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Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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23.03.2026 à 05:00

Des responsables israéliens évoquent une escalade des atrocités au Liban

Human Rights Watch

Click to expand Image Un énorme nuage de fumée noire était dégagé suite à une frappe israélienne contre un bâtiment situé dans le centre de Beyrouth, au Liban, le 12 mars 2026 ; l’armée israélienne avait précédemment émis un avertissement ordonnant l’évacuation de cet immeuble. © 2026 Adri Salido/Getty Images

(Beyrouth, 23 mars 2026) – Les forces israéliennes ont étendu leurs opérations terrestres dans le sud du Liban, suite à des déclarations exprimant l’intention de déplacer de force des habitants, de détruire des domiciles de civils et de mener des frappes pouvant cibler des civils, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Les déplacements forcés, les actes de destruction injustifée et les attaques visant délibérément des civils constituent des crimes de guerre. Les pays qui continuent de fournir des armes et une aide militaire à Israël risquent de se rendre complices des graves violations commises par le gouvernement israélien au Liban.

Le 22 mars, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et lui-même avaient « ordonné l'accélération de la démolition de maisons libanaises dans les villages frontaliers, afin de contrecarrer les menaces pesant sur les communautés israéliennes, conformément aux modèles de Beit Hanoun et de Rafah à Gaza ». Le 16 mars, Israel Katz avait déclaré que des centaines de milliers d’habitants chiites du sud du Liban, qui ont dû évacuer cette région, ne pourront « pas retourner dans leurs foyers dans la zone au sud du [fleuve] Litani, tant que la sécurité des résidents du nord d’Israël ne sera pas garantie ». Précédemment, entre le 11 et le 15 mars, l’armée israélienne avait adressé aux habitants des banlieues sud de Beyrouth des ordres de déplacement, avertissant qu’elle « n’hésitera pas à cibler toute personne se trouvant près de membres, d'installations ou de moyens de combat du Hezbollah ».

« Depuis plus de deux ans, les alliés d’Israël et les États européens qui prétendent soutenir et défendre les droits humains ont adopté la politique de l’autruche, détournant leur regard des atrocités qui se poursuivent au Liban comme à Gaza », a déclaré Ramzi Kaiss, chercheur sur le Liban à Human Rights Watch. « Mais les atrocités prolifèrent en cas d’impunité, et les autres pays ne devraient plus rester passifs alors qu’elles se poursuivent. »

Depuis la récente escalade des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, les attaques israéliennes ont tué au moins 1 029 personnes au Liban, dont 118 enfants et 40 professionnels de santé, selon les statistiques publiées le 18 mars par le ministère libanais de la Santé publique. Ces derniers jours, le Hezbollah a tiré en moyenne environ 150 roquettes par jour vers Israël, selon l’armée israélienne. Les attaques du Hezbollah ont blessé au moins 15 personnes en Israël, selon les médias israéliens. 

Les 4 et 5 mars, l’armée israélienne a émis des ordres de déplacement concernant l’ensemble de la population libanaise au sud du fleuve Litani, ainsi que les habitants des banlieues sud de Beyrouth, soit des centaines de milliers de personnes. Depuis le 12 mars, l’armée israélienne a élargi les zones soumises à ces ordres de déplacement, ordonnant aux habitants du sud du Liban de se réfugier au nord du fleuve Zahrani, situé à 15 kilomètres au nord du fleuve Litani, soit à 40 kilomètres au nord de la frontière sud du Liban avec Israël. Plus d’un million de personnes ont été déplacées au Liban à ce jour. 

La déclaration du ministre israélien de la Défense, indiquant que les habitants chiites du sud du Liban ne seront pas autorisés à regagner leurs foyers tant qu’une norme de « sécurité » indéterminée pour les habitants du nord d’Israël ne sera pas garantie, laisse craindre qu’Israël empêchera les habitants de regagner leurs foyers pour une durée indéterminée. La vaste portée des ordres de déplacement, ainsi que les déclarations qui n’abordent pas la question de la protection des civils déplacés, soulèvent des inquiétudes quant au crime de guerre que constitue le déplacement forcé, a déclaré Human Rights Watch. 

