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INSTITUT DE RELATIONS INTERNATIONALES ET STRATÉGIQUES
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21.04.2026 à 12:25

« Le rôle central du scientifique est celui de vigie »

Déborah Yapi

Ce texte est un complément à l’entretien avec Cédric Villani, mathématicien et ancien député, dans le cadre du dossier de La Revue internationale et stratégique n° 141, « Guerre des systèmes : un abécédaire de la résilience » (printemps 2026). Intitulé « Modéliser l’instabilité ? La complexité au service de la décision stratégique », ce grand entretien disponible dans la revue évoque tour à tour la pensée des systèmes complexes, la modélisation et des scénarios, non pour prédire, mais pour éclairer la décision sous contrainte d’incertitude. Cédric Villani, dans ce complément uniquement consultable en ligne, revient sur le rôle des scientifiques dans les débats public dans un contexte d’attaque croissante contre la science. Quel rôle les scientifiques peuvent-ils jouer aujourd’hui dans le débat public, face à la montée des contestations de la science, sans se substituer aux politiques, mais en faisant entendre la spécificité de leur démarche ? Le scientifique et le politique poursuivent des finalités distinctes. Le scientifique cherche le vrai, au prix du doute et de la révision permanente ; le politique cherche le juste, c’est-à-dire ce qu’il est légitime de décider. Le premier, le scientifique, ne doit pas adapter sa recherche aux attentes du pouvoir, mais peut tenir compte du contexte pour évaluer le champ des possibles, à l’instar du groupe de travail 3 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), celui qui travaille sur les actions. Le second, le politique, peut – et devrait – s’appuyer sur l’état des connaissances. L’indépendance entre scientifique et politique est un principe fondateur des modernes, afin de garantir la liberté académique et d’éviter la distorsion de la science. On pourra objecter que la période est à la défiance envers les scientifiques. Mais dans les crises récentes, la défiance actuelle ne vise pas tant la science que le système scientifique, perçu comme institutionnel et parfois instrumentalisé, avec des […]

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Texte intégral (1767 mots)

Quel rôle les scientifiques peuvent-ils jouer aujourd’hui dans le débat public, face à la montée des contestations de la science, sans se substituer aux politiques, mais en faisant entendre la spécificité de leur démarche ?

Le scientifique et le politique poursuivent des finalités distinctes. Le scientifique cherche le vrai, au prix du doute et de la révision permanente ; le politique cherche le juste, c’est-à-dire ce qu’il est légitime de décider. Le premier, le scientifique, ne doit pas adapter sa recherche aux attentes du pouvoir, mais peut tenir compte du contexte pour évaluer le champ des possibles, à l’instar du groupe de travail 3 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), celui qui travaille sur les actions. Le second, le politique, peut – et devrait – s’appuyer sur l’état des connaissances. L’indépendance entre scientifique et politique est un principe fondateur des modernes, afin de garantir la liberté académique et d’éviter la distorsion de la science.

On pourra objecter que la période est à la défiance envers les scientifiques. Mais dans les crises récentes, la défiance actuelle ne vise pas tant la science que le système scientifique, perçu comme institutionnel et parfois instrumentalisé, avec des chercheurs assimilés à des relais du pouvoir. Pour restaurer la confiance, il est donc crucial que les scientifiques puissent s’adresser directement aux citoyens, en dehors d’une parole strictement institutionnelle, et assumer des démarches d’incarnation et de proximité, dans la mesure du raisonnable. À l’inverse, on observe aux États-Unis une mise à l’écart plus brutale, où le pouvoir nie la légitimité scientifique et censure des champs de recherche. Face à ces deux risques – défiance sociale et pression politique –, la mission du scientifique est double : préserver une recherche indépendante et rappeler au politique que, s’il demeure seul décisionnaire, ses choix gagnent à être éclairés par la science.

Les modalités d’interaction entre science et politique sont bien décrites par Roger A. Pielke qui, dans The Honest Broker[1], distingue quatre configurations. La première est celle du scientifique fournisseur de savoir, qui publie des résultats et laisse au politique le soin d’en tirer des conséquences. La deuxième correspond à la réponse à une commande, lorsque les académies ou les experts sont sollicités pour éclairer une décision précise. La troisième est celle de l’alerte collective, lorsque les scientifiques se mobilisent pour signaler une urgence, comme le GIEC sur le climat ou, en France, les chercheurs alertant sur Parcoursup face à l’évolution de la démographie universitaire. Enfin, la quatrième consiste à proposer des scénarios cohérents sans prescrire un choix unique, à l’image des travaux de RTE présentant différentes trajectoires énergétiques.

