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Human Rights Watch News
 
Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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25.06.2026 à 06:01

États-Unis : Hausse du nombre de décès de personnes détenues par ICE sous Trump

Human Rights Watch

Click to expand Image Les silhouettes de deux personnes détenues par l’agence américaine de l'immigration et des douanes (ICE) étaient visibles derrière une fenêtre du centre de détention de Delaney Hall, à Newark (New Jersey), le 26 mai 2026. © 2026 Adam Gray/Getty Images 52 personnes détenues par l’agence ICE (Immigration and Customs Enforcement) sont décédées au cours des 500 premiers jours du second mandat du président Trump, ce qui reflète une forte hausse du taux de mortalité. L’agence ICE limite si fortement les informations qu’elle fournit au Congrès, aux familles et au public que tout contrôle est pratiquement impossible. Le Département de la sécurité intérieure (DHS) et le Congrès devraient agir immédiatement pour réduire le nombre de personnes en détention et garantir l’accès à des soins de santé adéquats, conformément aux obligations des États-Unis en matière de droits humains.

(Washington, 25 juin 2026) – Le taux de décès parmi les personnes détenues aux États-Unispar l’agence de l'immigration et des douanes (Immigration and Customs Enforcement, ICE) a fortement augmenté, avec au moins 52 décès signalés depuis le début du mandat actuel du président Donald Trump, ont déclaré Human Rights Watch et Physicians for Human Rights dans un rapport conjoint publié aujourd’hui.

25 juin 2026 Dying in Detention

Ce rapport de 73 pages, intitulé « Dying in Detention: Rising Deaths in an Expanding US Immigration Detention System » (« Mourir en détention : Hausse du nombre de décès dans un système de détention des migrants en expansion aux États-Unis »), documente la hausse du nombre de décès survenus sous la garde de l’ICE, à l’aide d’analyses statistiques et médicales menées par des experts. Le rapport, en exposant cette augmentation du taux de mortalité, soulève de sérieuses questions quant à l’adéquation des soins de santé fournis par l’ICE et de son personnel sous contrat. La hausse du taux de mortalité est observée alors que l’administration Trump soumet un nombre record d’immigrés à une détention obligatoire, y compris dans des conditions inhumaines et dégradantes, tout en démantelant les mécanismes de contrôle interne.

« Le taux de mortalité des personnes placées en détention par l’ICE atteint son plus haut niveau depuis de nombreuses années, même en tenant compte de la forte augmentation du nombre de détentions », a déclaré Brian Root, conseiller senior auprès de la division Technologie et droits humains à Human Rights Watch. « Le Département de la sécurité intérieure et le Congrès devraient agir immédiatement pour réduire le nombre de personnes en détention et améliorer les conditions de détention, notamment en garantissant l’accès à des soins de santé adéquats, conformément aux obligations des États-Unis en matière de droits humains. »

Human Rights Watch a mené une analyse quantitative des décès survenus sous la garde de l’ICE entre le 1er octobre 2015 et le 4 juin 2026, et a examiné les tendances de l’évolution du taux de mortalité durant cette période. Parallèlement, Physicians for Human Rights a réalisé une analyse médicale des 39 décès survenus sous la garde de l’ICE au cours de la première année de l’actuelle administration Trump, en s’appuyant principalement sur des informations publiques limitées.

Les deux organisations ont examiné plusieurs cas de manière plus approfondie que ce qui avait été rapporté précédemment, en s’appuyant sur des entretiens avec des proches des personnes décédées, des avocats et d’anciens codétenus, et, dans deux cas, en examinant des dossiers médicaux complémentaires. 

Dans l’un de ces cas, Maksym Chernyak, un homme ukrainien âgé de 44 ans, a été victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) après avoir présenté des signes clairs d’une urgence médicale, dont le personnel pénitentiaire a été témoin sans y réagir à temps. Le retards pris pour son transfert vers un centre de soins spécialisés a presque certainement contribué à son décès, selon les deux organisations.

Dans un autre cas, Lorenzo Antonio Batrez Vargas, âgé de 32 ans, est décédé en détention de l’ICE en 2025, après avoir été diagnostiqué positif au Covid-19 et avoir passé 12 jours en isolement. Pour accéder aux dossiers relatifs à sa détention, à son traitement et à son décès, la famille de Lorenzo Vargas a déposé une demande en vertu de la loi sur la liberté d’information (Freedom of Information Act) en octobre 2025, suivie d’une action en justice en décembre. Début mai 2026, elle n’avait toujours reçu aucune information supplémentaire. 

