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Human Rights Watch News
 
Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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17.02.2026 à 04:00

Ouzbékistan : Des producteurs de coton et de blé exploités et victimes d’abus

Human Rights Watch

Click to expand Image Deux agriculteurs ouzbeks près d’un tracteur transportant du coton récolté s’apprêtaient à entrer dans la salle d'échantillonnage d'une usine d'égrenage de coton dans la région de Ferghana, en Ouzbékistan, en septembre 2023.  © 2023 Forum ouzbek pour les droits humains Le gouvernement ouzbek viole les droits humains et les droits du travail de cultivateurs de coton et de blé par le biais d'un système de production étatique coercitif, qui prévoit notamment des sanctions telles que la confiscation des terres en cas de non-respect des quotas. Bien que le gouvernement ait mis fin au travail forcé imposé par l'État aux cueilleurs de coton pendant la récolte et se soit engagé à mener des réformes plus larges, l’actuel système de culture et de production agricoles en Ouzbékistan continue de créer un risque de travail forcé pour les producteurs de coton et de blé.Le gouvernement devrait veiller au respect des lois et décrets récents qui offrent aux agriculteurs une meilleure protection de leurs droits, mettre fin au système de quotas et inviter les agriculteurs à participer aux discussions politiques sur les réformes agricoles.

(Berlin, 17 février 2026) – Le gouvernement ouzbek viole le droit du travail ainsi que d’autres droits de cultivateurs de coton et de blé par le biais d'un système de production étatique coercitif, ont conjointement déclaré Human Rights Watch et le Forum ouzbek pour les droits humains dans un rapport publié aujourd'hui. Ces abus persistent malgré de récentes réformes dans le domaine agricole. 

16 février 2026 “Farmers Have No Freedom”

Le rapport de 85 pages, intitulé « Farmers Have no Freedom: Abuse and Exploitation of Cotton and Wheat Farmers in Uzbekistan » (« Des agriculteurs privés de liberté : Les producteurs de coton et de blé soumis à l’exploitation et aux abus en Ouzbékistan »), documente les conditions abusives dans lesquelles travaillent ces agriculteurs, notamment les quotas obligatoires pour les récoltes sur les terres qu'ils louent au gouvernement, qui doivent être vendues à des prix fixés de manière centralisée, et qui sont appliqués par le biais de sanctions en cas de non-respect des quotas, même si les rendements exigés ne sont pas réalisables. Les autorités recourent à des menaces et à la violence contre les agriculteurs qui ne respectent pas les quotas, et les sanctions peuvent aller jusqu'à la saisie des terres. Les agriculteurs sont confrontés à des retards de paiement ou à des impayés de la part des entreprises textiles et céréalières, tandis que les autorités ne font pas respecter les décisions de justice obligeant ces entreprises à payer.

« Le gouvernement ouzbek devrait mettre fin aux conditions coercitives et abusives imposées aux cultivateurs de coton et du blé qui travaillent dans de dures conditions », a déclaré Umida Niyazova, directrice du Forum ouzbek pour les droits humains (Uzbek Forum for Human Rights). « Les autorités devraient s'engager à mener des réformes agricoles qui offrent une protection réelle à ces agriculteurs, en tenant compte de leurs conseils quant aux changements nécessaires. »

Les chercheuses des deux organisations ont mené des entretiens avec 75 agriculteurs et experts dans cinq régions d'Ouzbékistan. Elles ont également examiné des documents judiciaires, des textes législatifs et d'autres documents officiels, des articles dans les médias et des publications sur les réseaux sociaux, ainsi que des déclarations de responsables gouvernementaux entre octobre 2023 et décembre 2025.

Ces dernières années, le gouvernement ouzbek a mis fin au travail forcé imposé par l'État aux cueilleurs de coton pendant la récolte et s'est engagé à entreprendre des réformes plus larges du secteur agricole. Bien que des améliorations notables aient été observées, le système actuel de culture et de production agricoles en Ouzbékistan continue de présenter un risque de travail forcé.

Le système agricole ouzbek empêche les producteurs de coton et de blé d'exercer leur activité de manière indépendante ou de contrôler leurs conditions de travail, et les rend dans la pratique subordonnés à l'État, ont constaté les deux organisations.

« C'est comme si nous étions devenus des ouvriers agricoles pour quelqu'un d'autre, et non plus des propriétaires terriens », a déclaré un producteur de coton de la région de Khorezm.

