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16.04.2026 à 06:00

Projet de loi « Yadan », l'antisémitisme instrumentalisé

Sarra Grira, Tsedek !

Horizons XXI n°6 — Projet de loi #Yadan L'antisémitisme instrumentalisé Pour ce nouvel épisode de l'émission Horizons XXI, Orient XXI reçoit Nicolas et Maïa, deux membres du collectif Tsedek !, la veille de l'examen de la loi sur les « formes renouvelées de l'antisémitisme » portée par la députée Caroline Yadan pour discuter de ses dangers sur la liberté d'expression et les collectifs militants, au nom de l'instrumentalisation de la lutte contre l'antisémitisme. Dans la (…)

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Horizons XXI n°6 — Projet de loi #Yadan L'antisémitisme instrumentalisé

Pour ce nouvel épisode de l'émission Horizons XXI, Orient XXI reçoit Nicolas et Maïa, deux membres du collectif Tsedek !, la veille de l'examen de la loi sur les « formes renouvelées de l'antisémitisme » portée par la députée Caroline Yadan pour discuter de ses dangers sur la liberté d'expression et les collectifs militants, au nom de l'instrumentalisation de la lutte contre l'antisémitisme.

Dans la deuxième partie de l'émission, il est question de l'ouvrage Lutter en rupture, Lutter en solidarité qu'a sorti Tsedek ! au mois de février 2026 aux éditions Premier matin de novembre. Entre essai et manifeste, le collectif y revient sur sa généalogie, définit son engagement et se projette dans un programme de lutte.

15.04.2026 à 06:00

Chimère israélienne, cauchemar libanais

Henri Mamarbachi

Ciblé une fois de plus par Israël dans une guerre régionale, le Liban traverse une crise qui menace sa survie en tant qu'État. Celle-ci dépasse en dangerosité les périodes de guerre et de troubles qui ont ponctué son histoire. Tel est le contexte dans lequel est entrepris, le 14 avril, un contact direct préliminaire au niveau des ambassadeurs des deux pays, sous l'égide de Washington. « Le Liban se trouve à la croisée des chemins, peut-être de façon plus dangereuse qu'à d'autres moments (…)

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Ciblé une fois de plus par Israël dans une guerre régionale, le Liban traverse une crise qui menace sa survie en tant qu'État. Celle-ci dépasse en dangerosité les périodes de guerre et de troubles qui ont ponctué son histoire. Tel est le contexte dans lequel est entrepris, le 14 avril, un contact direct préliminaire au niveau des ambassadeurs des deux pays, sous l'égide de Washington.

« Le Liban se trouve à la croisée des chemins, peut-être de façon plus dangereuse qu'à d'autres moments de sa dramatique histoire », explique à Orient XXI Joseph Bahout, professeur de sciences politiques et directeur de l'Institut Issam Farès pour la politique publique et les affaires internationales (IFI) à l'université américaine de Beyrouth (AUB). « Les Libanais éprouvent une angoisse profonde, poursuit-il. Les événements prennent une ampleur quasi cataclysmique : déplacements massifs et durables de populations, transformations sociales à venir, polarisation politique croissante, avec de grands risques de conflits internes, mettant en jeu l'avenir même du Liban. »

« Nous sommes désormais dans la m… », reconnaît crûment une personnalité proche du gouvernement sous couvert d'anonymat, ajoutant que l'exécutif ne se réunit plus que pour parer au plus urgent, notamment sur le plan humanitaire et des secours. « Le pays est fichu », renchérit Antoine Andraos, homme politique proche de l'ancien Premier ministre assassiné Rafic Hariri, excipant des divisions intercommunautaires et de l'impossible neutralité de son pays dans un environnement régional volcanique.

Côté israélien, l'heure est à l'épreuve de force. L'armée israélienne n'accepte plus les « demi-mesures » ni les « anciennes équations » au Liban, affirme sa porte-parole arabophone Ella Waweya. Elle estime que l'État libanais a « échoué dans ses missions, en ne désarmant pas le Hezbollah et en n'empêchant pas l'implantation iranienne ». « Aujourd'hui, nous frappons la tête de la pieuvre en Iran et coupons ses tentacules au Liban », a-t-elle asséné sur X, insistant sur le fait qu'Israël faisait « face à une occasion historique pour façonner une nouvelle réalité sécuritaire, de Téhéran à Beyrouth ».

