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Human Rights Watch News
 
Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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16.10.2026 à 18:41

Le Grand Prix de Formule 1 au Rwanda risque de nuire aux droits humains

Human Rights Watch

Click to expand Image Le président rwandais Paul Kagame annonçait la signature d’un accord pour l’organisation d’un future Grand Prix de Formule 1 au Rwanda, lors d’un discours prononcé à la BK Arena de Kigali, le 13 octobre 2026.  © 2026 Jean Baptiste Nkurunziza/AFP via Getty Images

La décision annoncée cette semaine par la Formule 1 d’organiser un Grand Prix au Rwanda d’ici au début des années 2030 pourrait marquer un tournant important pour l’Afrique. Le continent mérite une place plus importante dans le calendrier sportif mondial. 

Mais l’accord de dix ans conclu entre la Formule 1 et le Rwanda comporte également des risques importants pour les droits humains. 

La répression exercée par le gouvernement rwandais expose les journalistes et d’autres personnes qui remettent en cause l’image résolument positive que les autorités cherchent à projeter du pays à des risques avant, pendant et après les week-ends de course. Depuis longtemps, le gouvernement rwandais s’en prend aux médias indépendants et aux opposants politiques, au Rwanda comme à l’étranger, notamment par le recours à la torture, à la détention militaire illégale, aux disparitions forcées et aux exécutions extrajudiciaires. 

Human Rights Watch a également documenté la pratique régulière des rafles menées par les autorités rwandaises contre les personnes sans abri et les vendeurs ambulants avant de grands événements. À Kigali, les personnes arrêtées sont détenues dans un vaste entrepôt présenté comme un « centre de transit », jusqu’au départ des visiteurs étrangers. C’est ainsi qu’avant une conférence internationale organisée en 2021, des personnes parmi les plus pauvres et les plus marginalisées de la capitale ont été enfermées dans ces conditions. 

Comme d’autres pays, le Rwanda a également eu recours à des accords sportifs très médiatisés et à de grandes compétitions pour détourner l’attention de son bilan désastreux en matière de droits humains. Cette pratique est connue sous le nom de « sportswashing », soit l'utilisation d'événements sportifs et de partenariats pour occulter les violations des droits humains. Le Rwanda soutient actuellement le M23, un groupe rebelle abusif dans l’est de la République démocratique du Congo. Les forces rwandaises ont été impliquées dans des déplacements forcés de population, des campagnes de recrutement forcé et de détention arbitraire à grande échelle, ainsi que dans des meurtres de civils, en violation du droit international humanitaire. 

Le 24 février, Human Rights Watch a écrit à la Formule 1 pour lui demander comment elle entendait répondre aux risques de blanchiment d’image par le sport, et aux atteintes aux droits humains liées à ses événements, notamment dans le cadre de la candidature du Rwanda à l’organisation d’un Grand Prix. Nous n’avons toujours pas reçu de réponse. 

Avant de donner son feu vert à l’organisation de courses au Rwanda, la Formule 1 devrait procéder à une évaluation approfondie des risques pour les droits humains, notamment en consultant des organisations de la société civile dans ce pays et à l’étranger. Son accord avec le gouvernement rwandais devrait comporter des engagements assortis d’objectifs mesurables visant à protéger les journalistes rwandais et étrangers couvrant l’événement. La Formule 1 devrait également faire face au risque que le gouvernement rwandais utilise le sport automobile afin de blanchir son bilan en matière de droits humains. 

Le retour de la Formule 1 en Afrique est une bonne chose pour ce sport et pour le continent. Mais compte tenu de la répression exercée par le gouvernement rwandais, au Rwanda comme à l’étranger, la Formule 1 ne peut pas faire l’impasse sur les droits humains.

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14.10.2026 à 18:59

Libye : Les autorités de l’est du pays ont procédé à une vague d’exécutions

Human Rights Watch

Click to expand Image Le chef des Forces armées arabes libyennes (FAAL) qui contrôlent l'est et une partie du sud de la Libye, Khalifa Haftar (au centre), assistait à une conférence à Sabha, dans la région de Fezzan, le 5 septembre 2024.  © 2024 Khaled Nasraoui/picture-alliance/dpa/AP Photo

(Beyrouth, 14 octobre 2026) – Les Forces armées arabes libyennes (FAAL, ou LAAF en anglais), qui contrôlent l’est et le sud de la Libye, ont exécuté au moins 31 personnes depuis fin août à l’issue de procès militaires manifestement inéquitables, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Il s’agit des premières exécutions connues en Libye depuis 2010, et au moins 50 autres personnes détenues à la prison militaire de Gernada risquent d’être exécutées d’un jour à l’autre.

Le 23 août, le procureur militaire des FAAL a annoncé que 10 personnes avaient été exécutées par un peloton d’exécution après avoir été reconnues coupables de meurtre et d’infractions liées au terrorisme. Des organisations de défense des droits humains ont recensé un total d’au moins 31 exécutions au 10 septembre. Les FAAL, dirigées par le général Khalifa Haftar, devraient immédiatement mettre fin à toutes les exécutions et instaurer un moratoire sur la peine de mort, a déclaré Human Rights Watch. 

