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INSTITUT DE RELATIONS INTERNATIONALES ET STRATÉGIQUES
Think tank français spécialisé sur les questions géopolitiques et stratégiques

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25.02.2026 à 19:14

La vision du Népal sur l’Indo-Pacifique : un paysage stratégique en mutation

Coline Laroche              

Cette note est publiée en partenariat avec The Nepal Institute for International Cooperation and Engagement (NIICE) et est disponible dans sa version anglaise sur Khabarhub. L’Indo-Pacifique est devenue la région la plus dynamique et la plus disputée du XXIe siècle. Englobant 60 % de la population mondiale et contribuant à plus de 65 % du PIB mondial, c’est un foyer d’innovation, de commerce et de connectivité. S’étendant de la côte orientale de l’Afrique aux rivages occidentaux des États-Unis, l’Indo-Pacifique relie les océans Indien et Pacifique, deux artères du commerce mondial et de la sécurité internationale. Plus de la moitié du commerce maritime mondial, notamment le pétrole, le gaz et les matières premières, transite par ces eaux, ce qui en fait le cœur stratégique de la géopolitique mondiale. Pour le Népal, bien qu’enclavé, l’Indo-Pacifique n’est pas une réalité lointaine. C’est une réalité interconnectée qui influence l’économie, la diplomatie et la sécurité du pays d’une manière souvent sous-estimée. Alors que de nouvelles rivalités entre grandes puissances se déploient dans la région, notamment entre les États-Unis et la Chine, et que des cadres comme le QUAD et l’AUKUS redéfinissent l’ordre régional, le Népal a besoin d’une vision claire et prospective de l’Indo-Pacifique, ancrée dans ses intérêts nationaux, ses valeurs démocratiques et ses aspirations en matière de développement.

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L’Indo-Pacifique est devenue la région la plus dynamique et la plus disputée du XXIe siècle.

Englobant 60 % de la population mondiale et contribuant à plus de 65 % du PIB mondial, c’est un foyer d’innovation, de commerce et de connectivité. S’étendant de la côte orientale de l’Afrique aux rivages occidentaux des États-Unis, l’Indo-Pacifique relie les océans Indien et Pacifique, deux artères du commerce mondial et de la sécurité internationale. Plus de la moitié du commerce maritime mondial, notamment le pétrole, le gaz et les matières premières, transite par ces eaux, ce qui en fait le cœur stratégique de la géopolitique mondiale.

Pour le Népal, bien qu’enclavé, l’Indo-Pacifique n’est pas une réalité lointaine. C’est une réalité interconnectée qui influence l’économie, la diplomatie et la sécurité du pays d’une manière souvent sous-estimée. Alors que de nouvelles rivalités entre grandes puissances se déploient dans la région, notamment entre les États-Unis et la Chine, et que des cadres comme le QUAD et l’AUKUS redéfinissent l’ordre régional, le Népal a besoin d’une vision claire et prospective de l’Indo-Pacifique, ancrée dans ses intérêts nationaux, ses valeurs démocratiques et ses aspirations en matière de développement.

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25.02.2026 à 18:46

Géopolitique : le choix de l’indépendance. Avec François Ruffin

Déborah Yapi

Pascal Boniface · Géopolitique : le choix de l’indépendance. Avec François Ruffin | Entretiens géopo La politique internationale revient au premier plan du débat public français et occupera une place centrale dans les programmes présidentiels à venir. Face aux reconfigurations géopolitiques majeures engendrées par le second mandat de Donald Trump, parmi lesquelles une remise en cause du système international et de la relation transatlantique, la France et l’Union européenne ne peuvent aujourd’hui plus compter sur leur allié historique. Par ailleurs, les dépendances stratégiques auxquelles elles sont soumises ainsi que les accusations de doubles standards à son encontre viennent éroder leurs influences sur la scène internationale. Si la France souhaite conserver sa souveraineté stratégique, l’heure est donc à l’indépendance géopolitique pour la France et l’Union européenne, tant sur le plan politique à travers la diversification de ses partenaires que sur le plan industriel en relocalisant les industries jugées stratégiques pour le pays.Quelle posture la France doit-elle adopter sur la scène internationale ? Peut-elle réellement retrouver une marge d’autonomie stratégique sans soutien états-unien ? La France doit-elle négocier avec la Chine ? Comment renouer avec les pays du Sud ?Dans ce podcast, je reçois François Ruffin, candidat à l’élection présidentielle.

