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Human Rights Watch News
 
Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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27.07.2026 à 11:46

Cisjordanie : la montée de la violence des colons risque d'entraîner des atrocités de masse

Human Rights Watch

(Beyrouth) – Deux attaques menées par des colons israéliens contre le village de Tell, près de Naplouse en Cisjordanie, le 24 juillet 2026, ont entraîné la mort de quatre Palestiniens et de deux Israéliens, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.

Cet incident a déclenché une vague d’attaques de représailles menées par des colons dans des villages palestiniens voisins, l’annonce par le gouvernement israélien d’une « vaste opération antiterroriste », ainsi que des déclarations de responsables israéliens appelant à la destruction de maisons et de villages palestiniens. Les gouvernements devraient agir de toute urgence pour empêcher de nouvelles violences et atrocités commises par les colons.

« Le gouvernement israélien n’a pas empêché les attaques menées par des colons contre le village de Tell. Il doit donc désormais mettre un terme aux représailles des colons et à l’escalade des opérations militaires qui ne feront qu’aggraver une situation déjà critique », a déclaré Sarah Sanbar, chercheuse par intérim sur Israël et la Palestine à Human Rights Watch. « Des années marquées par une violation généralisée de la loi et l’impunité pour ces attaques ont transformé la Cisjordanie en une poudrière prête à exploser et une action décisive s’impose de toute urgence. »

Les meurtres commis le 24 juillet à Tell portent à 10 le nombre de Palestiniens tués en Cisjordanie occupée depuis le 19 juillet. Au 19 juillet, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) faisait état de 68 Palestiniens tués en Cisjordanie en 2026, dont au moins 13 par des colons. L’OCHA a indiqué qu’au 15 juillet, 20 Israéliens avaient été blessés en 2026 en Cisjordanie. La violence des colons a fortement augmenté depuis l’entrée en fonction du gouvernement israélien actuel en décembre 2022, avec une reprise particulièrement marquée en mars et avril 2026, pendant la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran.

Human Rights Watch a interrogé deux témoins des attaques ainsi qu’un militant local, et a vérifié six vidéos des incidents publiées sur les réseaux sociaux et transmises directement aux chercheurs.

Entre 6 h 10 et 6 h 45 du matin le 24 juillet, 40 à 50 colons, dont des enfants, se sont approchés de Tell par l’est, ont attaqué quatre ou cinq habitations palestiniennes à coups de pierres et ont tenté d’y faire irruption, ont déclaré les témoins. Une confrontation a éclaté entre les colons et les Palestiniens, au cours de laquelle un colon armé a tiré et blessé un Palestinien, ont indiqué les témoins. D’autres Palestiniens sont alors arrivés pour venir en aide à la famille et les colons ont pris la fuite.

Environ 30 minutes plus tard, le même groupe de colons est revenu à Tell par le sud-ouest, où ils ont été rejoints par des soldats israéliens, a déclaré Mujahid Waleed, un habitant local qui a été témoin des deux incidents.

« Quand je suis arrivé [sur les lieux de la deuxième altercation], les colons et les Palestiniens étaient déjà en train de se battre », a déclaré Waleed. « Les colons attaquaient les Palestiniens, et l’armée restait les bras croisés sans intervenir. L’armée n’est intervenue qu’après qu’un Palestinien eut désarmé un colon et commencé à tirer sur le soldat et les colons. L’armée a riposté et tué à bout portant le [Palestinien] qui portait l’arme, tandis que les colons et les soldats ont tiré sur les trois autres Palestiniens non armés. »

Les attaques ont eu lieu dans la zone B, une zone placée sous contrôle sécuritaire conjoint d’Israël et de l’Autorité palestinienne en vertu des accords d’Oslo II. Les quatre Palestiniens tués étaient deux frères et deux cousins de la famille Ramadan.

Human Rights Watch a vérifié et géolocalisé deux vidéos montrant l’affrontement, qui corroborent le récit de Waleed. Une vidéo montre deux colons armés aux côtés d’un soldat en uniforme, près d’un groupe d’hommes palestiniens. Les colons semblent avoir déclenché l’altercation physique en donnant un coup de pied à un Palestinien, avant qu’une bagarre n’éclate et qu’un soldat ne tire en l’air.

Lorsque deux Palestiniens tentent de s’emparer des armes des colons, des coups de feu retentissent et un Palestinien s’effondre au sol. On aperçoit un colon brandissant une arme. Une deuxième vidéo montre le deuxième Palestinien en train de prendre une arme à feu à un colon et de le pousser à terre ; le colon sort un pistolet, et le Palestinien semble tirer sur lui.