« Les Forces armées arabes libyennes procèdent à des exécutions à l’issue de procès secrets fondés sur des aveux qui auraient été obtenus sous la torture, devant des tribunaux dont la Cour suprême de Libye elle-même a déclaré qu’ils ne devaient pas juger des civils », a déclaré Bassam Khawaja, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Chaque exécution menée dans ces conditions constitue une injustice irréversible, et tout gouvernement exerçant une influence sur les FAAL devrait faire pression avec force pour empêcher la prochaine mise à mort. »

Plusieurs personnes exécutées avaient été arrêtées dans les villes de Derna et de Benghazi lors du conflit armé qui a opposé les FAAL à des groupes armés adverses entre 2014 et 2018, ou par la suite. Entre 2018 et 2021, les tribunaux militaires de l’est de la Libye ont condamné des centaines de civils lors de procès secrets visant des détracteurs réels ou présumés des FAAL, condamnant au moins 22 d’entre eux à mort. 

Selon Amnesty International, bon nombre de ces condamnations reposaient sur des aveux qui auraient été obtenus sous la torture par l’Agence de sécurité intérieure, un groupe armé affilié aux FAAL. Au moins deux condamnations à mort ont été commuées en réclusion à perpétuité en appel par une juridiction militaire supérieure en 2019, mais les accusés ont néanmoins été exécutés cette année.

Les exécutions ont également eu lieu malgré un arrêt rendu en novembre 2025 par la chambre constitutionnelle de la Cour suprême de Libye, qui a déclaré inconstitutionnelle la loi n° 4/2017 dans la mesure où elle confère aux tribunaux militaires la compétence de juger des civils pour terrorisme et crimes contre l’État. 

Des organisations locales de défense des droits humains ont déclaré que ces procès militaires avaient violé les droits des accusés à un procès équitable. Ils se sont déroulés à huis clos et sans préavis. Les familles des accusés, les journalistes et les organisations de défense des droits humains n’ont pas été autorisés à y assister. Plusieurs accusés se sont vu refuser le droit de choisir leur propre avocat ; quant à ceux qui en avaient un, ils n’ont pas pu recevoir de visites avant ni pendant le procès, et n’ont pas pu s’entretenir avec eux en privé. Ils n’auraient apparemment pas été autorisés à présenter leur défense devant le tribunal, ni à examiner les preuves retenues contre eux. Les verdicts ont été rendus sans que les accusés ou leurs avocats ne reçoivent de jugements écrits et motivés.

Juger des civils devant des tribunaux militaires est incompatible avec le droit à un procès équitable tel que le prévoit le droit relatif aux droits humains, et de tels procès violent le droit d’être jugé par un tribunal indépendant et impartial. En Libye, les procureurs militaires ne sont souvent pas habilités à enquêter sur des civils et manquent d’indépendance. Les procureurs et juges militaires de l’est de la Libye sont eux-mêmes affiliés aux FAAL, ou à des groupes armés alliés. 

Les familles des accusés n’ont pas été informées à l’avance de la tenue des exécutions. Les autorités ont refusé de remettre les corps des personnes exécutées, ont demandé aux proches de confirmer l’identité des défunts, puis les ont enterrés en l’absence des familles et ont interdit à ces dernières d’organiser des funérailles. Les exécutions secrètes et le refus d’accorder aux familles une dernière visite constituent des violations du droit international, notamment en infligeant de graves souffrances psychologiques aux personnes exécutées et à leurs proches, en violation de l’interdiction absolue de la torture et des autres mauvais traitements.

La Libye reste divisée entre deux autorités rivales. Le Gouvernement d’unité nationale (Government of National Unity, GNU), basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale, contrôle l’ouest du pays, aux côtés d’agences de sécurité et de groupes armés qui lui sont affiliés. Les FAAL, ainsi que les forces et milices qui lui sont affiliées, contrôlent l’est et le sud de la Libye. Les deux camps agissent dans une impunité quasi totale. 

Les Nations Unies et le GNU ont condamné ces exécutions. Les gouvernements qui financent, forment et légitiment les FAAL disposent d’un réel moyen de pression et ont la responsabilité de l’utiliser, tant en public qu’en privé, pour exhorter les dirigeants des FAAL à mettre fin à toutes les exécutions, a déclaré Human Rights Watch.

Le secteur judiciaire libyen est fragmenté et profondément polarisé. Human Rights Watch a précédemment fait état d’une législation obsolète et répressive, d’un manque de garanties d’un procès équitable et de violations généralisées des règles de procédure régulière. Des milices qui n’ont de comptes à rendre à personne contrôlent des prisons qui ne relèvent que nominalement des ministères de l’État. 

