29.04.2026 à 17:50
Human Rights Watch
(Beyrouth) – Au moins 65 migrants éthiopiens risquent d’être exécutés prochainement en Arabie saoudite pour des infractions liées à la drogue, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Les autorités saoudiennes ont déjà exécuté trois migrants éthiopiens le 21 avril.
« L’Arabie saoudite est prête a exécuter des migrants étrangers pour des infractions non violentes à l’issue de procès n’ayant pas respecté les garanties procédurales fondamentales, ce qui témoigne d’un mépris profond pour la vie et les droits de ces personnes », a déclaré Nadia Hardman, chercheuse senior auprès de la division Droits des réfugiés et migrants à Human Rights Watch. « Les partenaires de l’Arabie saoudite devraient intervenir de toute urgence avant qu’il ne soit trop tard. »
Human Rights Watch a mené des entretiens avec trois sources bien informées au sujet des cas de trois hommes éthiopiens détenus au centre de détention de Khamis Mushait dans la région d’Asir, en Arabie saoudite. Selon ces sources , les trois hommes se sont décrits comme des réfugiés, ayant fui le conflit armé de 2020-2022 dans la région du Tigré dans le nord de l’Éthiopie, où la situation humanitaire reste désastreuse.
Les sources ont indiqué que les trois hommes avaient emprunté la dangereuse route migratoire traversant le golfe d’Aden, passant par le Yémen, pour rejoindre l’Arabie saoudite à la recherche d’un emploi. Elles ont précisé que les hommes s’étaient sentis contraints de transporter du khat, une plante légèrement stimulante originaire de certaines régions d’Afrique de l’Est, afin de gagner de l’argent pour financer leur voyage et survivre. Dans au moins un cas, ont déclaré les sources, un passeur a forcé un homme à transporter la plante du Yémen vers l’Arabie saoudite, comme condition pour faciliter son voyage.
La cathinone, substance stimulante du khat, est interdite en Arabie saoudite mais légalement autorisée et consommée culturellement dans certaines régions d’Éthiopie, ainsi qu’au Yémen. Les sources ont indiqué qu’aucun des hommes ne savait qu’il était illégal de transporter du khat vers et à l’intérieur de l’Arabie saoudite.
Les sources ont indiqué que les autorités de sécurité saoudiennes ont intercepté et arrêté les trois hommes entre 2023 et 2024, dans la région d’Abaha, alors qu’ils travaillaient, et les ont transférés vers divers centres de détention, puis finalement à Khamis Mushait. Les sources ont précisé que les hommes ont dû comparaître lors de deux ou trois audiences collectives extrêmement brèves, certaines par liaison vidéo. Les hommes n’avaient ni représentation juridique ni interprètes, et aucun d’entre eux n’a été informé des charges retenues contre eux.
Les sources ont déclaré que des agents de sécurité avaient frappé les hommes pendant les audiences et les avaient forcés à signer des documents qu’ils ne comprenaient pas. Un traducteur n’est apparu qu’à l’audience finale, uniquement pour les informer qu’ils avaient été reconnus coupables de trafic de drogue et condamnés à mort. Les sources ont rapporté les propos du juge : « Vous servirez d’exemple aux autres. »
Ces hommes sont détenus à Khamis Mushait depuis plus de deux ans sans possibilité de faire appel. Aucune date d’exécution n’a été fixée, mais ils font partie d’un groupe d’environ 65 autres Éthiopiens détenus dans leur cellule, tous condamnés à mort pour des infractions liées à la drogue, ainsi que de Saoudiens détenus à Khamis Mushait pour meurtre et autres crimes graves. Les sources ont indiqué que ces hommes pensent que des centaines d’autres Éthiopiens se trouvent dans d’autres cellules. Les médias ont rapporté que plus de 200 Éthiopiens attendent la peine de mort à Khamis Mushait. Human Rights Watch n’est pas en mesure de vérifier ce chiffre.
Le 21 avril, selon des sources bien informées, des gardiens de prison saoudiens ont emmené trois codétenus de leur cellule en leur disant qu’ils se rendaient à une audience au tribunal. Les gardiens ont ensuite déclaré aux autres détenus que les trois hommes avaient été exécutés et qu’ils devaient en informer leurs familles, ce qui a semé la panique parmi les autres. Les détenus n’ont reçu aucune visite depuis le début de leur détention et n’ont eu aucune communication avec les représentants consulaires éthiopiens.