L’armée israélienne a déclaré à 9 h 32 que des soldats avaient été dépêchés sur place à la suite d’un signalement faisant état d’« une attaque contre des civils israéliens qui faisaient une randonnée dans la secteur » et que « des terroristes avaient dérobé l’arme d’un agent de sécurité arrivé sur les lieux et avaient ouvert le feu en direction des civils israéliens ». L’armée a annoncé par la suite que l’incident avait entraîné la mort de Benyahu Mellet, 32 ans, et du major Yuval Ezra, 27 ans, un soldat en service actif. L’armée israélienne a indiqué que le commandant de section avait riposté et tué le tireur palestinien, a rapporté le Times of Israel. Elle n’a pas fourni de détails concernant la mort des trois autres Palestiniens.

Human Rights Watch, d’autres organisations non gouvernementales et les médias ont signalé à plusieurs reprises des attaques menées par des colons armés, qui se produisent souvent en présence d’unités de l’armée israélienne ou alors que des soldats se tiennent à proximité sans intervenir. Ils ont constaté que les colons responsables de ces attaques opèrent souvent avec le soutien financier, matériel et juridique de l’État israélien.

Le Times of Israel a rapporté que Mellet dirigeait les équipes de défense civile de la colonie de Havat Gilad. Après le 7 octobre 2023, le ministère de la Sécurité nationale a mis en place ces équipes dans les colonies de Cisjordanie et leur a conféré des pouvoirs de police spéciaux, des uniformes et des armes. La création de ces unités, ainsi que celle de « bataillons de défense régionaux » réservés aux colons au sein de l’armée israélienne, a contribué à un dangereux flou entre colons et soldats.

En réponse à cet incident, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a convoqué une réunion d’urgence sur la sécurité, a annoncé le redéploiement de cinq bataillons militaires en Cisjordanie et a ordonné à l’armée de mener une « vaste opération antiterroriste ».

Depuis lors, des attaques de représailles menées par des colons ont été signalées dans des villages voisins, a rapporté l’agence de presse palestinienne WAFA. Ces attaques ont fait des blessés et causé des incendies criminels ainsi que d’autres dégâts matériels.

Netanyahou a également annoncé qu’il allait accélérer la régularisation des avant-postes de colons et la création de nouveaux avant-postes. Ces avant-postes, qui ont souvent servi de points de départ pour des attaques contre des communautés palestiniennes, sont illégaux tant au regard de la loi israélienne que de la Quatrième Convention de Genève. Leur légalisation rétroactive sert à repousser les limites de l’expansion des colonies et à permettre l’appropriation de terres palestiniennes, servant souvent de précurseurs à des colonies plus importantes.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé Netanyahou à « autoriser la création d’une colonie à l’avant-poste de Sela, près du lieu où la grave attaque a eu lieu ce matin. À cette fin, il est nécessaire de transférer cette zone de la zone B à la zone C [territoire entièrement contrôlé par Israël], d’en assumer la responsabilité et d’autoriser l’implantation d’une colonie à cet endroit ».

Depuis l’attaque, des responsables israéliens ont publié des déclarations appelant à la destruction de maisons et de villages palestiniens. Smotrich a déclaré que ces villages « devraient ressembler aux camps de réfugiés de Naplouse et de Tulkarem », qui ont été détruits lors d’une opération militaire israélienne en janvier 2025, laquelle, selon Human Rights Watch, constituait des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et un nettoyage ethnique.

Dans un message publié sur X, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a déclaré : « Les villes et villages des assassins de Cisjordanie devraient subir le même sort que Beit Hanoun [une ville palestinienne assiégée] à Gaza. … Pour chaque Juif assassiné, l’ennemi doit subir la perte de terres et de maisons. »

En juillet 2024, la Cour internationale de justice a estimé que l’occupation par Israël du territoire palestinien était illégale et qu’Israël enfreignait l’interdiction de la ségrégation raciale et de l’apartheid. La Cour a estimé qu’Israël avait l’obligation d’évacuer tous les colons de Cisjordanie, y compris de Jérusalem-Est, de permettre aux Palestiniens déplacés de regagner leurs foyers et de leur verser des réparations.

Les gouvernements doivent agir de toute urgence pour empêcher de nouvelles atrocités en Cisjordanie, notamment en imposant des sanctions ciblées à l’encontre des personnes impliquées dans les graves violations en cours, en suspendant les transferts d’armes vers Israël, en interdisant le commerce avec les colonies illégales, en suspendant les accords commerciaux préférentiels avec Israël et en soutenant la Cour pénale internationale et ses enquêtes en cours, notamment en exécutant ses mandats d’arrêt.

