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Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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19.01.2026 à 23:00

Mozambique : Des policiers suspectés d’avoir tué des mineurs artisanaux

Human Rights Watch

(Johannesburg) – Les autorités mozambicaines devraient mener d'urgence une enquête impartiale sur le meurtre de trois douzaines de mineurs artisanaux d'or et de pierres précieuses lors d'affrontements avec la police le 29 décembre 2025 dans la province de Nampula, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. Les autorités devraient traduire en justice tous les individus responsables, et garantir que justice soit rendue aux victimes et à leurs familles.

Selon des organisations locales de la société civile, des policiers auraient tué au moins 38 personnes lors d'affrontements dans la zone minière de Marraca, située dans le district de Iuluti, dans la province de Mogovolas. La chaîne de radio Iuluti Community Radio a rapporté que des proches de victimes leur avaient signalé au moins 13 décès. Les autorités policières ont officiellement reconnu sept décès, dont celui d'un policier.

« Les preuves disponibles indiquent que la police mozambicaine a recouru de manière injustifiée à la force excessive et létale, aboutissant à un nombre encore indéterminé de personnes tuées ou blessées », a déclaré Sheila Nhancale, chercheuse auprès de la division Afrique à Human Rights Watch. « Il est essentiel que les autorités mènent une enquête approfondie et impartiale sur ces décès, et traduisent en justice les individus responsables, afin de rétablir la confiance de la communauté. »

Les tensions dans la zone minière de Marraca s'inscrivent dans un contexte plus large de conflits récurrents liés à l'extraction minière dans le district de Mogovolas, a déclaré Human Rights Watch. Les communautés locales et les mineurs artisanaux ou à petite échelle opèrent depuis des années dans des zones pour lesquelles le gouvernement a accordé des concessions à des entreprises privées, sans avoir mis en place de mécanismes de médiation efficaces, des alternatives économiques ou des processus de réinstallation transparents.

La police mozambicaine (Polícia da República de Moçambique, PRM) a indiqué que les affrontements ont commencé lorsque des membres des Naparamas, une milice locale, ainsi que des partisans de l’Alliance nationale pour un Mozambique libre et autonome (Aliança Nacional para um Moçambique Livre e Autónomo, ANAMOLA), un parti d'opposition dirigé par Venâncio Mondlane, ont attaqué un camp de la Police pour la protection des ressources naturelles et de l'environnement. La police a déclaré que les assaillants portaient des masques et des bandeaux rouges, et étaient munis d’armes blanches. Elle a ajouté avoir arrêté cinq suspects lors d'opérations visant à rétablir l'ordre public.

Toutefois, des organisations de la société civile et des témoins ont contesté cette version des faits, affirmant que la plupart des personnes tuées étaient des mineurs artisanaux et d'autres personnes sans affiliation politique. Gamito Carlos, directeur de l'organisation Kóxukhoro basée à Nampula, a déclaré à Human Rights Watch qu'aucune des victimes ne possédait de carte de membre d'un parti politique. Les mineurs artisanaux ont reconnu qu’ils étaient munis d’armes blanches, mais ont affirmé qu’il s’agissait de couteaux utilisés pour l'extraction de minerais.

Trois journalistes locaux ont déclaré qu'il existait des accords informels entre certains policiers et les mineurs artisanaux, qui payaient entre 50 et 100 meticais (0,80 à 1,60 dollars US) afin de pouvoir exploiter le site minier. Des témoins ont déclaré que lorsqu'un groupe de policiers, qui n'était apparemment pas au courant de ces accords, a tenté de disperser les mineurs par la force, la situation s'est rapidement envenimée et des affrontements ont éclaté.

Un journaliste local a déclaré que des mineurs lui avaient dit que les policiers avaient tiré sans discernement sur des personnes, pendant les affrontements.

