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INSTITUT DE RELATIONS INTERNATIONALES ET STRATÉGIQUES
Think tank français spécialisé sur les questions géopolitiques et stratégiques

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25.03.2026 à 15:18

The Debate Surrounding Kim Ju-ae: What Matters Isn’t the ‘Successor’ but the ‘Signal’

Coline Laroche              

In North Korea, Party Congresses have only become politically significant subjects of analysis since the era of Kim Jong Un. Since the establishment of the North Korean regime, only nine Party Congresses have been held, with Congresses being held infrequently during Kim Jong Il’s era. However, since Kim Jong Un came to power, starting with the 7th Party Congress, they have become regularised political events held approximately every five years. Nevertheless, it is difficult to view the Party Congress itself as a core institution of North Korean politics. This is because North Korea’s Party Congresses are closer to political events utilised according to the leader’s needs than they are to political processes, like party conventions in democratic nations, where policies are discussed and accountability is demanded. In reality, policies or goals presented at the Party Congress are not necessarily implemented afterwards, and there is rare political mechanism for holding anyone accountable for failure. Therefore, when analysing North Korea’s Party Congresses, the crucial question is not what was announced at the congress, but rather what the leader sought to gain through it. In this context, the 9th Party Congress held in February 2026 should also be examined not primarily for its policy content, but rather for the political message the Kim Jong Un regime sought to convey through this political event.

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In North Korea, Party Congresses have only become politically significant subjects of analysis since the era of Kim Jong Un. Since the establishment of the North Korean regime, only nine Party Congresses have been held, with Congresses being held infrequently during Kim Jong Il’s era. However, since Kim Jong Un came to power, starting with the 7th Party Congress, they have become regularised political events held approximately every five years. Nevertheless, it is difficult to view the Party Congress itself as a core institution of North Korean politics. This is because North Korea’s Party Congresses are closer to political events utilised according to the leader’s needs than they are to political processes, like party conventions in democratic nations, where policies are discussed and accountability is demanded. In reality, policies or goals presented at the Party Congress are not necessarily implemented afterwards, and there is rare political mechanism for holding anyone accountable for failure. Therefore, when analysing North Korea’s Party Congresses, the crucial question is not what was announced at the congress, but rather what the leader sought to gain through it. In this context, the 9th Party Congress held in February 2026 should also be examined not primarily for its policy content, but rather for the political message the Kim Jong Un regime sought to convey through this political event.

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25.03.2026 à 14:26

Chine-Inde : la confrontation de deux géants

stagiaire-comm@iris-france.org

La Chine et l’Inde s’imposent aujourd’hui comme deux acteurs incontournables de la scène internationale. De part et d’autre de l’Himalaya, leur montée en puissance simultanée et leurs trajectoires distinctes ont redéfini les équilibres mondiaux et l’analyse de leur relation demeure centrale pour appréhender les perspectives géopolitiques, économiques, sécuritaires et démographiques à venir. Les tensions entre ces deux puissances ne cessent de se renforcer à mesure que leurs ambitions s’affirment. Cette rivalité s’exprime aussi bien sur le plan territorial, notamment le long de leurs frontières, que dans leur volonté d’étendre leur influence en Asie et sur la scène internationale. Emmanuel Lincot, directeur de recherche et co-responsable du Programme Asie-Pacifique à l’IRIS, répond à nos questions à l’occasion de la parution de son ouvrage « Chine–Inde, la guerre des mondes » (éd. Cerf) :

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La Chine et l’Inde s’imposent aujourd’hui comme deux acteurs incontournables de la scène internationale. De part et d’autre de l’Himalaya, leur montée en puissance simultanée et leurs trajectoires distinctes ont redéfini les équilibres mondiaux et l’analyse de leur relation demeure centrale pour appréhender les perspectives géopolitiques, économiques, sécuritaires et démographiques à venir. Les tensions entre ces deux puissances ne cessent de se renforcer à mesure que leurs ambitions s’affirment. Cette rivalité s’exprime aussi bien sur le plan territorial, notamment le long de leurs frontières, que dans leur volonté d’étendre leur influence en Asie et sur la scène internationale. Emmanuel Lincot, directeur de recherche et co-responsable du Programme Asie-Pacifique à l’IRIS, répond à nos questions à l’occasion de la parution de son ouvrage « Chine–Inde, la guerre des mondes » (éd. Cerf) :

  • Comment la relation et les rapports de force entre les deux puissances ont-ils évolués ?
  • Quels sont les principaux théâtres de rivalités entre la Chine et l’Inde sur la scène internationale ?
  • Quelles sont les perspectives stratégiques qui semblent se dessiner pour les deux puissances ?