« Les violences commises par les colons à l’encontre de Tell nous rappellent que si la violence n’est pas enrayée et si les responsables ne sont pas amenés à rendre des comptes, une escalade et de nouvelles atrocités sont inévitables », a déclaré Sarah Sanbar. « Les gouvernements doivent prendre des mesures d’urgence afin que le gouvernement israélien ne continue pas à agir comme s’il avait le feu vert pour commettre de nouvelles atrocités. »

27.07.2026 à 10:44

Les États-Unis et l’Iran menacent de mener des attaques contre des infrastructures civiles

Human Rights Watch

Click to expand Image Une femme iranienne contemplait les décombres de son appartement détruit dans le quartier de Shahrak-e Gharb, à Téhéran, le 21 mars 2026 ; les États-Unis et Israël ont mené plusieurs frappes contre l’Iran à partir du 28 février 2026.  © 2026 Majid Saeedi/Getty Images

(Washington, DC) – Le président Donald Trump a annoncé le 24 juillet 2026 que les États-Unis envisageaient de lancer « une attaque massive » contre l’Iran à la suite de la rupture du cessez-le-feu et du protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran. Les dirigeants américains et iraniens ont menacé de riposter et d’attaquer des cibles pouvant être des infrastructures civiles, en violation du droit de la guerre.

Le 23 juillet, Trump a déclaré : « À partir de maintenant, chaque fois que la République islamique d’Iran tirera sur un navire dans le détroit d’Ormuz, que ce soit à l’aide d’un missile, d’une roquette, d’un drone ou de tout autre dispositif ou arme, les États-Unis bombarderont et détruiront UN PONT OU UNE CENTRALE ÉLECTRIQUE, y compris ceux situés à proximité ou à l’intérieur de la capitale, Téhéran. »

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, a publié un message sur X le 22 juillet dans lequel il déclarait : « Si notre sécurité n’est pas assurée, aucune infrastructure ne sera à l’abri. »

Le droit de la guerre interdit les attaques délibérées contre des biens de caractère civil ainsi que les attaques dont les dommages attendus à l’égard des civils dépassent les avantages militaires directs escomptés. Les personnes qui commettent de graves violations du droit de la guerre avec une intention criminelle — c’est-à-dire de manière délibérée ou par imprudence — se rendent coupables de crimes de guerre.

La citation suivante peut être attribuée à Balkees Jarrah, directrice pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Human Rights Watch :

« Les dirigeants américains et iraniens menacent de mener des attaques délibérées contre des infrastructures civiles à la suite des récents affrontements entre les deux pays, au cours desquels leurs forces ont illégalement attaqué des civils et des biens civils en Iran, dans les pays du Golfe et en Israël. Les autres pays devraient faire clairement savoir aux États-Unis et à l’Iran que les responsables de crimes de guerre seront traduits en justice, y compris par le biais de la compétence universelle. »

27.07.2026 à 06:00

RD Congo : Les activités d’une compagnie pétrolière présentent de graves risques de pollution

Human Rights Watch

Click to expand Image Puits de pétrole situé dans la concession de Perenco en République démocratique du Congo. © 2026 Human Rights Watch La pollution liée aux activités du seul producteur de pétrole de la République démocratique du Congo fait peser de graves risques sanitaires pour les communautés vivant à proximité de ses installations. La compagnie pétrolière Perenco procède au torchage de gaz et au brûlage de déchets, contribuant ainsi à la dégradation de la qualité de l'air. L’entreprise n'a pas non plus empêché les fuites de pétrole provenant de puits et de pipelines sur le sol et dans les rivières, ce qui a engendré des risques sanitaires pour les populations riveraines.Les autorités devraient reconnaître la menace qui pèse sur la santé des populations dans la concession pétrolière, communiquer immédiatement les niveaux de pollution et agir pour réduire l'exposition des habitants.

(Kinshasa) – La pollution liée aux activités du seul producteur pétrolier de la République démocratique du Congo fait peser de graves risques sanitaires sur les communautés voisines, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Le gouvernement congolais a commandé un audit environnemental des activités de la compagnie pétrolière et gazière franco-britannique Perenco en décembre 2024, en raison de signalements de pollution de longue date. Cependant, il n’a pas fourni de calendrier pour la publication du rapport d’audit final, ni publié de conclusions provisoires, ni divulgué publiquement des données essentielles sur la qualité de l’air, des sols et de l’eau.

« Le gouvernement congolais devrait immédiatement publier les conclusions provisoires de l’audit environnemental portant sur la concession de Perenco et divulguer toutes les données de surveillance environnementale », a déclaré Agathe Bounfour, chercheuse principale sur les combustibles fossiles au sein de Human Rights Watch. « Les résidents des communautés ont le droit de connaître l’étendue de la pollution dans leur environnement et les risques pour leur santé. »

En janvier 2026, une équipe de chercheurs de Human Rights Watch a mené des entretiens auprès de 45 personnes : des résidents locaux, des travailleurs du secteur pétrolier, des professionnels de santé, des représentants du gouvernement et des experts en environnement et en santé publique, à Muanda, où se trouvent les opérations, et à Kinshasa, la capitale. Human Rights Watch a également analysé des images satellites ainsi que des vidéos et des photographies géolocalisées provenant de sources locales. 

