renvoyer aucun individu vers son pays d’origine ou vers un autre pays où il serait exposé à un risque de persécution, de torture ou d’autres préjudices graves. »
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Articles
France Info Mediapart/AFP
L’Humanité Entrevue
SOS Médias Burundi
07.10.2026 à 11:00
Human Rights Watch
(Washington) – Depuis début 2026, les tribunaux salvadoriens ont commencé à condamner des personnes lors de procès collectifs visant des centaines d’accusés à la fois, en s’appuyant sur des preuves peu solides et sans leur donner de véritable possibilité de se défendre, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.
Depuis des mois, les tribunaux salvadoriens organisent des procès collectifs à l’encontre de personnes détenues dans le cadre de l’état d’urgence, en vigueur depuis plus de quatre ans. De nombreuses personnes ont été condamnées pour « association illicite » (« agrupaciones ilícitas », un délit vaguement défini), sur la base de preuves peu solides, dans le cadre de procédures à huis clos dont les dossiers sont conservés sous scellés judiciaires. Les avocats représentant les accusés affirment n’avoir eu aucune possibilité réelle de contester les preuves, ou de préparer une défense adéquate. Les procureurs et les juges impliqués ne jouissent que d’une indépendance très limitée, voire inexistante, vis-à-vis du pouvoir exécutif.
« Les procès collectifs au Salvador sont une parodie de justice », a déclaré Juanita Goebertus, directrice de la division Amériques à Human Rights Watch. « Ces audiences sont conçues pour aboutir à des verdicts de culpabilité, et non pour examiner les preuves dans le respect des garanties procédurales. Le résultat n’est pas la reconnaissance de la responsabilité vis-à-vis des victimes de la violence des gangs, mais simplement la validation sans discussion de l’incarcération massive perpétrée au cours de ces quatre années d’état d’urgence. »
Human Rights Watch a mené des entretiens avec 15 avocats de la défense privés représentant des personnes détenues pendant l’état d’urgence et a examiné quatre actes d’accusation concernant plus de 600 prévenus ainsi qu’une décision judiciaire condamnant plus de 120 personnes. Les chercheurs ont également interrogé des membres d’organisations de la société civile ayant une connaissance directe des procédures et, dans le cadre d’une publication antérieure, plusieurs policiers dont les descriptions des enquêtes correspondaient globalement à celles des avocats de la défense. Human Rights Watch a également examiné des publications du gouvernement salvadorien ainsi que des médias salvadoriens et internationaux décrivant ces procès de masse.
Human Rights Watch a également sollicité des informations auprès de la Cour suprême salvadorienne et du bureau du Procureur général concernant les procédures pénales engagées à l’encontre des personnes détenues dans le cadre de l’état d’urgence, notamment le nombre total de condamnations et le nombre de personnes en détention provisoire. Le bureau du Procureur général a répondu que les dossiers demandés « n’ont pas été retrouvés ». La Cour suprême n’a pas répondu au courrier de Human Rights Watch, à ce jour.
Depuis le 27 mars 2022, un état d’urgence est en vigueur au Salvador ; cette mesure, présentée comme un outil nécessaire pour lutter contre la violence des gangs, et prolongée en mars 2026, suspend certains droits à une procédure régulière. Les forces de sécurité ont arrêté plus de 93 000 personnes, dont plus de 3 000 mineurs. Human Rights Watch a recensé des abus généralisés, notamment des détentions arbitraires, des disparitions forcées, des actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements en détention, ainsi que de graves violations des garanties procédurales. De nombreuses personnes n’ayant aucun lien avec les activités des gangs ont été placées en détention.
Les avocats ont déclaré qu’on les empêchait systématiquement de mener une défense adéquate. Ils ont indiqué que les juges leur refusaient l’accès aux dossiers, prétextant que les affaires étaient « sous scellés ». Ils ont également signalé qu’ils ne pouvaient pas s’entretenir en privé avec leurs clients. Certains avocats ont par ailleurs affirmé que les procureurs avaient menacé d’engager des poursuites pénales contre des témoins proposés par la défense.
