
20.03.2026 à 15:05
Déborah Yapi
Le 2 mars 2026, le Hezbollah libanais a lancé une attaque contre Israël, déclenchant une escalade de grande ampleur marquée par l’intensification des frappes israéliennes sur le Liban, notamment sur sa capitale, ainsi que par le déploiement de troupes au Sud. Cette séquence s’inscrit dans un contexte de régionalisation du conflit provoquée par l’agression israélo-américaine contre l’Iran, et de fragilisation du gouvernement libanais, confronté à la fois au désarmement du Hezbollah et à la poursuite des violations israéliennes du cessez-le-feu signé en novembre 2024. Comment expliquer la décision du Hezbollah ? Quelles en sont les conséquences politiques pour le Liban et quelle est la capacité de l’armée à mener à bien son désarmement ? Enfin, les initiatives en faveur d’un cessez-le-feu peuvent-elles aboutir à court terme ? Le point avec Thomas Sarthou, analyste en stratégie internationale, diplômé d’IRIS Sup’. Ce 2 mars à l’aube, le Hezbollah a lancé six missiles et huit drones en direction d’Israël, précipitant une réponse de grande ampleur de la part de Tel-Aviv. Comment expliquer cette décision ? Tout d’abord, cette décision illustre la volonté du mouvement chiite libanais de se tenir aux côtés de Téhéran dans l’agression qu’il subit de la part de Washington et Tel-Aviv depuis le 28 février 2026. En plus de son rôle de pourvoyeur financier et matériel du Hezbollah, la République islamique d’Iran demeure une référence idéologique et religieuse centrale pour le mouvement et une partie des chiites au Liban. L’attaque a d’ailleurs été présentée par le Hezbollah comme un acte de « vengeance » à l’assassinat du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, dont l’élimination avait auparavant été qualifiée de « ligne rouge » par les cadres du parti. Cependant, dès le déclenchement de l’opération israélo-américaine, des canaux de discussions avaient été ouverts entre l’exécutif libanais et le mouvement pour le convaincre […]
L’article Israël – Hezbollah : les ressorts d’une escalade et ses implications pour le Liban est apparu en premier sur IRIS.
Le 2 mars 2026, le Hezbollah libanais a lancé une attaque contre Israël, déclenchant une escalade de grande ampleur marquée par l’intensification des frappes israéliennes sur le Liban, notamment sur sa capitale, ainsi que par le déploiement de troupes au Sud. Cette séquence s’inscrit dans un contexte de régionalisation du conflit provoquée par l’agression israélo-américaine contre l’Iran, et de fragilisation du gouvernement libanais, confronté à la fois au désarmement du Hezbollah et à la poursuite des violations israéliennes du cessez-le-feu signé en novembre 2024. Comment expliquer la décision du Hezbollah ? Quelles en sont les conséquences politiques pour le Liban et quelle est la capacité de l’armée à mener à bien son désarmement ? Enfin, les initiatives en faveur d’un cessez-le-feu peuvent-elles aboutir à court terme ? Le point avec Thomas Sarthou, analyste en stratégie internationale, diplômé d’IRIS Sup’.
Ce 2 mars à l’aube, le Hezbollah a lancé six missiles et huit drones en direction d’Israël, précipitant une réponse de grande ampleur de la part de Tel-Aviv. Comment expliquer cette décision ?
Tout d’abord, cette décision illustre la volonté du mouvement chiite libanais de se tenir aux côtés de Téhéran dans l’agression qu’il subit de la part de Washington et Tel-Aviv depuis le 28 février 2026. En plus de son rôle de pourvoyeur financier et matériel du Hezbollah, la République islamique d’Iran demeure une référence idéologique et religieuse centrale pour le mouvement et une partie des chiites au Liban. L’attaque a d’ailleurs été présentée par le Hezbollah comme un acte de « vengeance » à l’assassinat du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, dont l’élimination avait auparavant été qualifiée de « ligne rouge » par les cadres du parti.
