
03.03.2026 à 16:52
Coline Laroche
Dans un contexte de recomposition des équilibres géopolitiques et de priorisation accrue des dépenses sécuritaires et militaires, comment l’UNICEF analyse-t-il la marginalisation progressive des droits de l’enfant dans les stratégies d’aide internationale des États donateurs ? Face à l’émergence de nouveaux acteurs influents de l’aide (pays du Sud, puissances régionales, financements conditionnés), comment l’UNICEF préserve-t-il l’universalité et l’indivisibilité des droits de l’enfant, sans les subordonner à des intérêts géopolitiques ou diplomatiques ? Un an après les coupes de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et la baisse significative des financements européens, comment l’UNICEF adapte-t-il sa stratégie pour continuer à défendre les droits de l’enfant sans sacrifier les programmes essentiels ? Face à la concurrence accrue entre crises humanitaires, comment l’UNICEF hiérarchise-t-il ses interventions tout en garantissant le respect des droits fondamentaux des enfants, notamment dans les pays les plus fragiles ? Enfin, quel rôle peuvent jouer la société civile, le secteur privé et les citoyens pour compenser la baisse des financements publics et contribuer à remettre les droits de l’enfant au cœur de l’agenda international ? Entretien avec Aïda Ndiaye, chargée plaidoyer et programmes internationaux à UNICEF France.
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Dans un contexte de recomposition des équilibres géopolitiques et de priorisation accrue des dépenses sécuritaires et militaires, comment l’UNICEF analyse-t-il la marginalisation progressive des droits de l’enfant dans les stratégies d’aide internationale des États donateurs ? Face à l’émergence de nouveaux acteurs influents de l’aide (pays du Sud, puissances régionales, financements conditionnés), comment l’UNICEF préserve-t-il l’universalité et l’indivisibilité des droits de l’enfant, sans les subordonner à des intérêts géopolitiques ou diplomatiques ? Un an après les coupes de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et la baisse significative des financements européens, comment l’UNICEF adapte-t-il sa stratégie pour continuer à défendre les droits de l’enfant sans sacrifier les programmes essentiels ? Face à la concurrence accrue entre crises humanitaires, comment l’UNICEF hiérarchise-t-il ses interventions tout en garantissant le respect des droits fondamentaux des enfants, notamment dans les pays les plus fragiles ? Enfin, quel rôle peuvent jouer la société civile, le secteur privé et les citoyens pour compenser la baisse des financements publics et contribuer à remettre les droits de l’enfant au cœur de l’agenda international ?
Entretien avec Aïda Ndiaye, chargée plaidoyer et programmes internationaux à UNICEF France.
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03.03.2026 à 10:52
Déborah Yapi
Lors de son déplacement à l’île Longue en Bretagne, le 2 mars 2026, le président de la République Emmanuel Macron a délivré un discours consacré à l’avenir de la dissuasion nucléaire française, qui a lieu une fois par mandat présidentiel. Entre guerre en Ukraine, incertitudes sur la garantie américaine et montée des tensions internationales, le président a présenté le concept inédit de « dissuasion avancée ». Que signifie cette évolution ? S’agit-il d’une européanisation de la force nucléaire française ? Cette nouvelle orientation signifie-t-elle que la France partage sa doctrine ou conserve-t-elle le contrôle exclusif de la décision ? Mon analyse des enjeux stratégiques que soulève ce discours.
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Lors de son déplacement à l’île Longue en Bretagne, le 2 mars 2026, le président de la République Emmanuel Macron a délivré un discours consacré à l’avenir de la dissuasion nucléaire française, qui a lieu une fois par mandat présidentiel.
Entre guerre en Ukraine, incertitudes sur la garantie américaine et montée des tensions internationales, le président a présenté le concept inédit de « dissuasion avancée ». Que signifie cette évolution ? S’agit-il d’une européanisation de la force nucléaire française ? Cette nouvelle orientation signifie-t-elle que la France partage sa doctrine ou conserve-t-elle le contrôle exclusif de la décision ?
Mon analyse des enjeux stratégiques que soulève ce discours.
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03.03.2026 à 10:30
Déborah Yapi
Le 24 février, le président Donald Trump a prononcé son discours annuel sur « l’État de l’Union » devant les deux chambres du Congrès, un an après le début de son second mandat. Le discours était long et décousu, rempli d’autosatisfaction euphorique et d’attaques hyperboliques contre son opposition, dans un style qui lui est propre. Les thèmes abordés n’ont surpris personne parmi ceux qui suivent cette administration : les droits de douane, l’immigration, la possibilité d’une « fraude électorale » perpétrée par les démocrates, les succès économiques du président, la criminalité dans les villes dirigées par des démocrates, les risques posés par le régime iranien, les guerres que Trump aurait « terminées », la puissance militaire américaine sous son mandat, etc., etc. Comme à son habitude, le président s’est vanté de toutes les « victoires » remportées par le peuple américain sous sa direction. Le même soir, les démocrates ont prononcé leur propre discours en réponse. Contrairement au discours présidentiel sur l’« état de l’Union », qui répond à une exigence constitutionnelle obligeant le président à faire « de temps à autre » un rapport au Congrès, la réplique de l’opposition relève d’une tradition relativement récente. Depuis 1966, alors que la télévision devenait un média politique de plus en plus puissant, le parti qui n’occupe pas la Maison-Blanche présente une réponse au discours officiel du président. Cette année, la porte-parole des démocrates, la gouverneure de Virginie Abigail Spanberger, a été chargée de cette tâche par la direction du parti au Congrès. Le discours de Trump, d’une durée de près de deux heures, fut le plus long de l’histoire de la République. La réponse de Spanberger — d’environ douze minutes — fut directe et concise. L’intervention de la gouverneure dans l’enceinte de la chambre basse de la législature de Virginie en […]
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Le 24 février, le président Donald Trump a prononcé son discours annuel sur « l’État de l’Union » devant les deux chambres du Congrès, un an après le début de son second mandat. Le discours était long et décousu, rempli d’autosatisfaction euphorique et d’attaques hyperboliques contre son opposition, dans un style qui lui est propre. Les thèmes abordés n’ont surpris personne parmi ceux qui suivent cette administration : les droits de douane, l’immigration, la possibilité d’une « fraude électorale » perpétrée par les démocrates, les succès économiques du président, la criminalité dans les villes dirigées par des démocrates, les risques posés par le régime iranien, les guerres que Trump aurait « terminées », la puissance militaire américaine sous son mandat, etc., etc. Comme à son habitude, le président s’est vanté de toutes les « victoires » remportées par le peuple américain sous sa direction.