Les sources bien informées ont rapporté les propos d’un homme : « La semaine dernière, trois de nos amis ont été tués ; peut-être qu’aujourd’hui ou après-demain, ils [les agents de sécurité saoudiens] me tueront. Aidez-nous, s’il vous plaît. »
Le 21 avril, le ministère de l’Intérieur a publié un communiqué annonçant l’exécution de trois ressortissants éthiopiens pour « participation à un trafic de haschisch » vers l’Arabie saoudite.
Les autorités saoudiennes ont procédé à un nombre record d’exécutions annuelles depuis le début du suivi de ces statistiques, avec 345 exécutions en 2024 et 356 exécutions en 2025. Les exécutions de ressortissants étrangers pour des infractions non mortelles liées à la drogue ont été le principal facteur de la forte augmentation des exécutions en 2025.
L'Arabie saoudite a exécuté plus de 2 000 personnes depuis que le roi Salmane ben Abdelaziz a accédé au trône le 23 janvier 2015 et a nommé son fils Mohammed ben Salmane prince héritier le 21 juin 2017. Malgré l’engagement pris en 2018 par le prince héritier de réduire considérablement le recours à la peine de mort, les exécutions se sont accélérées, notamment celles de mineurs accusés, les exécutions disproportionnées de ressortissants étrangers et les exécutions à motivation politique de personnes exerçant leur droit à la liberté d’expression.
Human Rights Watch s'oppose à la peine de mort en toutes circonstances en raison de sa cruauté inhérente. Le recours à la peine de mort par l'Arabie saoudite contredit le droit international des droits humains, selon lequel le droit à la vie est « inhérent à la personne humaine » ; selon le droit international, la peine de mort ne devrait s’appliquer qu’aux « crimes les plus graves », généralement ceux entraînant la mort ou des blessures corporelles graves.
En 2025, les infractions non mortelles liées à la drogue représentaient environ 68 % du total des exécutions. Le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a condamné cette pratique de l’Arabie saoudite, estimant que les exécutions pour des infractions liées à la drogue sont incompatibles avec le droit international des droits humains et ne relèvent pas de la catégorie des « crimes les plus graves ». Le Groupe de travail a exhorté les autorités saoudiennes à rétablir le moratoire sur les exécutions, soulignant que l’imposition de la peine de mort pour de telles infractions constitue une violation manifeste des normes juridiques internationales.
Des centaines de milliers d’Éthiopiens vivent et travaillent en Arabie saoudite. Si beaucoup émigrent pour des raisons économiques, beaucoup ont fui de graves violations des droits humains commises par leur gouvernement, notamment lors du récent et brutal conflit armé dans le nord de l’Éthiopie. Human Rights Watch documente depuis des années un large éventail de violations des droits humains à l’encontre des migrants empruntant cette même route.
La détention de migrants dans des installations insalubres en Arabie saoudite est un problème de longue susceptible de constituer un traitement inhumain et dégradant, selon Human Rights Watch. Par ailleurs, Human Rights Watch a constaté en 2023 que les gardes-frontières saoudiens avaient tué au moins des centaines de migrants et de demandeurs d’asile éthiopiens qui tentaient de franchir la frontière entre le Yémen et l’Arabie saoudite ; si ces actes s’inscrivaient dans le cadre d’une politique du gouvernement saoudien visant à tuer des migrants, ils constitueraient un crime contre l’humanité.
L'Arabie saoudite devrait immédiatement annuler les peines de mort prononcées à l'encontre des migrants éthiopiens et réexaminer toutes les condamnations conformément à ses obligations internationales, notamment la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que la Convention des Nations Unies contre la torture.
Le ministère éthiopien des Affaires étrangères et ses représentants en Arabie saoudite devraient intervenir d’urgence auprès de leurs homologues saoudiens et, au minimum, veiller à ce que leurs ressortissants bénéficient d’une assistance consulaire immédiate. L’Arabie saoudite devrait ratifier la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et mettre en place des procédures d’asile conformes aux normes internationales.