Perenco procède au torchage du gaz – la combustion contrôlée du gaz naturel libéré lors de la production de pétrole – sur cinq sites de stockage et de traitement du pétrole situés à proximité de communautés résidentielles. Human Rights Watch a constaté que le torchage du gaz et l'incinération des déchets par Perenco ont contribué à la mauvaise qualité de l'air sur sa concession, créant des risques sanitaires pour les résidents locaux. À un endroit, le torchage s'est produit à moins de 80 mètres d'habitations. Des habitants souffrant de maladies respiratoires et vivant à proximité de ces sites de torchage ont confié à Human Rights Watch qu'ils pensaient que la pollution atmosphérique provenant de ces opérations en était responsable. Les habitants ont également fait état de symptômes aigus, tels que des douleurs thoraciques et des nausées, qu'ils ont attribués à la fumée provenant de la combustion dans une installation de traitement des déchets située à deux kilomètres d'un village.

D’après une visite sur place et des entretiens menés par Human Rights Watch auprès de membres de la communauté, Perenco n’a pas non plus empêché les déversements de pétrole provenant des puits ainsi que des pipelines sur les sols et dans les lits des rivières. Des études indépendantes menées en 2013 et 2025 ont documenté une grave contamination environnementale liée aux activités pétrolières dans la région, ayant exposé les résidents à des gaz, des métaux lourds, des hydrocarbures ainsi que d'autres composés reconnus comme toxiques et nocifs pour la santé humaine.

Un villageois de la zone de concession de Perenco a indiqué : « Le pétrole se déverse dans les rivières où nous nous baignons. » Un homme d'une quarantaine d'années, qui vit près d'un « Tank farm » — une installation de stockage et de traitement du pétrole — a expliqué : « Lorsque le gaz est brûlé à la torche dans le Tank Farm, nos yeux nous brûlent et nous souffrons de maux de tête et de vertiges. » Le responsable du personnel de santé d'un hôpital local a affirmé que, selon lui, les villages disposant d'infrastructures pétrolières connaissaient « des taux plus élevés de maladies respiratoires que les zones dépourvues de production pétrolière ».

Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, auquel la République démocratique du Congo est partie, garantit le droit au « meilleur état de santé physique et mentale que [toute personne] soit capable d'atteindre». Le droit à la santé oblige les gouvernements à prendre des mesures « visant à empêcher et réduire l'exposition de la population … aux produits chimiques toxiques et autres facteurs environnementaux nocifs ayant une incidence directe sur la santé des individus».

Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies, le comité d'experts chargé de surveiller la mise en œuvre du Pacte, a déclaré que cela exige des gouvernements qu'ils prennent des mesures pour prévenir la pollution par des tiers, tels que les sociétés minières. Le fait pour un gouvernement de « de ne pas adopter de lois ou de ne pas assurer l'application de lois destinées à empêcher la pollution de l'eau, de l'atmosphère et des sols par les industries extractives et manufacturières» peut constituer une violation du droit international des droits humains. 

La législation environnementale congolaise interdit certaines pratiques de production pétrolière et de gestion des déchets susceptibles de nuire à la santé ou à la sécurité publiques. Or, le gouvernement n'a pas assuré un suivi régulier de la qualité de l'air, de l'eau et des sols dans la région de Muanda. En novembre 2025, la ministre en charge des Hydrocarbures a annoncé la prolongation d'un an du contrat de décembre 2024 portant sur l’audit environnemental et fiscal des dommages causés par les activités de l'entreprise, sans fournir d'explication claire quant à ce renouvellement, ni s'engager sur une date de publication précise.

En mai 2026, Human Rights Watch a écrit au gouvernement congolais pour demander des informations sur la prévention de la pollution, la dépollution, le suivi et la surveillance des activités de Perenco à Muanda, notamment l'accès à l'audit environnemental, mais n'a reçu aucune réponse.

En réponse aux questions de Human Rights Watch, Perenco a nié que ses activités « puissent entraîner une pollution de l’air, du sol et de l’eau ou des problèmes de santé aigus néfastes ». L'entreprise a déclaré qu'elle considérait les études scientifiques menées sur le site comme méthodologiquement inadéquates, et qu'elle avait investi dans la prévention de la pollution et des initiatives de développement local, notamment dans le domaine de la santé. Elle a également affirmé avoir cessé le torchage sur 220 « points de torchage » situés dans la concession et coopérer pleinement avec les autorités congolaises afin de réduire davantage le torchage du gaz.

Le droit à la santé oblige les gouvernements à « assurer une éducation et un accès à l'information concernant les principaux problèmes de santé de la communauté, y compris les méthodes de prévention et de lutte contre ces problèmes». Le Comité des droits de l’homme de l’ONU a précisé que le droit à l’information englobe le droit d’accéder aux informations détenues par des organismes publics, ainsi que l’obligation de garantir un accès facile, rapide, efficace et pratique aux informations d’intérêt public détenues par les autorités. Ces informations incluent notamment les résultats d’un audit environnemental, tel que celui portant sur les activités de Perenco et commandé par le gouvernement.