Cependant, dès le déclenchement de l’opération israélo-américaine, des canaux de discussions avaient été ouverts entre l’exécutif libanais et le mouvement pour le convaincre de ne pas s’engager. De même, des fuites dans la presse émanant de responsables du parti indiquaient que ce dernier ne s’impliquerait qu’en cas d’agression israélienne sur le sol libanais. Il est probable que l’appareil militaire du Hezbollah ait cherché à entretenir une forme d’ambiguïté stratégique afin de prendre Tel-Aviv par surprise, alors même que plusieurs médias israéliens faisaient état de préparatifs en vue d’une opération de grande envergure au Sud-Liban.
Notons également que de nombreuses interrogations entourent le commandement opérationnel du Hezbollah. Une heure et demie de silence a séparé l’attaque de sa revendication par le parti. Ce délai suggère une décision prise dans la précipitation, sinon un désaccord interne au sein du mouvement. En effet, depuis plusieurs mois, plusieurs signaux laissent entrevoir des dissensions entre sa branche politique, incarnée par l’actuel secrétaire général Naïm Qassem, ainsi que d’autres membres issus du parti d’émanation irakienne al-Dawaa, et sa branche militaire, proche des Gardiens de la Révolution iraniens. À présent, la communication du mouvement est soigneusement verrouillée et les figures dites « réformatrices » du Hezbollah se sont unanimement rangées derrière la décision d’engager la confrontation avec Israël.
Enfin, ce choix pourrait être de nature purement stratégique et viserait à sortir le Hezbollah de l’impasse dans lequel il se trouvait. Depuis la signature du cessez-le-feu en novembre 2024 entre Israël et le Liban, le parti a fait de nombreuses concessions politiques et a accepté, dans le cadre du plan de désarmement mené par les autorités libanaises, le démantèlement de ses structures militaires dans le sud du pays, refusant toutefois son application sur le reste du territoire tant que des assurances concrètes n’auraient pas été fournies pour stopper les attaques israéliennes et qu’une stratégie nationale de défense, élaborée avec l’exécutif, ne serait pas mise en place. Malgré cela, aucune garantie ne lui a été donnée par la France et les États-Unis, chargés de superviser l’application de l’accord. Tel-Aviv n’a cessé ses violations systématiques (environ 15 000), ciblant ses dirigeants ainsi que ses structures civiles et économiques, et a maintenu son occupation. Le Hezbollah, quant à lui, s’est abstenu de toute réponse militaire.
À présent, il cherche à modifier le rapport de force par ce qui a fait son succès en 2000 et en 2006 : la guérilla. Le terrain du Sud-Liban, propice aux combats asymétriques, combiné à l’expérience opérationnelle du Hezbollah dans ce domaine, pourrait transformer toute incursion israélienne de plus grande envergure, en une guerre d’usure prolongée, politiquement et militairement difficile à soutenir pour Tel-Aviv.
Réuni en Conseil des ministres dès le lendemain de l’attaque, le gouvernement libanais a prononcé l’interdiction de toutes actions militaires et sécuritaires du Hezbollah et a chargé l’armée libanaise de mener à bien son désarmement « par tous les moyens nécessaires ». Quelles sont les conséquences politiques d’une telle mesure ? L’armée libanaise est-elle capable de mener à bien cette mission ?
En offrant à Israël le prétexte tant attendu pour déclencher cette riposte disproportionnée et sanglante, le Hezbollah a opéré un choix stratégique qui sera lourd de conséquences. Le drame humanitaire auquel nous assistons aujourd’hui au Liban, avec plus d’un million de déplacés, 2584 blessés et 1001 morts selon les autorités libanaises, risque d’en affecter durablement l’image. A fortiori, le choix d’une réponse à l’assassinat de Khamenei nourrit la perception chez certains Libanais, de plus en plus nombreux, que le parti est un acteur déstabilisateur, affilié à des intérêts qui sont extérieurs au Liban et dont le maintien de l’arsenal menace sa population plus qu’il ne la protège.
