15.05.2026 à 14:00
Orient XXI partenaire de la conférence « Faire face à l'anéantissement de Gaza : créations, accueils, engagements », 21 et 22 mai, Mucem, Marseille Dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (Mucem) accueille deux journées de rencontres dédiées à la solidarité et à la création à Gaza. Les discussions porteront sur la création artistique et la destruction du patrimoine culturel à Gaza, les défis de l'accueil d'artistes en (…)
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Dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (Mucem) accueille deux journées de rencontres dédiées à la solidarité et à la création à Gaza. Les discussions porteront sur la création artistique et la destruction du patrimoine culturel à Gaza, les défis de l'accueil d'artistes en urgence en France et la solidarité culturelle autour de la Palestine.
Avec notamment Mohamed Abusal, Maha Al-Daya, Maisara Baroud, Nour Elassy, Shareef Sarhan, Francesca Albanese, Mohamed Bourouissa et Alain Damasio.
Mucem
7 promenade Robert Laffont (esplanade du J4), 13002 Marseille
J4 / Auditorium
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Programmation et informations pratiques
La deuxième édition de Kiouff en Scène aura lieu le 16 mai 2026 à La Communale de Saint-Ouen Au programme : un spectacle pluridisciplinaire vibrant avec :
Cet événement réunit des artistes issus de la danse, du théâtre et de la musique, autour d'une programmation conçue comme un parcours artistique cohérent. La pluridisciplinarité défendue par KIOUFF repose sur un travail en lien étroit entre les artistes, favorisant l'écoute, la collaboration et le dialogue entre les disciplines avant que la scène ne s'ouvre à tous et que la fête commence !
Majd Mastoura — Théâtre
Selim Ben Safia — Danse contemporaine
Collectif Kiouff — Percussion & danse
Nüri — Electro et percussions live
Kiouff en Scène
16 mai 2026
De 19h30 à 00:00
20 euros
La Communale
9 rue Frida Kahlo, 93400 Saint-Ouen
Billetterie et informations
Cette année la Course familiale pour la Palestine met à l'honneur les enfants de Palestine. Outre la course, vous pourrez y retrouver des stands associatifs, des activités pour les enfants, un barbecue et une buvette.
Avec : Urgence Palestine, Urgence Palestine 94, Samidoun, Collectif Liberez Ali, Éducation 4 Gaza, AFPS Comité Nord, UJFP, BDS 94, Universitaires avec Gaza, Tsedek !, Voix machine et Collectif Montreuil Palestine
Dirigeant dans le plus grand établissement bancaire de la République démocratique du Congo (RD Congo) de 2012 à 2016, Jean-Jacques Lumumba est devenu l'un des lanceurs d'alerte les plus connus du continent africain.
Après s'être exilé en Europe, il dévoile des milliers de documents qui trouvent les malversations au sein de son ancienne banque au profit de l'entourage du président Joseph Kabila. Les « Congo Hold Up » seront une déflagration pour le régime en place. Dix ans après, de retour dans son pays, le petit neveu de Patrice Lumumba, Premier ministre assassiné en 1961 au lendemain de l'indépendance, continue son combat contre la corruption en Afrique, alors que l'ancien président est aujourd'hui visé par des sanctions états-uniennes.
Une émission accueillie sur Au Poste, présentée par Michael Pauron, rédacteur en chef d'Afrique XXI
À revoir ici

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Toute l'équipe d'Orient XXI est fière de vous annoncer que le jury du Prix Nord-Sud du Conseil de l'Europe a désigné notre correspondant à Gaza Rami Abou Jamous comme lauréat de la 31e édition du Prix.
Le Prix sera remis par le Président de la République portugaise, António José Seguro, lors d'une cérémonie présidée par le Président de l'Assemblée de la République portugaise, José Pedro Aguiar-Branco.
L'organisation n'ayant pu assurer à Rami Abou Jamous la garantie de son retour à Gaza après la cérémonie, notre correspondant a désigné Sarra Grira, rédactrice en chef d'Orient XXI, pour le représenter.
Nous félicitons Rami Abou Jamous pour ce nouveau prix récompensant son travail exceptionnel.