Les gouvernements concernés devraient user de leur influence pour faire pression sur l’Arabie saoudite afin qu’elle abolisse la peine de mort ou, à tout le moins, qu’elle rétablisse un moratoire sur les exécutions pour des infractions liées à la drogue.
« Le recours massif à la peine de mort en Arabie saoudite va de pair avec des violations fondamentales et systémiques des droits des accusés à une procédure régulière et à un procès équitable », a conclu Nadja Hardman. « Les autorités saoudiennes devraient commuer les condamnations à mort, et abolir la peine de mort. »
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Articles
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29.04.2026 à 16:54
Human Rights Watch
Le Conseil des ministres du Burkina Faso a adopté le 24 avril un avant-projet de loi visant à créer une réserve militaire de 100 000 personnes d'ici fin 2026. Le ministre de la Défense, Célestin Simporé, a présenté cette mesure comme un moyen de mobiliser rapidement les citoyens pour répondre aux menaces sécuritaires et « d'inscrire la Défense patriotique dans une logique de participation citoyenne ».
À première vue, l'ajout de dizaines de milliers de soldats semblerait renforcer la sécurité nationale, mais au Burkina Faso, cela risque également d'accélérer une crise des droits humains déjà grave.
L’armée burkinabè s’appuie déjà sur des dizaines de milliers d’auxiliaires civils connus sous le nom de Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Dans plusieurs rapports, Human Rights Watch a documenté comment les VDP ont commis de nombreuses violations graves, notamment des exécutions sommaires, des pillages et des déplacements forcés de communautés minoritaires.
L'extension de ce système risque de reproduire et de multiplier ces atteintes.
La réserve proposée comprendrait à la fois du personnel militaire expérimenté et des civils nouvellement formés. Cependant, l'ampleur considérable du projet et le délai très court sont préoccupants au regard de la nature et de la durée de la formation nécessaire pour mettre en place, de manière réaliste, une réserve militaire respectueuse des droits.
Des questions se posent également quant au mécanisme de contrôle. Le contexte actuel au Burkina Faso, marqué par des violations généralisées et systématiques des droits humains commises par le personnel des forces armées et les VDP, ainsi que par la récente suspension par le gouvernement des organisations qui dispensaient des formations sur les droits humains, jette un sérieux doute sur la capacité de la junte à endiguer les exactions commises par cette nouvelle force.
À moins d’être soigneusement géré, le recrutement et l’armement de civils pour en faire des réservistes risquent de brouiller la frontière entre combattants et non-combattants, augmentant ainsi les risques pour l’ensemble de la population. Human Rights Watch a démontré que les communautés accueillant des VDP deviennent plus vulnérables aux attaques des groupes armés islamistes, qui traitent souvent ces communautés comme s’il s’agissait de véritables cibles militaires.
La junte devrait tirer les leçons du programme désastreux des VDP. Les groupes armés islamistes ont prospéré non seulement grâce à leurs succès sur le champ de bataille, mais aussi en raison des vides de gouvernance, des griefs locaux et de l’érosion de la confiance envers l’État. L’expansion de forces mal entraînées ne contribue guère à résoudre ces problèmes et risque de les aggraver en augmentant les abus.
Le Burkina Faso est confronté à de graves menaces pour sa sécurité. Mais une stratégie qui menace la protection des civils au lieu de l’améliorer risque de compromettre à la fois les droits humains et la sécurité nationale.
29.04.2026 à 05:00
Human Rights Watch
(Beyrouth) – Le gouvernement israélien a approuvé un plan quinquennal allouant 334 millions de dollars à la réinstallation de milliers de civils israéliens vers le plateau du Golan, situé en Syrie et occupé par Israël, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Cette décision, adoptée par le cabinet israélien le 17 avril, constitue clairement une déclaration d’intention de commettre des crimes de guerre.
« Le gouvernement israélien vient d’allouer des fonds publics à ce qui constituerait un crime de guerre en Syrie, tout en accélérant l’expansion des colonies en Cisjordanie dans un contexte d’impunité pour les violences commises contre des Palestiniens », a déclaré Hiba Zayadin, chercheuse senior sur la Syrie à Human Rights Watch. « Un transfert permanent de population vers le territoire syrien violerait le droit international, et aurait de graves implications pour les Syriens déplacés de longue date. »
L’Union européenne et ses États membres, le Royaume-Uni et d’autres pays disposant d’une influence devraient réagir en suspendant leurs accords commerciaux avec Israël, et en interdisant notamment les activités commerciales avec les colonies israéliennes illégales, au Golan occupé ainsi qu’en Cisjordanie. Ces pays devraient également suspendre les transferts d’armes vers Israël. Lorsque les législations nationales le permettent, les procureurs de pays tiers devraient ouvrir des enquêtes pénales, en vertu du principe de compétence universelle, contre les responsables israéliens et toute autre personne impliquée de manière crédible dans le transfert de civils vers un territoire occupé.