Le fait de cibler spécifiquement les habitants chiites indique en outre qu’Israël impose ces mesures sur la base de leur religion, ce qui constitue une violation des droits humains, et montre également que la sécurité des habitants n’est pas l’objectif de ces déplacements. 

Ordonner à l’armée israélienne d’accélérer la destruction de habitations libanaises fait peser un risque sérieux de crime de guerre — celui de destruction injustifiée — ainsi que de violations de l’interdiction, en vertu du droit international, de détruire délibérément des biens civils, sauf lorsque cela est nécessaire pour des raisons militaires légitimes. La simple possibilité d’une utilisation militaire future de certaines structures civiles par des groupes armés ne saurait, au regard des lois de la guerre, justifier la destruction à grande échelle d’habitations entières de l’autre côté de la frontière libanaise.

Entre le 11 et le 15 mars, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne a émis au moins cinq ordres de déplacement quasi identiques à l’intention des habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, après avoir d’abord émis un ordre de déplacement généralisé pour l’ensemble de la banlieue sud de Beyrouth le 5 mars. Ce message enjoignait aux habitants des banlieues sud d’« évacuer immédiatement » leurs domiciles, et de « ne pas retourner dans ces quartiers jusqu’à nouvel ordre ». 

Les nouveaux ordres précisaient en outre que l’armée israélienne « n’hésitera pas à cibler toute personne se trouvant près de membres, d'installations ou de moyens de combat du Hezbollah ». Cette formulation diffère des ordres précédents émis à l’intention des habitants des banlieues sud de Beyrouth, qui indiquaient, par exemple, que « toute personne se trouvant à proximité de membres, d’installations ou de moyens de combat du Hezbollah met sa vie en danger ».

Le 5 mars, le ministre de la Défense, Bezalel Smotrich, qui siège au cabinet de sécurité et occupe également le poste de ministre des Finances d’Israël, a enregistré une déclaration vidéo près de la frontière israélo-libanaise, avertissant que « très bientôt, Dahiyeh [banlieue sud de Beyrouth] ressemblera à Khan Younis », à Gaza. Human Rights Watch a précédemment documenté des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des actes de génocide commis par l’armée israélienne à Gaza. 

Ces déclarations, combinées à la conduite antérieure de la guerre par les forces israéliennes au Liban, suscitent de graves inquiétudes quant au fait que l’armée israélienne pourrait prendre pour cible des civils, uniquement en raison de leur présence dans ou à proximité de zones où le Hezbollah est présent. 

Depuis le 7 octobre 2023, les forces israéliennes ont commis au Liban de nombreuses violations du droit de la guerre et des crimes de guerre apparents en toute impunité, notamment des attaques apparemment délibérées ou indiscriminées contre des journalistes, des civils, des secouristes, des institutions financières, des installations liées à la reconstruction, et une mission de maintien de la paix de l’ONU. Elles ont également utilisé illégalement des munitions au phosphore blanc dans des zones peuplées, parmi d’autres violations. Human Rights Watch a aussi documenté le fait que plusieurs attaques illégales israéliennes au Liban avaient été menées avec des armes de fabrication américaine.

Les civils qui ont choisi de rester dans les zones faisant l’objet d’ordres d’évacuation dans le sud du Liban courent un risque particulier d’être coupés de l’approvisionnement en nourriture et en médicaments ainsi que d’autres formes d’aide, a déclaré Human Rights Watch. 

Le 18 mars, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne a déclaré que certains ponts enjambant le fleuve Litani seraient frappés, « afin d’empêcher le transfert de renforts et de moyens de combat » vers le sud du Liban. Entre le 13 et le 22 mars, l’armée israélienne a déclaré avoir frappé au moins quatre ponts au-dessus du fleuve Litani. 

De son côté, le Hezbollah devrait prendre toutes les précautions possibles pour protéger les civils lors de ses opérations au Liban et en Israël. 

