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Institut de Relations Internationales et Stratégiques - Think tank français spécialisé sur les questions géopolitiques et stratégiques

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29.01.2026 à 09:51

Donald Trump : guerre et paix

Coline Laroche              

Une année au pouvoir. Depuis le 20 janvier 2025, Donald Trump a été omniprésent sur la plupart des grands dossiers internationaux, avec notamment une obsession : obtenir le prix Nobel de la paix. Un objectif légitime, selon ses propres dires, puisqu’il était parvenu à résoudre huit guerres, ce qu’aucun avant lui n’avait réussi à faire. Qu’en est-il cependant véritablement de ses « succès » en résolution de conflits ? Si dans certains cas (conflits Rwanda/RDC, Arménie/Azerbaïdjan), le président états-unien a effectivement facilité certaines avancées en faveur de la paix — souvent obtenues grâce à l’intervention d’autres acteurs, mais dont il s’attribue entièrement le mérite —, il n’a dans d’autres cas obtenu qu’une interruption des combats, sans véritables perspectives de pacification (conflit israélo-palestinien, Iran/Israël). Il a par ailleurs affirmé avoir réglé des guerres qui n’en étaient pas (Éthiopie/Égypte, Kosovo/Serbie). En outre, il avait assuré être en mesure de régler le conflit russo-ukrainien en vingt-quatre heures. Si des négociations sont bien en cours, le président états-unien aura jusqu’ici surtout montré sa capacité à faire la part belle aux revendications russes. Donald Trump, désormais à la tête de son nébuleux Board of Peace, n’aura finalement reçu que la médaille du prix Nobel que l’opposante vénézuélienne María Corina Machado lui a offert le 15 janvier dernier. S’il n’est pas un faiseur de paix, Donald Trump est-il pour autant un va-t-en-guerre ? Celui qui rejette depuis son premier mandat l’interventionnisme des États-Unis dans des confits trop coûteux est parvenu à ordonner lors de cette première année de son second mandat plus de frappes que son prédécesseur sur l’entièreté de son mandat. Yémen, Somalie, Syrie et plus récemment Venezuela : le président n’hésite visiblement pas à s’appuyer sur la puissance aérienne de l’armée pour s’imposer, si ce n’est comme le gendarme du monde, comme son shérif.

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Une année au pouvoir. Depuis le 20 janvier 2025, Donald Trump a été omniprésent sur la plupart des grands dossiers internationaux, avec notamment une obsession : obtenir le prix Nobel de la paix. Un objectif légitime, selon ses propres dires, puisqu’il était parvenu à résoudre huit guerres, ce qu’aucun avant lui n’avait réussi à faire. Qu’en est-il cependant véritablement de ses « succès » en résolution de conflits ? Si dans certains cas (conflits Rwanda/RDC, Arménie/Azerbaïdjan), le président états-unien a effectivement facilité certaines avancées en faveur de la paix — souvent obtenues grâce à l’intervention d’autres acteurs, mais dont il s’attribue entièrement le mérite —, il n’a dans d’autres cas obtenu qu’une interruption des combats, sans véritables perspectives de pacification (conflit israélo-palestinien, Iran/Israël). Il a par ailleurs affirmé avoir réglé des guerres qui n’en étaient pas (Éthiopie/Égypte, Kosovo/Serbie). En outre, il avait assuré être en mesure de régler le conflit russo-ukrainien en vingt-quatre heures. Si des négociations sont bien en cours, le président états-unien aura jusqu’ici surtout montré sa capacité à faire la part belle aux revendications russes. Donald Trump, désormais à la tête de son nébuleux Board of Peace, n’aura finalement reçu que la médaille du prix Nobel que l’opposante vénézuélienne María Corina Machado lui a offert le 15 janvier dernier.

S’il n’est pas un faiseur de paix, Donald Trump est-il pour autant un va-t-en-guerre ? Celui qui rejette depuis son premier mandat l’interventionnisme des États-Unis dans des confits trop coûteux est parvenu à ordonner lors de cette première année de son second mandat plus de frappes que son prédécesseur sur l’entièreté de son mandat. Yémen, Somalie, Syrie et plus récemment Venezuela : le président n’hésite visiblement pas à s’appuyer sur la puissance aérienne de l’armée pour s’imposer, si ce n’est comme le gendarme du monde, comme son shérif.