Dans sa correspondance avec Human Rights Watch, Perenco n’a pas répondu aux questions concernant la surveillance des polluants, ni à la demande de partager les données de surveillance. De même, les ministères congolais de l’Environnement et des Hydrocarbures n’ont pas répondu à la demande d’informations de Human Rights Watch sur les mesures prises pour surveiller les conditions environnementales dans la région.

« Le gouvernement congolais doit faire preuve de transparence quant aux niveaux de pollution pétrolière afin de respecter ses obligations en matière de droit à la santé et d’appliquer pleinement ses lois», a conclu Lewis Mudge, directeur de la division Afrique centrale à Human Rights Watch. « Les autorités devraient reconnaître la menace pesant sur la santé des populations vivant dans la concession pétrolière, signaler immédiatement les niveaux de pollution et prendre des mesures pour réduire l’exposition de la population. »

Opérations de Perenco en République démocratique du Congo

L’entreprise petro-gazière franco-britannique Perenco est le seul opérateur pétrolier de la République Démocratique du Congo. Elle exploite des gisements de pétrole à terre et en mer dans une région qui s'étend le long des étroits 37 kilomètres de côtes du pays et englobe des dizaines de villages et de petits hameaux informels dans la partie orientale de la ville de Muanda, dans la province du Kongo Central. L’entreprise conserve des droits exclusifs d'exploration et de production de pétrole sur la quasi-totalité des blocs côtiers terrestres et sur l'intégralité de la zone maritime du pays.

Des études indépendantes publiées antérieurement ont documenté une grave contamination environnementale liée aux opérations pétrolières dans la région. Un rapport d'enquête du Sénat congolais de 2013, consulté par Human Rights Watch, a révélé des concentrations élevées de dioxyde de soufre (SO₂) et de dioxyde d'azote (NO₂) à proximité des sites de torchage de gaz, ainsi qu'une contamination des eaux souterraines et de surface par les hydrocarbures et de fortes concentrations de métaux lourds. 

Une étude réalisée en 2025 par des chercheurs de plusieurs universités de la RD Congo et du Cameroun a révélé des niveaux élevés d'hydrocarbures pétroliers totaux (HPT) et de composés organiques volatils (COV) dans les sols entourant les sites d'extraction de pétrole des villages de Kinkazi, Kitombe et Tshiende, que les chercheurs ont attribués à des fuites de pétrole.

Torchage du gaz

Le torchage du gaz consiste à brûler les co-produits gazeux générés lors de l'extraction du pétrole brut. Le torchage peut prendre plusieurs formes : le gaz peut être canalisé dans une cheminée verticale et brûlé en hauteur ; dirigé par des systèmes de torchage horizontaux dans des usines de traitement d'hydrocarbures ou des raffineries ; ou brûlé au niveau du sol dans des fosses ou d’autres installations à la surface, la combustion ayant lieu directement sur le site du puits.

Le torchage de gaz peut produire plusieurs polluants atmosphériques nocifs pour la santé humaine, notamment des particules fines, des COV, du monoxyde de carbone, du SO₂, des hydrocarbures aromatiques polycycliques, du NO₂ et du carbone noir. Les impacts sanitaires liés à l'exposition à ces polluants atmosphériques courants provenant du torchage de gaz augmentent avec la proximité aux sites de torchage.

Le torchage du gaz est interdit par la loi congolaise, sauf en cas de circonstances exceptionnelles et uniquement avec l'autorisation préalable du ministère des Hydrocarbures. Ni Perenco ni le ministère des Hydrocarbures n'ont répondu à la demande d'information de Human Rights Watch concernant l’éventuelle possession d’une autorisation de torchage de gaz par l'entreprise et, le cas échéant, les conditions de cette autorisation. Cependant, Perenco a indiqué qu'elle considère le torchage de gaz comme « une nécessité opérationnelle pour assurer la continuité de la production pétrolière dans la région de Muanda » et que « les autorités congolaises compétentes sont (...) pleinement conscientes de la situation. »

Human Rights Watch a constaté, sur la base d'une analyse de données satellites et du recueil de témoignages, que le torchage du gaz a eu lieu sur cinq sites associés à des infrastructures de stockage et de traitement du pétrole dans la concession de Perenco, soit verticalement par des cheminées, soit horizontalement ; entre janvier 2025 et mars 2026. 

Durant cette période, une activité de torchage quotidienne a été détectée au « tank Farm » de Kinkazi, situé à un point de rassemblement de pipeline de Perenco à quatre kilomètres au sud-est de la ville de Muanda, ainsi que sur un autre site dans une zone résidentielle du nord-est de la ville. Des indications d’activités de torchage ont également été détectés au « tank farm » de Mibale, près de Tshiende, et au  « tank farm » de Liawenda. Des signes de de torchage au ras du sol, au niveau des puits de pétrole, ont également été observés en 2025, tandis qu'aucune activité de torchage au sol n'a été constatée de mars à juin 2026. Human Rights Watch n'a pas été en mesure de réaliser une analyse des volumes de torchage sur ces sites en raison des limitations des données satellitaires et de l'épaisse couverture nuageuse de la zone durant cette période.