Dans le contexte actuel, marqué par une forte accélération des crises, une technicisation croissante des enjeux et une tendance à décider sur la base de faits divers ou d’émotions, le rôle central du scientifique est aussi celui de vigie. Il s’agit de rappeler les ordres de grandeur, de vérifier la cohérence des raisonnements et de dénoncer les récits infondés, qu’ils concernent la sécurité, la technologie ou le climat. L’exemple de la compensation carbone est révélateur : présenter comme décisifs des projets dont l’impact réel sur les émissions reste marginal, tout en générant des gains financiers importants, relève d’une incohérence manifeste que le scientifique doit signaler. Le fait que ces solutions se réclament de la science et utilisent un haut niveau de technicité, rend la prise de parole du scientifique d’autant plus légitime, voire indispensable. Une entreprise qui réalise le centième, voire le millième de ce qu’elle a annoncé, dans un débat de société existentiel, ne doit recevoir aucune indulgence du fait qu’elle est très consommatrice de technologie ; au contraire, elle doit être évaluée avec plus d’exigence. Et cette fonction critique du scientifique ne vise pas à décider à la place du politique, mais à préserver un cadre rationnel du débat, à condition d’être portée par des voix identifiables.

Dans un débat public souvent structuré de manière manichéenne, la mission du scientifique ne consiste-t-elle pas aussi, parfois, à recomplexifier des enjeux simplifiés à l’extrême ?

Les formulations du type « pour ou contre l’action climatique » ou « pour ou contre la guerre » réduisent des systèmes complexes à des oppositions binaires dans l’espace public. Or la démarche scientifique repose sur la nuance et l’incertitude, qui sont difficilement compatibles avec des formats médiatiques qui privilégient les positions tranchées. L’idéal consiste à articuler une analyse rigoureuse et nuancée avec des messages suffisamment simples pour être audibles et mobilisateurs. L’histoire intellectuelle et politique montre que cette dialectique n’est pas nouvelle ; la pensée marxiste, par exemple, associait un corpus théorique d’une extrême densité, élaboré dans un cadre universitaire, à sa condensation en mots d’ordre clairs et opératoires, capables de circuler largement et de structurer l’action collective. Cette capacité à traduire une complexité analytique en formules simples, sans en nier totalement la profondeur, demeure une condition centrale de l’efficacité politique dans l’espace public contemporain.

Cette tension a été exploitée par les « fabriques du doute », analysées par Erik Conway et Naomi Oreskes dans Les marchands de doute[2], qui retournent la nuance scientifique contre l’action publique, et souvent s’en servent pour piéger les scientifiques eux-mêmes. L’histoire du GIEC en témoigne : comme le montre Nathaniel Rich dans Perdre la Terre[3], les premiers rapports ont longtemps été entravés par des débats sur le choix des mots – « certain », « probable », « possible » – dont le sens diffère entre science et espace public, retardant la formulation d’un message politiquement efficace.

Voici une anecdote historique frappante. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le grand physicien italien Enrico Fermi, qui passait pour le meilleur expérimentateur nucléaire en dehors des Allemands et de Frédéric Joliot-Curie resté en France, refusait de mener les expériences sur la fission de l’uranium. Leo Szilard, Israel Rabi et les autres brillants théoriciens du projet Manhattan le pressaient d’essayer, mais lui ne croyait pas à la réaction en chaîne de l’uranium. Pressé, il dit qu’il n’y avait que 10 % de chances que cela se produise. Les collègues se récrièrent : 10% de chances, pour un phénomène aussi grave que la possibilité d’une arme absolue, évidemment c’est beaucoup ! En théorie de la décision, il faut pondérer la probabilité scientifique par les conséquences potentielles. E. Fermi fit les expériences avec L. Szilard – la première réaction en chaîne contrôlée. On connaît la suite.

L’histoire de la bombe abonde en leçons toujours d’actualité sur la gestion anticipée, au croisement de la science, de la politique et de la responsabilité collective. Y compris bien sûr dans ses conséquences non désirées, et L. Szilard devint un ardent pacifiste, animateur des conférences Pugwash pour le désarmement, de la Doomsday Clock – l’horloge de l’apocalypse, mesurant le temps que les physiciens nucléaires évaluent avant la guerre atomique, incidemment aujourd’hui elle est plus proche de minuit que jamais depuis sa création.

