
07.05.2026 à 17:24
Coline Laroche
La coopération sanitaire internationale n’a jamais dissocié, dans sa pratique et son financement, l’impératif humanitaire des considérations géopolitiques qui le sous-tendent. L’aide en santé oscille, d’autant plus aujourd’hui, entre solidarité affichée et intérêt stratégique des États. À travers le financement de la lutte contre les grandes pandémies (VIH/SIDA, paludisme, tuberculose), il s’agit également de protéger ses propres frontières épidémiques, consolider des alliances diplomatiques et d’imposer des normes. Ainsi, la tension entre solidarité internationale et intérêt national est constitutive de l’histoire de la coopération sanitaire mondiale, sans qu’aucun acteur n’ait jamais pleinement résolu cette contradiction. Ce qui change avec l’America First Global Health Strategy (AfGHS), publiée en septembre 2025, c’est la rhétorique souverainiste qui s’est radicalement accentuée. Une des plus grandes puissances assume sans détour que son aide sanitaire est un instrument stratégique. Les mots « intérêt national », « accord bilatéral » et « America First » ne sont plus dissimulés derrière un vocabulaire humanitariste, ils structurent le document lui-même. Cette note propose une lecture critique de l’America First Global Health Strategy. Elle a pour vocation d’en décrypter les mécanismes ainsi que les enjeux géopolitiques, sanitaires et idéologiques. Elle esquisse les perspectives ouvertes, plus spécifiquement sur le continent africain, face à cette recomposition de l’ordre sanitaire mondial.
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La coopération sanitaire internationale n’a jamais dissocié, dans sa pratique et son financement, l’impératif humanitaire des considérations géopolitiques qui le sous-tendent. L’aide en santé oscille, d’autant plus aujourd’hui, entre solidarité affichée et intérêt stratégique des États. À travers le financement de la lutte contre les grandes pandémies (VIH/SIDA, paludisme, tuberculose), il s’agit également de protéger ses propres frontières épidémiques, consolider des alliances diplomatiques et d’imposer des normes. Ainsi, la tension entre solidarité internationale et intérêt national est constitutive de l’histoire de la coopération sanitaire mondiale, sans qu’aucun acteur n’ait jamais pleinement résolu cette contradiction. Ce qui change avec l’America First Global Health Strategy (AfGHS), publiée en septembre 2025, c’est la rhétorique souverainiste qui s’est radicalement accentuée. Une des plus grandes puissances assume sans détour que son aide sanitaire est un instrument stratégique. Les mots « intérêt national », « accord bilatéral » et « America First » ne sont plus dissimulés derrière un vocabulaire humanitariste, ils structurent le document lui-même.
Cette note propose une lecture critique de l’America First Global Health Strategy. Elle a pour vocation d’en décrypter les mécanismes ainsi que les enjeux géopolitiques, sanitaires et idéologiques. Elle esquisse les perspectives ouvertes, plus spécifiquement sur le continent africain, face à cette recomposition de l’ordre sanitaire mondial.
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07.05.2026 à 12:33
Déborah Yapi
Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir en janvier 2025, beaucoup présentent toute opposition à sa politique étrangère comme une forme « d’anti-trumpisme primaire ». Mais la vraie question n’est-elle pas plutôt l’inverse : pourquoi existe-t-il aujourd’hui un « pro-trumpisme primaire », qui dispense de toute analyse géopolitique sérieuse ? Une interrogation d’autant plus importante lorsque l’on constate la logique politique mise en œuvre par Donald Trump : rapport de force permanent, vision transactionnelle des alliances, hostilité assumée envers l’Union européenne, remise en cause du droit international et multiplication des tensions malgré un discours prétendument tourné vers la paix. Alors que les États-Unis imposent des tarifs douaniers unilatéraux à leurs alliés, menacent régulièrement leurs partenaires européens et adoptent une posture de plus en plus impérialiste, devrait-on s’abstenir de le critiquer sous peine d’être accusés d’anti-trumpisme primaire ? Mon analyse dans cette vidéo.
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Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir en janvier 2025, beaucoup présentent toute opposition à sa politique étrangère comme une forme « d’anti-trumpisme primaire ». Mais la vraie question n’est-elle pas plutôt l’inverse : pourquoi existe-t-il aujourd’hui un « pro-trumpisme primaire », qui dispense de toute analyse géopolitique sérieuse ?
Une interrogation d’autant plus importante lorsque l’on constate la logique politique mise en œuvre par Donald Trump : rapport de force permanent, vision transactionnelle des alliances, hostilité assumée envers l’Union européenne, remise en cause du droit international et multiplication des tensions malgré un discours prétendument tourné vers la paix.