Click to expand Image Site de torchage vertical à Mibale, en République démocratique du Congo.  © 2026 Human Rights Watch

La proximité des sites de torchage de gaz avec les villages et les habitations situés dans la concession de Perenco expose les populations riveraines à des risques sanitaires importants, selon Human Rights Watch. La majeure partie de la population de la concession vit à moins de cinq kilomètres de l'un des cinq principaux sites de torchage. Une grande partie de la zone urbaine densément peuplée de Muanda se trouve dans cette zone. Dans le nord-est de la ville de Muanda, les habitants les plus proches vivent à moins de 80 mètres du site de torchage. Plusieurs villages, dont Liawenda, Tshiende, Kinkazi, Mamputu, Kitombe et Kimini, sont également situés à moins de trois kilomètres de sites de torchage actifs. Dans les villages de Tshiende et de Kinkazi, les habitants les plus proches vivent respectivement à environ 1,3 kilomètre et 2,5 kilomètres des sites de torchage des  « tank farms ». 

Click to expand Image Carte de la densité de population dans la concession de Perenco, superposée à la distance par rapport aux cinq principaux sites de torchage actifs identifiés par Human Rights Watch. Données démographiques © 2026 GRID3 / CIESIN / WorldPop COD, Gridded Population Estimates v4.4 (décembre 2025). Analyse et graphiques. © 2026 Human Rights Watch.   © Click to expand Image L’imagerie satellitaire du 6 janvier 2024 montre la proximité d'un site de torchage, situé dans la partie nord-est de la ville de Muanda, avec des habitations et des zones résidentielles. L'analyse effectuée par Human Rights Watch a révélé que le site était toujours en activité en 2025 et au début de l'année 2026. Image © 2026 Airbus. Google Earth. Graphiques. © 2026 Human Rights Watch. 

De nombreux habitants interrogés ont fait état de problèmes de santé, notamment de maladies respiratoires, qu'ils ont attribué à l'exposition aux polluants atmosphériques émis par le torchage du gaz.

Un professionnel de santé expérimenté d'un hôpital local qui accueille des patients de plusieurs villages de la concession a également décrit de nombreux « cas de maladies respiratoires telles que la sinusite et la pneumonie, en particulier chez les enfants. » 

Une femme d'âge moyen de Kinkazi, membre active de la Mama Society — une association de femmes du village — s'est plainte d’odeurs de gaz constantes liées au torchage. « Nous respirons du gaz ; il y a de fortes odeurs partout », a-t-elle déclaré. « On sent constamment des odeurs nauséabondes dans le village, ce qui donne envie de rester à l’intérieur. »

Trois autres habitants de Kinkazi se sont également plaints d’« odeurs de gaz constantes » près du  « tank farm ». Un habitant de 42 ans, sans emploi, a affirmé que les villageois « vomissaient » à cause de cela.

Dans le village de Tshiende, un homme d'une vingtaine d'années a déclaré : « On respire l'air pollué qui vient du tank farm. » Il a estimé que 15 autres personnes de son village souffrent de toux chronique. Un petit maraîcher d'une cinquantaine d'années a déclaré : « Notre santé est affectée — toux, nez qui coule, difficultés respiratoires. »

Dans un échange avec Human Rights Watch, Perenco a écrit que « 220 points de torchage ont été définitivement éteints et les sites correspondants dans les zones de Kinkazi et de Kitombe ont été remis en état. » Perenco a ajouté que l'entreprise était « en discussion avec les autorités congolaises compétentes concernant les options de valorisation du gaz [utilisation du gaz naturel] qui permettraient, à terme, de réduire davantage, voire d'éliminer complètement le torchage du gaz. »

Incinération des déchets pétroliers 

Perenco exploite une installation de traitement des déchets de 10 hectares située à environ deux kilomètres au sud-est du village de Kinkazi. Human Rights Watch a obtenu, vérifié et géolocalisé des photographies ainsi que des séquences vidéo de l'installation et a constaté que certains déchets pétroliers sont brûlés dans des incinérateurs à ciel ouvert au sein de l'installation.

La loi congolaise de 2011 relative aux Principes fondamentaux de la protection de l'environnement interdit l'élimination des déchets dans des lieux où ils peuvent générer des odeurs désagréables ou nuire à l'environnement, à la santé, ou à la sécurité publique.