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24.03.2026 à 19:55

La guerre en Iran risque d’attiser les divisions chez les MAGA

Coline Laroche              

Les frappes israélo-américaines et la guerre en Iran qui en a découlé viennent révéler les profondes fractures internes aux États-Unis. D’une part, elle met en exergue une opposition de l’opinion publique aux récentes décisions de l’administration Trump en matière de politique étrangère. D’autre part, elle met en évidence des divisions au sein même du parti républicain, en témoigne la récente démission de Joseph Kent, le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme. Quelle est la nature des divisions au sein de l’administration Trump ? Le président est-il encore soutenu par son électorat ainsi que par l’opinion publique ? Le point avec Marie-Cécile Naves, directrice de recherche à l’IRIS. Joseph Kent a annoncé sa démission de l’administration Trump le 17 mars pour protester contre l’implication états-unienne dans la guerre en Iran. En quoi cette décision témoigne-t-elle d’une division profonde au sein de l’administration Trump et du camp républicain ? La démission de Joseph Kent, qui a donné comme raison que c’est sous la pression israélienne et du lobby American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) que les États-Unis étaient entrés en guerre, s’inscrit dans la suite de la déclaration, au début du mois, du ministre des Affaires étrangères états-unien, Marco Rubio (qui a été obligé de rétropédaler après). Sur ce sujet, le bruit de fond despodcasters influents comme Megyn Kelly, Joe Rogan, Tucker Carlson, et même Steve Bannon grossit. Ils ont retenu la rupture de la promesse trumpienne sur l’engagement dans des conflits extérieurs, d’une part, et font monter la musique anti-Israël, d’autre part. Cela revêt une importance structurelle dans la mesure où cela alimente des divisions déjà présentes sur l’avenir du mouvement MAGA, avec notamment la montée d’un mouvement antisémite incarné par la frange Nick Fuentes. MAGA peut-il devenir encore plus extrémiste ? Oui et le sujet de la guerre ne manquera […]

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Texte intégral (1236 mots)

Joseph Kent a annoncé sa démission de l’administration Trump le 17 mars pour protester contre l’implication états-unienne dans la guerre en Iran. En quoi cette décision témoigne-t-elle d’une division profonde au sein de l’administration Trump et du camp républicain ?

La démission de Joseph Kent, qui a donné comme raison que c’est sous la pression israélienne et du lobby American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) que les États-Unis étaient entrés en guerre, s’inscrit dans la suite de la déclaration, au début du mois, du ministre des Affaires étrangères états-unien, Marco Rubio (qui a été obligé de rétropédaler après).

Sur ce sujet, le bruit de fond despodcasters influents comme Megyn Kelly, Joe Rogan, Tucker Carlson, et même Steve Bannon grossit. Ils ont retenu la rupture de la promesse trumpienne sur l’engagement dans des conflits extérieurs, d’une part, et font monter la musique anti-Israël, d’autre part. Cela revêt une importance structurelle dans la mesure où cela alimente des divisions déjà présentes sur l’avenir du mouvement MAGA, avec notamment la montée d’un mouvement antisémite incarné par la frange Nick Fuentes. MAGA peut-il devenir encore plus extrémiste ? Oui et le sujet de la guerre ne manquera pas d’attiser les tensions. Le 25 mars 2026 s’ouvre, à Dallas, le traditionnel Conservative Political Action Conference, à savoir la grand-messe des ultraconservateurs qui nous donnera une idée des rapports de force. Quant au vice-président Vance, il se garde bien de prendre la parole. Il ne soutient pas la guerre parce qu’il sait qu’elle est électoralement impopulaire et que ce qu’il a en tête, c’est l’après-Trump.