« Des attaques barbares »

« Le Liban m'apparaît de plus en plus comme un mythe plutôt qu'une réalité », constate avec amertume Grégoire Giraco, un Libanais ayant connu les multiples conflits de son pays depuis les années 1940. Et Israël n'en est-il pas un aussi, fondé sur une lecture de la Bible ? serait-on tenté de rétorquer.

Si le front libanais s'inscrit dans le cadre de la campagne israélo-américaine contre l'Iran, il conserve ses propres autonomie et logique. Le cabinet du Premier ministre israélien a répété que la trêve de deux semaines conclue le mardi 7 avril 2026 entre Washington et Téhéran ne concernait pas les opérations de l'armée israélienne au Liban. Sitôt le cessez-le-feu annoncé, celle-ci, avec l'aval du président américain Donald Trump, a tapissé de bombes tout le pays en une dizaine de minutes, faisant 357 morts et 1 223 blessés, selon le dernier bilan du ministère libanais de la santé, soit son attaque la plus violente depuis le début de ce dernier conflit. Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé « des attaques barbares ».

Avant cette guerre, une forme de stabilisation économique se dessinait au Liban malgré la poursuite des raids israéliens. En plus du président de la République, Joseph Aoun, adoubé par Washington, Nawaf Salam, ex-président de la Cour internationale de justice (CIJ), était depuis janvier 2025 à la tête d'une équipe gouvernementale plus cohérente, qui menait non sans mal un train de réforme. Des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) étaient en cours pour sortir le pays de l'ornière. Des élections législatives étaient prévues en mai. Elles sont désormais reportées de deux ans au moins sous la pression des États-Unis et de la nouvelle guerre.

Le Sud-Liban vidé de ses habitants

De par son ampleur et ses conséquences, l'offensive d'Israël diffère de celle menée par son armée lors de l'invasion du Liban en 1982 – époque où le Hezbollah chiite pro-iranien n'existait pas – pour chasser les Palestiniens du territoire libanais. L'occupation avait alors duré deux décennies jusqu'en 2000.

Cette fois, c'est la quasi-totalité du Sud-Liban et de la banlieue sud de Beyrouth, devenue au fil des années et des conflits une place forte du Hezbollah mais où coexistent des populations d'origine différente, qui ont été vidées de la population à majorité chiite. Cela a provoqué l'exode d'un million deux cent mille habitants vers différentes zones de la capitale, bombardée à plusieurs reprises, ou des régions que Tel-Aviv n'a pas encore frappées.

Ces déplacements viennent s'ajouter à un paysage de ruines qui gagne de jour en jour du terrain. Alors que 35 villages avaient déjà été complètement détruits par l'armée israélienne, d'autres continuent à l'être aveuglément, avec des centaines d'habitations dynamitées, sous prétexte de venir à bout des combattants du Hezbollah. Sans oublier les victimes civiles, avec 2 089 tués, dont 165 enfants, et plus de 6 700 blessés. Les secouristes et le personnel médical paient également un lourd tribut, avec 87 tués, en plus de 22 journalistes.

Israël ne semble plus s'embarrasser du prétexte de bombarder le Hezbollah. La veille de Pâques, une double frappe israélienne contre un appartement dans le village majoritairement chrétien de Aïn Saadeh a tué un couple, dont l'homme était un responsable des Forces libanaises (FL), parti chrétien farouchement opposé au Hezbollah, provoquant la consternation dans la population locale. Erreur de cible ou tentative de semer le trouble au sein d'une communauté qui garde le souvenir de la guerre civile ? Quelques jours plus tard, le 10 avril, douze membres des forces de sécurité sont tués à Nabatieh.

En outre, pour séparer le Sud du reste du pays, l'armée israélienne a détruit sept ponts qui permettaient de traverser le fleuve Litani, « frontière » revendiquée par Tel-Aviv comme « la nouvelle ligne de démarcation sécuritaire » d'Israël, que ses dirigeants souhaitent voir établie depuis des décennies.

Aux yeux de l'envahisseur, une telle violence, sinon férocité, est justifiée par la volonté de protéger les localités israéliennes du Nord, au nom de la survie « existentielle » d'Israël.

Endurance du Hezbollah

La présence de troupes des Nations unies à la frontière libano-israélienne, chargées de superviser un cessez-le-feu non respecté par Israël depuis sa signature en novembre 2024, n'avait déjà plus de sens depuis cette date. Les Casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), à laquelle participe notamment la France, essuient régulièrement des tirs israéliens, trois soldats indonésiens ayant été tués à la fin mars.