Les villageois de Kinkazi interrogés ont fait état de maladies respiratoires qu'ils ont attribuées à la fumée provenant de l'installation. Un habitant d'une quarantaine d'années a affirmé que « lorsqu'il y a du vent et qu’ils brulent les déchets la nuit, les odeurs se propagent vers le village», et qu'il souffrait de « douleurs à la poitrine et d'une toux persistante ». Une autre personne, âgée d'une quarantaine d'années, a déclaré : « Nous respirons beaucoup de fumée, nous avons des nausées et des maux de tête. » Des travailleurs ont indiqué que l'entreprise produit deux principaux types de déchets lors des opérations de forage pétrolier : la boue de forage, composée principalement de résidus de fluides de forage ; et les paraffines, des dépôts d'hydrocarbures cireux provenant du pétrole brut qui s'accumulent à l'intérieur des pipelines et doivent être régulièrement éliminés. Les fuites de pétrole polluent également les sols. 

Click to expand Image L'imagerie satellitaire du 23 février 2026 montre l'installation de gestion des déchets de Perenco à Kinkazi, en République démocratique du Congo. Image © 2026 Planet Labs PBC. Analyse et graphiques. © 2026 Human Rights Watch. Click to expand Image Panneau de l'entreprise indiquant une « zone de traitement des paraffines » au site de gestion des déchets de Perenco, près du village de Kinkazi, en République démocratique du Congo. © 2026 Privé

Des photographies et des vidéos datant du début de l'année 2026, authentifiées par Human Rights Watch, montrent des réservoirs et des incinérateurs à ciel ouvert dans une zone signalée par un panneau comme étant une « zone de traitement des paraffines ». Des travailleurs ont déclaré à Human Rights Watch que ces réservoirs et incinérateurs servent à brûler les déchets de paraffine pour les dissoudre. « Nous apportons une certaine quantité de paraffine à brûler chaque nuit », a expliqué un employé de Perenco. « Des tuyaux remplis de gaz sont utilisés, ce qui crée une flamme, et une fois la paraffine brûlée, elle se transforme en sable. » 

Le témoignage de l'employé a été corroboré par une vidéo, prise début 2026 et authentifiée par Human Rights Watch, qui montre de hautes flammes s'élevant d'un incinérateur à ciel ouvert à l'intérieur de l'installation, la nuit. Des habitants de Kinkazi ont également signalé des feux provenant du site chaque nuit. Un producteur de vin de palme, âgé de 40 ans et originaire de Kinkazi, a déclaré : « La nuit, on sent la fumée qui se dirige vers le village. On sent l’odeur de fumée, et cela sent mauvais ». 

Click to expand Image Incinérateurs du centre de traitement des déchets de Perenco, près du village de Kinkazi, en République démocratique du Congo. © 2026 Privé Click to expand Image L'incinérateur du centre de traitement des déchets de Perenco, près du village de Kinkazi, en pleine activité nocturne. © 2026 Privé

Daniel Bain, professeur associé au département de géologie et de sciences de l'environnement de l'Université de Pittsburgh, a examiné les preuves visuelles recueillies par Human Rights Watch et a constaté que, bien que « les données sur la qualité de l'air local restent limitées, les zones proches des sites d'incinération de déchets présentent des concentrations élevées de carbone organique volatil et de particules fines dans l'atmosphère. »

Pollution de l'eau et des sols 

Human Rights Watch a constaté que Perenco n'a pas empêché les déversements et l’infiltration de pétrole brut provenant des puits de pétrole dans le sol. Le pétrole brut extrait du sol est un mélange complexe de milliers de composés chimiques et de métaux lourds, dont bon nombre sont toxiques et peuvent être nocifs pour la santé humaine. 

La loi congolaise de 2011 sur la Protection de l'environnement interdit le rejet de déchets ou d'autres substances susceptibles d'altérer ou de dégrader la qualité des eaux de surface ou souterraines, ainsi que toute activité susceptible de provoquer la pollution, l’érosion ou toute autre forme de dégradation des sols ou du sous-sol.

Plusieurs habitants au sein de la concession ont décrit comment le pétrole déborde régulièrement des puits lors de fortes pluies, souvent à proximité — voire parfois à l'intérieur — des villages. « Lorsqu’il pleut abondamment et que l’eau monte, le pétrole se répand à proximité », a déclaré un habitant de Tshiende.

À plusieurs endroits de la zone de concession, des chercheurs de Human Rights Watch ont observé et photographié des têtes de puits non protégées, recouvertes de ce qui semblait être des résidus de pétrole brut, ainsi que des traces de pétrole sur le sol environnant. 

Click to expand Image Puits de pétrole près de Tshiende, en République démocratique du Congo. © 2026 Human Rights Watch

Les chercheurs de Human Rights Watch ont également observé des pipelines provenant des installations d’extraction et de traitement du pétrole de Perenco présentant des signes visibles d’érosion, passant sous ou le long des villages et des terres agricoles et traversant parfois des rivières. Des riverains ont décrit de précédents évènements de ruptures de ces pipelines. « Les pipelines traversent les rivières et quand l'un d'entre eux éclate, le pétrole brut se déverse dans l'eau », a déclaré un habitant de Kinkazi.