Le cabinet israélien a approuvé le plan visant à développer la colonie de Katzrin, fondée en 1977, pour en faire ce que les responsables ont décrit comme la « première ville » du Golan ; l’objectif déclaré est d’accueillir 3 000 nouvelles familles de colons israéliens dans ce territoire occupé, d’ici 2030.
Ce plan financera les infrastructures, les logements, les services publics et les établissements universitaires à Katzrin, notamment une nouvelle antenne universitaire et des établissements médicaux spécialisés. La Direction de Tnufa pour le Nord, une agence gouvernementale israélienne fondée en 2024 pour faciliter la reconstruction et le développement des zones du nord d’Israël touchées par les hostilités depuis 2023, supervisera la coordination du projet avec les autorités locales.
Comme Human Rights Watch l’a déjà documenté dans le contexte des colonies de peuplement en Cisjordanie occupée, les entreprises qui contribuent au transfert de civils vers les territoires occupés, notamment en construisant ou en assurant l’entretien des colonies, risquent de se rendre complices de violations du droit international humanitaire et de crimes de guerre. Les entreprises entretenant des liens commerciaux avec les autorités gérant le plateau du Golan occupé, ou sur ce territoire, courent le même risque.
Israël a occupé le plateau du Golan en 1967, et y a étendu la législation israélienne en 1981, ce qui constitue une annexion de facto ; les États-Unis sont le seul pays au monde à reconnaître l’annexion présumée de ce territoire par Israël. Le plateau du Golan demeure un territoire occupé, au regard du droit international.
Depuis 1967, les autorités israéliennes ont refusé aux Syriens déplacés le droit de retourner dans leurs foyers dans le plateau du Golan occupé, et y ont détruit des centaines de villages et de fermes. Le gouvernement syrien estime que le nombre de Syriens déplacés et leur descendants s’élève à des centaines de milliers de personnes.
En 1981, la Résolution 497 du Conseil de sécurité des Nations Unies a qualifié l’annexion du Golan par les autorités israéliennes de « nulle et non avenue », sans effet juridique selon le droit international ; cette résolution a ajouté que la Quatrième Convention de Genève continuait de s’appliquer à ce territoire occupé. Depuis, l’Assemblée générale des Nations Unies a réaffirmé ces conclusions dans des résolutions annuelles, la plus récente datant de décembre 2025. Le transfert par une puissance occupante d’une partie de sa population civile vers un territoire occupé est interdit en vertu de l’article 49(6) de la Quatrième Convention de Genève, et constitue un crime de guerre.
Le gouvernement syrien devrait donner suite aux premières mesures déjà prises pour traiter les crimes internationaux graves commis en Syrie tant sous le régime d’Assad qu’après celui-ci, notamment la création d’une commission nationale de justice transitionnelle chargée de mettre en place des cadres juridiques pour les enquêtes et les poursuites au niveau national, a déclaré Human Rights Watch.
Des options de reddition de comptes sont également disponibles sur le plan international. Malgré des réunions publiques entre le gouvernement syrien et des responsables de la Cour pénale internationale (CPI) à la suite de la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, la Syrie n’est toujours pas un État partie au Statut de Rome de la CPI. Les autorités de transition syriennes pourraient toutefois soutenir la justice internationale en adhérant au Statut et en déposant une déclaration au titre de l’article 12(3), acceptant la compétence de la Cour pour les crimes commis sur le territoire syrien, y compris ceux commis avant la date d’adhésion.
Le plan israélien du 17 avril a été annoncé alors que l’armée israélienne poursuivait son avancée dans le sud de la Syrie. Depuis la chute du gouvernement Assad, les forces israéliennes ont occupé le territoire syrien au-delà de la ligne de désengagement de 1974, établi plusieurs positions militaires à l’intérieur de la Syrie ; elles ont mené à plusieurs reprises des raids terrestres, des frappes aériennes et d’autres opérations dans les gouvernorats de Quneitra, Deraa et Soueïda.