Si l'offensive israélienne a fait son lot de tués au sein de la milice chiite et détruit une partie des infrastructures du Hezbollah, celui-ci a montré une incontestable capacité d'endurance. Malgré la guerre contre l'Iran, il a bénéficié de l'aide de Téhéran qui s'est impliqué politiquement et logistiquement pour conserver les capacités militaires de son allié, malgré l'assassinat par Israël de son chef Hassan Nasrallah et nombre d'autres dirigeants.

« Une guerre imposée »

Le Hezbollah a affirmé ne pas pouvoir rester inactif face aux « provocations » israéliennes. Après avoir respecté pendant un an et demi le cessez-le-feu établi en novembre 2024 sous l'égide française et américaine, mais violé quotidiennement par la partie adverse, il a réagi, une partie de sa base exigeant aussi de venger la mort de Nasrallah. Pourtant, le Premier ministre Nawaf Salam a déploré « une guerre qui [leur] a été imposée », le 27 mars 2026, dans une interview à la chaîne France 24, répétant que son pays « aurait certainement pu l'éviter » si le Hezbollah n'avait pas visé Israël avec des roquettes.

L'entrée en guerre du Hezbollah a amené l'exécutif libanais à déclarer « illégales » les activités militaires du Parti de Dieu, puis à exiger le départ de l'ambassadeur d'Iran à Beyrouth. Ce dernier a toutefois refusé d'obtempérer. Ces mesures ont alimenté la colère du Hezbollah qui compte deux ministres au gouvernement – dont ils ont boycotté certaines des séances –, accroissant les tensions entre les diverses communautés religieuses de ce pays morcelé.

Aujourd'hui, Israël cherche à faire triompher sa vision d'un Proche-Orient remodelé, profitant de l'affaiblissement du Liban et de la Syrie – en dépit de leurs deux dirigeants pro-occidentaux – et des accords de paix signés avec la Jordanie et l'Égypte.

Les pays « amis » du Liban, comme la France, les États de l'Union européenne ou les monarchies du Golfe, empêtrées elles-mêmes dans la guerre actuelle, n'ont plus les moyens d'influer sur le cours des choses pour sauver le pays du Cèdre. « Quelle force internationale (européenne, arabe ?) peut désormais espérer jouer un rôle quelconque ? », s'interrogeait récemment Pierre Duquesne, ancien ambassadeur, chargé de la coordination du soutien international au Liban (2020-2023), dans une tribune au Monde1. D'autant que le mandat de la Finul vient à échéance à la fin de cette année 2026 et ne sera pas renouvelé.

Dans un entretien accordé au média libanais Ici Beyrouth2, l'ancien commandant du secteur sud du Litani, le général Khalil Gemayel, a dressé un état de l'avancée israélienne au Sud-Liban, quelques kilomètres à l'intérieur du pays. Il commente : « Le scénario le moins probable impliquerait une extension sur une région de 15 kilomètres […] tandis que le scénario le plus improbable actuellement viserait la traversée du Litani », à une trentaine de kilomètres de la frontière. Pour le général, « les forces israéliennes devraient se contenter de la zone actuelle jusqu'à la fin des opérations en Iran, avant de décider de leurs prochaines actions. L'avancée reste lente, en raison des opérations intermittentes du Hezbollah, qui utilise des groupes équipés d'armes légères et moyennes pour freiner l'ennemi ».

Reste que le rêve des Israéliens n'a pas changé : l'occupation de tout le Sud-Liban, un cauchemar pour les Libanais.


1«  Pierre Duquesne, ancien ambassadeur : “L'assaut d'Israël compromet le redressement du Liban et y renforce ses ennemis”  », Le Monde, 29 mars 2026.

2Natasha Metni Torbey, «  Front sud : comment Israël progresse vers le fleuve du Litani  », Ici Beyrouth,27 mars 2026.

14.04.2026 à 06:00

Arabie saoudite. Main basse sur la boxe professionnelle

Antoine Hasday

La boxe anglaise connaît un nouvel « âge d'or » grâce aux investissements massifs de l'autorité saoudienne du divertissement, la General Entertainment Authority (GEA). Mais cette emprise de Riyad, désormais associée au propriétaire américain des ligues mondiales d'arts martiaux mixtes (MMA) et de catch, menace l'intégrité même du sport et de ses combattants. Le déclin de la boxe anglaise professionnelle a été enrayé, mais à quel prix ? Depuis les années 2000 et la fin de sa diffusion sur (…)

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Texte intégral (1913 mots)

La boxe anglaise connaît un nouvel « âge d'or » grâce aux investissements massifs de l'autorité saoudienne du divertissement, la General Entertainment Authority (GEA). Mais cette emprise de Riyad, désormais associée au propriétaire américain des ligues mondiales d'arts martiaux mixtes (MMA) et de catch, menace l'intégrité même du sport et de ses combattants.

