LePartisan.info À propos Podcasts Fil web Écologie Blogs Revues MÉDIAS
Human Rights Watch News
 
Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

▸ Les 20 dernières parutions

20.02.2026 à 23:20

En Haïti, des groupes criminels impliqués dans la traite d’enfants alors que l’État s’effondre

Human Rights Watch

Click to expand Image Un jeune habitant de Carrefour âgé de 17 ans, ayant des liens avec un groupe criminel, photographié de dos sur une terrasse avec une vue sur Port-au-Prince, en Haïti, en juillet 2024. © 2024 Nathalye Cotrino/Human Rights Watch

Un nouveau rapport des Nations Unies détaille comment des groupes criminels en Haïti exploitent l'absence quasi totale de l'État, ainsi que la famine et la violence généralisées, pour recruter des enfants qui sont ensuite victimes d'abus. Ces groupes criminels se livrent à la traite d'enfants en utilisant des menaces et des incitations matérielles pour les contraindre à participer à des activités criminelles, à les soumettre à des abus sexuels et à de l'esclavage sexuel.

Au moins 26 groupes criminels opèrent dans et autour de la capitale haïtienne, Port-au-Prince, où environ 500 000 enfants vivent dans des zones sous leur contrôle. Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance, l'UNICEF, a récemment déclaré que le recrutement d'enfants avait triplé en 2025, les enfants représentant entre 30 et 50 % des membres des groupes criminels.

Selon le nouveau rapport publié par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme et le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), ces groupes utilisent les enfants dans des rôles souvent dangereux qui contribuent à renforcer leur pouvoir et leurs profits. Les garçons sont déployés comme guetteurs pour suivre les mouvements de la police, contraints à transporter des armes et des munitions, de collecter des paiements extorqués et de participer à des enlèvements et à des combats. Certains sont soumis à des rites d'initiation violents, selon le rapport, et sont battus ou forcés à participer à des meurtres et à des viols, des actes qui semblent conçus pour « isoler les enfants de leurs familles et de leur communauté ».

Le rapport révèle que des filles âgées d'à peine 12 ans sont victimes d'exploitation sexuelle et d'esclavage sexuel, notamment sous la forme de « relations » forcées avec des membres de groupes criminels. Si elles sont souvent contraintes d'effectuer des tâches domestiques, certaines sont également utilisées pour recueillir des renseignements, participer à des opérations criminelles et, dans certains groupes, manier des armes. Les enfants qui tentent de s'échapper, ainsi que leurs familles, peuvent faire face à de violentes représailles. 

Ces conclusions concordent avec les informations recueillies par Human Rights Watch sur les graves abus commis contre des enfants par des groupes criminels, et sur l'échec des autorités haïtiennes à prioriser la protection et la réadaptation des enfants. Les programmes de protection sociale ne couvrent qu'un petit nombre de ménages vulnérables. Les écoles, qui devraient être des lieux sûrs, restent fermées dans de nombreuses zones contrôlées par des groupes criminels. 

Les autorités haïtiennes de transition devraient renforcer les programmes de protection sociale destinés aux familles en situation de vulnérabilité, veiller à ce que les écoles puissent fonctionner comme des espaces sûrs, élargir l'accès aux soins psychosociaux et développer des programmes communautaires de réintégration pour les enfants victimes de graves abus.

Sans une action immédiate pour aider les enfants à quitter les groupes criminels et à se réintégrer dans leurs communautés de façon sécuritaire, les groupes criminels continueront à profiter de leur exploitation. Des réformes soutenues et un soutien international fort pourraient permettre à Haïti à commencer à rétablir la confiance dans les institutions étatiques et à briser le cycle des abus.

19.02.2026 à 00:00

Philippines : Des déplacements dus au changement climatique menacent les droits

Human Rights Watch

Click to expand Image Hasael Compra, un pécheur philippin, ramait dans la zone d’une mangrove au bord de la petite île de Siargao, dans le sud-est des Philippines, en 2025.  © 2025 Camille Robiou du Pont/Human Rights Watch Les autorités philippines ont cherché à déplacer de manière permanente des communautés entières de diverses régions vers des sites jugés plus sûrs, sans toutefois respecter les normes internationales visant à protéger les droits des personnes touchées.Les échecs constatés dans la région de Siargao démontrent la nécessité urgente pour les autorités de garantir des solutions inclusives et fondées sur les droits, notamment en consultant pleinement les personnes concernées.Le gouvernement philippin devrait élaborer un plan de réinstallation respectueux des droits, avec le soutien d’organisations internationales et de bailleurs de fonds.