Les avocats de la défense ont déclaré que les procédures judiciaires se déroulaient à un rythme si effréné qu’il était pratiquement impossible de respecter les garanties procédurales. « C’est macabre », a déclaré un avocat. « Ils ont besoin que la machine tourne comme une horloge. » Ils ont expliqué ne disposer que de quelques minutes lors des audiences pour présenter leur défense : environ 10 minutes lors de l’audience préliminaire et à peine 15 minutes lors de l’audience de détermination de la peine. Les avocats commis d’office, ont-ils précisé, ne disposaient que de quelques minutes pour représenter des dizaines, voire, dans certains cas, des centaines d’accusés à la fois.
Les avocats interrogés ont déclaré que les procureurs s’appuyaient systématiquement sur les rapports de police pour obtenir des condamnations. Des policiers avaient précédemment déclaré à Human Rights Watch que de nombreux rapports de police reposaient sur des preuves fabriquées de toutes pièces ou non corroborées, telles que des appels anonymes, et que la police subissait des pressions pour les produire afin de respecter un quota d’arrestations.
Les procureurs s’appuient également sur les témoignages anonymes de témoins ayant conclu des accords de plaidoyer. Ces témoins témoignent derrière des écrans ou des cloisons en bois, la voix déformée. « On ne les voit pas », a expliqué un avocat. « Ils sont dissimulés dans une petite cabine ; on ne voit qu’une planche de bois. La voix est déformée. Seuls le juge, le greffier et le procureur y ont accès. »
« Nous avons présenté des témoins, des membres de la famille, des voisins, qui auraient pu attester qu’il n’était pas membre d’un gang », a déclaré une avocate à propos de la défense d’un jeune homme détenu depuis plus de quatre ans, accusé d’être un « collaborateur de gang ». « Ils sont intimidés par le parquet, qui a menacé de les placer en détention. »
Les procès se sont déroulés devant les tribunaux chargés de lutter contre le crime organisé, dont les effectifs ont été constitués par la Cour suprême selon un processus ad hoc et opaque. L’identité de ces juges n’a pas été révélée, même aux avocats participant aux procédures. Un avocat a rapporté qu’un juge avait ouvert une audience collective en déclarant : « Nous sommes ici pour condamner tous les membres du MS-13. »
On estime que près de 120 000 personnes sont actuellement incarcérées au Salvador. Cela représente environ 2 % de la population, soit l’un des taux d’incarcération les plus élevés au monde. Les détenus salvadoriens sont confrontés depuis longtemps à la surpopulation carcérale, à des actes de violence, ainsi qu’ à un accès insuffisant à la nourriture, à l’eau et aux soins médicaux. L’état d’urgence a considérablement aggravé ces conditions de détention déjà désastreuses en triplant la population carcérale, la portant à plus du double de la capacité du système. Au moins 513 personnes sont décédées en détention pendant l’état d’urgence, selon Cristosal, une organisation de défense des droits humains. Plus de 90 % des personnes incarcérées sont en détention provisoire depuis des années dans l’attente de leur procès, en partie à cause des récentes réformes juridiques qui ont allongé la durée de la détention provisoire.
Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Convention américaine relative aux droits de l’homme, auxquels le Salvador est un État partie, garantissent à toute personne accusée d’un crime le droit d’être informée sans délai et de manière détaillée des charges retenues contre elle, de disposer du temps et des moyens nécessaires pour préparer sa défense, ainsi que d’interroger les témoins à charge et de présenter ses propres témoins dans des conditions d’égalité.
Les autorités salvadoriennes devraient veiller à ce que les procédures respectent les normes d’un procès équitable, évaluer avec soin les preuves et les chefs d’accusation retenus contre chaque individu, mettre fin au recours excessif à la détention provisoire et au secret de l’instruction, et rendre publiques les modalités de nomination des tribunaux spécialisés.
Le gouvernement salvadorien devrait également mettre en place un mécanisme indépendant et transparent chargé d’examiner les dossiers des personnes détenues pendant l’état d’urgence et d’identifier celles qui ont été placées en détention sans preuves crédibles suffisantes, lesquelles devraient être libérées sans délai par les autorités. Ce mécanisme devrait accorder la priorité à l’examen des dossiers des mineurs, des personnes en situation de handicap, des femmes enceintes et des personnes souffrant de problèmes de santé graves.
« Le gouvernement salvadorien a mis en place un système conçu pour condamner des centaines de personnes d’un seul coup, sans toutefois intégrer un mécanisme permettant de distinguer les innocents des coupables », a conclu Juanita Goebertus.
Suite détaillée en ligne en anglais.
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