La nouveauté dans la séquence actuelle réside dans la stratégie israélienne de cibler massivement et de manière systématique des zones majoritairement peuplées par des chiites. Là où la campagne de 2024 visait principalement à détruire les stocks d’armes et à décapiter le mouvement, les ordres d’évacuations massives de la banlieue sud de Beyrouth et du Sud visent à isoler le Hezbollah de sa base sociale et à démanteler sa « société de résistance ». Israël sait également qu’il ne peut éradiquer un mouvement de résistance par la seule supériorité militaire, et cherche donc à accroître la pression sur le gouvernement libanais afin qu’il engage des mesures concrètes visant au démantèlement du mouvement, tant sur le plan militaire que politique. L’annonce du Premier ministre libanais répond directement à ces pressions, ainsi qu’à celles formulées par certaines chancelleries – notamment les États-Unis, et dans une moindre mesure la France et l’Arabie saoudite – impliquées dans le dossier libanais.
Elle confirme également que le Hezbollah est plus que jamais isolé sur la scène politique libanaise. Son alliance avec le parti chrétien Courant patriotique libre, déjà considérablement affaiblie par la guerre de 2024, semble à présent durablement compromise. Plus significativement encore, son partenariat historique avec Amal, l’autre parti chiite libanais, laisse entrevoir des fissures. Bien qu’il se soit pour l’instant abstenu d’exprimer publiquement des critiques, l’approbation de ses ministres à la décision d’interdire les activités de la milice témoigne d’un certain malaise au sein du « tandem chiite ». Le Hezbollah se sait de plus en plus marginalisé et tente de maintenir une présence institutionnelle. Lors de la réunion du cabinet du 3 mars, ses ministres ont fait le choix de rester présents, tout en exprimant ses réserves.
En ce qui concerne l’armée libanaise, de grandes incertitudes pèsent sur sa capacité à mener à bien le désarmement. Sur ordre de l’exécutif, elle s’est retirée d’une partie du Sud après la riposte israélienne et s’est positionnée à différents points sur les axes reliant la région à Beyrouth pour procéder à l’arrestation d’individus armés. Mais ces mesures demeurent pour l’instant limitées, du fait de ses faibles capacités en matériels et en hommes. De même, la demande de désarmer « par tous les moyens » suscite une certaine crainte parmi l’état-major, qui redoute à juste titre les conséquences dévastatrices sur le plan de l’équilibre libanais d’une confrontation directe entre l’armée et des citoyens affiliés au Hezbollah.
Rodolphe Haykal, le chef des Forces armées libanaises (FAL), a d’ailleurs ouvertement exprimé son scepticisme en Conseil des ministres. Le 7 mars, il a tenu une réunion exceptionnelle regroupant des officiers de haut rang, en marge de laquelle il a insisté sur l’importance de l’arrêt de l’agression israélienne, tout en évitant de nommer le Hezbollah. Cette prise de position le place au centre des critiques, des informations faisant même état d’un possible limogeage du chef militaire. Au Liban, l’armée est la garante de la paix civile et elle a en souvenir l’épisode douloureux du 6 février 1984, lorsque l’ordre lui fut donné de bombarder la banlieue sud et d’affronter les miliciens d’Amal, entraînant une vague de désertions de soldats chiites qui affecta profondément l’institution alors plongée en pleine guerre civile.
Les accusations visant le chef de l’armée libanaise alimentent une rhétorique relayée depuis Tel-Aviv, dénonçant l’inefficacité de la troupe et sa supposée « collaboration » avec le Hezbollah. Ce discours trouve un certain écho aux États-Unis, qui demeurent le principal fournisseur des FAL. Début février, alors que Rodolphe Haykal était en visite à Washington, une audition au Congrès de chercheurs du think tank néoconservateur Washington Institute for Near East Policy a mis en lumière la volonté de l’administration américaine de conditionner son aide en direction de l’armée libanaise à ses résultats dans le désarmement du Hezbollah. Certains sont allés jusqu’à critiquer le choix de l’institution de « prévaloir la stabilité sur la souveraineté ».
Alors que les tentatives de médiation émergent, notamment sous l’impulsion de la France, les initiatives en faveur d’un cessez-le-feu sont-elles susceptibles d’aboutir à court terme ?