Alors que les États-Unis imposent des tarifs douaniers unilatéraux à leurs alliés, menacent régulièrement leurs partenaires européens et adoptent une posture de plus en plus impérialiste, devrait-on s’abstenir de le critiquer sous peine d’être accusés d’anti-trumpisme primaire ?
Mon analyse dans cette vidéo.
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06.05.2026 à 18:54
Coline Laroche
Malgré le cessez-le-feu depuis le 8 avril, le bras de fer entre l’Iran et les États-Unis autour de la fermeture du détroit d’Ormuz continue de s’intensifier, notamment avec la mise en place par Washington d’un « double blocus ». Malgré plusieurs tentatives de médiation, les risques d’escalade régionale demeurent élevés. Parallèlement, les pays du Golfe ont été entrainés malgré eux dans une guerre devenue régionale et les récentes attaques iraniennes contre les Émirats arabes unis ajoutent au niveau de tension. Dans ce contexte, une profonde recomposition géopolitique s’opère au Moyen-Orient, marquée par une évolution des alliances régionales et le retour de rivalités entre monarchies du Golfe. Cette évolution des équilibres géopolitiques s’opère par ailleurs sur fond d’aggravation des crises humanitaires à l’échelle régionale. Au Liban, les frappes israéliennes continuent de toucher des zones civiles et de détruire des infrastructures, provoquant d’importants déplacements de populations. À Gaza, la situation humanitaire ne cesse de se détériorer, face à l’accès à l’aide humanitaire extrêmement limité et le manque d’accès aux soins par les populations civiles. Enfin, les exactions à l’encontre des civils palestiniens et le processus de colonisation israélien se poursuivent en Cisjordanie. Se dirige-t-on vers une reprise des négociations ou vers une nouvelle escalade de violence dans le Golfe ? Dans quelle mesure la guerre en Iran accélère-t-elle la recomposition des équilibres régionaux au Moyen-Orient ? Comment expliquer les divergences croissantes entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis face à l’Iran et à l’alliance israélo-américaine ? Les autorités libanaises peuvent-elles sortir de l’impasse entre pression militaire israélienne et difficultés à mener un processus de négociation viable à Washington ? Enfin, comment expliquer l’absence de mobilisation internationale face à l’aggravation de la crise humanitaire à Gaza ? Autant d’enjeux abordés avec Agnès Levallois, présidente de l’Institut de Recherche et d’Études Méditerranée Moyen-Orient […]
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Malgré le cessez-le-feu depuis le 8 avril, le bras de fer entre l’Iran et les États-Unis autour de la fermeture du détroit d’Ormuz continue de s’intensifier, notamment avec la mise en place par Washington d’un « double blocus ». Malgré plusieurs tentatives de médiation, les risques d’escalade régionale demeurent élevés. Parallèlement, les pays du Golfe ont été entrainés malgré eux dans une guerre devenue régionale et les récentes attaques iraniennes contre les Émirats arabes unis ajoutent au niveau de tension. Dans ce contexte, une profonde recomposition géopolitique s’opère au Moyen-Orient, marquée par une évolution des alliances régionales et le retour de rivalités entre monarchies du Golfe. Cette évolution des équilibres géopolitiques s’opère par ailleurs sur fond d’aggravation des crises humanitaires à l’échelle régionale. Au Liban, les frappes israéliennes continuent de toucher des zones civiles et de détruire des infrastructures, provoquant d’importants déplacements de populations. À Gaza, la situation humanitaire ne cesse de se détériorer, face à l’accès à l’aide humanitaire extrêmement limité et le manque d’accès aux soins par les populations civiles. Enfin, les exactions à l’encontre des civils palestiniens et le processus de colonisation israélien se poursuivent en Cisjordanie.
Se dirige-t-on vers une reprise des négociations ou vers une nouvelle escalade de violence dans le Golfe ? Dans quelle mesure la guerre en Iran accélère-t-elle la recomposition des équilibres régionaux au Moyen-Orient ? Comment expliquer les divergences croissantes entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis face à l’Iran et à l’alliance israélo-américaine ? Les autorités libanaises peuvent-elles sortir de l’impasse entre pression militaire israélienne et difficultés à mener un processus de négociation viable à Washington ? Enfin, comment expliquer l’absence de mobilisation internationale face à l’aggravation de la crise humanitaire à Gaza ?
Autant d’enjeux abordés avec Agnès Levallois, présidente de l’Institut de Recherche et d’Études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO), qui analyse les recompositions régionales en cours dans la région.
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