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15.05.2026 à 06:00
Augustine Passilly
Il y a bientôt quinze ans, le Soudan du Sud proclamait son indépendance. Depuis, l'administration tarde à régulariser ses ressortissants : selon le HCR, 90 % des Sud-Soudanais ne seraient pas encore enregistrés sur les bases de données officielles. Des millions d'entre eux pourraient se retrouver sans nationalité reconnue si rien n'était fait.
- Magazine / Soudan, Reportage, Soudan du Sud, Union africaine (UA)
Il y a bientôt quinze ans, le Soudan du Sud proclamait son indépendance. Depuis, l'administration tarde à régulariser ses ressortissants : selon le HCR, 90 % des Sud-Soudanais ne seraient pas encore enregistrés sur les bases de données officielles. Des millions d'entre eux pourraient se retrouver sans nationalité reconnue si rien n'était fait.
15.05.2026 à 06:00
Chaker Jahmi
Le 24 avril 2026, la flottille « Global Sumud » a quitté Barcelone pour tenter, encore une fois, de briser le blocus imposé par Israël à Gaza. Quelques jours plus tard, 176 de ses membres étaient arrêtés après l'interception illégale d'une vingtaine de bateaux par la marine israélienne au large de la Crète. Mais la mer n'est pas la seule route tentée. En juin 2025, un convoi humanitaire terrestre était parti de Tunis vers le poste-frontière de Rafah avec le même objectif avant d'être (…)
- Dossiers et séries / Maghreb, Tunisie, Libye, Frontières, Gaza 2023-2025
Le 24 avril 2026, la flottille « Global Sumud » a quitté Barcelone pour tenter, encore une fois, de briser le blocus imposé par Israël à Gaza. Quelques jours plus tard, 176 de ses membres étaient arrêtés après l'interception illégale d'une vingtaine de bateaux par la marine israélienne au large de la Crète. Mais la mer n'est pas la seule route tentée. En juin 2025, un convoi humanitaire terrestre était parti de Tunis vers le poste-frontière de Rafah avec le même objectif avant d'être contraint de faire demi-tour en Libye. Retour sur une caravane qui, malgré tout, aura fait tomber des murs.
9 juin 2025. L'avenue Mohammed V, une des principales artères de Tunis, est en ébullition. La rue, habituellement animée par la cadence accélérée des pas des travailleurs et des employés et le vrombissement des voitures, se prépare à un événement de taille. La caravane « Soumoud » — composée d'environ 1 500 personnes et 20 bus — s'apprête à démarrer de Tunis vers le passage de Rafah, entre l'Égypte et Gaza occupée et assiégée, afin de briser le blocus imposé par Israël.
Devant les bus alignés le long du trottoir, des drapeaux palestiniens flottent. Des valises, des banderoles, des gilets et des appareils photo de journalistes s'entassent pêle-mêle. Les participants au convoi humanitaire sont une mosaïque sociale, qui fait fi des divisions idéologiques et politiques : on croise des syndicalistes avec leurs casquettes et leurs chasubles, des médecins et des personnels médicaux, des étudiants, des avocats, des travailleurs, des retraités et des jeunes des deux sexes.
De l'autre côté des bus, des groupes se forment pour un dernier au revoir avant le départ du convoi. Une longue étreinte, des mères qui dissimulent leur inquiétude légitime derrière des mots et des prières, des amis qui prennent des photos furtives, avant que le cortège ne se mette en branle, et des enfants qui agitent leurs petites mains, sans comprendre tout à fait ce que signifie un blocus, mais qui sont conscients de la gravité de l'instant.
Lorsque le convoi quitte la périphérie de Tunis et s'engage sur les routes du pays, l'équipée prend une autre dimension. De la capitale à Sousse, puis à Sfax et aux villes du Sud, les bus traversent des gouvernorats et reçoivent partout le même accueil en liesse qui tranche avec les discours régionalistes qui refont surface chaque fois que le pays est confronté à des crises sociales et économiques. Certaines voitures accompagnent le convoi sur plusieurs kilomètres, d'autres se contentent d'attendre au bord de la route, hissant des drapeaux ou filmant avec leurs téléphones pour immortaliser l'instant.
