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Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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04.02.2026 à 06:01

Afrique centrale : Les civils sont en danger dans l’est de la RD Congo

Human Rights Watch

Click to expand Image Un combattant du M23 surveille des soldats congolais détenus au Stade de l’Unité à Goma, en République démocratique du Congo, le 30 janvier 2025. © 2025 Daniel Buuma/AFP via Getty Images

(Nairobi) – Les abus commis par les forces gouvernementales et les groupes armés à l’encontre des civils sont devenus monnaie courante dans le conflit qui frappe l’est de la République démocratique du Congo, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026. En Afrique centrale, les gouvernements du Rwanda, du Burundi, de la RD Congo et de la République centrafricaine ont encore restreint les droits civils et politiques.

« Les populations des pays d’Afrique centrale ont été confrontées à des risques croissants au cours de la dernière année, qu’il s’agisse d’attaques ou de déplacements forcés dans l’est de la RD Congo ou de la suppression des droits fondamentaux ailleurs dans la région », a expliqué Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale chez Human Rights Watch. « Les organismes régionaux et internationaux doivent inciter les gouvernements d’Afrique centrale à protéger les civils et à défendre l’espace démocratique. »

Dans la 36ème édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.

Le conflit qui oppose le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, aux forces armées congolaises a conduit à de nouvelles atrocités dans l’est de la RD Congo. Le M23 a commis de nombreux crimes de guerre, y compris des meurtres et des violences sexuelles. L’armée congolaise et ses alliés Wazalendo, ainsi que d’autres groupes armés, ont également commis des crimes de guerre.La période précédant les élections locales et législatives au Burundi ainsi que les élections présidentielles en République centrafricaine ont été marquées par des abus. Dans les deux pays, les candidats de l’opposition ont été empêchés de se présenter. Au Burundi, les électeurs ont été intimidés et ont subi des pressions lors du vote.Les autorités des quatre pays ont réprimé les médias, la liberté d’expression et le droit de réunion pacifique. En RD Congo, les autorités et le M23 ont tous deux pris pour cible des journalistes, des détracteurs et des activistes. Un tribunal militaire a condamné l’ancien président Joseph Kabila à la peine capitale par contumace pour des chefs d’inculpation motivés par des raisons politiques. Au Rwanda, la cheffe de l’opposition Victoire Ingabire a de nouveau été arrêtée dans le cadre d’un procès en cours contre des membres de son parti.Les mécanismes de justice internationale ont fait des progrès significatifs dans les affaires concernant l’Afrique centrale en 2025. La Cour pénale internationale a reconnu deux chefs de milices anti-balaka coupables de crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés en République centrafricaine. Roger Lumbala, ancien chef rebelle et ministre congolais accusé de crimes contre l’humanité commis en RD Congo, est jugé en France.

Les gouvernements d’Afrique centrale devraient défendre l’État de droit et respecter les libertés fondamentales, y compris pendant les conflits armés, a déclaré Human Rights Watch. Une pression internationale concertée est nécessaire pour veiller à ce que les gouvernements protègent leurs populations et respectent leurs obligations en vertu du droit international, notamment en traduisant en justice les responsables de crimes graves.

04.02.2026 à 06:00

Faire face au défi posé par Trump aux droits humains

Human Rights Watch

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(Washington, le 4 février 2026) – Les démocraties respectueuses des droits humains devraient former une alliance stratégique afin de préserver l’ordre international fondé sur des règles, menacé par l’administration Trump ainsi que par les dirigeants de la Chine et de la Russie, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch dans son Rapport mondial 2026.

Dans la 36e édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. 

Le président américain Donald Trump et la montée en puissance des autoritarismes ont fait des ravages sur les garanties et les protections des droits humains dans le monde. Les récentes violations commises par les États-Unis – des atteintes à la liberté d’expression aux expulsions de personnes vers des pays tiers où elles risquent d’être torturées – montrent l’ampleur de l’assaut porté par son administration contre l’état de droit. Conjuguées aux efforts déployés de longue date par la Chine et la Russie pour affaiblir l’ordre international fondé sur des règles, les agissements de l’administration Trump ont d’énormes répercussions au niveau international.

« Le système mondial des droits humains est en danger », a déclaré Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch. « Sous la pression incessante du président américain Donald Trump et constamment sapé par la Chine et la Russie, l’ordre international fondé sur des règles est en train d’être détruit, menaçant d’emporter avec lui l’édifice sur lequel les défenseurs des droits humains s’appuient pour faire progresser les normes et protéger les libertés. Pour contrer cette tendance, les gouvernements qui attachent encore de l’importance aux droits doivent former, aux côtés des mouvements sociaux, de la société civile et des institutions internationales, une alliance stratégique pour s’y opposer. »

Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en français

Le président américain a sapé la confiance dans l’intégrité des élections et réduit le devoir de rendre des comptes du gouvernement, a déclaré Philippe Bolopion. Trump s’en est pris à l’indépendance de la justice, a défié les décisions judiciaires, réduit brutalement l’aide alimentaire et les subventions en matière de santé, restreint les droits des femmes, entravé l’accès à l’avortement, compromis les recours contre les discriminations raciales, supprimé les protections pour les personnes transgenres et intersexes et porté atteinte à la vie privée. Il a également usé de son pouvoir pour intimider ses adversaires politiques, les médias, des cabinets d’avocats, des universités, la société civile et même des humoristes.