(Tokyo, 19 février 2026) – Les autorités philippines chargées de reloger les communautés déplacées en 2021 par le typhon Odette ont ignoré les droits des habitants, en particulier ceux des personnes handicapées, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. Les initiatives de relogement sur l'île de Siargao, dans le sud des Philippines, ont été menées sans consulter les habitants de manière significative, sans transmettre d’informations accessibles à tou-te-s, et sans garantir une participation inclusive ; ceci a porté atteinte aux droits des habitants, et les a exposés à de futurs risques liés aux phénomènes météorologiques extrêmes.

Après la tempête

Déplacements aux Philippines

Dossier web (en anglais)

En décembre 2021, le typhon Odette, aussi connu sous le nom de typhon Rai sur le plan international, a balayé les Philippines, y compris Siargao, détruisant des maisons, tuant des centaines de personnes et déplaçant des milliers d'autres. Des communautés côtières entières se sont retrouvées sans abri, sans eau potable et sans accès aux services publics. Les personnes handicapées et leurs familles ont décrit les obstacles importants qu'elles ont rencontrés pour évacuer leurs domiciles, et se mettre en sécurité pendant et après la tempête. Depuis lors, les autorités philippines ont cherché à déplacer de manière permanente des communautés entières vers des zones désignées comme plus sûres, dans le cadre d'une réinstallation planifiée, sans toutefois respecter les normes internationales visant à protéger les droits des personnes touchées.

Entre mai et septembre 2025, Human Rights Watch a mené des entretiens avec 48 personnes, dont 25 personnes handicapées et leurs familles vivant dans quatre municipalités de l'île de Siargao (Del Carmen, Pilar, San Isidro et Santa Monica), des représentants communautaires, des experts en changement climatique, des représentants des Nations Unies et des responsables gouvernementaux à Manille, Butuan City, Surigao City et Siargao.

Sites des recherches menées par Human Rights Watch Click to expand Image Carte de Siargao et des îles voisines, dans le sud-est des Philippines, où Human Rights Watch a mené en 2025 des recherches sur les déplacements de population après le passage du typhon Odette (aussi connu sous le nom de « typhon Rai ») en 2021. © 2026 Human Rights Watch

« Mon mari m'a portée sur son dos à travers les zones inondées », a déclaré Jocelyn Iytac Eguna, âgée de 65 ans et atteinte d'un handicap physique, évoquant le typhon qui a dévasté Siargao et les îles voisines. « J'avais perdu tout espoir et je voulais vraiment mourir. C'est vraiment difficile pour moi. Les autres pouvaient simplement s'enfuir, mais moi, j'ai dû être portée. »

À la suite du passage du typhon Odette, le gouvernement philippin a interdit tout projet de construction dans les zones côtières et les lits des rivières de Siargao, qui font partie de la zone de conservation protégée, afin d'empêcher les habitants de retourner chez eux « pour leur propre sécurité ». Cependant, les autorités n'ont pas consulté de manière significative les communautés déplacées au sujet de leurs besoins et préférences pour leur propre avenir, et elles ne leur ont pas non plus proposé de logements de remplacement adéquats ni fourni d'informations suffisantes sur les plans visant à apporter une solution durable.

Comparaison d'images satellite avant et après le passage du typhon Odette le 16 décembre 2021, montrant la destruction partielle du village de Jaboy (municipalité de Pilar), sur l'île de Siargao aux Philippines. AVANT : 4 décembre 2020. APRÈS : 6 janvier 2022. © 2026 Planet Labs PBC / Human Rights Watch.

Au cours de la dernière décennie, les tempêtes aux Philippines ont déplacé au moins 43,8 millions de personnes. Avec l'accélération du changement climatique, le nombre de personnes déplacées devrait augmenter. Une étude récente a révélé que le changement climatique induit par les activités humaines a « plus que doublé la probabilité d'un événement complexe comme le typhon Odette ». Rien qu'en novembre 2025, deux typhons successifs ont touché plus de 12 millions de personnes dans le pays, faisant des centaines de morts et déplaçant plus de 466 000 personnes, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).