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28.01.2026 à 18:53

Guerre et puissance : malheur aux vainqueurs. Avec Bertrand Badie

Déborah Yapi

Les conflits contemporains connaissent de profondes mutations qui ne traduisent pas un retour mais plutôt un changement de nature de la notion de puissance. Si depuis 1945 gagner une guerre pouvait encore signifier « être le plus fort » ou disposer de « plus de moyens » que l’adversaire, « faire la guerre » ne correspond plus aujourd’hui à la conception de la guerre moderne héritée de Clausewitz. Comme le souligne Bertrand Badie, « ni les États-Unis au Vietnam, en Irak ou en Afghanistan, ni la Russie post-soviétique en Ukraine, ni la France en Afrique, ni l’armée israélienne à Gaza n’ont réussi à imposer l’ordre et la stabilité comme le faisait autrefois la puissance. ». L’« énergie sociale » qui émerge de la société civile est au cœur de cette transformation de la puissance. Elle fait émerger un paradoxe : plus la puissance montre ses muscles, plus la société civile se mobilise et échappe au contrôle des États, refaçonnant ainsi les relations internationales et les rapports de force. Comment comprendre cette reconfiguration des relations internationales ? Que recouvre exactement cette notion d’« énergie sociale » ? En quoi permet-elle d’éclairer l’impasse israélo-palestinienne ou encore la posture internationale face aux États-Unis ? Bertrand Badie, professeur émérite et spécialiste des relations internationales, aborde ce sujet. Il est l’auteur de « Par-delà la puissance et la guerre : la mystérieuse énergie sociale », publié aux Éditions Odile Jacob.

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Les conflits contemporains connaissent de profondes mutations qui ne traduisent pas un retour mais plutôt un changement de nature de la notion de puissance. Si depuis 1945 gagner une guerre pouvait encore signifier « être le plus fort » ou disposer de « plus de moyens » que l’adversaire, « faire la guerre » ne correspond plus aujourd’hui à la conception de la guerre moderne héritée de Clausewitz. Comme le souligne Bertrand Badie, « ni les États-Unis au Vietnam, en Irak ou en Afghanistan, ni la Russie post-soviétique en Ukraine, ni la France en Afrique, ni l’armée israélienne à Gaza n’ont réussi à imposer l’ordre et la stabilité comme le faisait autrefois la puissance. ». L’« énergie sociale » qui émerge de la société civile est au cœur de cette transformation de la puissance. Elle fait émerger un paradoxe : plus la puissance montre ses muscles, plus la société civile se mobilise et échappe au contrôle des États, refaçonnant ainsi les relations internationales et les rapports de force. Comment comprendre cette reconfiguration des relations internationales ? Que recouvre exactement cette notion d’« énergie sociale » ? En quoi permet-elle d’éclairer l’impasse israélo-palestinienne ou encore la posture internationale face aux États-Unis ?

Bertrand Badie, professeur émérite et spécialiste des relations internationales, aborde ce sujet. Il est l’auteur de « Par-delà la puissance et la guerre : la mystérieuse énergie sociale », publié aux Éditions Odile Jacob.

