
20.03.2026 à 10:13
admn_iris
La quasi-totalité des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord demeurent classés comme « non libres » par Freedom House, et aucun État arabe n’atteint le statut de démocratie consolidée selon les standards internationaux. Si la région demeure un laboratoire de la permanence autoritaire, ce statu quo interroge moins la nature des régimes que leur remarquable capacité d’adaptation. Giuliano da Empoli voit en Mohammed Ben Salmane « un nouveau Borgia » oriental, incarnation d’un pouvoir modernisateur en apparence, mais fondamentalement absolutiste. Sous le vernis des réformes économiques et des campagnes de communication, le pouvoir se recompose sans se transformer ; il épouse les formes du capitalisme numérique et de la gouvernance managériale, tout en reconduisant les réflexes de la verticalité et du contrôle. Comprendre cette résilience suppose d’en retracer la généalogie et d’en saisir les mécanismes profonds. Juan Linz définit l’autoritarisme comme un système où le pluralisme politique demeure limité, sans idéologie mobilisatrice, concentrant le pouvoir entre les mains d’un chef ou d’un groupe restreint. Steven Levitsky et Lucan A. Way ont montré, dans leur théorie du competitive authoritarianism, que nombre de régimes contemporains brouillent les frontières entre démocratie et dictature. La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord illustre pleinement cette hybridation du pouvoir ; les héritages coloniaux, la rente pétrolière, le poids du religieux et les ingérences extérieures y ont ainsi tissé une matrice autoritaire durable.
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La quasi-totalité des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord demeurent classés comme « non libres » par Freedom House, et aucun État arabe n’atteint le statut de démocratie consolidée selon les standards internationaux. Si la région demeure un laboratoire de la permanence autoritaire, ce statu quo interroge moins la nature des régimes que leur remarquable capacité d’adaptation. Giuliano da Empoli voit en Mohammed Ben Salmane « un nouveau Borgia » oriental, incarnation d’un pouvoir modernisateur en apparence, mais fondamentalement absolutiste. Sous le vernis des réformes économiques et des campagnes de communication, le pouvoir se recompose sans se transformer ; il épouse les formes du capitalisme numérique et de la gouvernance managériale, tout en reconduisant les réflexes de la verticalité et du contrôle.
Comprendre cette résilience suppose d’en retracer la généalogie et d’en saisir les mécanismes profonds. Juan Linz définit l’autoritarisme comme un système où le pluralisme politique demeure limité, sans idéologie mobilisatrice, concentrant le pouvoir entre les mains d’un chef ou d’un groupe restreint. Steven Levitsky et Lucan A. Way ont montré, dans leur théorie du competitive authoritarianism, que nombre de régimes contemporains brouillent les frontières entre démocratie et dictature. La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord illustre pleinement cette hybridation du pouvoir ; les héritages coloniaux, la rente pétrolière, le poids du religieux et les ingérences extérieures y ont ainsi tissé une matrice autoritaire durable.
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19.03.2026 à 16:56
admn_iris
Le détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Arabo-Persique à l’océan Indien, est aujourd’hui au cœur des tensions géopolitiques liées à la guerre en Iran. Cette étroite voie maritime désormais bloquée par l’Iran est considérée comme un point de passage stratégique tant d’un point de vue sécuritaire qu’économique car il approvisionne les marchés pétroliers, gaziers et pétrochimiques. Sa paralysie prolongée pourrait donc avoir des conséquences non seulement à l’échelle régionale mais aussi à l’échelle internationale. En quoi consiste la stratégie de levier actionnée par l’Iran pour bloquer le détroit d’Ormuz et respecte-t-elle le droit maritime international ? Quelles sont les menaces et incertitudes qui ont abouti à une immobilisation de la circulation au sein du détroit d’Ormuz ? Dans quelle mesure le brouillage de la zone rend-il difficile l’analyse de la situation dans le détroit d’un point de vue militaire ? Julia Tasse, directrice de recherche à l’IRIS et responsable du programme Océan, décrypte ces enjeux dans cette nouvelle Chronique Océan.