Une habitante de la région a déclaré que son frère de 18 ans, mineur artisanal, avait été tué lors des affrontements ce jour-là. « Mon frère est parti tôt pour aller travailler à la mine, disant qu'il avait besoin d'argent pour les vacances de fin d'année », a-t-elle déclaré. « Il n'est jamais revenu. Le lendemain, nous avons appris qu'il avait été tué. Beaucoup de ses amis n'ont pas survécu non plus. » Au bord des larmes, elle a ajouté : « Il était le soutien de famille. Maintenant, nous ne savons pas comment nous allons faire pour continuer. »

Une autre habitante a déclaré que son mari, âgé de 41 ans, avait été blessé lors des affrontements et avait disparu après avoir cherché à se faire soigner dans la ville de Nampula. « Nous ne savons pas où il est », a-t-elle déclaré. « Quand nous essayons de le joindre par téléphone, personne ne répond. Nous avons entendu des rumeurs selon lesquelles il aurait été arrêté, voire tué. » La famille a déclaré l'avoir recherché dans plusieurs commissariats de police, sans obtenir aucune information de la part des autorités.

Un habitant de 35 ans a déclaré avoir vu au moins trois corps de mineurs artisanaux tués par balle, et plusieurs personnes gravement blessées ; il a aussi signalé la disparition d'un proche qui s'était rendu sur le site minier et n'était pas revenu. « Il y avait des adultes, des enfants et des femmes là-bas », a-t-il déclaré. « Tout le monde a vécu des moments de terreur qui traumatisent encore la communauté aujourd'hui. Nous demandons au gouvernement de trouver des solutions pour réglementer l'exploitation minière sans violence. »

De précédents incidents survenus à Mogovolas reflètent aussi les tensions persistantes entre les autorités et les mineurs artisanaux. En mai 2025, suite à l'interdiction de l'exploitation minière artisanale dans des zones à Iuluti pour laquelle des entreprises privées ont reçu des concessions, environ 300 mineurs artisanaux sont entrés de force dans l’une de ces zones ; ceci a déclenché des violences qui auraient about a certains décès, ainsi que des arrestations. 

Les Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l'utilisation des armes à feu par les responsables de l'application des lois exigent que ceux-ci recourent à des moyens non violents avant d'utiliser la force, qu'ils n'utilisent la force que proportionnellement à la gravité de l'infraction et qu'ils n'utilisent la force létale que lorsque cela est strictement inévitable pour protéger des vies. Les Principes stipulent également que les gouvernements doivent veiller à ce que l'usage arbitraire ou abusif de la force et des armes à feu par les responsables de l'application des lois soit puni comme une infraction pénale en vertu du droit national.

« Les partenaires du Mozambique devraient faire pression sur le gouvernement de ce pays pour qu'il mène une enquête crédible et transparente sur cet incident tragique, qu'il assure l’obligation de rendre des comptes, et qu’il indemnise les proches des victimes », a conclu Sheila Nhancale. « Le gouvernement mozambicain devrait aussi prendre des mesures afin que de telles atrocités ne se reproduisent plus jamais. »

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19.01.2026 à 02:30

Au Bhoutan, des prisonniers politiques malades et moribonds détenus dans de dures conditions

Human Rights Watch

Click to expand Image Huit prisonniers politiques bhoutanais, parmi une trentaine qui seraient toujours détenus dans le royaume du Bhoutan en 2026. (1) EN HAUT, de gauche à droite : Lok Bahadur Ghaley ; Rinzin Wangdi ; Chandra Raj Rai; Kumar Gautam. (2) EN BAS, de gauche à droite : San Man Gurung ; Birkha Bdr Chhetri ; Omnath Adhikari ; Chaturman Tamang.   © Privé

Le récent décès de Sha Bahadur Gurung, l'un des prisonniers politiques détenus depuis le plus longtemps au Bhoutan, rappelle de manière tragique l'injustice et les souffrances insensées endurées par des individus perçus comme des détracteurs du gouvernement, dans les sinistres prisons du royaume. 

Sha Bahadur Gurung, âgé de 65 ans au moment de sa mort, avait été arrêté en 1990 alors qu'il était un soldat de l'armée royale du Bhoutan ; il avait alors été accusé d'avoir participé à des manifestations réclamant des droits pour sa communauté minoritaire, adepte de la langue népalaise. Il aurait été torturé, privé d'une assistance juridique appropriée et condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle. Il a passé les 35 dernières années de sa vie dans la prison militaire de Rabuna, tristement célèbre en raison des dures conditions qui y règnent.