Finalement, face à un phénomène grave qui peut affecter toute la société, il est important d’écouter et de susciter des recherches qui permettent de mieux l’appréhender, et d’adopter des mesures proportionnées. Cela semble du bon sens, non ? C’est exactement ce que dit le principe de précaution, tellement décrié par quantité de gens qui ne l’ont jamais lu, dans le bloc constitutionnel français. Et encore, ce principe n’est inscrit que pour les dommages à l’environnement, il mériterait de s’appliquer à tous les sujets graves. Non comme un principe d’inaction, mais comme un cadre rationnel pour décider dans l’incertitude lorsque l’impact potentiel impose d’agir.

Propos recueillis par Léa Samara, Julia Tasse et Marc Verzeroli, le 8 janvier 2026.


[1] NDLR : Roger A. Pielke Jr., The Honest Broker. Making Sense of Science in Policy and Politics (New York : Cambridge University Press, 2007)

[2] NDLR : Erik Conway et Naomi Oreskes, Les marchands de doute (Paris : Presses universitaires de France, 2021).

[3] NDLR : Nathaniel Rich, Perdre la Terre. Une histoire de notre temps (Paris : Points, 2020).

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20.04.2026 à 17:22

L’Afrique à l’épreuve de la guerre au Moyen-Orient

stagiaire-comm@iris-france.org

Le conflit au Moyen-Orient a déstabilisé les équilibres géopolitiques, économiques et énergétiques à l’échelle mondiale, et le continent africain, loin d’être épargné, n’échappe pas aux répercussions de cette guerre. Les frappes israélo-américaines et la riposte iranienne sont venues mettre en exergue la diversité des positionnements diplomatiques dans la région, alors que de nombreux États entretiennent des relations avec à la fois Washington et Téhéran. Parallèlement, ce conflit révèle la vulnérabilité des économies africaines vis-à-vis de la région. Comment ces dernières ont-elles été impactées par le conflit ?  L’instabilité actuelle au Moyen-Orient pourrait-elle offrir une opportunité stratégique aux États africains exportateurs de pétrole et de gaz, leur permettant de renforcer leur influence dans le secteur énergétique ?Le point avec Francis Laloupo, chercheur associé à l’IRIS. Comment les États africains se positionnent-ils face au conflit au Moyen-Orient ? Dès le début du conflit, l’Union africaine (UA), en appelant à un cessez-le-feu immédiat, a tenu à rappeler son attachement au droit international. Considérant qu’une escalade au Proche-Orient risquerait d’aggraver l’instabilité mondiale, le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf, a relayé les préoccupations de bon nombre de pays africains, en alertant sur les conséquences de cette guerre, notamment pour les marchés énergétiques, la sécurité alimentaire et la résilience économique. Une fois encore, à l’aune de cette actualité, l’UA a tenu à affirmer son attachement au respect du droit international et aux vertus du multilatéralisme.Sur le plan national et régional, plusieurs dirigeants ont très tôt souligné les prévisibles impacts économiques de ce conflit sur le continent. Alors que l’UA insiste sur le fait que le conflit au Moyen-Orient « présente un risque grave » pour l’Afrique, l’accent est régulièrement mis sur la portée politique de l’événement. À cet égard, et, au-delà des grands principes énoncés par l’UA, les positions nationales sont davantage diversifiées. […]

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Texte intégral (1649 mots)

Comment les États africains se positionnent-ils face au conflit au Moyen-Orient ?

Dès le début du conflit, l’Union africaine (UA), en appelant à un cessez-le-feu immédiat, a tenu à rappeler son attachement au droit international. Considérant qu’une escalade au Proche-Orient risquerait d’aggraver l’instabilité mondiale, le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf, a relayé les préoccupations de bon nombre de pays africains, en alertant sur les conséquences de cette guerre, notamment pour les marchés énergétiques, la sécurité alimentaire et la résilience économique. Une fois encore, à l’aune de cette actualité, l’UA a tenu à affirmer son attachement au respect du droit international et aux vertus du multilatéralisme.
Sur le plan national et régional, plusieurs dirigeants ont très tôt souligné les prévisibles impacts économiques de ce conflit sur le continent. Alors que l’UA insiste sur le fait que le conflit au Moyen-Orient « présente un risque grave » pour l’Afrique, l’accent est régulièrement mis sur la portée politique de l’événement. À cet égard, et, au-delà des grands principes énoncés par l’UA, les positions nationales sont davantage diversifiées. Si certains pays, tels que le Sénégal et l’Afrique du Sud ont condamné sans nuance l’offensive israélo-américaine en s’inquiétant des atteintes au droit international, d’autres, tels que le Maroc ou le Tchad, ont surtout déploré les attaques visant le Qatar, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Koweït et l’Arabie saoudite. Par ailleurs, quelques États ont fait le choix d’une position d’équilibre, en condamnant à la fois une guerre jugée illégitime déclenchée par les États-Unis et Israël, tout en dénonçant le ciblage des pays du Golfe par l’Iran. On aura aussi noté la discrétion observée par les dirigeants des régimes militaires du Sahel, confrontés à une épineuse équation diplomatique. En tant qu’alliés de la Russie et soutiens résolus de cette dernière dans sa guerre illégale contre l’Ukraine, difficile pour eux de joindre leurs voix à celles qui dénoncent les violations du droit international au Moyen-Orient. À cet embarras diplomatique s’ajoute la double et délicate gestion de leur partenariat sécuritaire et économique avec Téhéran, et la récente réactivation de leur coopération avec les États-Unis.