Human Rights Watch et Uzbek Forum for Human Rights ont également constaté que les contrats de location de terres agricoles ne protègent pas les agriculteurs contre les saisies illégales et arbitraires de terres par les autorités locales, et que ces dernières menacent régulièrement de saisir les terres si les agriculteurs n'ont pas rempli leurs quotas. 

Les agriculteurs qui ont intenté des poursuites judiciaires pour contester la saisie de leurs terres par le gouvernement obtiennent rarement réparation devant les tribunaux ouzbeks et, dans les rares cas où ils y parviennent, les autorités locales ne font pas appliquer les décisions de restitution des terres aux agriculteurs.

« Le juge fait ce que dit le gouverneur », a déclaré un agriculteur dont les terres ont été saisies. « Le tribunal ne peut pas nous aider quand il s’agit de questions foncières. »

Des agriculteurs ont également déclaré que les entreprises privées de production de coton et de blé ont retardé le paiement du coton brut et du blé ou n'ont pas payé intégralement les agriculteurs pour leurs produits, ce qui leur a valu des amendes fiscales. Dans certains cas, les retards ou les défauts de paiement les ont mis dans une situation financière désastreuse et peuvent les contraindre à déclarer faillite. Dans certains cas, les autorités n'ont pas fait respecter les contrats ou n'ont pas exigé des entreprises qu'elles paient les agriculteurs, même lorsque les tribunaux leur ont ordonné de le faire.

Un environnement hostile et déshumanisant persiste dans le secteur agricole ouzbek. Les agriculteurs ont déclaré avoir été giflés ou battus, ou s'être fait jeter des objets lors de réunions avec des responsables locaux. Les responsables ont qualifié les agriculteurs d'« ânes », de « salauds » ou de « porcs », simplement parce qu'ils n'avaient pas encore rempli leur quota de coton ou de blé. Dans un nombre limité de cas plus extrêmes, la police a arbitrairement détenu des agriculteurs pendant plusieurs jours sans inculpation pour ne pas avoir rempli leurs quotas. 

Human Rights Watch et Uzbek Forum for Human Rights ont également documenté de nombreux cas dans lesquels la police a menacé ou arrêté des blogueurs locaux qui rendaient compte des problèmes liés aux droits des agriculteurs, les tribunaux leur infligeant ensuite des peines d'emprisonnement de courte durée.

Dans sa correspondance avec les deux organisations, le gouvernement ouzbek a largement rejeté ces conclusions, soulignant les changements législatifs et les nouveaux décrets qui, sur le papier, offrent une meilleure protection juridique des droits des agriculteurs.

Les agriculteurs ouzbeks ont droit à des conditions de travail justes et favorables et à la liberté d'association, entre autres, qui sont garanties par le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, tous deux ratifiés par l'Ouzbékistan en 1995, ainsi que par la Convention internationale du travail n° 87, ratifiée par l'Ouzbékistan en décembre 2016.

Le gouvernement ouzbek devrait veiller au respect des lois et décrets récents qui offrent aux agriculteurs une meilleure protection de leurs droits, ont déclaré les deux organisations. Le gouvernement devrait veiller à ce que les réformes remédient véritablement aux conditions de travail hautement abusives et exploitantes dans lesquelles sont contraints de travailler les producteurs de coton et de blé en Ouzbékistan, notamment en mettant fin au système de quotas.

Le gouvernement ouzbek devrait inviter les agriculteurs à participer aux discussions politiques sur les réformes agricoles et tenir compte sérieusement de leurs commentaires et recommandations, ont ajouté Human Rights Watch et Uzbek Forum for Human Rights.

Les partenaires internationaux de l'Ouzbékistan et les institutions financières internationales travaillant dans ce pays devraient exhorter le gouvernement à mettre fin à l'ingérence arbitraire et coercitive de l'État dans le secteur du coton et du blé. L'Union européenne, en particulier, devrait insister pour que l'Ouzbékistan respecte ses engagements découlant du nouvel accord de partenariat bilatéral signé en 2025 et de l'accès préférentiel au marché qu'elle accorde à l'Ouzbékistan, sous réserve de la mise en œuvre des conventions internationales fondamentales en matière de droits humains et de droits du travail.