Le déclin de la boxe anglaise professionnelle a été enrayé, mais à quel prix ? Depuis les années 2000 et la fin de sa diffusion sur la chaîne étatsunienne à péage HBO, l'économie du sport apparaissait morose. Selon l'essayiste spécialiste de la boxe Thomas Hauser, les chaînes de télévision anglaise DAZN, et étatsuniennes ESPN et Showtime avaient perdu des milliards d'euros en investissant dans le secteur, tandis que les promoteurs qui organisent et publicisent les combats étaient de moins en moins nombreux. C'est sur ce champ de ruines que Riyad est entré en scène.

La boxe professionnelle se différencie sur plusieurs points de son antichambre, la boxe amateur. Les boxeurs y sont rémunérés pour leurs combats, qui peuvent durer jusqu'à douze rounds de trois minutes (contre trois rounds en amateur) – un format taillé pour la diffusion télévisée. La puissance et l'efficacité sont privilégiées pour le comptage des points, plutôt que le nombre de touches. On y trouve aussi les combattants les plus charismatiques et les affrontements les plus spectaculaires.

Dans le cadre de sa Vision 2030, l'Arabie saoudite investit massivement dans le sport professionnel, à des fins d'image et de diversification de son économie. Présidée par l'homme d'affaires Turki Al-Sheikh, âgé de 44 ans, la General Entertainment Authority (GEA), qui pilote les grands projets du royaume en matière de divertissement, a injecté des montants considérables dans la boxe professionnelle depuis 2018. De multiples combats prestigieux ont été organisés dans le cadre de Riyadh Season, marque d'événements sportifs et culturels contrôlée par la GEA.

Gouffre financier

« En effectuant des investissements massifs et immédiats, l'Arabie saoudite est parvenue à organiser des combats que les promoteurs traditionnels n'arrivaient plus à financer, explique à Orient XXI un haut responsable de la boxe professionnelle française, qui préfère rester anonyme. Elle a réuni des acteurs rivaux en offrant un terrain neutre et des garanties financières inédites, avec à la clé des shows spectaculaires et une médiatisation mondiale. »

L'argent saoudien a donc permis d'organiser des affrontements prodigieux, bloqués de longue date par le manque de financements et des désaccords entre promoteurs. Le Britannique Tyson Fury et l'Ukrainien Oleksandr Usyk sont montés sur le ring en février et décembre 2024, pour le titre de champion du monde incontesté des poids lourds. Le Canado-Tchétchène Artur Beterbiev et le Russe Dmitri Bivol se sont affrontés en octobre 2024 puis en février 2025, pour la ceinture unifiée des poids mi-lourds. Une ceinture « majeure », décernée par l'une des quatre fédérations de boxe, correspond au titre de champion du monde. Celui qui décroche les quatre ceintures mondiales de sa catégorie est consacré champion « incontesté ».

« La domination [de Riyad sur la boxe mondiale] est réelle : les plus grands combats masculins des deux dernières années ont été organisés en Arabie saoudite, poursuit le responsable. Riyadh Season est devenue la plateforme dominante pour les combats à gros cachet : unifications de ceintures, combats d'élite… Mais ce leadership repose sur un modèle financier très coûteux. »

Ces combats sont en effet lourdement déficitaires, plombés par les coûts d'organisation, de promotion et la paie faramineuse des boxeurs. Usyk et Fury se sont ainsi partagé 127 millions d'euros lors de leur premier match, qui n'a généré que 79 millions d'euros de revenus. Qu'à cela ne tienne pour Riyad, qui a les poches profondes et cultive son image grâce aux diffusions sur DAZN, Netflix, Paramount+… et même la chaîne YouTube personnelle de Turki Al-Sheikh.