« Seule une mère qui a perdu son enfant sait ce que je ressens », a déclaré sa mère. « Je voudrais que mon fils soit en vie, mais suis impuissante. » 

Au cours de la première année du second mandat de Trump, le nombre de personnes placées en détention par l’ICE a augmenté de 77 %, passant d’environ 40 000 personnes à plus de 71 000 personnes en janvier 2026. 

Nombre de personnes personnes migrantes détenues aux États-Unis (moyenne mensuelle) Click to expand Image Ce tableau montre la hausse du nombre de personnes migrantes détenues aux États-Unis, de décembre 2015 à juin 2026. De gauche à droite, ces chiffres correspondent à la présidence de Barack Obama, de Donald Trump (1er mandat), de Joe Biden et de Donald Trump (2ème mandat). Les chiffres ont fortement baissé lors de l’épidémie de Covid-19, avant de grimper lors du mandat de Biden et du 2ème mandat de Trump. Sources : Immigration and Customs Enforcement (ICE), Deportation Data Project. Graphisme © 2026 Human Rights Watch

Durant cette même période (second mandat de Trump), le taux de décès en détention sous la garde de l’ICE a grimpé de 140 %. 

Nombre de décès mensuels dans les centres de détention de personnes migrantes aux États-Unis (décembre 2015 – 4 juin 2026) Click to expand Image Ce tableau montre la hausse du nombre de décès mensuels dans les centres de détention de personnes migrantes aux États-Unis, de décembre 2015 au 4 juin 2026. De gauche à droite, ces chiffres correspondent à la présidence de Barack Obama, de Donald Trump (1er mandat), de Joe Biden et de Donald Trump (2ème mandat). Sources : Immigration and Customs Enforcement (ICE), American Immigration Lawyers Association (AILA). Graphisme © 2026 Human Rights Watch

Human Rights Watch et Physicians for Human Rights ont documenté des conditions de détention abusives dans des centres de rétention aux États-Unis depuis les années 1990.

Le gouvernement Trump a démantelé les mécanismes de contrôle interne, déjà limités, au sein du Département de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security, DHS) dont l’ICE fait partie, rendant ainsi plus difficile l’obtention d’informations, l’exercice de recours en cas d’abus ou la mise en cause de la responsabilité de l’agence et de ses sous-traitants.

Human Rights Watch et Physicians for Human Rights ont constaté que l’ICE ne divulguait pas suffisamment d’informations sur les circonstances entourant les décès survenus sous sa garde, laissant sans réponse des questions cruciales concernant les soins prodigués aux personnes détenues et la conformité de ces soins aux normes internationales en matière de droits humains. De plus, les rapports de l’agence sont souvent tardifs, ce qui constitue une violation manifeste de ses propres obligations en la matière, qui prévoient la divulgation publique d’un décès dans les 48 heures, ainsi qu’un rapport public plus détaillé dans les 30 jours. Le caractère limité des informations actuellement disponibles soulève de graves inquiétudes quant à la nature de bon nombre de ces décès et à l’adéquation des soins prodigués aux personnes en détention. 

« L’ICE limite si sévèrement les informations qu’elle fournit au Congrès, aux familles et au public que tout contrôle est pratiquement impossible », a déclaré Dre Katherine Peeler, co-auteure du rapport, professeure adjointe de pédiatrie à la Harvard Medical School et conseillère médicale auprès de Physicians for Human Rights. « Dans les cas où nous avons accès aux dossiers de l’ICE et à ceux d’hôpitaux externes, nous constatons un manquement stupéfiant au devoir de diligence. »

Les décès de personnes placées en détention par les services d’immigration américains indiquent des violations potentielles du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qui protège le droit à la vie et oblige les États à prendre des mesures pour préserver la vie des personnes placées sous leur garde. Les mauvaises conditions de détention et l’absence de soins médicaux adéquats peuvent également constituer des violations de l’interdiction des traitements cruels, inhumains ou dégradants prévue par le PIDCP et la Convention contre la torture (Convention Against Torture, CAT).

Le Département de la Sécurité intérieure (DHS) et ses sous-traitants devraient rendre compte pleinement, publiquement et en temps opportun de chaque décès survenu sous leur garde. Le Congrès devrait réduire le nombre de personnes placées en détention, privilégier les mesures alternatives et suspendre tout financement destiné à une nouvelle extension du système de détention. Le Département devrait aborder résolument les problèmes de l’augmentation du nombre de décès, de l’insuffisance des soins médicaux, ainsi que des manquements chroniques du DHS en matière de transparence et de communication d’informations. Le Congrès devrait également mettre en place de nouveaux mécanismes de contrôle indépendants dotés d’une réelle capacité de suivi, notamment des enquêtes indépendantes obligatoires sur chaque décès survenu en détention, ainsi que la publication de tous les rapports d’enquête sur les décès et des rapports d’autopsie, et imposer des sanctions à l’ICE en cas de non-respect de ces dispositions. 