La France, garante de l’accord de cessation des hostilités de 2024 et acteur historique au Liban, se place en première ligne pour tenter d’établir un cessez-le-feu. Si Paris pouvait jusqu’ici se targuer d’entretenir une communication directe avec le Hezbollah, ce canal semble aujourd’hui rompu, ce qui limite sa capacité de médiation. Dans ce contexte, l’initiative française s’appuie sur la proposition avancée par le président libanais Joseph Aoun, qui préconise un arrêt des frappes israéliennes, un renforcement de l’aide à l’armée libanaise pour lui permettre de se déployer sur l’ensemble du territoire, en vue de lancer un processus de négociation « directe » entre Beyrouth et Tel-Aviv. Des discussions seraient en cours au Liban en vue de former une délégation incluant des représentants des quatre grandes communautés du pays (chrétienne, sunnite, druze et chiite), la désignation de la personnalité chiite appelée à y siéger faisant toutefois l’objet de blocages.
Mais il reste encore à convaincre les principaux acteurs à s’installer autour de la table, ce qui paraît pour l’heure impossible. Premièrement, le Hezbollah refuse de s’engager dans des pourparlers. Le mouvement a tiré l’enseignement suivant : la voie diplomatique ne lui a fourni aucune garantie qu’Israël stoppe son agression. Son secrétaire général Naïm Qassem a récemment déclaré que la diplomatie avait échoué et qu’il fallait s’attendre à « une confrontation longue ». Israël, de son côté, n’a toujours pas donné suite à l’initiative franco-libanaise et considère qu’elle dispose d’un levier de pression suffisant pour ne pas encore s’engager dans des discussions. Son ministre de la Défense, Israël Katz, a par ailleurs menacé directement l’État libanais de frapper ses infrastructures en cas d’inaction face au Hezbollah.
Enfin, la grande inconnue demeure l’implication des États-Unis. Ces derniers mois, les envoyés spéciaux états-uniens au Liban se sont enchaînés, signe d’une forme d’impatience au sein de l’administration états-unienne vis-à-vis de l’exécutif libanais. Selon le média Axios, les autorités libanaises auraient sollicité l’administration américaine pour entamer des négociations directes avec Israël, avant d’essuyer une fin de non-recevoir de la part de l’ex-envoyé spécial Tom Barrack, aujourd’hui en charge du dossier syrien.
Toujours est-il que les options mises actuellement sur la table semblent souffrir des mêmes limites que l’accord de 2024. Celui-ci avait contraint le Liban à accepter un cessez-le-feu dont les garants extérieurs se sont révélés incapables de faire cesser les violations israéliennes, voire directement alignées sur ses intérêts stratégiques, tandis que le cadre onusien était progressivement marginalisé. Aujourd’hui, les initiatives de médiation visent à instaurer des négociations directes entre Tel-Aviv et Beyrouth, malgré un rapport de force asymétrique et l’absence de contrôle des autorités libanaises sur les actions du Hezbollah. Beyrouth risquerait ainsi de se retrouver une nouvelle fois contraint de négocier sous le feu, sans réelle capacité à mettre en œuvre les exigences israéliennes, tandis qu’Israël ne serait guère incité à faire des concessions et continuerait d’exploiter son avantage militaire.
L’article Israël – Hezbollah : les ressorts d’une escalade et ses implications pour le Liban est apparu en premier sur IRIS.
20.03.2026 à 10:13
admn_iris
La quasi-totalité des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord demeurent classés comme « non libres » par Freedom House, et aucun État arabe n’atteint le statut de démocratie consolidée selon les standards internationaux. Si la région demeure un laboratoire de la permanence autoritaire, ce statu quo interroge moins la nature des régimes que leur remarquable capacité d’adaptation. Giuliano da Empoli voit en Mohammed Ben Salmane « un nouveau Borgia » oriental, incarnation d’un pouvoir modernisateur en apparence, mais fondamentalement absolutiste. Sous le vernis des réformes économiques et des campagnes de communication, le pouvoir se recompose sans se transformer ; il épouse les formes du capitalisme numérique et de la gouvernance managériale, tout en reconduisant les réflexes de la verticalité et du contrôle. Comprendre cette résilience suppose d’en retracer la généalogie et d’en saisir les mécanismes profonds. Juan Linz définit l’autoritarisme comme un système où le pluralisme politique demeure limité, sans idéologie mobilisatrice, concentrant le pouvoir entre les mains d’un chef ou d’un groupe restreint. Steven Levitsky et Lucan A. Way ont montré, dans leur théorie du competitive authoritarianism, que nombre de régimes contemporains brouillent les frontières entre démocratie et dictature. La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord illustre pleinement cette hybridation du pouvoir ; les héritages coloniaux, la rente pétrolière, le poids du religieux et les ingérences extérieures y ont ainsi tissé une matrice autoritaire durable.