Les civils qui ne se plient pas aux ordres d’évacuation restent entièrement protégés par le droit international humanitaire. Le déplacement forcé est interdit par les lois de la guerre, sauf dans les cas où la sécurité des civils est en jeu, ou pour des « raisons militaires impératives ».

Toute personne qui commet des violations graves des lois de la guerre avec une intention criminelle – c’est-à-dire de manière intentionnelle ou par imprudence – peut être poursuivie pour crimes de guerre. Des individus peuvent également être tenus pénalement responsables pour avoir aidé, facilité, assisté ou encouragé un crime de guerre. 

Les autorités judiciaires libanaises devraient ouvrir des enquêtes nationales sur les crimes internationaux graves, et le gouvernement devrait adhérer au Statut de Rome de la Cour pénale internationale ; le gouvernement devrait aussi soumettre une déclaration acceptant la compétence de la Cour avant la date d’adhésion, y compris depuis au moins le 7 octobre 2023. 

Les principaux alliés d’Israël, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne, devraient suspendre leur aide militaire et leurs ventes d’armes à Israël, et imposer des sanctions ciblées aux responsables dont la responsabilité dans les violations graves en cours est établie de manière crédible. Ils devraient aussi exercer une pression supplémentaire sur Israël pour garantir que les résidents déplacés puissent retourner chez eux, une fois les hostilités terminées, ou une fois que les raisons de leur déplacement cessent d'exister.

 « L’armée israélienne n’a pas à décider quand les civils libanais perdent la protection que leur accorde le droit international, et elle ne devrait pas pouvoir empêcher les résidents déplacés de retourner chez eux en invoquant une norme de “sécurité” indéfinie », a conclu Ramzi Kaiss. « Cibler délibérément des civils, des biens de caractère civil et d’autres personnes protégées par le droit international constituerait un crime de guerre, et les pays qui fournissent des armes à Israël devraient réaliser qu’ils risquent eux aussi de se rendre complices de crimes de guerre. »

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20.03.2026 à 16:13

Hongrie : Netanyahou devrait être arrêté s’il se rend dans ce pays

Human Rights Watch

Click to expand Image Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, à gauche, était accueilli par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à Jérusalem, le 19 juillet 2018.  © 2018 Debbie Hill/AP Photo

(Bruxelles, 20 mars 2026) – Les autorités hongroises devraient arrêter le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s'il entre sur le territoire hongrois, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Selon une source officielle, Benjamin Netanyahou devrait se rendre en Hongrie le 21 mars, afin de prendre la parole lors de la Conférence d'action politique conservatrice de Hongrie. Cette visite aurait lieu peu avant les élections législatives hongroises, prévues le 12 avril.

Le 21 novembre 2024, la Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d'arrêt à l’encontre de Benjamin Netanyahou, ainsi que contre le ministre israélien de la Défense de l'époque, Yoav Gallant, pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre présumés commis dans la bande de Gaza depuis le 8 octobre 2023 au moins. Netanyahou et Gallant demeurent des fugitifs recherchés par la CPI. Les États membres de la CPI sont tenus de les arrêter s'ils entrent sur leur territoire.

« Malgré sa décision de quitter la CPI, la Hongrie demeure un État membre et est toujours tenue d’arrêter et de livrer les personnes recherchées par la Cour », a déclaré Alice Autin, chercheuse auprès du programme Justice internationale à Human Rights Watch. « En bafouant cette obligation, pour la deuxième fois en moins d’un an, la Hongrie renforcerait l’impunité pour les crimes graves commis en Palestine, et trahirait une fois de plus les victimes privées de justice depuis bien trop longtemps. »

La visite de Benjamin Netanyahou en Hongrie est prévue alors qu'Israël et les États-Unis mènent des milliers de frappes aériennes contre l'Iran, et que ce dernier riposte par des centaines de frappes contre Israël et les États du Golfe. Début mars, l’armée israélienne a intensifié ses attaques au Liban et a ordonné l’évacuation immédiate de vastes zones du sud du Liban et de la banlieue sud de Beyrouth, faisant naître un risque réel de commission du crime de guerre de déplacement forcé. L'escalade des hostilités et les risques croissants de violations graves du droit international humanitaire et des droits humains mettent en evidence l'urgence de respecter l'état de droit et de soutenir des instances crédibles pour rendre justice, telles que la CPI, a déclaré Human Rights Watch.