Le financement du DHS a considérablement augmenté avec la récente allocation de 70 milliards de dollars jusqu’en 2029. Le Congrès devrait légiférer pour mettre en place des mécanismes de contrôle autonomes, afin de garantir que ces fonds ne servent pas à étendre un système abusif qui n’a pas su protéger des vies. 

« Les familles ont le droit de savoir ce qui est arrivé à leurs proches placés en détention par l’ICE », a conclu Katherine Peeler. « Tant que des personnes sont détenues par les services d’immigration américains, le gouvernement a l’obligation légale et morale de protéger leur vie, et lorsqu’il y parvient pas, il a l’obligation publique de rendre compte de ce qui s’est passé. À l’heure actuelle, il manque à toutes ces obligations. »

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20Minutes/AFP

 

24.06.2026 à 07:00

Cameroun : La promesse non tenue de réduire les violences basées sur le genre

Human Rights Watch

Click to expand Image © 2026 Diana Ejaita pour Human Rights Watch Les femmes et les filles au Cameroun sont confrontées à des violences domestiques et à une discrimination de genre continues, sans véritable protection ni accès à la justice.Les inégalités de genre systémiques enracinées, les lois discriminatoires et la faiblesse des institutions, exacerbées par le sous-investissement chronique dans la prévention et le soutien aux survivantes, alimentent les violences. Le gouvernement devrait d’urgence réformer les lois discriminatoires sur la famille, actualiser et adopter le Code de la famille en projet depuis longtemps, instaurer une réponse nationale coordonnée aux violences domestiques et veiller à ce que les services soient accessibles dans tout le pays.

(Nairobi) – Le gouvernement du Cameroun a manifestement failli à son engagement pris il y a plus d’une décennie de réduire considérablement les violences à l’égard des femmes et des filles, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Cet échec laisse les victimes et les survivantes exposées à des préjudices sans véritable protection ni accès à la justice, alors même que les autorités reconnaissent que les violences à l’égard des femmes et des filles s’aggravent.

Le rapport de 86 pages, intitulé « “Je vis dans l’insécurité permanente” : Discrimination, manque d’autonomie économique et violences à l’égard des femmes au Cameroun », documente les violences généralisées faites aux femmes, y compris les violences physiques, psychologiques et économiques, qui sont le plus souvent infligées par les maris et les partenaires intimes. Les chercheur-euse-s ont constaté que les abus physiques et économiques étaient utilisés pour restreindre l’accès aux ressources financières, à la sécurité sociale, à l’emploi, à la propriété et à l’indépendance économique. Ces violences ne sont pas des incidents isolés ; elles sont en réalité enracinées dans des inégalités de genre bien ancrées, des lois discriminatoires et des institutions faibles, et sont exacerbées par un sous-investissement chronique du gouvernement dans la prévention et le soutien aux survivantes.

24 juin 2026 « Je vis dans l’insécurité permanente »

« La violence à l’égard des femmes n’est pas simplement le fait d’actes violents commis par des individus : elle est rendue possible et aggravée par des lois discriminatoires et des défaillances institutionnelles du Cameroun qui laissent les survivantes sans protection », a déclaré Juliana Nnoko, conseillère senior auprès de la division Droits des femmes à Human Rights Watch. « Le gouvernement a un besoin urgent de lois, de politiques et de services qui répondent aux réalités des violences domestiques, donnent la priorité à la prévention et aident les survivantes à accéder à la justice. »

Entre septembre et décembre 2024, Human Rights Watch a mené des entretiens avec 60 femmes qui ont été victimes de violences domestiques et/ou de discrimination, ainsi que trois chefs religieux et sept responsables gouvernementaux qui gèrent des services sociaux à Maroua, Douala et Buéa. Les chercheur-euse-s ont également examiné plusieurs politiques et rapports gouvernementaux sur les violences basées sur le genre.

Bon nombre des femmes interviewées ont subi des conséquences économiques qui les ont enfermées dans des relations violentes en raison de la perte d’accès à leur revenu, à leur terre, à leur logement, à un emploi rémunéré et à la sécurité sociale. Les maris ont vendu des biens acquis conjointement sans consulter ou indemniser leur épouse, saboté des opportunités d’emploi, annulé des baux commerciaux et détruit du matériel professionnel.