Les autorités libyennes, tant à l’est qu’à l’ouest, devraient limiter la compétence des tribunaux militaires aux infractions militaires commises par des militaires et cesser purement et simplement de juger des civils devant ces tribunaux. Elles devraient réexaminer sans délai tous les cas de civils détenus et poursuivis à tort devant des tribunaux militaires et leur accorder des recours effectifs, notamment la libération, le transfert vers des tribunaux civils ou un nouveau procès conforme aux normes internationales en matière de procès équitable, en tenant compte de la peine déjà purgée. 

Human Rights Watch s’oppose à la peine de mort dans tous les pays et en toutes circonstances, car elle est intrinsèquement inhumaine, d’une cruauté sans pareille et irréversible, et universellement entachée d’arbitraire, de préjugés et d’erreurs. À ce jour, 92 pays ont ratifié un protocole au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) qui exige l’abolition de la peine de mort, reconnaissant que la peine capitale viole le droit à la vie et l’interdiction des peines cruelles, inhumaines ou dégradantes. La Libye devrait abolir la peine de mort et, d’ici là, instaurer un moratoire sur toutes les exécutions.

« Pendant plus de 15 ans, aucune exécution n’avait eu lieu en Libye, mais les FAAL ont brisé ce moratoire en l’espace de quelques semaines », a observé Bassam Khawaja. « La vie d’au moins 50 autres personnes dépend désormais de la décision des forces de Khalifa Haftar, et l’influence des gouvernements qui les soutiennent, de mettre fin ou non à cette pratique. »

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Articles

OLJ  

Democrata.es

14.10.2026 à 10:02

Les manifestations des lycéens français accueillies par un recours excessif à la force

Human Rights Watch

Click to expand Image Des étudiants lèvent la main devant des policiers alors qu'ils manifestent devant Sciences Po lors d'un rassemblement contre la surpopulation et la dégradation des locaux de l'établissement, à Paris, en France, le 7 octobre 2026. © 2026 Tom Nicholson/Getty Images

Les images des manifestations de lycéens en cours en France, montrant des forces de l'ordre anti-émeutes lourdement armées utilisant des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes, des matraques, des balles en caoutchouc et des méthodes de coercition brutales à l'encontre d'enfants, ont suscité l'inquiétude au niveau national et international.

Partout en France, des lycéens descendent dans la rue depuis le 21 septembre, exaspérés par le sous-investissement chronique du gouvernement dans leur éducation, qui se traduit par une pénurie d’enseignants, des classes surchargées et des établissements scolaires inadaptés. Bien que des écoles aient été bloquées et que certains manifestants aient recouru à la violence, les manifestations ont été, dans leur grande majorité, pacifiques.

Le recours à la force par la police en réponse à ces manifestations a entraîné de graves blessures chez des enfants, notamment un garçon de 15 ans qui a perdu une main à cause d’une grenade assourdissante explosive lancée par la police, et un garçon de 14 ans dont la mâchoire a été fracturée par une grenade lacrymogène tirée à bout portant par la police. Le gouvernement a annoncé une suspension temporaire de l’utilisation des grenades assourdissantes.

La police aurait interpellé plus de 6 800 personnes depuis le début des manifestations ; parmi elles, 86 % seraient des enfants. Les autorités auraient également ouvert 36 enquêtes internes sur des allégations de fautes professionnelles commises par la police. Mais en France, les enquêtes internes aboutissent rarement à de réelles condamnations.

Le recours excessif à la force par la police lors de manifestations n’est pas nouveau en France. Human Rights Watch a documenté des blessures graves causées par la police lors du mouvement des « gilets jaunes » de 2018. Et les manifestations de 2023 contre la réforme des retraites ainsi que les manifestations écologistes ont également été marquées par un tel recours à la force. Les manifestations étudiantes actuelles ont débuté dans des établissements scolaires situés dans des quartiers populaires, où les jeunes racisés subissent et redoutent constamment le harcèlement policier et la violence d’État.

Au lieu de s’attaquer aux problèmes persistants liés au recours excessif à la force par la police, le gouvernement cherche à renforcer le droit des forces de l’ordre à recourir à la force. À l’étude depuis début 2026, un projet de loi propose d’accorder aux agents une « présomption de légalité » lorsqu’ils utilisent leurs armes à feu. Les organisations de défense des droits mettent en garde contre le risque que ces changements abaissent le seuil à partir duquel la police peut recourir aux armes à feu et soustraient les forces de l’ordre au contrôle judiciaire.

Les autorités françaises devraient cesser de traiter les enfants qui manifestent pacifiquement comme un danger qu’il faut neutraliser. Au contraire, le gouvernement devrait respecter ses obligations de protection des enfants et de leur droit de manifester, et écouter les revendications des jeunes dans la rue. Pour rétablir la confiance, le gouvernement devrait également mener des enquêtes approfondies et rapides sur tous les incidents impliquant un recours à la force par la police, mettre fin aux tactiques policières et réformer les pouvoirs qui favorisent la violence policière.

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