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28.01.2026 à 15:48

La montée en puissance d’Israël et les enjeux qu’elle pose au Moyen-Orient

Coline Laroche              

Le Moyen-Orient vit aujourd’hui une restructuration des rapports de force, en particulier entre trois puissances régionales, l’Iran, la Turquie et Israël, avec des conséquences profondes sur les autres acteurs. La région avait connu une première redistribution à la suite de l’entrée des troupes américaines en Irak en 2003, qui avait eu pour conséquence l’éclatement du pays en entités confessionnelles. En outre, si l’arrivée des printemps arabes fin 2010 avait été saluée comme un événement libérateur, elle avait cependant provoqué une série de crises voire de guerres civiles dans plusieurs pays. Cette déstructuration de nombreux états arabes avait ainsi fragilisé l’architecture régionale (le « système des états arabes » basé sur les frontières héritées du colonialisme européen) et permis le retour en force des anciennes puissances impériales, la Turquie et l’Iran. Si la République islamique d’Iran élargit alors sa sphère d’influence, en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen et à Gaza, la Turquie, de son côté, elle met également le pied en Libye, en Syrie, en Irak, au Yémen, en Somalie et au Qatar (où elle dispose d’une base militaire), sans oublier Gaza où le Hamas, issu de la mouvance des Frères musulmans, n’est pas éloigné, dans ses fondements idéologiques, du parti AKP du président Erdoğan. La région vit cependant aujourd’hui un nouveau basculement avec l’entrée en scène d’Israël à la suite de l’attaque du 7 octobre 2023, dont les conséquences se font sentir bien au-delà de Gaza. C’est en effet à une vaste montée en puissance d’Israël que l’on assiste, de la Méditerranée jusqu’au golfe d’Oman et à l’océan Indien, sans oublier le Caucase. Tel-Aviv a mis ainsi en place des accords sécuritaires avec la Grèce et Chypre, avec la possibilité de déploiements conjoints de troupes en cas de crise. Il entretient également des liens avec le Kurdistan irakien, ainsi qu’avec […]

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Texte intégral (1380 mots)

Le Moyen-Orient vit aujourd’hui une restructuration des rapports de force, en particulier entre trois puissances régionales, l’Iran, la Turquie et Israël, avec des conséquences profondes sur les autres acteurs. La région avait connu une première redistribution à la suite de l’entrée des troupes américaines en Irak en 2003, qui avait eu pour conséquence l’éclatement du pays en entités confessionnelles. En outre, si l’arrivée des printemps arabes fin 2010 avait été saluée comme un événement libérateur, elle avait cependant provoqué une série de crises voire de guerres civiles dans plusieurs pays. Cette déstructuration de nombreux états arabes avait ainsi fragilisé l’architecture régionale (le « système des états arabes » basé sur les frontières héritées du colonialisme européen) et permis le retour en force des anciennes puissances impériales, la Turquie et l’Iran. Si la République islamique d’Iran élargit alors sa sphère d’influence, en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen et à Gaza, la Turquie, de son côté, elle met également le pied en Libye, en Syrie, en Irak, au Yémen, en Somalie et au Qatar (où elle dispose d’une base militaire), sans oublier Gaza où le Hamas, issu de la mouvance des Frères musulmans, n’est pas éloigné, dans ses fondements idéologiques, du parti AKP du président Erdoğan.

La région vit cependant aujourd’hui un nouveau basculement avec l’entrée en scène d’Israël à la suite de l’attaque du 7 octobre 2023, dont les conséquences se font sentir bien au-delà de Gaza. C’est en effet à une vaste montée en puissance d’Israël que l’on assiste, de la Méditerranée jusqu’au golfe d’Oman et à l’océan Indien, sans oublier le Caucase. Tel-Aviv a mis ainsi en place des accords sécuritaires avec la Grèce et Chypre, avec la possibilité de déploiements conjoints de troupes en cas de crise. Il entretient également des liens avec le Kurdistan irakien, ainsi qu’avec l’Azerbaïdjan, lequel constitue, de par sa position géographique, un pivot central entre l’Iran et la Turquie. Si les alliances négociées par Tel-Aviv semblent ainsi entourer l’Iran (à travers l’Azerbaïdjan et le Kurdistan irakien), elles enveloppent en outre la Turquie par son flanc occidental et oriental, tandis que Tel-Aviv tente également de faire pression sur la Turquie par le sud, en Syrie où il frappe régulièrement les infrastructures et les capacités militaires du nouveau régime syrien adoubé par Ankara. Tel-Aviv a soutenu par ailleurs en Syrie les factions druzes et kurdes, ce qui ne peut qu’alarmer la Turquie pour laquelle tout séparatisme en Syrie (notamment kurde et alaouite) ne peut qu’encourager les particularismes en Turquie, en particulier concernant les Kurdes, et ce, pendant qu’Israël continue de frapper en parallèle le Hezbollah pro-iranien au Liban. Enfin, après avoir largement neutralisé le Hamas et frappé la bande de Gaza, Israël continue de cerner la Cisjordanie, soumise à une colonisation soutenue tandis que l’Autorité palestinienne est contrainte, elle, de coopérer étroitement avec l’état hébreu en matière de sécurité.