Des travailleurs de l'industrie pétrolière ont déclaré que ces fuites et débordements fréquents sont le résultat d'un entretien insuffisant des infrastructures pétrolières. Un ancien employé a expliqué : « Il n’y a pas d’entretien régulier des pipelines, et ils ne nettoient que les grosses canalisations, pas les petites. En cas de forte chaleur, la densité diminue et cela provoque une explosion. » Daniel Bain, professeur á l'Université de Pittsburgh, a également souligné le manque de mesures préventives, notant que les sites de forage ne semblaient pas être entourés de digues de terre pour contenir les fuites.

Le gouvernement congolais n'effectue pas de suivi régulier des conditions environnementales dans la région, selon Human Rights Watch. Cependant, une enquête officielle menée en 2013 par une commission du Sénat a révélé une contamination des eaux souterraines et de surface de la région par des hydrocarbures et des métaux lourds. Des échantillons d'eau prélevés dans le cadre de cette enquête ont montré la présence de plomb et de mercure à des niveaux dépassant les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé en matière de qualité de l'eau potable. Le plomb est un métal lourd particulièrement nocif : une exposition chronique peut nuire aux reins, au système cardiovasculaire, à la santé reproductive et contribuer à l’anémie ainsi qu’à l’hypertension. Le mercure peut nuire aux systèmes nerveux, digestif et immunitaire, ainsi qu'aux poumons, aux reins, à la peau et aux yeux, et des effets graves sur la santé sont possibles même à de faibles niveaux d'exposition.

Click to expand Image Graphique © 2026 Human Rights Watch Click to expand Image Graphique © 2026 Human Rights Watch

Une étude menée en 2025 par plusieurs universités de la RD Congo et du Cameroun a révélé des niveaux élevés de composés organiques volatils et d'hydrocarbures dans les sols à proximité des puits de pétrole des villages de Kinkazi, Kitombe et Tshiende. Les auteurs ont conclu que ces polluants présentaient des risques potentiels pour les écosystèmes et la santé humaine, et ont recommandé des mesures de dépollution des sols, ainsi que la mise en place d'un système de surveillance à long terme de la qualité des sols et des eaux souterraines.

Dans un échange avec Human Rights Watch, Perenco a déclaré que « l'intégrité des infrastructures et la prévention de la pollution » étaient « au cœur de ses activités » et « structurées autour de ‘trois principes fondamentaux’ : l'inspection systématique des équipements et des infrastructures, l'évaluation technique et structurelle des actifs après chaque inspection, et les opérations de réparation ou de remplacement lorsque cela s'avère nécessaire. » L’entreprise a indiqué que « depuis 2021, elle avait investi plus de 100 millions de dollars » dans l’intégrité des infrastructures ainsi que dans les opérations de maintenance et « démantelé 35 km de pipelines terrestres ».

Perenco a également indiqué que de « nombreuses sources de dommages environnementaux » devraient être prises en compte, telles que « l’utilisation quotidienne par la population locale des cours d’eau et des rivières pour le lavage à grande échelle de véhicules à moteur » ou « les actes fréquents de vandalisme et de sabotage de ses installations », ainsi que « l’existence d’un trafic important de carburant entre la RDC et l’Angola, impliquant le stockage, le transport et la vente de carburant dans des conditions précaires. »

Surveillance environnementale

Un représentant de l'Office Congolais de Contrôle (OCC), un organisme gouvernemental qui collabore avec le ministère de l'Environnement pour la surveillance environnementale de la concession pétrolière, s'est entretenu avec Human Rights Watch. 

Ce représentant a déclaré que, bien que l'OCC effectue des inspections ponctuelles à l'aide d'équipements portables pour mesurer les polluants atmosphériques et la contamination des sols dans plusieurs communautés — notamment Liawenda, Banana, Mibale, Nsianfumu et Makelekese — il n'existe aucun programme de surveillance gouvernemental régulier. Il a indiqué que même si Perenco avait installé des capteurs de surveillance de la qualité de l'air dans plusieurs villages, l'OCC n'avait aucun accès aux données.

En 2025, un comité du parlement régional du Kongo Central a exhorté les autorités nationales à « acquérir et installer des capteurs de surveillance nationaux … sur les sites de la province susceptibles d’être pollués », et à « exiger de toutes les entreprises se livrant à des activités polluantes qu’elles soumettent mensuellement les données de surveillance collectées par ces capteurs. » Deux membres de l'assemblée provinciale ont déclaré à Human Rights que Perenco détient des données de surveillance des polluants pour la concession, mais ne leur en a pas donné l'accès. 

Le responsable d'une organisation environnementale basée à Muanda a déclaré : « Il n'existe aucune donnée publique disponible concernant la mesure des polluants, c'est pourquoi les ONG locales tentent de commander leurs propres analyses. »

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