« Il est choquant que les producteurs de coton et de blé ouzbeks travaillent dans des conditions de production aussi abusives et coercitives », a déclaré Mihra Rittmann, chercheuse senior sur l'Asie centrale à Human Rights Watch. « Les partenaires de l'Ouzbékistan, les institutions financières internationales et les investisseurs potentiels dans le secteur agricole ouzbek devraient user de leur influence pour garantir que le gouvernement ouzbek mette en œuvre des réformes qui protègent véritablement les agriculteurs et leurs droits. »

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16.02.2026 à 15:00

Philippines : La CPI tiendra une audience dans l’affaire de l’ex-président Duterte

Human Rights Watch

Click to expand Image L'ex-président philippin Rodrigo Duterte, filmé dans le centre de détention de la Cour pénale internationale à La Haye, aux Pays-Bas, était visible sur un écran dans une salle d'audience de la CPI, lors de sa première comparution via visioconférence, le 14 mars 2025.  © 2025 Peter Dejong/AP Photo

(La Haye) – La première audience majeure de la Cour pénale internationale (CPI) dans l’affaire de l’ex-président des Philippines Rodrigo Duterte constitue une étape cruciale pour garantir la justice aux victimes de la « guerre antidrogue » menée par son gouvernement, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch dans un document de questions-réponses sur cette procédure.

16 février 2026 Philippines/CPI : Questions-réponses sur l’audience de confirmation des charges contre Duterte

Informations sur la procédure menée par la Cour pénale internationale dans l’affaire contre l’ex-président Duterte

Du 23 au 27 février, un collège de trois juges de la CPI examinera les preuves afin de déterminer s’il convient ou non de confirmer les charges retenues contre Duterte, en vue de l’ouverture éventuelle de son procès. Cette audience ne constitue pas en soi un procès, et n’a pas pour but d’établir la culpabilité ou l’innocence de Duterte. À l’issue de l’audience, les juges disposeront de 60 jours pour rendre une décision écrite.

« L’ancien président Duterte pensait à tort être intouchable et au-dessus des lois », a déclaré Maria Elena Vignoli, conseillère juridique senior auprès du programme Justice internationale de Human Rights Watch. « L’affaire portée devant la CPI témoigne de la détermination des victimes survivantes et des familles de victimes à obtenir justice, en dépit des obstacles et des dangers auxquelles elles ont été confrontées. »

La police philippine a recensé environ 6 200 Philippins tués lors d’opérations antidrogue menées par le gouvernement entre 2016 et 2022. Les organisations de défense des droits humains aux Philippines estiment que jusqu’à 30 000 personnes ont été tuées dans le cadre de cette « guerre antidrogue », principalement des personnes indigentes vivant en zones urbaines. Parmi les victimes, de nombreux enfants ont subi les conséquences néfastes de cette campagne de Duterte.

Les sanctions imposées par les États-Unis contre la CPI, ainsi que les condamnations par contumace prononcées par un tribunal russe contre des responsables de la Cour, sont symptomatiques des atteintes croissantes au principe de l’état de droit au niveau mondial. Les progrès réalisés dans l’affaire Duterte confirment la pertinence et l’importance de ce tribunal international pour s’assurer que les auteurs de crimes internationaux graves soient tenus de rendre des comptes, a souligné Human Rights Watch.

L’actuel président philippin, Ferdinand Marcos Jr., n’a toujours pas renié la « guerre antidrogue » en tant que politique d’État, ni abrogé les décrets et autres déclarations politiques de son prédécesseur. Depuis l’entrée en fonction de Marcos le 1er juillet 2022, plus de 1 000 personnes seraient mortes dans le cadre de la poursuite de cette campagne.

« La procédure engagée par la CPI contre Duterte devrait inciter le président Marcos à rompre avec le passé, à se désolidariser des politiques sanglantes de son prédécesseur, et à promouvoir la justice et l’état de droit », a conclu Maria Elena Vignoli. « Marcos devrait annoncer publiquement la fin de la ‘‘guerre antidrogue’’, ouvrir des enquêtes crédibles sur les responsables des exactions, et entreprendre les démarches nécessaires afin que les Philippines redeviennent un État partie au Statut de Rome de la CPI. »

13.02.2026 à 05:00

Niger : Un groupe armé islamiste a massacré des villageois dans l’ouest du pays

Human Rights Watch

Click to expand Image La police militaire du Niger monte la garde lors d'un rassemblement de partisans de la junte militaire nigérienne devant une base aérienne à Niamey, le 27 août 2023. © 2023 AFP via Getty Images

(Nairobi) – Un groupe armé islamiste a tué 30 civils, dont quatre enfants, ainsi que cinq combattants capturés lors de deux attaques menées dans l’ouest du Niger depuis le 18 janvier 2026, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Les attaques de l’État islamique au Sahel (EIS) constituent des crimes de guerre illégaux et manifestes.

