16.03.2026 à 06:00
Rami Abou Jamous
Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Fondateur de GazaPress, un bureau qui fournissait aide et traduction aux journalistes occidentaux, il a dû quitter en octobre 2023 son appartement de Gaza-ville avec sa femme Sabah, les enfants de celle-ci, et leur fils Walid, trois ans, sous la menace de l'armée israélienne. Ils se sont réfugiés à Rafah, ensuite à Deir El-Balah et plus tard à Nusseirat. Après un nouveau déplacement suite à la rupture du cessez-le-feu par Israël le 18 mars (…)
- Dossiers et séries / Palestine, Bande de Gaza, Espagne, Témoignage , Cinéma, Focus, Gaza 2023-2025, Guerre Iran - Israel - États-Unis (2026)
Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Fondateur de GazaPress, un bureau qui fournissait aide et traduction aux journalistes occidentaux, il a dû quitter en octobre 2023 son appartement de Gaza-ville avec sa femme Sabah, les enfants de celle-ci, et leur fils Walid, trois ans, sous la menace de l'armée israélienne. Ils se sont réfugiés à Rafah, ensuite à Deir El-Balah et plus tard à Nusseirat. Après un nouveau déplacement suite à la rupture du cessez-le-feu par Israël le 18 mars 2025, Rami est rentré chez lui avec sa famille le 9 octobre 2025.
Vendredi 13 mars 2026.
En ce moment je reçois beaucoup d'appels d'amis, surtout de Gaza, qui me disent : « Comment on peut remercier l'Espagne ? Toi qui connais des journalistes et des diplomates, tu peux leur transmettre nos félicitations ? »
Les Gazaouis qui ont entre 20 et 25 ans, qui n'ont vécu que des guerres et des massacres, n'ont jamais pu quitter Gaza. Pourtant, l'Espagne est très présente pour eux. Ils s'en sentent proches à travers le foot et les séries télé. Ici, comme dans une grande partie du monde arabe, les amateurs de football se divisent entre les deux grands clubs espagnols, le Barça (le FC Barcelone) ou le Real (le Real Madrid) : chacun a ses supporters. Ils suivent avec ferveur les matches sur Internet, ou se rassemblent dans les rares cafés qui restent, quand c'est encore possible. Quant aux séries, les jeunes de Gaza ont été accros à La Casa de Papel, cette production espagnole mondialement célèbre qui raconte les aventures d'une bande de braqueurs audacieux.
Pour eux, avant la classe politique, le soutien de l'Espagne est d'abord incarné par les acteurs et les sportifs. « Pep » Guardiola, ancien joueur du Barça devenu au Royaume-Uni entraîneur de Manchester City, est devenu un héros à Gaza depuis qu'il dénonce les massacres à Gaza dans des réunions publiques ou des concerts, parfois un keffieh sur les épaules. Pareil pour des acteurs de La Casa de papel, qui sont passés du statut de star à celui de héros quand ils ont pris la parole pour défendre la Palestine. Il y a eu Pedro Alonso, que les Gazaouis connaissent sous le nom de Berlin, son pseudo dans la série (tous les personnages se sont donnés des noms de villes). Il avait entre autres participé à l'initiative Voix de Gaza, pour laquelle il a lu, en juin 2024, un extrait de mon Journal de bord de Gaza, écrit quand j'étais déplacé à Rafah, et traduit en espagnol.
Vous n'imaginez pas à quel point les Gazaouis ont été touchés. Alba Flores, autre star de La Casa de papel, que les Gazaouis connaissent sous son nom de guerre « Nairobi », nous a aussi émus quand elle est apparue avec un pin's marqué « Free Palestine » à la cérémonie des Goya le 28 février 2026, qui est la cérémonie la plus importante du cinéma espagnol. En 2024, elle avait aussi dénoncé les morts à Gaza, toujours à la soirée des Goya, et conclu son discours sur scène en disant « Paix pour la Palestine ». Cette année, après avoir reçu un nouveau prix, elle a conclu en disant : « Vive la Palestine libre ! » D'autres acteurs espagnols ont fait de même, comme Javier Bardem ou Penélope Cruz.