Des dizaines de membres des groupes ultras1 tunisiens se joignent au cortège. Ces jeunes, qui ont toujours soutenu la cause depuis les tribunes des stades à travers des Tifos artistiques, mettent en veille leurs rivalités pour participer ensemble à la caravane.
« Ce voyage n'est pas seulement un trajet à parcourir, c'est un test de notre capacité à dépasser nos anciennes divergences et à découvrir que la solidarité ne connaît pas de frontières, et que l'amour de la justice nous unit malgré tout ce qui nous a séparés auparavant », explique un de ces jeunes ultras.
À quelques encablures du poste-frontière de Ras Jedir, au sud-est de la Tunisie, la route laisse progressivement apparaitre la ville de Ben Guerdane. Celle-ci est cernée de points de contrôle de la police et de l'armée qui nous rappellent l'attaque ratée de l'organisation de l'État islamique (OEI) il y a dix ans2
Au poste frontalier de Ras Jedir, le convoi entre dans un espace régi par les procédures et les dispositions réglementaires. Le passage est globalement calme, même s'il prend plusieurs heures en raison du grand nombre de participants et de la diversité des moyens de transport (voitures, bus et camions d'accompagnement). Les formalités sont réglées selon les procédures d'usage, sans complications supplémentaires ni retards injustifiés.

Devant la lenteur de la progression entre les deux postes-frontière tunisien et libyen, les participants échangent à voix basse, comme s'ils évitaient de réveiller des soupçons dans une marche vers l'inconnu. Sur les visages se lit l'appréhension de ce qui les attend au-delà de cette frontière, dans un pays où la majorité des participants se rendent pour la première fois. Ils ont dans leur mémoire collective des images de tensions, de luttes fratricides et des affrontements que le voisin a connu ces dernières années. La peur est perceptible dans le timbre des voix et dans les questions récurrentes sur l'itinéraire, les villes traversées et la situation sécuritaire. Des participants essayent de se montrer rassurants et de calmer les appréhensions. La volonté de poursuivre le voyage malgré l'incertitude qui l'entoure demeure toutefois inébranlable.
Le convoi traverse la frontière libyenne, dans un moment de communion et d'euphorie. L'ouest de la Libye l'accueille les bras grands ouverts. En traversant les villes libyennes, Abdelhamid, un jeune Libyen originaire de la région de Misrata (nord-ouest), qui a décidé de se joindre à la caravane et de poursuivre le voyage avec elle, nous interpelle : « Regardez ! Ces villes qui étaient déchirées par des conflits se mettent aujourd'hui d'accord pour soutenir la cause et accueillir leurs hôtes. » Ces mots résument bien la situation et confirment que la caravane ne traverse pas seulement un territoire géographique, mais aussi un espace symbolique où la solidarité avec la Palestine transcende tous les clivages.
Vendredi 13 juin 2025. Le convoi arrive aux portes de la ville de Syrte. La ville marque l'entrée en Cyrénaïque, région contrôlée par l'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle l'Est et le Sud du pays. Les bus s'arrêtent à un point de contrôle impromptu, mis en place par les forces de l'Est de la Libye. Il n'y a pas d'infrastructures administratives ni d'aire de repos, comme celles que les voyageurs ont l'habitude de croiser aux frontières, aux entrées des villes ou aux points de contrôle. C'est un poste frontalier aussi virtuel que complexe, délimitant la fracture du pays. Les participants prennent alors conscience que les frontières peuvent également être celles créées par des schismes politiques et la course au pouvoir.
Après avoir constaté l'impossibilité d'avancer vers Syrte, et face au refus des autorités locales de laisser passer le convoi dans l'est de la Libye vers la frontière égyptienne, les participants installent un campement en plein air, au bord de la route, dans un petit périmètre encerclé par les forces de l'est de la Libye avec des barrières, pour empêcher toute personne d'entrer ou de sortir librement. Le choix du lieu semble avoir été bien étudié : il s'agit d'une région désertique, coupée de tous les réseaux téléphoniques et d'Internet. Aucune des tentatives de transmission en direct ou de publication sur les réseaux sociaux n'aboutit. Comme si le monde s'était tout d'un coup éclipsé derrière des murs invisibles. Comble du paradoxe, le convoi, dont le but était de briser le siège, se retrouve lui-même assiégé.