Le 18 janvier, des combattants de l’EIS ont rassemblé et exécuté 31 hommes et garçons dans le village de Bossieye apparemment en représailles contre les habitants qui ont refusé de payer la zakat, ou impôt islamique, imposée par l’EIS, et qui ont rejoint des milices pro-gouvernementales. Le 26 janvier, dans le village d’Alfaga Daweyzé Koira, des combattants de l’EIS ont tué quatre hommes et en ont blessé cinq autres qui tentaient de protéger un villageois accusé de collaborer avec l’armée. Les deux villages se situent dans la région de Tillabéri, un foyer d’activité de l’EIS et d’opérations de contre-insurrection du gouvernement depuis une décennie.

Click to expand Image © 2026 Human Rights Watch

« L’EIS cible de manière violente les civils dans la région de Tillabéri », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch. « Les massacres récents s’inscrivent dans un schéma inquiétant d’atrocités commises par l’EIS contre des civils et témoignent d’un mépris total pour la vie humaine. »

Entre le 21 janvier et le 4 février, Human Rights Watch a mené des entretiens avec 13 personnes à distance, dont six témoins des attaques et sept activistes locaux, journalistes et chefs communautaires. Le 6 février, Human Rights Watch a envoyé une lettre au cabinet de la junte pour lui communiquer ses conclusions et demander des réponses au gouvernement. Human Rights Watch n’a pas reçu de réponse.

L’EIS n’a pas revendiqué la responsabilité des attaques, mais d’après les témoins, les assaillants semblaient être des combattants de l’EIS car ils portaient des turbans à bandes rouges déjà vus lors d’attaques précédentes.

En novembre 2025, des combattants de l’EIS s’étaient rendus à Bossieye à bord de six motos et avaient ordonné aux villageois de payer la zakat dans un délai d’un mois. Un habitant, âgé de 45 ans, a expliqué que le chef du village avait demandé aux habitants d’arrêter de payer le groupe armé et, à la place, de prendre part à la milice pro-gouvernementale. « Pour le chef, il était inacceptable de continuer à donner nos vaches et notre millet à quelques individus arrivés sur six motos », a-t-il raconté. « Ce jour-là, je me suis levé et j’ai pris la parole pour demander au chef du village d’être prudent. J’ai dit : “Ce n’est pas de la trompe de l’éléphant qu’il faut avoir peur, mais d’où vient la trompe.” Le chef ne m’a pas écouté. Et l’éléphant est venu. »

À la fin de l’année 2025, des habitants de Bossieye, appartenant pour la plupart à l’ethnie zarma, ont reçu un entraînement et des armes de l’armée et ont constitué une milice pour lutter contre l’EIS.

Des témoins ont indiqué que le 18 janvier, vers midi, des assaillants armés sont arrivés à Bossieye à bord d’au moins 100 motos, provoquant la fuite de nombreux villageois, y compris du chef du village. Ils ont raconté que les combattants ont rassemblé des hommes et des adolescents, en faisant du porte-à-porte et en arrêtant ceux qui tentaient de s’enfuir ou qui se trouvaient à la mosquée pour la prière de 13 heures. Cinq des hommes arrêtés sont connus pour avoir rejoint la milice, mais ils n’étaient pas armés. Une femme a expliqué qu’elle a vu les combattants rassembler des hommes entre la mosquée et la maison du chef du village, mais épargner les femmes et les jeunes enfants. Plus tard, elle a entendu des coups de feu.

Deux hommes de Yatakala, un village voisin, ont déclaré que tard le 18 janvier, le fils du chef du village de Bossieye est arrivé à Yatakala, portant le corps de son père. Le fils a expliqué que des hommes armés avaient attaqué Bossieye, tuant son père et plusieurs autres villageois. Les deux hommes ont raconté qu’ils l’ont aidé à enterrer le corps, puis ont alerté l’armée et demandé de l’aide.