Une femme a raconté qu’elle a passé près de trois décennies confinée dans la propriété familiale : il lui était interdit de sortir, de parler à d’autres personnes ou de réaliser son souhait de créer une petite entreprise, et elle était battue lorsqu’elle désobéissait.

Les femmes ayant demandé de l’aide aux autorités ont décrit avoir subi des pressions pour les amener à se réconcilier avec leurs agresseurs, avoir été tenues pour responsables des violences subies ou avoir fait l’objet de représailles après avoir dénoncé des abus. Plusieurs ont indiqué que leurs maris avaient des liens avec des policiers ou des autorités locales, ce qui rendait le signalement encore plus dangereux ou impossible.

« Je suis allée au commissariat de police, pensant qu’ils convoqueraient [mon mari] », a relaté Yvonne D., une femme de 54 ans travaillant dans le traitement de données à Douala, dont le nom complet, comme celui des autres femmes, n’est pas mentionné pour des raisons de sécurité. « Au lieu de cela, le policier a écouté sans prendre de notes, a souri et a simplement dit : “Vraiment ! Les femmes !” Quand je suis rentrée à la maison et que mon mari a découvert que j’étais allée voir la police, il m’a battue sévèrement devant nos enfants et m’a mise à la porte. »

L’obligation de rendre des comptes pour les abus reste limitée, ce qui renforce le climat d’impunité. « La famille, les affaires sociales et la police m’ont conseillé de persévérer [dans la préservation de mon mariage] pour le bien de mes enfants », a expliqué Rosalind E., coiffeuse de 44 ans vivant à Buéa. Lorsqu’elle s’est rendue au poste de police, une commissaire lui a recommandé « d’abandonner parce que c’est une affaire de famille ». Le procureur de l’État lui a également conseillé de stopper la procédure après l’arrestation de son mari, parce que celui-ci n’était pas disposé à coopérer avec la police.

En raison de la discrimination structurelle au Cameroun, les femmes sont systématiquement dépossédées de leurs terres et de leurs biens par des proches et des parents par alliance de sexe masculin, même lorsqu’elles possèdent des documents prouvant la propriété. Les frères et les oncles exploitent leur autorité pour s’emparer des terres ou les vendre, souvent au mépris des souhaits des parents décédés, tandis que les veuves sont intimidées en vue de les faire renoncer à leurs droits.

Toutes les femmes âgées interviewées ont décrit avoir subi des formes de discrimination multiples et croisées, y compris des obstacles à l’héritage de leurs parents, des droits discriminatoires sur les biens matrimoniaux pendant le mariage et lors du veuvage, et des barrières sexospécifiques à l’accès aux pensions et aux services publics essentiels. Malgré les procès et les documents officiels, les femmes restent vulnérables et privées de leur droit à la propriété.

En 2011, le gouvernement camerounais s’est engagé à lutter contre les violences basées sur le genre, notamment en réduisant leur prévalence de moitié. Cependant, au cours des 15 années qui ont suivi, le gouvernement n’a pas pris de mesures significatives pour respecter cet engagement. Un Code de la famille révisé, une réforme juridique indispensable pour protéger les droits des femmes et se conformer aux obligations du Cameroun en vertu du droit international, est en projet depuis plus de 20 ans. Le Cameroun ne dispose d’aucune politique ou directive nationale sur les violences domestiques.

Le cadre juridique actuel régissant les relations familiales contient des dispositions discriminatoires qui désignent les maris comme chefs de famille et principaux gestionnaires des biens matrimoniaux. Ces dispositions affaiblissent le pouvoir de décision des femmes quant au lieu de résidence, à l’emploi et à la gestion des biens immobiliers, piégeant les femmes dans des mariages violents.

La police, les professionnels de santé et les autorités judiciaires sont mal équipés pour protéger les survivantes ou traduire en justice les auteurs d’abus. Le gouvernement ne possède pas de système global et coordonné pour le recueil ou la ventilation des données sur les violences basées sur le genre, ce qui dissimule la véritable ampleur du problème, y compris la prévalence des violences domestiques et même des féminicides, aux décideurs et au public.

Le Cameroun est un État partie à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et au Protocole de Maputo de l’Union africaine; ces deux traités exigent que les gouvernements éliminent les lois discriminatoires, préviennent la violence à l’égard des femmes et des filles et garantissent des recours efficaces aux survivantes. Ces obligations comprennent l’adoption de mesures pour respecter, protéger et appliquer les droits des femmes à l’intégrité corporelle, à la non-discrimination et aux droits économiques, sociaux et culturels, y compris leurs droits à la propriété, au logement, à la santé, à la sécurité sociale, au travail et à un niveau de vie suffisant. La violence domestique n’est pas une affaire familiale privée : c’est une atteinte grave aux droits humains que les gouvernements doivent s’employer à prévenir et à résoudre, a déclaré Human Rights Watch.