L’article L’autoritarisme est-il une fatalité dans les sociétés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ? est apparu en premier sur IRIS.
La quasi-totalité des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord demeurent classés comme « non libres » par Freedom House, et aucun État arabe n’atteint le statut de démocratie consolidée selon les standards internationaux. Si la région demeure un laboratoire de la permanence autoritaire, ce statu quo interroge moins la nature des régimes que leur remarquable capacité d’adaptation. Giuliano da Empoli voit en Mohammed Ben Salmane « un nouveau Borgia » oriental, incarnation d’un pouvoir modernisateur en apparence, mais fondamentalement absolutiste. Sous le vernis des réformes économiques et des campagnes de communication, le pouvoir se recompose sans se transformer ; il épouse les formes du capitalisme numérique et de la gouvernance managériale, tout en reconduisant les réflexes de la verticalité et du contrôle.
Comprendre cette résilience suppose d’en retracer la généalogie et d’en saisir les mécanismes profonds. Juan Linz définit l’autoritarisme comme un système où le pluralisme politique demeure limité, sans idéologie mobilisatrice, concentrant le pouvoir entre les mains d’un chef ou d’un groupe restreint. Steven Levitsky et Lucan A. Way ont montré, dans leur théorie du competitive authoritarianism, que nombre de régimes contemporains brouillent les frontières entre démocratie et dictature. La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord illustre pleinement cette hybridation du pouvoir ; les héritages coloniaux, la rente pétrolière, le poids du religieux et les ingérences extérieures y ont ainsi tissé une matrice autoritaire durable.
L’article L’autoritarisme est-il une fatalité dans les sociétés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ? est apparu en premier sur IRIS.
19.03.2026 à 16:56
admn_iris
Le détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Arabo-Persique à l’océan Indien, est aujourd’hui au cœur des tensions géopolitiques liées à la guerre en Iran. Cette étroite voie maritime désormais bloquée par l’Iran est considérée comme un point de passage stratégique tant d’un point de vue sécuritaire qu’économique car il approvisionne les marchés pétroliers, gaziers et pétrochimiques. Sa paralysie prolongée pourrait donc avoir des conséquences non seulement à l’échelle régionale mais aussi à l’échelle internationale. En quoi consiste la stratégie de levier actionnée par l’Iran pour bloquer le détroit d’Ormuz et respecte-t-elle le droit maritime international ? Quelles sont les menaces et incertitudes qui ont abouti à une immobilisation de la circulation au sein du détroit d’Ormuz ? Dans quelle mesure le brouillage de la zone rend-il difficile l’analyse de la situation dans le détroit d’un point de vue militaire ? Julia Tasse, directrice de recherche à l’IRIS et responsable du programme Océan, décrypte ces enjeux dans cette nouvelle Chronique Océan.
L’article Détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique unique ? est apparu en premier sur IRIS.
Le détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Arabo-Persique à l’océan Indien, est aujourd’hui au cœur des tensions géopolitiques liées à la guerre en Iran. Cette étroite voie maritime désormais bloquée par l’Iran est considérée comme un point de passage stratégique tant d’un point de vue sécuritaire qu’économique car il approvisionne les marchés pétroliers, gaziers et pétrochimiques. Sa paralysie prolongée pourrait donc avoir des conséquences non seulement à l’échelle régionale mais aussi à l’échelle internationale. En quoi consiste la stratégie de levier actionnée par l’Iran pour bloquer le détroit d’Ormuz et respecte-t-elle le droit maritime international ? Quelles sont les menaces et incertitudes qui ont abouti à une immobilisation de la circulation au sein du détroit d’Ormuz ? Dans quelle mesure le brouillage de la zone rend-il difficile l’analyse de la situation dans le détroit d’un point de vue militaire ?
Julia Tasse, directrice de recherche à l’IRIS et responsable du programme Océan, décrypte ces enjeux dans cette nouvelle Chronique Océan.
L’article Détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique unique ? est apparu en premier sur IRIS.