Le lendemain, des forces nigériennes participant à l’« Opération Borkono », une campagne contre les groupes armés islamistes qui a débuté en janvier, sont arrivées à Bossieye, accompagnées de miliciens. Ils ont sécurisé la zone et permis aux villageois d’enterrer les victimes.

Un homme de 42 ans de Yatakala, qui s’est rendu à Bossieye le 19 janvier, a indiqué avoir vu 31 corps près de la mosquée. « Les assaillants les avaient vraiment criblés de balles », a-t-il décrit. « Certains ont été touchés à la tête, aux pieds, aux jambes, au dos. » Un autre homme, âgé de 65 ans, a raconté : « Nous avons creusé quatre fosses communes : dans la première, nous avons mis 9 corps ; dans la deuxième, nous en avons mis 9 autres, et dans la troisième et la quatrième, nous avons mis 6 et 7 corps, respectivement. »

Human Rights Watch a examiné une liste, établie par des habitants, avec les noms de 27 hommes, âgés de 19 à 71 ans, et de 4 enfants, âgés de 15 à 17 ans.

Le 26 janvier, vers 16 heures, des combattants de l’EIS sont arrivés dans le village d’Alfaga Daweyzé Koira à bord de cinq motos. Ils ont fouillé le marché à la recherche d’un homme qu’ils accusaient de collaborer avec l’armée et de recruter pour la milice locale. Comme ils ne l’ont pas trouvé, ils se sont rendus à son domicile, où une foule s’était rassemblée pour le défendre. Un homme de 35 ans qui a échappé de peu à la mort a raconté : « À ce moment-là, ils [les combattants de l’EIS] ont ouvert le feu sur la foule, tuant quatre hommes sur le coup et en blessant cinq autres. »

Après le départ des combattants, « nous avons d’abord aidé à évacuer les blessés, puis nous avons enterré les quatre victimes dans des tombes individuelles au cimetière du village », a expliqué un homme de 37 ans.

Des soldats sont arrivés à Alfaga Daweyzé Koira le 28 janvier et ont exhorté le chef du village à quitter la zone, mais n’ont pas posé de questions sur la situation des autres habitants, y compris ceux blessés dans l’attaque.

Human Rights Watch a examiné une liste, établie par des habitants, des hommes tués, âgés de 23, 25, 34 et 43 ans, et des blessés, âgés de 34 à 60 ans.

Le Niger est gouverné par une junte militaire depuis le 26 juillet 2023, date à laquelle des officiers dirigés par le général de brigade Abdourahamane Tiani ont renversé et détenu le président Mohamed Bazoum, s’engageant à combattre l’insurrection islamiste. Les forces de sécurité nigériennes ont mené de vastes opérations de contre-insurrection, y compris des frappes aériennes, dans la région de Tillabéri, dont certaines ont conduit à de graves violations du droit de la guerre.

L’organisation non gouvernementale Armed Conflict Location and Event Data (ACLED) a rapporté qu’en 2025, la région de Tillabéri a enregistré le « plus grand nombre de victimes causées par des attaques contre des civils » dans le centre du Sahel, ces attaques étant menées en premier lieu par l’EIS, puis par l’armée nigérienne, et enfin par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jama’at Nasr al-Islam wal Muslimin, JNIM), groupe armé lié à Al-Qaïda.

Toutes les parties au conflit armé au Niger sont soumises à l’article 3 commun aux Conventions de Genève de 1949 et au droit humanitaire international coutumier. Le droit de la guerre interdit d’attaquer des civils, de maltraiter toute personne détenue, y compris des combattants capturés, de piller et de détruire des biens civils. Les individus qui ordonnent, commettent ou aident à commettre des violations graves du droit de la guerre avec une intention criminelle peuvent faire l’objet de poursuites pour crimes de guerre. Le gouvernement du Niger a l’obligation d’enquêter sur les crimes de guerre présumés commis sur son territoire et d’en poursuivre les responsables de manière appropriée.

« Les atrocités incessantes commises par l’EIS à l’encontre des civils sont profondément inquiétantes », a conclu Ilaria Allegrozzi. « Les autorités militaires nigériennes devraient de toute urgence accorder la priorité à la protection des civils, traduire en justice les responsables d’abus et veiller à ce que les victimes et leurs familles reçoivent un soutien adéquat. »

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