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Le détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Arabo-Persique à l’océan Indien, est aujourd’hui au cœur des tensions géopolitiques liées à la guerre en Iran. Cette étroite voie maritime désormais bloquée par l’Iran est considérée comme un point de passage stratégique tant d’un point de vue sécuritaire qu’économique car il approvisionne les marchés pétroliers, gaziers et pétrochimiques. Sa paralysie prolongée pourrait donc avoir des conséquences non seulement à l’échelle régionale mais aussi à l’échelle internationale. En quoi consiste la stratégie de levier actionnée par l’Iran pour bloquer le détroit d’Ormuz et respecte-t-elle le droit maritime international ? Quelles sont les menaces et incertitudes qui ont abouti à une immobilisation de la circulation au sein du détroit d’Ormuz ? Dans quelle mesure le brouillage de la zone rend-il difficile l’analyse de la situation dans le détroit d’un point de vue militaire ?
Julia Tasse, directrice de recherche à l’IRIS et responsable du programme Océan, décrypte ces enjeux dans cette nouvelle Chronique Océan.
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18.03.2026 à 18:48
Déborah Yapi
Pascal Boniface · Faut-il en finir avec le droit international ? Avec Béligh Nabli | Entretiens géopo Les frappes israélo-américaines menées en Iran relancent un débat fondamental : celui de la place du droit international dans les conflits contemporains. Si la violation de la souveraineté d’un État est considérée comme un crime d’agression contraire au droit international, les défenseurs de l’attaque conjointe israélo-américaine, au premier rang desquels les administrations de part et d’autre, ont invoqué le principe de « légitime défense » et le concept « guerre préventive » pour justifier leurs opérations militaires sur l’Iran. Un positionnement que de nombreux pays européens ont eu du mal à condamner, par tradition atlantiste, malgré l’irrecevabilité en droit de l’argumentaire israélo-américain. La guerre déclenchée par ces frappes soulève une série de questionnements, liés aux réactions en chaines qui ont pu en découler : en ripostant, la République islamique d’Iran a-t-elle agi en légitime défense ? Face à la riposte iranienne, les monarchies du Golfe pourraient-elles faire valoir un droit à la légitime défense ? Dans quelle mesure les frappes israéliennes au Liban peuvent-elles être qualifiées de réponses « disproportionnées » au regard du droit international ? Quelle est la différence entre une action considérée comme légitime politiquement et légale juridiquement ? Et surtout, que reste-t-il du droit international face aux violations répétées des grandes puissances ? Autant d’enjeux abordés dans ce podcast avec Béligh Nabli, professeur en droit public à l’Université de Paris-Est Créteil (UPEC).
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Les frappes israélo-américaines menées en Iran relancent un débat fondamental : celui de la place du droit international dans les conflits contemporains. Si la violation de la souveraineté d’un État est considérée comme un crime d’agression contraire au droit international, les défenseurs de l’attaque conjointe israélo-américaine, au premier rang desquels les administrations de part et d’autre, ont invoqué le principe de « légitime défense » et le concept « guerre préventive » pour justifier leurs opérations militaires sur l’Iran. Un positionnement que de nombreux pays européens ont eu du mal à condamner, par tradition atlantiste, malgré l’irrecevabilité en droit de l’argumentaire israélo-américain.
La guerre déclenchée par ces frappes soulève une série de questionnements, liés aux réactions en chaines qui ont pu en découler : en ripostant, la République islamique d’Iran a-t-elle agi en légitime défense ? Face à la riposte iranienne, les monarchies du Golfe pourraient-elles faire valoir un droit à la légitime défense ? Dans quelle mesure les frappes israéliennes au Liban peuvent-elles être qualifiées de réponses « disproportionnées » au regard du droit international ? Quelle est la différence entre une action considérée comme légitime politiquement et légale juridiquement ? Et surtout, que reste-t-il du droit international face aux violations répétées des grandes puissances ?
Autant d’enjeux abordés dans ce podcast avec Béligh Nabli, professeur en droit public à l’Université de Paris-Est Créteil (UPEC).
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