Israël mène également une coopération sécuritaire étroite avec les Émirats arabes unis, lesquels entretiennent un vaste réseau d’alliances en Libye (les forces du maréchal Haftar) et au Soudan (les Forces de soutien rapide), un dispositif qui contourne l’Égypte par l’ouest et le sud, tandis qu’Israël fait lui-même face à cette dernière sur son flanc Est. En outre, la récente crise au Yémen, avec la manœuvre opérée par le Conseil de transition du Sud, allié aux Émirats, en direction de la région yéménite du Hadramaout, conjointement avec la reconnaissance par Israël du Somaliland voisin, situé en face du Yémen et du détroit stratégique de Bab el-Mandeb (lequel commande la mer Rouge et le canal de Suez), a menacé également d’envelopper l’Arabie saoudite par le sud, cependant qu’Israël se positionne, lui, sur le flanc Nord du royaume saoudien. Si l’Arabie saoudite s’est empressée d’intervenir face à ces développements au Yémen, la question du futur de ce pays se pose ainsi avec acuité. Enfin, l’attaque israélienne sur l’Iran lui-même en juin 2025 a constitué le point d’orgue de cette montée en puissance de Tel-Aviv.

Le déploiement régional israélien rappelle ainsi la carte du Moyen-Orient brandie par Benyamin Netanyahou à l’ONU, où il suggérait de frapper « l’axe du mal » mené par l’Iran, pour le remplacer par un autre axe allant de la Méditerranée à la mer d’Oman et de l’Europe à l’Inde, avec Israël en son centre. Une construction régionale que Tel-Aviv semble poursuivre aujourd’hui en plaçant méthodiquement ses pions à l’échelle du Moyen-Orient et de la Méditerranée orientale. La question centrale est donc : cette manœuvre est-elle le prélude à une dynamique de paix, ou n’est-elle qu’un simple renversement du rapport de forces en faveur d’Israël ?

La réponse à cette question se trouve essentiellement en Iran et dans les développements futurs dans ce pays, ainsi que dans l’attitude américaine. Trois scénarios se profilent ainsi. Le premier serait celui d’un changement qui amènerait au pouvoir à Téhéran un régime proche des États-Unis. L’ensemble de la région, de la Turquie jusqu’en Iran et d’Israël jusqu’en Égypte, en Arabie saoudite et dans le Golfe, serait alors composé d’États amis, alliés ou clients de Washington. Il serait alors peut-être possible d’envisager un rapprochement voire une paix régionale, avec des garanties sécuritaires que l’ensemble des États, aujourd’hui en proie à une forte instabilité, appellent de leurs vœux. Mais il faudrait pour cela que Washington s’investisse massivement dans cette construction régionale et dans l’octroi de garanties de long terme. Les États-Unis, absorbés par leur rivalité avec la Chine, sont-ils prêts pour cela ? En ont-ils réellement la capacité ?

Le deuxième scénario serait de voir perdurer à Téhéran le régime des mollahs, voire un successeur qui conserverait la posture défiante de l’Iran envers les États-Unis et Israël. Le Moyen-Orient entrerait alors dans une nouvelle « guerre froide » et se structurerait autour de l’opposition entre pôles régionaux, la Turquie, l’Iran et Israël se tenant mutuellement en respect, tandis que Tel-Aviv œuvrerait, lui, pour consolider son rapprochement avec les pays du Golfe. L’Arabie saoudite se retrouverait dans une position délicate, entre un Iran défiant et Israël qui chercherait à tout prix à consacrer son influence auprès du royaume saoudien, clé de voûte de son déploiement régional. Tandis que le Liban, la Syrie et l’Irak, qui forment un « glacis » central séparant Israël, la Turquie et l’Iran, risqueraient de conserver le statut de zones tampons, voire, au pire, d’États faillis.

Enfin, le troisième scénario, celui d’un éclatement de l’Iran (dont la population est fortement hétérogène et formée pour 40 % de minorités azéries, kurdes, arabes, tadjikes, arméniennes ou baloutches), à la suite de de puissantes frappes israéliennes ou américaines, ou à la suite de  l’agitation intérieure, serait également risqué, car il porterait en lui les germes de l’instabilité, et pourrait contaminer potentiellement les pays voisins de l’Iran.  Les conséquences d’une frappe sur ce pays ne sont donc pas à sous-estimer.

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