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La politique internationale revient au premier plan du débat public français et occupera une place centrale dans les programmes présidentiels à venir. Face aux reconfigurations géopolitiques majeures engendrées par le second mandat de Donald Trump, parmi lesquelles une remise en cause du système international et de la relation transatlantique, la France et l’Union européenne ne peuvent aujourd’hui plus compter sur leur allié historique. Par ailleurs, les dépendances stratégiques auxquelles elles sont soumises ainsi que les accusations de doubles standards à son encontre viennent éroder leurs influences sur la scène internationale. Si la France souhaite conserver sa souveraineté stratégique, l’heure est donc à l’indépendance géopolitique pour la France et l’Union européenne, tant sur le plan politique à travers la diversification de ses partenaires que sur le plan industriel en relocalisant les industries jugées stratégiques pour le pays.
Quelle posture la France doit-elle adopter sur la scène internationale ? Peut-elle réellement retrouver une marge d’autonomie stratégique sans soutien états-unien ? La France doit-elle négocier avec la Chine ? Comment renouer avec les pays du Sud ?
Dans ce podcast, je reçois François Ruffin, candidat à l’élection présidentielle.

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25.02.2026 à 17:54

Iran : la bombe hydrique

Coline Laroche              

Vue de loin, en tout cas d’ici, en Europe et en France, parler de l’Iran, c’est mettre l’accent sur les Mollahs, les centrifugeuses, les missiles et les milices. À en oublier parfois les massacres de population, terribles ces dernières semaines, mais qui sont hélas récurrents dans ce régime autoritaire hyper-répressif. La République islamique vient de célébrer son 47e anniversaire et nous commentons, en raison des parades militaires à Téhéran et de l’armada états-unienne qui s’avoisine, les déclarations de l’Ayatollah Ali Khamenei et du président Donald Trump. Le premier aura bientôt 87 ans ; le second 80 ans. De nombreux analystes redoutent le pire, notamment une escalade non souhaitée qui mécaniquement engendrerait une guerre ou des frappes ciblées de grande ampleur, bien plus périlleuses pour la région que celles déjà effectuées sur l’Iran par les bombardiers américains l’an dernier. D’autres mettent en avant le jeu économique qui se trame en coulisses dans les négociations actuelles entre ces deux pays. La République islamique d’Iran se dit prête à discuter de son programme nucléaire, comme l’exige la Maison-Blanche, à condition d’une levée des sanctions commerciales qui pèsent sur le pays depuis des années. Le pays veut se réinsérer sur la scène internationale en raison d’un besoin de développement économique considérable. Les États-Unis savent aussi que ce marché de près de 100 millions d’habitants n’est pas insignifiant en perspective. Le business n’est jamais oublié dans leur action diplomatique, règle d’or que galvanise le transactionnalisme de l’administration Trump. Pourtant, la bombe la plus dangereuse qui menace l’Iran n’est peut-être ni atomique ni balistique. Elle est hydrique. Et elle est déjà amorcée. Depuis des années, ce pays glisse vers une pénurie structurelle d’eau. Plus de 70 % de ses principaux aquifères sont surexploités. Les nappes phréatiques s’effondrent et les réservoirs atteignent des seuils critiques. Les ressources en […]

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Texte intégral (1185 mots)

Vue de loin, en tout cas d’ici, en Europe et en France, parler de l’Iran, c’est mettre l’accent sur les Mollahs, les centrifugeuses, les missiles et les milices. À en oublier parfois les massacres de population, terribles ces dernières semaines, mais qui sont hélas récurrents dans ce régime autoritaire hyper-répressif. La République islamique vient de célébrer son 47e anniversaire et nous commentons, en raison des parades militaires à Téhéran et de l’armada états-unienne qui s’avoisine, les déclarations de l’Ayatollah Ali Khamenei et du président Donald Trump. Le premier aura bientôt 87 ans ; le second 80 ans. De nombreux analystes redoutent le pire, notamment une escalade non souhaitée qui mécaniquement engendrerait une guerre ou des frappes ciblées de grande ampleur, bien plus périlleuses pour la région que celles déjà effectuées sur l’Iran par les bombardiers américains l’an dernier. D’autres mettent en avant le jeu économique qui se trame en coulisses dans les négociations actuelles entre ces deux pays. La République islamique d’Iran se dit prête à discuter de son programme nucléaire, comme l’exige la Maison-Blanche, à condition d’une levée des sanctions commerciales qui pèsent sur le pays depuis des années. Le pays veut se réinsérer sur la scène internationale en raison d’un besoin de développement économique considérable. Les États-Unis savent aussi que ce marché de près de 100 millions d’habitants n’est pas insignifiant en perspective. Le business n’est jamais oublié dans leur action diplomatique, règle d’or que galvanise le transactionnalisme de l’administration Trump.