Ce conflit au Moyen-Orient a-t-il changé le regard des États africains sur les États-Unis de Trump ?

Le conflit impactera forcément les relations entre les États-Unis et un certain nombre de pays africains, même si les dirigeants font montre d’une prudence manifeste à l’égard de l’administration Trump. Si la plupart d’entre eux espèrent que cette guerre ne bouleversera pas, en profondeur, les protocoles de coopération en cours avec les États-Unis, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne contribue pas à renforcer la confiance envers le dirigeant américain. Dans les cercles dirigeants au Sénégal, en Afrique du Sud ou au Nigeria, on souligne l’imprévisibilité de Donald Trump, et sa propension à privilégier la loi de la force sur la primauté du droit et des normes internationales. Sur un continent encore marqué par la mémoire du colonialisme, les principes tels que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et celui de la souveraineté territoriale constituent des valeurs cardinales, et fortement partagées. Le conflit en Iran donne un relief particulier aux rapports hostiles engagés par Donald Trump, depuis son retour à la Maison-Blanche, à l’égard de l’Afrique du Sud, ou son inconséquente ingérence dans la politique sécuritaire du Nigeria. La reformulation, souhaitée par Donald Trump, des coopérations avec l’Afrique, sera certainement impactée par le conflit en Iran. Compte tenu de leurs facteurs de vulnérabilité, les pays africains abordent diversement une nouvelle séquence de leurs relations avec les États-Unis : entre pragmatisme, méfiance et prudence. 

Comment la guerre en Iran impacte-t-elle les économies africaines et l’acheminement des ressources énergétiques ?

Les premières alertes formulées par les États ont été confirmées par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) qui, dans un rapport d’urgence, a mis en garde contre un choc commercial susceptible d’impacter le coût de la vie et les budgets des États. Les diverses réactions traduisent une réalité : celle des partenariats qui se sont développés au cours des dernières années entre les pays africains et ceux du Proche et du Moyen-Orient. Il faut noter que le Moyen-Orient représente 15,8 % des importations, et 10,9 % des exportations du continent. Le conflit en cours porte un rude coup aux activités, transactions et opportunités qui se sont développées au cours des vingt dernières années, à travers des entreprises privées et individuelles, entre l’Afrique et les pays du Golfe. Dès la première semaine du conflit déclenché le 28 février 2026, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a alerté l’opinion sur les conséquences pour les flux pétroliers et gaziers mondiaux. Parmi ces conséquences redoutées, une potentielle flambée des prix sur l’énergie en l’Afrique de l’Ouest, une région déjà affectée par l’inflation et le recul de la croissance. Également soulignées par l’UA, les menaces sur la sécurité alimentaire. L’économie de la plupart des pays étant dépendante des importations de pétrole, les difficultés liées à l’acheminement de ces produits produisent déjà leurs effets sur les économies nationales, et singulièrement en Afrique australe. Ailleurs, on peut observer les hausses des prix des denrées alimentaires, et aussi des engrais dont la production est tributaire des importations de gaz liquéfié. Fait inédit le 7 avril dernier, à Madagascar, un état d’urgence énergétique a été décrété. Une mesure prise par le gouvernement malgache pour faire face aux pénuries généralisées dans ce pays économiquement fragile, et particulièrement exposé au choc pétrolier provoqué par le conflit au Moyen-Orient. Les experts du PNUD estiment que si le conflit dure plus de six mois, il faudrait s’attendre, en moyenne sur le continent, à une perte de croissance de 0,2 point de pourcentage sur le PIB de l’Afrique en 2026.