Sha Bahadur Gurung est décédé le 15 décembre 2025, alors qu'il suivait un traitement pour une affection oculaire. Le gouvernement bhoutanais devrait fournir des informations complètes sur les circonstances de sa mort, sur le traitement qu’il a subi en prison et sur les motifs invoqués pour justifier son incarcération prolongée. Cela a toutefois peu de chances de se produire. Le royaume se présente comme le pays avant inventé le principe de « Bonheur national brut », mais le gouvernement du Bhoutan garde des secrets, et refuse même de discuter de ses prisonniers politiques.

Or, on recense actuellement 30 prisonniers politiques au Bhoutan. Sept d'entre eux, comme Sha Bahadur Gurung, étaient des soldats issus de la communauté népalophone du pays, et ont été arrêtés vers 1990 pour avoir prétendument soutenu des manifestations. Depuis lors, ils sont incarcérés à la prison de Rabuna. En outre, 21 autres prisonniers sont détenus à la prison de Chemgang, près de la capitale, Thimphu, dans une aile spéciale réservée aux individus « antinationaux ». La plupart de ces prisonniers purgent des peines à perpétuité ; certains sont détenus depuis des décennies. 

Ces prisonniers sont détenus dans des conditions déplorables, avec des rations alimentaires insuffisantes, et des couvertures ou vêtements inadéquats pour les hivers rigoureux du Bhoutan. Human Rights Watch a appris que tous les prisonniers sont en mauvaise santé et que plusieurs d'entre eux sont gravement malades. Des médicaments basiques, tels que le paracétamol, ne sont fournis qu'à ceux qui peuvent les payer.

En vertu de la loi bhoutanaise, seul le roi Jigme Khesar Namgyel Wangchuck peut commuer les peines à perpétuité et libérer ces hommes. Son cabinet a toutefois déclaré aux familles des prisonniers politiques qu'il était inutile de solliciter sa grâce. Le roi devrait reconsidérer sa position, faire preuve de compassion et mettre fin à ces souffrances injustes.

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Vidéo de 2024, à l'occasion de la visite en Australie du roi du Bhoutan

 

 

16.01.2026 à 16:45

Iran : Nombre croissant de preuves de massacres dans tout le pays

Human Rights Watch

Click to expand Image Des flammes jaillissaient lors d’une manifestation antigouvernementale à Téhéran, en Iran, le 8 janvier 2026.   © 2026 Getty Images (Photographe anonyme) Les forces de sécurité iraniennes ont procédé à des meurtres à grande échelle de manifestants après l'escalade des manifestations dans tout le pays, le 8 janvier.Ces massacres perpétrés par les forces de sécurité iraniennes rappellent brutalement que les dirigeants qui massacrent leur propre peuple continueront à commettre des atrocités tant qu'ils ne seront pas tenus de rendre des comptes.Les États membres de l'ONU devraient convoquer d'urgence une session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, afin que la réponse internationale à la crise en Iran soit axée sur les droits humains et sur l’obligation de rendre des comptes.

(Beyrouth, 16 janvier 2026) – Les forces de sécurité iraniennes ont procédé à des meurtres à grande échelle de manifestants après l'escalade de manifestations dans tout le pays le 8 janvier, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. Des milliers de manifestants et de passants auraient été tués, tandis que les restrictions sévères imposées par le gouvernement sur les communications ont dissimulé l'ampleur réelle des atrocités. 

Les forces de sécurité ont intensifié leur répression meurtrière de manière coordonnée après le 8 janvier, entraînant des meurtres et des blessures à grande échelle parmi les manifestants et les passants dans tout le pays. Human Rights Watch a examiné des preuves montrant que de nombreux manifestants ont été tués ou blessés par des tirs à la tête et au torse. Des responsables iraniens cités dans les médias ont admis que le nombre de morts s'élevait à plusieurs milliers de personnes.