Pourtant, la bombe la plus dangereuse qui menace l’Iran n’est peut-être ni atomique ni balistique. Elle est hydrique. Et elle est déjà amorcée. Depuis des années, ce pays glisse vers une pénurie structurelle d’eau. Plus de 70 % de ses principaux aquifères sont surexploités. Les nappes phréatiques s’effondrent et les réservoirs atteignent des seuils critiques. Les ressources en eau renouvelables ont chuté d’un tiers en deux décennies. Certaines régions approchent le seuil de pénurie absolue. Dans plusieurs provinces, les sécheresses répétées ne sont plus des accidents climatiques, mais des réalités cruelles, générant des tensions entre usagers, notamment agricoles. 2025 a probablement été l’année la plus sèche depuis le début du siècle. L’Iran a longtemps fait de l’autosuffisance alimentaire un impératif, avec d’ailleurs un ministère de l’Agriculture qui est celui dit du Djihad (« combat ») agricole. Les sanctions internationales ont renforcé cette doctrine : produire chez soi pour ne pas dépendre de l’extérieur.

Blé, riz, betterave à sucre : des cultures exigeantes en eau ont été encouragées dans des territoires arides. L’eau a été massivement subventionnée. L’énergie bon marché a favorisé le pompage intensif. Des centaines de milliers de puits ont été creusés, souvent sans contrôle rigoureux. Le résultat est implacable : l’extraction dépasse largement la capacité de régénération naturelle, des sols s’affaissent et les systèmes traditionnels d’irrigation, comme les qanats, se dégradent. En voulant sécuriser son alimentation, l’Iran a fragilisé sa ressource vitale. Cette contradiction est au cœur d’un dilemme stratégique cependant spécifique : comment concilier sécurité alimentaire, stabilité sociale et durabilité environnementale dans un pays soumis à des sanctions commerciales internationales, à une pression démographique urbaine et à un climat de plus en plus instable ? Dit autrement, les Iraniens sont enfermés : par l’idéologie du régime d’un côté ; par la géographie sous contraintes de l’autre.

Cette insécurité hydrique n’est pas un problème uniquement environnemental. Il s’agit d’un enjeu de stabilité nationale. La crise de l’eau se voit et se ressent. Dans plusieurs provinces, des manifestations ont éclaté sous le slogan « Nous avons soif ». Des agriculteurs voient leurs vergers mourir, leurs troupeaux décliner. Des populations rurales migrent vers des villes déjà saturées, accentuant le chômage et les tensions sociales. Les transferts d’eau interprovinciaux, destinés à alimenter des centres industriels ou des métropoles comme Téhéran, sont perçus comme des injustices territoriales. Et dans la capitale même, le stress hydrique et l’accès à l’eau potable sont devenus des sujets critiques ces derniers mois, à mettre en écho à cette inflation considérable des produits alimentaires, plus de 70 % en 2025… Il faut avoir ces éléments à l’esprit pour comprendre pourquoi des Iraniens descendent aussi dans la rue exprimer leur colère.

L’Iran a appris à vivre sous la menace d’une frappe militaire et a développé une stratégie de dissuasion. Mais face à la dégradation progressive de ses ressources en eau, aucune dissuasion n’est possible. La bombe atomique relève du calcul stratégique. La bombe hydrique relève de la réalité physique. L’eau conditionne la trajectoire d’un pays. Dans le cas iranien, elle est le facteur silencieux qui redessine, en profondeur, l’équilibre intérieur et la posture extérieure. Cette bombe hydrique n’explose pas en un instant. Elle se diffuse lentement, depuis des années, fragilise les territoires iraniens et érode les bases minimums de la sécurité humaine, dans un pays où tout est déjà compliqué, codé et conditionné. La crise déborde des frontières iraniennes, l’eau étant un facteur de divisions et de compétitions dans un Moyen-Orient qui en manque cruellement.

Un pays confronté à une pénurie structurelle d’eau est un pays dont la marge de manœuvre intérieure se réduit. Un pays dont les zones rurales se désertifient est un pays dont la stabilité sociale devient plus précaire. Que se passera-t-il si les pénuries s’aggravent ? Si les migrations internes s’accélèrent ? Si la production agricole chute durablement ? Si la dépendance aux importations alimentaires augmente dans un contexte où l’Iran ne serait pas réinsérée sur la scène géoéconomique internationale ? Quoique fasse Donald Trump, quoiqu’il advienne ces prochaines semaines, pour le régime des Mollahs comme pour la région entière, la rareté de l’eau constituera un invariant géopolitique majeur. Ne pas regarder cette problématique, c’est s’extirper du temps long et du stratégique. La sécurité alimentaire et hydrique fait partie intégrante de la sécurité tout court. Cela vaut pour l’Iran, comme pour le reste du monde. En Europe, nous aurions tort de sous-estimer cette équation.

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