« En invoquant un risque “d’effacement civilisationnel’’ en Europe et en s’appuyant sur des stéréotypes racistes pour présenter des populations entières comme indésirables aux États-Unis, l’administration Trump a adopté des politiques et une rhétorique qui rejoignent l’idéologie nationaliste blanche », a analysé Philippe Bolopion. « La politique étrangère de Trump a bouleversé les fondements de l’ordre international fondé sur des règles, qui vise à promouvoir la démocratie et les droits humains. Trump s’est vanté de n’avoir “pas besoin du droit international”, seulement de sa “propre morale”. »

La politique étrangère de Trump a été caractérisée par un mépris flagrant des obligations des États-Unis en matière de droits humains et par le rejet brutal de tout effort pour en faire un axe important de la diplomatie américaine. L’administration a brutalement mis fin à la quasi-totalité de l’aide étrangère américaine, y compris les financements destinés à l’aide humanitaire vitale. Elle s’est également retirée des institutions multilatérales essentielles à la protection des droits humains dans le monde, notamment le Conseil des droits de l’homme de l’ONU et l’Accord de Paris sur le climat.

L’affaiblissement des institutions multilatérales par les États-Unis a également porté un coup dur aux initiatives internationales pour prévenir ou mettre fin aux graves crimes internationaux. Le mouvement « Plus jamais ça », né des horreurs de l’Holocauste et relancé par les génocides rwandais et bosniaque, avait incité l’Assemblée générale des Nations Unies à adopter le principe de la « responsabilité de protéger » (R2P) en 2005. Aujourd’hui, ce principe est rarement invoqué et la Cour pénale internationale subit des attaques en règle.

Il y a vingt ans, le gouvernement américain et la société civile ont joué un rôle déterminant pour mobiliser une réponse face aux atrocités de masse commises au Darfour. Le Soudan est à nouveau en proie à la violence, mais cette fois, sous la présidence de Trump, dans l’impunité.

Dans le Territoire palestinien occupé, les forces armées israéliennes ont commis des actes de génocide, un nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité, tuant plus de 70 000 personnes depuis les attaques menées par le Hamas contre Israël en octobre 2023 et déplacé de force la grande majorité de la population de Gaza. Ces crimes ont suscité une condamnation internationale disparate, et Trump a poursuivi la politique américaine de longue date de soutien quasi inconditionnel à Israël, alors même que la Cour internationale de Justice était saisie d’allégations de génocide.

En Ukraine, les efforts de paix de Trump ont systématiquement minimisé la responsabilité de la Russie dans les graves violations commises. Au lieu d’exercer une pression réelle sur Poutine pour mettre fin à ces crimes, Trump a publiquement critiqué le président ukrainien Volodymyr Zelensky, exigé un accord minier abusif, fait pression sur l'Ukraine pour qu'elle cède de vastes territoires et proposé une « amnistie totale » pour les crimes de guerre.

Alors que les États-Unis tournent résolument le dos aux droits humains, certains pays qui auraient pu mener la lutte pour les préserver ont été affaiblis par des forces internes illibérales sur leur propre sol, a déclaré Philippe Bolopion. Les gouvernements sont également freinés par la crainte de s’aliéner les États-Unis et la Chine, et beaucoup considèrent les droits et l’état de droit comme un obstacle, plutôt qu’un atout, pour leur sécurité et leur croissance économique.

Mais si ces pays s’unissaient, ils pourraient devenir une force politique puissante et former un bloc économique de taille. Il est essentiel de regarder au-delà du cercle habituel, a affirmé Philippe Bolopion. L’ordre multilatéral a été mis en place petit à petit par des États de toutes les régions. Et le soutien aux droits humains n’est jamais venu seulement de démocraties puissantes ou de pays irréprochables en matière de droits humains.

Cette coalition mondiale de démocraties respectueuses des droits pourrait offrir d’autres incitations pour contrer les politiques de Trump, qui ont sapé la gouvernance commerciale multilatérale et les accords commerciaux réciproques incluant des protections pour les droits. De nouveaux accords commerciaux attractifs, assortis de protections effectives pour les travailleurs, et des accords sécuritaires similaires pourraient être conditionnés au respect de la gouvernance démocratique et des normes relatives aux droits humains.