Depuis octobre 2023, les forces israéliennes ont commis des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et des actes de génocide dans la bande de Gaza. Les restrictions persistantes imposées à l'aide humanitaire entrant à Gaza ont entraîné des pénuries critiques de médicaments, de matériel de reconstruction, de nourriture et d'eau.

En avril 2025, Benjamin Netanyahou s'est rendu en Hongrie, mais les autorités hongroises ne l'ont pas arrêté. En juillet, les juges de la CPI ont constaté que la Hongrie n'avait pas respecté son obligation de coopérer avec la Cour et ont transmis cette conclusion à son organe de contrôle, l'Assemblée des États parties. Lors de sa session annuelle en décembre, l'Assemblée a pris acte de cette décision de justice, mais n'a pas pris de mesures plus concrètes. Les États membres de la CPI devraient renforcer leur réponse à la non-coopération.

Lors de sa visite en avril 2025, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a annoncé l’intention de son gouvernement de se retirer du traité de la CPI, le Statut de Rome. Le 2 juin 2025, les autorités hongroises ont officiellement notifié au Secrétaire général des Nations Unies le retrait de la Hongrie, qui prendra effet le 2 juin 2026, soit un an plus tard. Des juristes internationaux hongrois et des organisations de la société civile ont critiqué la décision de se retirer de la CPI.

Depuis 2010, Viktor Orbán a utilisé sa majorité parlementaire absolue pour saper l'indépendance du pouvoir judiciaire, réprimer les médias indépendants et les organisations de la société civile, diaboliser les migrants et les demandeurs d'asile, discriminer les personnes LGBT et bafouer les droits des femmes et des filles. En déclarant divers états de danger ou d’urgence, le gouvernement de Viktor Orbán a de fait gouverné par décret, court-circuitant complètement le Parlement.

L’Union européenne dispose d’un cadre juridique clair qui régit ses relations avec la CPI et son soutien à cette dernière. Human Rights Watch a déclaré que les États membres et les institutions de l'UE n'ont néanmoins pas pris les mesures suffisantes pour empêcher la mise à mal de la CPI par la Hongrie et l'atteinte plus générale de l'état de droit par Viktor Orbán.

En 2018, le Parlement européen a lancé une procédure au titre de l'article 7 du traité de l'Union européenne afin d'évaluer le risque que l'érosion de l'état de droit en Hongrie porte atteinte aux valeurs fondamentales de l'UE. Cependant, les États membres de l'UE, réunis au Conseil européen, n'ont, jusqu'à présent, pris aucune mesure concrète.

En mai 2025, la Commission européenne a indiqué qu'elle « analysait le retrait annoncé de la Hongrie de la CPI à la lumière de l'acquis communautaire », c'est-à-dire l'ensemble des lois de l'UE qui garantissent le respect des droits humains, de la démocratie et de l'état de droit. Or, rien n'indique que cette évaluation ait progressé.

Les dirigeants et les États membres de l'UE, ainsi que les autres pays membres de la CPI, devraient faire pression sur la Hongrie pour qu'elle revienne sur sa décision de se retirer de la Cour, lui rappeler publiquement ses obligations en tant que membre de la CPI et exhorter les autorités hongroises à coopérer avec la Cour en arrêtant Benjamin Netanyahou. Si la visite de ce dernier a lieu, ils devraient condamner fermement le refus persistant de la Hongrie de coopérer avec la Cour et réaffirmer sans ambiguïté leur engagement à exécuter tous les mandats d'arrêt en suspens de la CPI, quelles que soient les personnes visées, a déclaré Human Rights Watch.

La Commission européenne et les États membres de l’UE devraient également considérer la décision de la Hongrie de quitter la CPI comme un risque supplémentaire de violation grave des valeurs fondamentales de l’UE et envisager d’inclure ce retrait dans le champ d’application de la procédure actuelle prévue sous l’article 7. Ils devraient également évaluer les autres mesures et actions qui devraient être prises. Il pourrait s'agir notamment d'engager une procédure susceptible d'établir que la Hongrie a enfreint le droit de l'UE.