Sous un soleil de plomb, la fatigue – physique et morale – commence à se lire sur les visages des participants. Les rares informations qui nous parviennent font état de l'impossibilité pour les autorités de l'est de la Libye d'autoriser le passage des bus pour des raisons de sécurité « stratégique », dit-on. Au même moment, de vastes campagnes de soutien sont lancées sur les réseaux sociaux, et des pressions sont exercées sur les autorités libyennes et égyptiennes pour faciliter le passage du convoi et ne pas l'intercepter. À partir de là, un slogan s'impose : le point d'arrêt de la caravane est « le début des frontières réelles de l'occupation israélienne ».
L'esprit collectif qui s'est développé entre les participants au camp a eu raison des différences d'âge, de nationalités et d'idéologie, chacun partageant une partie de son énergie ou de sa nourriture. Les participants venus de Tunisie, d'Algérie, de Libye, de Mauritanie, et même certains Palestiniens résidant en Libye qui accompagnent la caravane, s'assoient ensemble par terre pour échanger et se réconforter mutuellement. Ils se consolent avec l'idée que la caravane leur a permis, malgré tout, de tester leur capacité à briser la barrière de la peur, et à aplanir leurs divergences politiques, sociales et même culturelles. Dans les discussions et les réunions, l'appel à la cohésion et à éviter tout discours ou comportement susceptible de diviser les gens et de rompre l'union est sans cesse réitéré.
La tension avec les forces armées du Maréchal Khalifa Haftar qui ont encerclé les lieux monte d'un cran. Elles agressent et arrêtent plusieurs participants. Quant à la délégation qui représentait la caravane pour négocier la poursuite du voyage, elle se retrouve menacée puis violentée à son tour. Une fois que toutes les personnes arrêtées sont libérées et en bonne santé, la caravane décide de rebrousser chemin. Le dépit sur les visages des participants libyens en particulier résume toute la situation. Ils ne s'imaginaient sans doute pas que les rivalités politiques entre l'Est et l'Ouest pouvaient en arriver là.

Si la caravane a pris le chemin du retour, les esprits ne cèdent pas au défaitisme ni au désespoir. Au contraire, ils réfléchissent aux prochaines étapes, à des caravanes ou à des flottilles qui n'auraient plus à affronter des frontières terrestres. Sur le chemin du retour, l'accueil populaire aux entrées des villes est triomphal. Par ce geste, les partisans de la cause veulent sans doute signifier à ceux qui ont entravé le périple de la caravane qu'elle avait atteint son principal objectif : celui de rassembler les peuples libres du monde entier autour de la Palestine et de Gaza, grâce à la multiplication des initiatives similaires, par voie terrestre, aérienne ou maritime.
Les revers de la caravane après ce qu'elle a subi à l'entrée de Syrte ainsi que le renvoi par l'Égypte3 des militants venus par voie aérienne pour se rendre au poste-frontière de Rafah ont conféré à ce mouvement une dimension plus grande. Ils l'ont rendu plus résilient et plus déterminé, tout en lui permettant d'acquérir une expérience unique sur le terrain en matière d'organisation, de gestion de crise et de réactivité en cas d'urgence.

1NDLR. Dans le football, les ultras sont un groupe de supporters rassemblés au sein d'une tribune. Ils font vivre le stade pendant les rencontres avec leurs chants et leurs encouragements, et leurs animations visuelles comme les tifos.
2NDLR. Le 7 mars 2016, des combattants de l'OEI venus de Libye lancent l'assaut contre la ville de Ben Guerdane. Ils ont été mis en déroute par les forces de sécurité tunisiennes.
3NDLR. Allié au clan Haftar depuis 2014 et la guerre contre les groupes islamistes en Libye, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi continue d'apporter un important soutien politique et militaire à Benghazi.