Le président Trump maîtrise encore le contrôle sur le parti républicain : il soutient des candidates et candidats aux primaires en vue des Midterms, avec sa menace de la punition pour les moins fidèles, et il continue d’imposer aux élues et élus du Congrès (qui, par deux fois, ont refusé de sanctionner le déclenchement de la guerre), de le soutenir.

Dans quelle mesure les décisions de politique étrangère de Donald Trump — l’intervention au Venezuela, les frappes en Iran, blocus de Cuba —, sont-elles soutenues par son électorat et, plus largement, par l’opinion publique états-unienne ?

La guerre n’est pas populaire aux États-Unis et ne risque pas de le devenir.L’opinion publique états-unienne n’est pas derrière le président comme elle était derrière George W. Bush en 2001-2002. Mois d’un tiers des Américaines et Américains soutiennent Trump et ce soutien se concentre principalement au sein de l’électorat MAGA.

Il semblerait que Donald Trump ne parle plus à son électorat, sauf pour réaffirmer la toute-puissance militaire des États-Unis, faire le « show » ou faire des blagues. Comme si la guerre était un jeu, une distraction, un moment à passer, voire une « excursion ». Sur le pétrole, il a même affirmé que l’augmentation du cours est une bonne nouvelle : les États-Unis étant un gros producteur, ils (en l’occurrence ici les majors états-uniennes) vont s’enrichir. Le lendemain, il déclare que « les prix montent, mais faites-moi confiance, je vais gagner la guerre et tout redeviendra normal ».

Parle-t-il à ses électeurs, à ses amis entrepreneurs ou à Wall Street ? On dirait qu’il parle surtout aux marchés. Combien de temps cela tiendra-t-il ? Difficile à dire.

Dans un contexte marqué par des coupes budgétaires (« shutdown » partiel) et à l’approche des élections de mi-mandat de novembre 2026, la stratégie de l’administration Trump en matière de politique intérieure est-elle susceptible de consolider son électorat, ou au contraire d’accentuer les divisions, y compris au sein du Parti républicain ?

La popularité du président Trump est en baisse constante, mais il est clair que l’électorat républicain le soutient encore : chez les MAGA, la fidélité relève d’une logique de culte du chef ; au-delà, il donne satisfaction sur plusieurs enjeux – expulsions des immigrés, obsession anti-trans, baisse des impôts des plus riches, retours en arrière sur l’écologie. Il n’y a pas tromperie sur la marchandise.

Le problème ici, c’est le pouvoir d’achat et ce soutien se fissurera si les prix continuent d’augmenter. C’est ce qu’on appelle le mur du réel. Ce contexte est évidemment lié à la guerre en Iran : l’augmentation du prix du pétrole, donc de l’essence, résulte directement de la guerre. Or, l’essence était quasiment le seul produit dont le prix diminuait aux États-Unis ces derniers mois. Et ce n’est pas tout : l’augmentation du prix du pétrole, si elle se confirme, se répercutera par un accroissement des coûts de production dans beaucoup de secteurs économiques : l’agriculture, la grande distribution, l’industrie, etc.

N’oublions pas le coût direct de cette guerre, près de 15 milliards de dollars à ce stade, alors que des millions d’Américaines et d’Américains perdent leur assurance santé, n’ont plus de job pour beaucoup de fonctionnaires fédéraux, ne peuvent pas emprunter pour acheter un logement, etc. Par ailleurs, la Maison-Blanche demande une rallonge de 200 milliards au Congrès pour le budget militaire, en plein « shutdown » partiel.

Les Midterms, si elles se tiennent (car la Maison-Blanche envisage très sérieusement de les reporter, voire de les annuler tant les perspectives de défaite sont grandes à ce stade), ne se dérouleront pas dans des conditions normales : Donald Trump souhaite supprimer le vote par correspondance, imposer de nouvelles règles pour accéder aux bureaux de vote, voire empêcher certaines populations de voter, contester les résultats en cas de défaite, etc. L’envoi de ICE dans les aéroports est un test de contrôle de la population. C’est sa réponse à l’impopularité.

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