Velléités hégémoniques

La structure actuelle de la boxe professionnelle est complexe. Pour des raisons historiques, quatre fédérations internationales (WBC, WBA, IBF, WBO) organisent leurs propres championnats, établissent leurs propres classements, et attribuent leurs propres ceintures. Le Graal d'un boxeur professionnel consiste à remporter les championnats des différentes organisations – on parle alors d'« unification des ceintures » – afin de devenir « champion du monde incontesté » de sa catégorie. L'organisation et le marketing des combats sont assurés par des entreprises distinctes, les promoteurs : Matchroom Boxing, Top Rank Boxing, Premier Boxing Champions, Queensberry Promotions, etc.

Cela est remis en question par la création, en juin 2025, de Zuffa Boxing, à la fois promoteur et quasi-fédération, codétenu par le fonds souverain d'investissement saoudien PIF (via la société Sela) et l'américain TKO Holdings, propriétaire des principales organisations mondiales d'arts martiaux mixtes, le MMA, et de catch (UFC et WWE). Codirigé par Turki Al-Sheikh et Dana White, le très trumpiste patron de l'UFC, Zuffa revendique sa volonté de court-circuiter les quatre fédérations existantes, en attribuant ses propres ceintures et classements. Et de reproduire le modèle verrouillé de l'Ultimate Fighting Championship (UFC) ou de la World Wrestling Entertainment (WWE), où les athlètes ne peuvent combattre qu'au sein d'une seule organisation.

Le haut responsable de la boxe professionnelle française alerte : « Cela risque d'aboutir à un circuit fermé où seuls les boxeurs sous contrat avec Zuffa pourront participer : un contournement des fédérations historiques, avec des ceintures et classements internes ; la concentration du pouvoir entre les mains d'un seul promoteur, comme dans l'UFC ; et, enfin, un risque de conflits d'intérêts, car le promoteur contrôlerait à la fois les contrats, les classements, ainsi que les titres. »

De quoi menacer l'intégrité même du sport. Le premier « gros » match de Zuffa Boxing, opposant l'Américain Terence Crawford au Mexicain Canelo Álvarez pour le titre de champion du monde incontesté des poids super-moyens, s'est déroulé le 13 septembre 2025. Depuis, les combats s'enchaînent et Zuffa affirme avoir signé des contrats avec 93 boxeurs. Parallèlement, Turki-Al-Sheikh a racheté en novembre 2024 The Ring, magazine de boxe états-unien influent qui attribue aussi ses propres ceintures. Il l'a transformé en outil de communication et en promoteur de boxe, qui a déjà coorganisé dix combats.

Au détriment des boxeurs

Afin d'avoir les coudées franches, Dana White pousse le « Muhammad Ali1 American Boxing Revival Act », une réforme législative de l'« Ali Act » et du « Professional Boxer Health and Safety Act », qui encadrent la pratique de la boxe professionnelle aux États-Unis. Sous couvert de dynamiser le secteur, ce texte légaliserait les « organisations unifiées de boxe » (UBO) combinant les fonctions de promoteur et de fédération (comme Zuffa) et précariserait encore plus les combattants, selon les révélations de Thomas Hauser. Et ce, alors que la majorité d'entre eux souffrent de problèmes neurologiques en fin de carrière.

« Afin d'éviter les abus, l'“Ali Act” garantit la séparation entre promoteur et manager, la transparence financière, la protection contre les contrats exclusifs abusifs, et le classement des boxeurs selon des critères objectifs, rappelle le haut responsable de la boxe professionnelle française. Sa remise en cause risque d'affaiblir les protections juridiques et le pouvoir de négociation des sportifs. C'est donc une menace sérieuse pour les droits des boxeurs, en particulier les moins médiatisés. »

Voici la face cachée de la renaissance de la boxe professionnelle sous l'égide de Riyad. Si elle a permis aux fans d'assister à des affrontements spectaculaires, elle tourne désormais à l'OPA hostile, au détriment de la grande majorité de ses acteurs : boxeurs, promoteurs, fédérations… Et peut-être même des spectateurs : lorsque Dana White et Turki Al-Sheikh seront libres de manipuler les classements et d'attribuer les ceintures comme ils l'entendent, les combats n'auront plus la même saveur.

Contactés, TKO Holdings et la General Entertainment Authority n'ont pas répondu à nos sollicitations.


1Du nom de Mohamed Ali (1942-2016), appelé Cassius Clay jusqu'à sa conversion à l'islam en 1964. Champion incontesté poids lourd, il se distinguait par un jeu de jambes fluide et vif. The Greatest est considéré comme le plus grand boxeur de tous les temps.

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