En vertu des Principes directeurs des Nations Unies relatifs au déplacement de personnes à l'intérieur de leur propre pays, les autorités compétentes ont le devoir et la responsabilité premiers de créer les conditions d'une solution durable pour les personnes déplacées par des catastrophes. Les normes internationales définissent trois solutions durables pour les personnes déplacées : un retour dans la dignité, une intégration locale ou une réinstallation permanente planifiée dans un nouveau site comparable. La plupart des habitants déplacés par le typhon Odette sont immédiatement retournés dans leur région, et ont reconstruit leurs maisons dans la zone interdite à la construction, où ils font face à un avenir incertain.

Étant donné que la vie, les moyens de subsistance et l'identité des personnes sont profondément liés à leurs foyers, les mesures d'adaptation au changement climatique et de prévention des catastrophes qui permettent aux personnes de rester sur place doivent être privilégiées dans la mesure du possible. Selon le Guide sur la réinstallation planifiée copublié par les Nations Unies en 2015, une telle mesure ne doit être envisagée qu'en dernier recours pour protéger la vie et la santé des habitants, et sur la base d'une consultation avec les communautés touchées ou à leur demande.

Les autorités municipales de Siargao ont réagi de différentes manières au typhon et à la désignation de la zone interdite à la construction. Immédiatement après le typhon, la municipalité de San Isidro a entrepris, sans consulter ou soutenir suffisamment les familles touchées, une réinstallation mal planifiée de 40 familles qui vivaient sur les berges de la rivière San Isidro, vers Josephath, un site situé en amont ; cette initiative a été menée d’une manière qui a porté atteinte à leurs droits. Des membres de la communauté et des responsables locaux ont déclaré que les familles relogées avaient un accès irrégulier à l'eau, et des difficultés à accéder à la rivière et aux services de la communauté. Les personnes handicapées sont particulièrement exposées aux risques de blessures et au manque d'accès, en raison de l'inaccessibilité du site.

De même, la municipalité de Pilar, avec le soutien de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), a déplacé plusieurs familles vers un site qui, selon la communauté locale, est régulièrement inondé, ce qui va à l'encontre de l'objectif même de la réinstallation. En conséquence, lors de conditions météorologiques extrêmes, les familles restent coupées du reste du village, y compris de l'école primaire locale, qui sert également de site d'évacuation.

Les municipalités de Santa Monica et Del Carmen, qui prévoient actuellement des réinstallations, devraient tirer les leçons de ces erreurs et agir pour garantir un processus respectueux des droits, a déclaré Human Rights Watch.

Le maire de Del Carmen, Alfredo Coro, a reconnu que la municipalité n'avait pas encore consulté les communautés concernées ; il s'est engagé à faire en sorte que le projet de réinstallation soit axé sur les droits humains et inclusif pour les personnes handicapées. Si le projet de réinstallation de Del Carmen respecte les droits humains, il pourrait servir de modèle pour d’autres municipalités des Philippines, et peut-être même pour les 77 autres pays où des projets de relocalisation liés à des catastrophes ont été recensés.

En vertu du droit international relatif aux droits humains, les Philippines sont tenues de respecter, protéger et réaliser les droits économiques, sociaux et culturels de chaque personne, et de les protéger face aux risques raisonnablement prévisibles liés au changement climatique, notamment l'élévation du niveau de la mer et d'autres phénomènes. En vertu de l’article 11 de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), les autorités à tous les niveaux doivent « assurer la protection et la sûreté des personnes handicapées dans les situations de risque, y compris […] les catastrophes naturelles ».

Alors que les autorités philippines, au niveau local et national, étendent le programme de réinstallation à Siargao, il est essentiel qu'elles garantissent le respect des droits humains par le biais de consultations significatives et d'informations accessibles. Garantir les droits des personnes les plus exposées, y compris les personnes handicapées, permettra d'assurer une meilleure protection et sécurité pour tous les habitants, a déclaré Human Rights Watch.

« Le gouvernement philippin et les bailleurs de fonds internationaux devraient fournir aux autorités locales de Siargao un soutien suffisant pour élaborer des solutions durables pour les personnes déracinées par le typhon Odette, et celles qui sont de plus en plus exposées aux risques climatiques », a conclu Emina Ćerimović. « Le changement climatique amplifie les inégalités existantes, et les échecs passés à Siargao soulignent la nécessité urgente pour les autorités de garantir des solutions inclusives et fondées sur les droits, notamment par le biais d'une réinstallation bien planifiée. »

Suite détaillée en anglais.

………………..