 « Les massacres perpétrés par les forces de sécurité iraniennes depuis le 8 janvier sont sans précédent dans ce pays, et rappellent brutalement que les dirigeants qui massacrent leur propre peuple continueront à commettre des atrocités jusqu'à ce qu'ils soient amenés à rendre des comptes », a déclaré Lama Fakih, directrice de la division Programmes à Human Rights Watch. « Les États membres des Nations Unies devraient convoquer d'urgence une session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme, afin que la réponse internationale à la crise en Iran soit axée sur les droits humains et sur l’obligation de rendre des comptes. »

Du 12 au 14 janvier, Human Rights Watch a mené des entretiens avec 21 personnes, dont des témoins, des proches de victimes, des journalistes, des défenseurs des droits humains, des professionnels de santé et d'autres sources bien informées. Plusieurs personnes ont partagé des captures d'écran de témoignages, des messages audio et des photos. Human Rights Watch a également analysé 51 photos et vidéos vérifiées, publiées sur les réseaux sociaux ou envoyées directement à ses chercheurs, et a consulté le Groupe indépendant d'experts médico-légaux (Independent Forensic Expert Group) qui fait partie du Conseil international de réhabilitation des victimes de torture (International Rehabilitation Council for Torture Victims), qui a examiné les images des blessures. 

Sites des vidéos filmées en Iran entre le 18 décembre 2025 et le 14 janvier 2026, vérifiées par Human Rights Watch et par l’ONG GeoConfirmed

Click to expand Image Sites des vidéos filmées en Iran entre le 18 décembre 2025 et le 14 janvier 2026, vérifiées par Human Rights Watch et par l’ONG GeoConfirmed. © 2026 Human Rights Watch, GeoConfirmed (données sur les vidéos) / OCHA (données cartographiques)

Malgré de sévères restrictions en matière de communication, Human Rights Watch a pu obtenir et analyser des preuves de manifestants dans plusieurs provinces, dont celles de Téhéran, Alborz, Kermanshah, Razavi Khorasan, Gilan, Kohgiluyeh, Boyer-Ahmad, Markazi et Mazandaran. 

« Toutes les personnes à qui vous parlez ces jours-ci ont un-e proche, un-e ami-e ou une connaissance qui a été tué-e ou blessé-e », a déclaré une personne interrogée. D'autres personnes ont fait part d'expériences similaires.

Dans la capitale, Téhéran, des vidéos montrent une réponse fortement militarisée aux manifestations à mesure qu'elles prenaient de l'ampleur. Human Rights Watch a vérifié des vidéos qui ont commencé à circuler le 11 janvier, montrant des sacs mortuaires et des corps empilés sur le site de la morgue de Kharizak (« Centre de diagnostic et laboratoire médico-légal de Kahrizak », au sud de la capitale. Les corps y avaient été placés afin que les familles puissent identifier leurs proches. Human Rights Watch a dénombré au moins 400 corps visibles dans plusieurs vidéos provenant uniquement de ce site. Ce nombre est sous-estimé, car les corps étaient empilés les uns sur les autres, ce qui rendait le comptage difficile.  

Emplacement d'au moins 400 sacs mortuaires et de corps visibles dans trois vidéos vérifiées par Human Rights Watch, sur le site de la morgue de Kahrizak

Click to expand Image Les chercheurs ont dénombré au moins 400 sacs mortuaires et corps visibles sur le site de la morgue de Kharizak (« Centre de diagnostic et laboratoire médico-légal de Kahrizak »), au sud de Téhéran. dans trois vidéos mises en ligne entre le 11 et le 13 janvier 2026. Les corps étaient éparpillés au sol, sur des brancards et à proximité de camions et de véhicules. Au moins 50 sacs mortuaires ont été trouvés devant l'entrée de la morgue. De nombreux corps, tous portant des vêtements civils, étaient ensanglantés ou présentaient des blessures visibles. © 2026 Airbus / Google Earth