Dans quelle mesure le conflit au Moyen-Orient pourrait-il profiter au secteur énergétique de certains États africains qui pourraient être vus comme pôle de stabilité en comparaison des pays impactés par la guerre ?

En principe, et par effet de substitution, certains pays africains exportateurs de pétrole et de gaz pourraient tirer profit de la situation d’instabilité au Moyen-Orient. Il s’agit des grands pays exportateurs, tels que le Nigeria, premier producteur africain de pétrole, et l’Algérie, premier producteur de gaz et quatrième de pétrole sur le contient. Dans une moindre mesure, l’Angola, le Congo, le Tchad, la Libye, le Soudan du Sud ou le Gabon pourraient également bénéficier de circuits d’opportunités, eu égard à l’envolée des prix du brut. Toutefois, il faut nuancer cette éventualité, car tous ces pays ne disposent pas des mêmes capacités d’exploitation. L’Algérie, autosuffisante sur le plan énergétique, dispose d’une capacité conséquente d’exportation, et le Nigeria, grand exportateur, héberge aujourd’hui la plus grande raffinerie d’Afrique. Hormis ces deux exemples, les autres pays producteurs sont confrontés à de multiples facteurs de fragilité : dépendance à l’égard des importations d’essence raffinée, pénuries, hausse des prix, déficit de fourniture d’électricité, recours aux subventionnements… Sans compter la baisse naturelle des réserves de pétrole et de gaz dans certains pays qui se trouvent pratiquement confrontés aux mêmes difficultés budgétaires que les pays non pétroliers. Autant de facteurs qui nous amènent à relativiser les capacités des producteurs africains de pétrole à bénéficier pleinement de l’envolée des cours, et de leur statut de recours, en termes de fourniture. Autrement dit, l’arbre des opportunités ne parvient pas à cacher la forêt des vulnérabilités structurelles.

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20.04.2026 à 12:11

Gaza invisibilisée

stagiairedecomm@iris-france.org

Alors que l’attention internationale se focalise sur le cessez-le-feu fragile entre l’Iran et les États-Unis, ou sur les tensions au Liban, la situation à Gaza reste catastrophique et pourtant invisibilisée. Tous les otages israéliens ont été libérés, mais rien n’est résolu. 1,5 million de Gazaouis font face à une crise nutritionnelle majeure. L’UNICEF et les organismes onusiens ne peuvent plus intervenir. Pas d’accès à l’eau, à la nourriture, aux soins, à l’éducation. Des enfants qui vivent depuis deux ans et demi sous les bombardements et le bruit des drones. En Cisjordanie, les violences de l’armée israélienne se multiplient impunément. Des Palestiniens sont tués, blessés, leurs biens détruits, et la peur est omniprésente. De même, dans les prisons israéliennes, les tortures continuent, comme en témoigne le cas de Marwan Barghouti, figure palestinienne emblématique, dont la vie est aujourd’hui menacée. Pendant ce temps, Israël avance sans annexion officielle, mais en grignotant chaque jour un peu plus de territoire. Ainsi la question se pose : la solution à deux États est-elle encore possible ? Ou assistons-nous, dans l’indifférence générale, à la disparition de toute perspective de paix ?

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Alors que l’attention internationale se focalise sur le cessez-le-feu fragile entre l’Iran et les États-Unis, ou sur les tensions au Liban, la situation à Gaza reste catastrophique et pourtant invisibilisée.

Tous les otages israéliens ont été libérés, mais rien n’est résolu. 1,5 million de Gazaouis font face à une crise nutritionnelle majeure. L’UNICEF et les organismes onusiens ne peuvent plus intervenir. Pas d’accès à l’eau, à la nourriture, aux soins, à l’éducation. Des enfants qui vivent depuis deux ans et demi sous les bombardements et le bruit des drones.

En Cisjordanie, les violences de l’armée israélienne se multiplient impunément. Des Palestiniens sont tués, blessés, leurs biens détruits, et la peur est omniprésente. De même, dans les prisons israéliennes, les tortures continuent, comme en témoigne le cas de Marwan Barghouti, figure palestinienne emblématique, dont la vie est aujourd’hui menacée.

Pendant ce temps, Israël avance sans annexion officielle, mais en grignotant chaque jour un peu plus de territoire. Ainsi la question se pose : la solution à deux États est-elle encore possible ? Ou assistons-nous, dans l’indifférence générale, à la disparition de toute perspective de paix ?

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