Et puis il y a eu les dirigeants politiques. Le premier ministre Pedro Sánchez est devenu très populaire ici depuis qu'il a prononcé clairement le mot « génocide ». Tous les Gazaouis savent que Sánchez a approuvé les manifestations contre la participation de l'équipe d'Israël dans le tour cycliste d'Espagne, car c'était une « mobilisation pour une cause juste ». Ils ont appris avec joie la suppression d'un contrat d'achat d'armes à Israël, et dernièrement l'annonce de la fin des fonctions de l'ambassadrice d'Espagne à Tel-Aviv, ainsi que le refus de Madrid de laisser les États-Unis utiliser ses deux bases dans le sud de l'Espagne, héritées d'un accord signé sous Franco, pour leur guerre avec Israël contre l'Iran. Sans oublier le soutien à la Cour pénale internationale qui a lancé un mandat d'arrêt contre Nétanyhou, ni les 150 millions d'euros d'aide humanitaire aux Palestiniens pour 2026.
Les habitants de Gaza ont également découvert que les Espagnols avaient un roi et non un président, quand Felipe VI a dénoncé, en septembre 2025, à la télévision publique, « la souffrance indicible de centaines de milliers d'innocents et la totale dévastation de Gaza ». Ils suivent les manifestations régulières de la population.
Cette alliance d'artistes, de citoyens et de dirigeants en notre faveur touche profondément les Palestiniens. Ici, tout le monde est étonné et fier de cette voix venue d'Europe qui dit les choses clairement, qui soutient le droit international. Une grande différence avec d'autres pays où les acteurs qui parlent de Gaza sont boycottés par le milieu du cinéma, comme Blanche Gardin en France, et où les journalistes qui parlent de la souffrance des Palestiniens sont accusés d'antisémitisme. Il y a ceux qui ont peur, et ceux qui n'ont pas peur, comme les Espagnols. Il y a ceux qui veulent voir de leurs propres yeux, et ceux dont les yeux sont aveuglés.
Je répète ce proverbe palestinien : on ne peut pas cacher le soleil avec un tamis. C'est pareil pour la justice. La justice est claire, elle brille. C'est tellement fort qu'on ne peut pas la cacher avec les mensonges des médias, des diplomates ou des politiciens, ni avec la propagande qui falsifie l'histoire et qui inverse les rôles entre le bourreau et la victime. C'est pour cela que les Palestiniens saluent le peuple espagnol, ses artistes, ses sportifs, ses politiques, qui n'ont pas peur des menaces de Donald Trump, ni d'être accusés d'antisémitisme.
Merci à l'Espagne du fond du cœur. Je le dis au nom de tous ces amis qui m'ont demandé faire passer ce message : ¡gracia a todos !
16.03.2026 à 06:00
Marmar Kabir
Depuis le début de la guerre contre l'Iran le 28 février 2026, les bombardements étatsuniens et israéliens sont souvent présentés comme visant principalement des installations militaires. En réalité, les bombes ont rapidement atteint des zones urbaines densément peuplées. À Téhéran comme dans d'autres villes du pays, la guerre s'inscrit désormais dans la vie quotidienne. À quoi ressemble la guerre en Iran ? À en croire un large pan du traitement journalistique en France, les victimes (…)
- Magazine / Iran, Israël, États-Unis, Guerre Iran - Israel - États-Unis (2026)
Depuis le début de la guerre contre l'Iran le 28 février 2026, les bombardements étatsuniens et israéliens sont souvent présentés comme visant principalement des installations militaires. En réalité, les bombes ont rapidement atteint des zones urbaines densément peuplées. À Téhéran comme dans d'autres villes du pays, la guerre s'inscrit désormais dans la vie quotidienne.
À quoi ressemble la guerre en Iran ? À en croire un large pan du traitement journalistique en France, les victimes appartiennent principalement au commandement militaire du régime. Les images des victimes civiles et des destructions dans les villes iraniennes sont rarement montrées.
Dès les premiers jours de la guerre, les autorités iraniennes ont fortement restreint l'accès à Internet et imposé un contrôle strict de la circulation des images. Les réseaux sociaux sont difficiles d'accès et plusieurs services sont bloqués, ce qui limite la diffusion d'informations depuis l'intérieur du pays. Certains habitants ne parviennent à se connecter que quelques minutes, à un coût élevé. Cette situation n'est toutefois pas inédite : lors du soulèvement de janvier 2026, des restrictions similaires avaient déjà été imposées sans que cela empêche un suivi médiatique du pays.