À Kermanshah, une grande ville de l'ouest de l'Iran, les forces de sécurité ont tiré sur des manifestants. Le 8 janvier, un témoin a envoyé des enregistrements audio à Human Rights Watch accompagnés de ce message SMS : « Ils [les membres des forces de sécurité] tirent ici, il y a beaucoup de gaz lacrymogènes. Je suis coincé dans la rue en rentrant du travail, il y a des manifestations partout. Toutes les rues où j’ai voulu marcher sont bloquées, et ils continuent de tirer. » 

Les manifestations ont éclaté le 28 décembre 2025, déclenchées par la détérioration de la situation économique et des conditions de vie, et se sont rapidement propagées dans tout le pays. Les manifestants ont revendiqué le respect des droits humains, la dignité et la liberté, et ont appelé à la chute de la République islamique. Les responsables gouvernementaux ont diabolisé les manifestants en les qualifiant d'« émeutiers » et de « terroristes ». 

Les médias affiliés à l'État ont rapporté qu'au moins 121 membres des forces de sécurité ont été tués, et des images vérifiées montrent certains manifestants se livrant à des actes de violence. Human Rights Watch n'a pas pu évaluer de manière indépendante la crédibilité de ces chiffres. Cependant, Human Rights Watch a examiné des informations selon lesquelles, dans certains cas, conformément à une pratique de longue date, les autorités ont fait pression sur les familles des victimes pour qu'elles affirment faussement que leurs proches étaient membres du Basij, une force relevant du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) dont les membres sont généralement vêtus en civil, comme condition à la restitution de leurs corps. 

Human Rights Watch a également recueilli les témoignages de personnes qui ont décrit comment les forces de sécurité ont utilisé la force meurtrière contre des manifestants non armés dans différentes provinces. L'usage injustifié et à grande échelle de la force meurtrière, qui a entraîné le massacre de manifestants et de passants, indique que les autorités ont délibérément et illégalement utilisé des armes à feu dans le cadre d'une politique d'État.

En vertu des Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l'utilisation des armes à feu, les agents des forces de l'ordre ne peuvent recourir à la force que lorsque cela est strictement nécessaire et dans la mesure requise pour atteindre un objectif légitime de maintien de l'ordre. Le Comité des droits de l'homme des Nations Unies, dans son Observation générale sur le droit de réunion pacifique, a déclaré : « Les armes à feu ne sont pas un outil approprié de maintien de l’ordre [lors de rassemblements]. Elles ne doivent jamais être utilisées dans le seul but de disperser [un rassemblement]. L’emploi d’armes à feu par des agents des forces de l’ordre dans le contexte du maintien de l’ordre [lors de rassemblements] n’est conforme au droit international que s’il est limité à des individus ciblés et aux situations dans lesquelles il est strictement nécessaire pour protéger la vie ou prévenir un préjudice grave découlant d’une menace imminente. »

Les autorités ont également interféré avec les médias, restreint sévèrement l'accès aux télécommunications et coupé l'internet, en violation flagrante du droit à la liberté d'expression. Cet accès devrait être immédiatement rétabli, a déclaré Human Rights Watch.

Les États membres de l'ONU devraient immédiatement convoquer une session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, a déclaré Human Rights Watch. Lors de cette session extraordinaire, les États devraient clairement indiquer que les responsables de graves violations des droits humains devront rendre des comptes. Ils devraient demander à la Mission internationale indépendante d'établissement des faits sur l'Iran de mener une enquête spéciale sur ces dernières atrocités et de formuler des recommandations concrètes pour faire progresser l’obligation de rendre des comptes.

Les dirigeants de l’ONU et les États membres devraient veiller à ce que la Mission d'établissement des faits dispose des ressources nécessaires pour mener à bien son important mandat, qui consiste notamment à préserver les preuves des violations, y compris en vue de futures procédures judiciaires visant à traduire les auteurs d’abus en justice. 

 « Les images horribles de familles fouillant parmi des centaines de sacs mortuaires dans une morgue à ciel ouvert devraient choquer la conscience du monde entier, et pousser la communauté internationale à agir afin que les responsables des meurtres, y compris au plus haut niveau, rendent des comptes », a conclu Lama Fakih. 

Suite détaillée en anglais.

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