 

18.02.2026 à 16:20

Au Sénégal, douze hommes ont été arrêtés en vertu de lois anti-LGBT sévères

Human Rights Watch

Click to expand Image Vue aérienne de Dakar, la capitale du Sénégal, le 21 mars 2024.  © 2024 Mosa'ab Elshamy/AP Photo

La récente mise en détention de douze hommes au Sénégal, fondée sur des lois homophobes, ravive les inquiétudes concernant la criminalisation des relations entre personnes de même sexe et la sécurité des personnes vivant avec le VIH/SIDA.

Le 9 février, la gendarmerie de Dakar a annoncé l’arrestation de douze hommes pour des motifs variés, dont « actes contre nature » et « transmission volontaire » du VIH. Ces hommes risquent jusqu’à cinq ans de prison et des amendes de 100 000 à 1 500 000 CFA (environ 180 à 2 700 USD) pour relations homosexuelles, ainsi que jusqu’à dix ans de prison pour la prétendue transmission intentionnelle du VIH.

Le Sénégal pénalise les relations consensuelles entre personnes de même sexe à travers l’article 319 de son Code pénal, qui interdit les « actes contre nature ». Dans un pays où les gens risquent violences et discriminations en raison de leur orientation sexuelle ou de leur séropositivité au VIH, l’ampleur de la couverture négative par les médias sur ces arrestations accentue les craintes dans la communauté des personnes lesbiennes, gay, bisexuelles et transgenres (LGBT). Un activiste a déclaré à Human Rights Watch que les travailleurs médicaux communautaires étaient extrêmement préoccupés des répercussions juridiques potentielles si leurs coordonnées étaient découvertes sur les téléphones des hommes détenus.

L’hostilité à l’égard des personnes LGBT s’est intensifiée au Sénégal ces dernières années. Des députés ont tenté sans succès à deux reprises – en 2022 et en 2024 – de faire durcir les peines de prison et les amendes dont sont passibles les « actes contre nature ». En octobre 2023, dans le village de Kaolack, à 200 kilomètres au sud-est de la capitale, Dakar, un groupe de personnes a exhumé le cadavre d’un homme soupçonné d’avoir été homosexuel, avant de le traîner dans la rue et de le brûler sur la place publique. Le spectacle a attiré une foule, et les vidéos de cet incident sont devenues virales dans tout le pays.

La pénalisation des relations entre personnes de même sexe et le fait d’arrêter les gens pour leur orientation sexuelle violent des droits protégés internationalement, notamment le droit à l’égalité et à la non-discrimination. Le fait de se servir de la possession de préservatifs, de lubrifiants ou de traitements anti-VIH comme preuve d’homosexualité, de forcer à faire des tests de VIH et de rendre publique la séropositivité de quelqu’un bafoue ses droits à la vie privée et les normes internationales à cet égard, mais aussi nuit aux efforts essentiels de prévention et de traitement du VIH/SIDA.

Le gouvernement sénégalais devrait respecter et protéger les droits des personnes LGBT, en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, y compris en libérant les personnes arrêtées et en abrogeant les lois discriminatoires et homophobes.

............

3 / 20
  GÉNÉRALISTES
Le Canard Enchaîné
La Croix
Le Figaro
France 24
France-Culture
FTVI
HuffPost
L'Humanité
LCP / Public Senat
Le Media
La Tribune
Time France
 
  EUROPE ‧ RUSSIE
Courrier Europe Centrale
Desk-Russie
Euractiv
Euronews
Toute l'Europe
 
  Afrique du Nord ‧ Proche-Orient
Haaretz
Info Asie
Inkyfada
Jeune Afrique
Kurdistan au féminin
L'Orient - Le Jour
Orient XXI
Rojava I.C
 
  INTERNATIONAL
Courrier International
Equaltimes
Global Voices
Infomigrants
I.R.I.S
The New-York Times
 
  OSINT ‧ INVESTIGATION
OFF Investigation
OpenFacto°
Bellingcat
Disclose
Global.Inv.Journalism
I.C.I.J
 
  MÉDIAS D'OPINION
Au Poste
Cause Commune
CrimethInc.
Hors-Serie
L'Insoumission
Là-bas si j'y suis
Les Jours
LVSL
Politis
Quartier Général
Rapports de force
Reflets
Reseau Bastille
StreetPress
 
  OBSERVATOIRES
Armements
Acrimed
Catastrophes naturelles
Conspis
Culture
Curation IA
Extrême-droite
Human Rights Watch
Inégalités
Information
Justice fiscale
Liberté de création
Multinationales
Situationnisme
Sondages
Street-Médics
Routes de la Soie
🌓