Pourtant, le bilan humain ne cesse de s'alourdir. Au 9 mars 2026, l'organisation de défense des droits humains HRANA (Human Rights Activists in Iran, basée aux États-Unis) estime que les bombardements étatsuniens et israéliens ont fait au moins 1 708 morts, dont 1 205 civils, parmi lesquels 194 enfants. Selon les services d'urgence iraniens cités par l'agence officielle ISNA, 15 300 personnes ont également été blessées.
La frappe la plus meurtrière s'est produite le 28 février dans la ville de Minab, dans la province d'Hormozgan, dans le sud de l'Iran. Une bombe a frappé l'école primaire de filles Shajareh Tayyebeh pendant les cours. Le bâtiment s'est effondré sur les salles de classe où se trouvaient encore les élèves. Selon les autorités iraniennes, le bilan est estimé entre 165 et 180 morts, majoritairement des écolières âgées de 7 à 12 ans, et environ 95 blessés. Une vidéo diffusée par l'agence iranienne Mehr et authentifiée par le New York Times montre un missile de croisière Tomahawk frappant une base navale située près d'une école à Minab. Selon une enquête d'Al Jazeera, l'établissement était clairement identifié comme une institution civile et séparé d'un complexe militaire voisin depuis plus de dix ans1.

Les témoignages indiquent que l'école aurait été ciblée une seconde fois, alors que les secours étaient déjà sur place après la première frappe : « Lorsque la première bombe a frappé l'école, un enseignant et le directeur ont déplacé un groupe d'élèves dans la salle de prière pour les protéger », raconte un secouriste du Croissant-Rouge, citant les récits de survivants. « Le directeur a appelé les parents pour leur dire de venir chercher leurs enfants, mais une deuxième bombe a également frappé ce secteur. Seul un petit nombre de ceux qui s'étaient réfugiés à l'abri ont survécu. »2
Dans la capitale, plusieurs quartiers ont été touchés. Téhéran compte près de 10 millions d'habitants, et plus de 15 millions si l'on inclut l'ensemble de son agglomération, soit environ 3 millions de plus que l'ensemble de l'Île-de-France. Dans un tissu urbain aussi dense, installations militaires, infrastructures civiles et quartiers résidentiels se trouvent souvent à proximité les uns des autres, exposant directement les populations aux bombardements. La situation est similaire dans d'autres grandes villes iraniennes où de nombreux monuments historiques se situent également au cœur des centres urbains.

Le 4 mars, l'aéroport de Mehrabad, à Téhéran, a été touché. Le lendemain, la salle de 12 000 places du complexe sportif Azadi a été détruite par un missile qui a également endommagé les bâtiments environnants. Dans le secteur central, place Ferdowsi, des immeubles d'habitation et des commerces ont été endommagés par les explosions, tandis que l'hôpital Gandhi a subi de lourds dégâts après une déflagration à proximité. La présence policière s'est renforcée et de nombreux habitants, souvent parmi les plus aisés, ont quitté la capitale pour rejoindre d'autres villes, notamment sur les rives de la mer Caspienne, dans l'espoir d'échapper aux bombardements.

Dans les quartiers populaires de Robat Karim, au sud-ouest de la Téhéran, Fouad, un Afghan de 30 ans, raconte que sa maison a tremblé lorsque des bombardements ont visé une base militaire voisine. Ses murs ont vibré et des carreaux se sont brisés, comme lors d'un tremblement de terre. Revenu d'Europe pour régler des affaires familiales, il se retrouve désormais coincé dans le pays. Il explique ces événements à son frère, installé à Paris, et confie hésiter entre tenter de repartir par la Turquie ou l'Arménie et rester auprès de sa famille qui n'a pas les moyens de fuir. Dans l'ouest du pays, à Marivan, Sana, une étudiante de 24 ans, a confié à sa cousine installée à Paris que sa famille avait quitté la ville pour se réfugier dans un village voisin. Elle lui a dit ignorer combien de temps la guerre durera et combien de temps il faudra pour reconstruire les infrastructures détruites.