Le même soir, les démocrates ont prononcé leur propre discours en réponse. Contrairement au discours présidentiel sur l’« état de l’Union », qui répond à une exigence constitutionnelle obligeant le président à faire « de temps à autre » un rapport au Congrès, la réplique de l’opposition relève d’une tradition relativement récente. Depuis 1966, alors que la télévision devenait un média politique de plus en plus puissant, le parti qui n’occupe pas la Maison-Blanche présente une réponse au discours officiel du président. Cette année, la porte-parole des démocrates, la gouverneure de Virginie Abigail Spanberger, a été chargée de cette tâche par la direction du parti au Congrès. Le discours de Trump, d’une durée de près de deux heures, fut le plus long de l’histoire de la République. La réponse de Spanberger — d’environ douze minutes — fut directe et concise.
L’intervention de la gouverneure dans l’enceinte de la chambre basse de la législature de Virginie en dit long sur la manière dont les démocrates comptent se positionner dans les mois à venir. Qu’avons-nous appris ?
Premièrement, la direction démocrate au Congrès ne semble pas vouloir faire de vagues. Spanberger représentait un choix relativement sûr et modéré pour s’exprimer au nom du parti. Ancienne agente de la CIA, la gouverneure de Virginie est une centriste issue d’un État du Sud devenu progressivement plus favorable aux démocrates ces dernières années, et elle a remporté l’élection haut la main l’an dernier. Le Parti démocrate traverse une période difficile, et ses dirigeants hésitent à prendre des risques à l’ère des bouleversements trumpiens. Or, de nombreux dirigeants plus jeunes, déçus par les résultats mitigés de leur parti lors des élections de 2024, ont plaidé pour une approche plus dynamique et populiste. Des progressistes combatifs et sans concession, comme la députée new-yorkaise Alexandra Ocasio-Cortez et le maire de New York Zohran Mamdani, incarnent l’avant-garde de cette orientation. Le chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, et le chef de la minorité à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, ont toutefois décidé de ne pas s’engager dans cette voie pour l’instant.
Pourquoi ? En partie parce que l’attention se porte clairement sur les élections de mi-mandat en novembre prochain. La majorité républicaine à la Chambre ne tient plus qu’à une voix, et les démocrates espèrent reprendre le contrôle de cette assemblée. Ils entrevoient même une voie étroite, quoique difficile, pour reconquérir le Sénat. Trump obtient de mauvais résultats dans les sondages, y compris sur des thèmes qui lui ont souvent été favorables comme l’immigration et l’économie, et traditionnellement le parti du président en exercice perd des sièges lors des élections de mi-mandat. Les démocrates ont récemment remporté plusieurs succès électoraux, notamment l’élection de Spanberger et celle de son homologue gouverneur dans le New Jersey. Ce n’est pas le moment, semble-t-il avoir été décidé par les dirigeants du Congrès, de mettre en péril ce qui s’annonce comme une performance prometteuse. Cela ne signifie pas pour autant que le débat soit clos à l’approche de l’élection présidentielle de 2028.
Le discours de Spanberger a également mis en évidence le plan d’attaque des démocrates. La gouverneure a posé trois questions fondamentales à son auditoire : « Le président travaille-t-il à rendre la vie plus abordable pour vous et votre famille ? Le président œuvre-t-il à assurer la sécurité des Américains, ici et à l’étranger ? Le président travaille-t-il pour vous ? » Il n’est pas surprenant qu’elle ait commencé par la question du « coût de la vie », talon d’Achille de Biden et qui promet de l’être aussi pour Trump. Le président était manifestement sur la défensive sur ce point et s’est longuement étendu sur la baisse des prix sous son administration, affirmant que les démocrates étaient responsables du problème. Elle a soutenu que les droits de douane imposés par Trump constituaient en réalité une taxe massive sur les Américains, renchérissant le coût des biens pour les consommateurs. Spanberger a également insisté sur les risques liés au déploiement d’agents de l’immigration dans les villes américaines et mis en garde contre les dangers des politiques de Trump à l’égard de l’Iran ou de la Chine. Elle a en outre dénoncé la corruption personnelle du président. Autant de thèmes que l’on entendra probablement tout au long de la campagne.
Retrouvez régulièrement les éditos de Jeff Hawkins, ancien diplomate américain, chercheur associé à l’IRIS, pour ses Carnets d’un vétéran du State Department.
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