Human Rights Watch a documenté de graves violations commises par l’armée israélienne au cours de ces opérations, notamment le déplacement forcé de résidents syriens de villages situés dans la zone nouvellement occupée, ce qui constitue un crime de guerre. Des soldats israéliens sont entrés dans des villages proches de la ligne de séparation, en menaçant des familles avec leurs armes ; ils ont forcé des habitants à partir sans leur permettre d’emporter leurs biens, et sans prendre des dispositions pour qu’ils puissent se loger en toute sécurité avant de pouvoir retourner chez eux. Dans certains villages syriens, des bulldozers israéliens ont ensuite rasé des maisons pendant la nuit, détruisant les vergers et les jardins qui les entouraient.
Les forces israéliennes ont construit des installations militaires à proximité de ces villages et ont indiqué leur intention de rester indéfiniment, rendant de facto impossible tout retour concret des habitants. Ces forces ont également clôturé des terres agricoles, des pâturages et des sources d’eau, privant ainsi les familles de leurs moyens de subsistance qui étaient transmis d’une génération à l’autre ; elles ont aussi rasé de vastes portions des réserves forestières des villages. Les forces israéliennes ont également arrêté arbitrairement des civils syriens, et les ont transférés en Israël, où ils sont détenus sans inculpation et au secret.
Dans le même temps, Israël a accéléré l’expansion des colonies illégales en Cisjordanie, dans un contexte de recrudescence de violences commises par les colons. Au début du mois d’avril, le cabinet israélien a approuvé la construction de 34 nouvelles colonies, ce qui constitue la plus importante expansion de ce type en Cisjordanie à ce jour. Depuis son entrée en fonction en 2022, l’actuel gouvernement israélien a approuvé 103 nouvelles colonies ; le nombre total de colonies illégales a ainsi augmenté de 80 %, passant de 127 à 229.
Les responsables israéliens affirment de plus en plus ouvertement que l’un des objectifs de la colonisation illégale est d’éliminer toute possibilité d’un État palestinien. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), les attaques de colons israéliens étaient responsables de 75 % de tous les déplacements de Palestiniens enregistrés entre le 1er janvier et le 17 avril 2026. La CPI mène actuellement une enquête sur les crimes commis en Palestine.
Un schéma similaire de déplacements massifs se déroule au Liban. Des centaines de milliers de personnes restent déplacées à la suite de nombreux ordres d’évacuation israéliens visant le sud du Liban depuis mars 2026, et les forces israéliennes continuent d’occuper des dizaines de villages le long de la frontière. Le 16 mars, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré que les résidents chiites du sud du Liban ne seraient pas autorisés à rentrer chez eux pour une durée indéterminée ; ainsi que l’a observé Human Rights Watch, ceci suggère une intention de déplacer de force des membres de la population civile sur la base de leur religion.
L’UE et ses États membres continuent de reconnaître le plateau du Golan syrien comme un territoire occupé, conformément à la résolution 497 de l’ONU, et à la position de longue date de l’UE. En juin 2025, un rapport de l’UE a conclu qu’il avait des « indications » selon lesquelles Israël violait l’article 2 de l’Accord d’association UE-Israël, qui fait du respect des droits humains un élément essentiel de l’accord.
En septembre 2025, la Commission européenne a proposé la suspension de certaines dispositions commerciales de cet accord, mais cette mesure n’a pas encore été prise. Malgré les conclusions de l’avis consultatif publié par la Cour internationale de justice en juillet 2024, l’UE poursuit ses activités commerciales avec les colonies illégales d’Israël ; parmi les pays membres, seule l’Espagne les a interdites.
« L’UE dispose d’outils puissants, mais refuse de les utiliser », a conclu Hiba Zayadin. « Les États-Unis nient le fait que le Golan est un territoire syrien occupé. Le plan israélien du 17 avril est le résultat prévisible lorsqu’une puissance occupante est convaincue que son impunité perdurera. Les autorités syriennes peuvent changer la donne, en prenant des mesures en matière de justice nationale et en adhérant à la CPI. »
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