Les bombes ont également atteint des zones historiques. Le 28 février 2026 à Téhéran, des bombardements ont touché la place Arg, où se trouve l'ancien bâtiment de la radio iranienne, dans le périmètre du palais du Golestan, un complexe royal dont les principales constructions remontent à la dynastie kadjare au XIXᵉ siècle. Inscrit depuis 2013 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, le palais constitue l'un des ensembles architecturaux les plus importants du centre historique de Téhéran. L'onde de choc a endommagé plusieurs parties de l'édifice, brisant des vitres traditionnelles et abîmant des portes et structures en bois. Des dégâts ont également été signalés dans le Talar-e Ayeneh (salle des miroirs). Certaines structures du grand Bazar voisin ont aussi été fissurées. Ce vaste marché couvert, dont les origines remontent à l'époque safavide (1501-1736) et dont certaines parties datent des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, reste l'un des lieux centraux de la vie économique et sociale de la capitale.
À Ispahan, ancienne capitale de la dynastie safavide, ville d'environ deux millions d'habitants et riche d'un important patrimoine historique, les inquiétudes concernent aussi les monuments. La ville abrite notamment le palais de Chehel Sotoun, pavillon safavide du XVIIᵉ siècle situé dans un jardin persan inscrit depuis 2011 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Célèbre pour ses fresques représentant cérémonies et batailles de l'époque, le monument a été endommagé par des bombardements le 9 mars. Pour de nombreux Iraniens s'exprimant sur les réseaux sociaux, les dégâts infligés à ce site emblématique nourrissent la crainte que les attaques israélo-étatsuniennes ne visent pas seulement des infrastructures militaires, mais aussi la civilisation iranienne elle-même.
Le 3 mars, sur l'île de Qeshm, dans le golfe arabo-persique, une installation de dessalement a été endommagée, perturbant l'accès à l'eau potable pour une partie de la population. Le 6 mars, une usine pharmaceutique située au sud-ouest de la capitale a subi d'important dégâts, soulevant des inquiétudes quant à l'approvisionnement en médicaments dans un pays déjà durement touché par les sanctions internationales.
Dans la nuit du 7 au 8 mars, une frappe contre une raffinerie de pétrole à Téhéran a provoqué un vaste incendie. Un épais nuage de fumée noire était visible depuis de nombreux quartiers de la ville. Des habitants ont raconté avoir été réveillés par la déflagration et avoir aperçu les flammes à des kilomètres de distance. « La fumée couvre toute la ville. J'ai du mal à respirer et mes yeux brûlent, » a témoigné une habitante auprès du Guardian3. L'incendie a suscité de fortes inquiétudes quant à la pollution de l'air et à ses effets sur la santé. À Téhéran, Parmin, chercheuse, s'inquiète particulièrement de ces conséquences et évoque des risques sanitaires durables pour la population.

La guerre frappe aussi les conditions de vie déjà fragiles d'une grande partie de la population. Dans de nombreuses villes iraniennes, des milliers de personnes vivent d'emplois précaires ou de travail journalier. Les bombardements et la paralysie de l'économie locale privent soudain ces travailleurs de revenus. Ghazal, une étudiante iranienne arrivée à Paris après la guerre de douze jours en juin 2025, raconte les répercussions d'une bombe qui a frappé une station de police située près de l'immeuble où vit sa famille : « Mon père tient un magasin d'alimentation générale au rez-de-chaussée de notre immeuble. La bombe est tombée sur la station de police juste à côté. Les murs de l'appartement et du magasin ont été brisés. » Sa nièce de sept ans a été blessée lors de l'explosion. La famille a dû quitter l'immeuble et se réfugier chez des proches dans un autre quartier, abandonnant à la fois leur logement et le commerce qui constituait leur principale source de revenus.
Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), 3,2 millions d'Iraniens pourraient avoir été temporairement déplacés à l'intérieur du pays depuis le début de la guerre, soit entre 600 000 et 1 million de familles contraintes de quitter leur domicile4. Dans un message écrit sous les bombardements sur son compte Instagram, Mohammed Maljou, économiste et universitaire à Téhéran, affirme : « Les bombes ne distinguent pas “gouvernement” et “population”. Présenter la guerre comme un moyen de libération revient à masquer la réalité de la destruction. »

La situation des prisonniers politiques suscite également de fortes inquiétudes. Lors de la guerre de juin 2025, la prison d'Evin avait déjà été exposée aux bombardements. Cette fois-ci, l'établissement n'a pas été frappé, mais les familles des détenus restent inquiètes et disent avoir des difficultés à obtenir des nouvelles de leurs proches.