Les obligations internationales du Cameroun exigent une réforme légale, un financement durable des services centrés sur les victimes et une responsabilisation efficace des auteurs d’abus. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais et son président, Paul Biya, gouvernent le Cameroun depuis plus de quatre décennies. Il n’est pas question ici de l’inaction de plusieurs gouvernements successifs : c’est le même parti et le même président qui portent la responsabilité continue de l’absence de mesures législatives significatives depuis des décennies pour éliminer les violences à l’égard des femmes.

« Le gouvernement devrait d’urgence réformer les lois discriminatoires sur la famille, actualiser et adopter le Code de la famille en projet depuis longtemps, instaurer une réponse nationale coordonnée aux violences domestiques et veiller à ce que les services soient accessibles dans tout le pays », a conclu Juliana Nnoko. « Être une femme au Cameroun ne devrait pas signifier d’avoir à subir la discrimination et la violence. »

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LaLibre.be

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CamerounActuel

 

23.06.2026 à 18:32

Une action internationale ferme est essentielle pour mettre un terme aux atrocités au Soudan

Human Rights Watch

Click to expand Image Des personnes soudanaises priaient pour les victimes d'une frappe de drone à El-Obeid, dans l'État du Kordofan du Nord, au Soudan, le 12 janvier 2026. Les Forces de soutien rapide (FSR) étaient suspectées d’avoir mené cette attaque, parmi d'autres. © 2026 El Tayeb Siddig/Reuters

Le 20 juin, le Conseil de sécurité des Nations Unies a signalé un « risque imminent d’atrocités de masse » à El-Obeid, la capitale de l’État du Kordofan du Nord, dans l’ouest du Soudan ; cette région est depuis des mois l’épicentre de combats acharnés entre les Forces de soutien rapide (FSR) et les Forces armées soudanaises (FAS).

Ce conflit, qui a éclaté en avril 2023, a déjà fait des dizaines de milliers de morts, contraint des millions de personnes à fuir leurs foyers et provoqué l’une des pires catastrophes humanitaires au monde.

Le 18 juin, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a également lancé un « avertissement sévère » concernant le risque de nouvelles atrocités, alors que les FSR encerclaient El-Obeid selon les médias.

Lors de sa réunion concernant le Soudan prévue le 26 juin, le Conseil de sécurité devrait examiner la prise de mesures urgentes visant à empêcher les attaques des FSR. Le Conseil devrait imposer de nouvelles sanctions à l’encontre des commandants des FSR et de leurs principaux partisans, notamment aux Émirats arabes unis.

Tout au long du conflit, les FSR ont bénéficié d’un soutien militaire apporté par les EAU. Human Rights Watch a récemment révélé que des centaines de contractuels militaires privés colombiens, apparemment engagés par une société émiratie, ont transité par des installations militaires aux EAU avant d’être déployés au Soudan pour soutenir les FSR.

Certains gouvernements haussent le ton face à la multiplication des atrocités et des crimes de guerre au Soudan. Le 18 juin, au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, la Norvège, s’exprimant au nom de la Coalition pour la prévention des atrocités et la justice au Soudan, a exhorté les FSR à « cesser immédiatement » leur assaut contre El-Obeid.

Le soutien des Émirats arabes unis aux FSR doit être mis en lumière. Les preuves de plus en plus nombreuses du soutien matériel apporté par les EAU aux FSR ont conduit à des appels de plus en plus pressants pour que des pressions soient exercées sur ce pays. Les dirigeants du monde entier, en particulier les dirigeants africains et les membres de la Coalition susmentionnée, devraient rompre leur silence sur le rôle insidieux joué par les EAU dans l’attisement de ce conflit, et exiger que ce pays cesse de soutenir les FSR ; à l’inverse, les Émirats devraient user de leur influence sur les FSR pour empêcher de nouvelles atrocités.

L’heure est venue pour les gouvernements de montrer qu’ils se soucient du sort des civils soudanais, en agissant pour empêcher que les ceux-ci ne continuent de payer un prix incommensurable du conflit.

L’heure est venue pour les gouvernements de montrer qu’ils se soucient du conflit soudanais, en agissant pour empêcher que les civils ne continuent de payer un prix incommensurable.

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