Cette nouvelle alliance constituerait également un puissant bloc pour voter à l’ONU. Elle pourrait s’engager à défendre l’indépendance et l’intégrité des mécanismes onusiens de protection des droits humains, à apporter un soutien politique et financier, et à bâtir des coalitions capables de promouvoir les normes démocratiques, même face à l’opposition des superpuissances.

Même dans les pires moments, l’idéal de liberté et de droits humains demeure. Le pouvoir du peuple reste le moteur du changement et de la protection des droits des plus vulnérables, a déclaré Philippe Bolopion. Dans ce monde plus hostile, le travail de la société civile est plus crucial que jamais.

« Briser la vague autoritaire et défendre les droits humains est le défi de toute une génération », a conclu le directeur exécutif de Human Rights Watch. « En 2026, il se jouera de manière particulièrement aigue aux États-Unis, avec des conséquences considérables pour le reste du monde. Pour lutter contre cette tendance, il faudra une réaction déterminée, stratégique et coordonnée de la part des électeurs, de la société civile, des institutions multilatérales et des gouvernements respectueux des droits humains à travers le monde. »

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04.02.2026 à 06:00

Afghanistan : La répression exercée par les talibans s’est intensifiée en 2025

Human Rights Watch

Click to expand Image Des migrants afghans revenus dans leur pays chargeaient leurs possessions sur un camion dans le camp Omari à Torkham, en Afghanistan, le 16 septembre 2025. Plus de trois millions d'Afghans qui avaient précédemment fui vers le Pakistan et l’Iran sont rentrés en Afghanistan, parfois sous la contrainte, depuis septembre 2023.  © 2025 Elke Scholiers/Getty Images

(Bangkok) – Les autorités talibanes en Afghanistan ont accru en 2025 leur répression des femmes et des filles et ont mis en place de nouvelles règles ayant pour effet de limiter encore davantage la liberté des médias, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026. La crise humanitaire que connaît le pays s’est aggravée à cause de la réduction de l’aide en provenance de l’étranger et des retours forcés de millions de réfugiés afghans. 

« Les gouvernements devraient faire pression sur les talibans pour qu’ils mettent fin à leurs horribles abus, tout en atténuant la crise humanitaire qui affecte l’Afghanistan et en offrant des protections aux réfugiés afghans », a déclaré Fereshta Abbasi, chercheuse sur l’Afghanistan auprès de la division Asie de Human Rights Watch. « La répression implacable des talibans devrait pousser les autres gouvernements à soutenir les efforts visant à amener tous les individus responsables de graves crimes en Afghanistan à rendre des comptes. »

Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en français

Dans la 36e édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.

En 2025, les talibans ont émis de nouvelles lois draconiennes qui restreignent encore davantage la liberté de mouvement des femmes et leur accès à l’espace public, tout en mettant fermement en application les interdictions déjà existantes pour les filles de recevoir une éducation au-delà du cycle primaire et les limites aux possibilités d’emploi des femmes, abus que les experts des Nations Unies ont décrits comme constituant un « apartheid basé sur le sexe ». En juillet, la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d’arrêt à l’encontre de responsables talibans de haut rang pour le crime contre l’humanité de persécution sexiste.Le 6 octobre, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté une résolution historique créant un mécanisme indépendant chargé d’enquêter sur les violations des droits humains passées et actuelles commises en Afghanistan. Les talibans ont imposé de nouvelles restrictions limitant encore davantage la liberté des médias et ont emprisonné arbitrairement des critiques de leur régime. Les autorités ont également arrêté des personnes pour avoir prétendument commis des infractions aux lois sur la « moralité », telles que des femmes accusées de porter un hidjab (voile islamique) inapproprié ou des employeurs accusés de n’avoir pas organisé des lieux de travail séparés pour les femmes et les hommes. Le nombre de journalistes travaillant encore en Afghanistan a diminué en raison de la réduction des aides étrangères et de la politique répressive des talibans.La crise humanitaire en Afghanistan s’est encore aggravée en 2025 car le gouvernement américain a effectué des coupes massives dans son aide à l’étranger et d’autres pays lui ont emboîté le pas, tandis que de nombreux pays forçaient des millions de réfugiés afghans à retourner en Afghanistan. Plus de 22 millions de personnes étaient exposées à un risque d’insécurité alimentaire, les femmes et les filles en étant affectées de manière disproportionnée. 

Les gouvernements du monde devraient faire pression sur les talibans pour qu’ils mettent fin aux violations des droits humains et devraient également fournir une assistance humanitaire à la population afghane, a déclaré Human Rights Watch. Aucun pays ne devrait renvoyer de force en Afghanistan des personnes qui pourraient y être exposées aux risques de persécutions ou de menaces pour leur vie. Les États membres de l’ONU devraient financer et soutenir le nouveau mécanisme d’enquête indépendant sur l’Afghanistan, dont la création a été décidée en octobre 2025.

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