« Le gouvernement de Viktor Orbán s'apprête à nouveau à dérouler le tapis rouge pour Benjamin Netanyahou, alors qu'il est tenu de l'arrêter », a conclu Alice Autin. « Le silence et l'inaction persistante de l'UE risquent d'envoyer un dangereux message d'acquiescement alors que le gouvernement israélien continue d'être responsable d'atrocités. »

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20.03.2026 à 11:57

Un procès historique pour les crimes coloniaux belges va avoir lieu

Human Rights Watch

Click to expand Image (De gauche à droite) Les proches de Patrice Lumumba, figure emblématique de l'indépendance congolaise assassinée, Yema Lumumba, et Mehdi Lumumba, accompagnés de leurs avocats belges et allemands, tiennent une conférence de presse à Bruxelles, le 19 janvier 2026, à l'issue d'une audience devant un tribunal belge concernant d'éventuelles poursuites judiciaires liées à cet assassinat commis en 1961. © 2026 John Thys/AFP via Getty Images

Une décision rendue le 17 mars par un tribunal belge va permettre la mise en accusation pénale d’Étienne Davignon, le dernier ancien fonctionnaire belge encore en vie, pour son implication présumée dans l’assassinat de Patrice Émery Lumumba, le premier Premier ministre démocratiquement élu de la République démocratique du Congo, ainsi que de deux autres hauts responsables. Ces assassinats ont eu lieu en 1961, après l’indépendance du pays vis-à-vis de la domination coloniale belge.

Le procès devrait débuter en 2027.

La décision du tribunal belge d’ordonner le renvoi de Davignon devant les tribunaux offre une occasion historique de rendre justice pour les crimes de guerre présumés commis par des responsables belges pendant la décolonisation. Cette décision affirme implicitement que les crimes internationaux graves ne sont pas soumis à des délais de prescription en vertu du droit international et que le temps écoulé ne devrait pas soustraire les anciens acteurs coloniaux à leur responsabilité juridique.

Lors d’une conférence de presse virtuelle qui a suivi la décision du tribunal, la famille de Lumumba a souligné que, même si la justice a tardé à se faire, il n’est pas trop tard pour établir la vérité. Dans une déclaration, elle a déclaré : « Ce qui change aujourd’hui, c’est que le système judiciaire belge commence enfin à assumer ses propres responsabilités pour les actes commis au nom de la colonisation. Pour notre famille, ce n’est pas la fin d’un long combat, c’est le début d’un processus de reconnaissance que l’histoire exige depuis longtemps. »

Cette étape vers la justice soulève des questions importantes concernant le droit des victimes à un recours effectif et à des réparations en vertu du droit international, notamment la restitution, l’indemnisation, la réhabilitation, la satisfaction et les garanties de non-répétition.

En janvier 2026, le tribunal a entendu les arguments de la défense et de l’équipe juridique soutenant la famille de Lumumba, qui avait engagé une procédure pénale en 2011 contre onze citoyens belges, dont dix sont décédés depuis. L'affaire porte sur trois chefs d'accusation de crimes de guerre : le transfert illégal de Lumumba et de ses associés, le « traitement humiliant et dégradant » infligé à ces hommes, et la privation d'un procès équitable. De telles procédures contribuent à la « satisfaction » en tant que forme de réparation.

L'importance potentielle de cette décision dépasse largement le cadre de cette affaire. Lumumba reste une figure emblématique de l’indépendance africaine et des mouvements décoloniaux mondiaux. La persévérance de sa famille souligne le droit inaliénable de rechercher une justice réparatrice et pourrait inspirer des initiatives similaires dans d’autres contextes coloniaux.

Les gouvernements devraient prendre note de la décision de la cour et prendre des mesures concrètes pour remédier aux préjudices durables, aux pertes et aux traumatismes intergénérationnels causés par les injustices coloniales, notamment par le biais de réparations incluant la restitution de la dignité, des excuses officielles et la commémoration.

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