Pour la société iranienne, les conséquences pourraient dépasser les destructions immédiates. Les acquis obtenus par la société civile au prix de mobilisations difficiles risquent de reculer, tandis que la logique de guerre peut servir de justification à un durcissement sécuritaire et à une intensification de la répression. Un mécanisme déjà observé après la guerre de douze jours lorsque les autorités avaient invoqué le contexte de guerre pour renforcer la surveillance et les arrestations.
1« Al Jazeera investigation : Iran girls' school targeting likely ‘deliberate' », Al Jazeera, 3 mars 2026.
2« Exclusive : Iranian girls killed by ‘double-tap' strikes on Minab school », Middle East Eye, 4 mars 2026.
3Deepa Parent, « ‘Dark, like our future' : Iranians describe scenes of catastrophe after Tehran's oil depots bombed », The Guardian, 8 mars 2026.
4Ayaki Ito, « UNHCR : Up to 3.2 million Iranians temporarily displaced in Iran as conflict intensifies » (rapport), 12 mars 2026.
13.03.2026 à 15:37
Lancement de notre dossier « Monde arabe. Frontières et circulations en évolution » avec le Réseau des médias indépendants sur le monde arabe Quel est le rôle des frontières dans la construction des appartenances dans le monde arabe ? Comment une région, jadis ouverte à la circulation, a-t-elle été reconfigurée et avec quels impacts ? Quels types de liens persistent d'un côté ou de l'autre des remparts ? Autant de questions que le Réseau des médias indépendants sur le monde arabe va tenter (…)
- Archives
Quel est le rôle des frontières dans la construction des appartenances dans le monde arabe ? Comment une région, jadis ouverte à la circulation, a-t-elle été reconfigurée et avec quels impacts ? Quels types de liens persistent d'un côté ou de l'autre des remparts ? Autant de questions que le Réseau des médias indépendants sur le monde arabe va tenter d'approcher avec différents angles, dans ce nouveau dossier d'articles consacré à la thématique des frontières.
Après deux précédents dossiers sur le thème des migrations, cette nouvelle initiative du Réseau des médias indépendants sur le monde arabe, qui fête cette année ses dix ans, se veut intégralement disponible en ligne, en arabe, en français et en anglais, afin de franchir autant de murs physiques que de barrières mentales.
La foutue bande est une constellation de textes sur la Palestine interprétée par Yvan Corbineau, auteur, et Osloob, rappeur, chanteur et producteur palestinien. C'est une écriture fragmentaire et hétéroclite.
On y trouve des poèmes sur des bombardements, les portraits d'une famille aux prises avec l'occupation, un exilé qui cultive en lui son pays, un cabaret-colonisation qui tente l'humour pour explorer les responsabilités occidentales.
Le spectacle sera suivi d'une rencontre avec l'équipe artistique et d'autres invités.
Le vendredi 20 mars 2026 à 20h (1h30)
Théâtre Berthelot Jean-Guerrin,
6 rue Marcelin Berthelot, Montreuil (93)
Informations et réservation
Le recueil, publié aux éditions Libertalia dans la collection Orient XXI, présente une cinquantaine de poèmes dont les auteurs et autrices viennent toutes et tous de Gaza. Écrits pour la grande majorité en arabe, ils ont été traduits par l'ancienne diplomate et interprète Nada Yafi, qui signe également la préface de l'ouvrage. L'écrivain palestinien Karim Kattan a également offert une postface au livre.
Dans le cadre du Printemps des poètes, Nada Yafi présentera l'ouvrage :
« Haïti, d'une colonisation à l'autre », Rémi Carayol, 13 mars 2026
Bonnes feuilles Dans Haïti. Briser le piège colonial, Frédéric Thomas explique la déliquescence actuelle de ce pays par l'Histoire, et notamment par les innombrables ingérences des puissances occidentales. Dans un chapitre que nous republions en partie, il revient notamment sur la mainmise des États-Unis au début du XXe siècle.
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